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Description

Un artisan horloger est agressé dans son atelier. On lui vole une montre-bijou d’une valeur inestimable.


L’inspecteur GASPIN, chargé de l’enquête, dirige ses soupçons vers le secrétaire du joaillier pour lequel la victime travaillait. Il espère bien démasquer le coupable assez rapidement.


Mais un banal accident suivi d’un stupide oubli va servir au mieux les desseins du policier...


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Nombre de lectures 1
EAN13 9782373479775
Langue Français

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Inspecteur GASPIN
SOLUTION, DERNIÈRE MINUTE !...
Roman policier
par Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
LA MONTRE-RUBIS
La petite table était installée devant une fenêtre aux vitres partiellement dépolies. La visibilité était excellente pour le tr availleur et il était à l'abri de l'exaspérante curiosité des gens d'en face, dans le bâtiment de la cour.
Non pas que la besogne de Jules Berdeaux fût mystér ieuse ou suspecte, seulement, il manipulait des objets de grande valeu r. Artisan horloger réputé, on lui confiait des montres précieuses, surtout chez F orlintet, le joaillier de la rue Royale.
Ainsi, par exemple, celle qu'il tenait actuellement entre les doigts. Il s'attarda à contempler le bijou.
— Magnifique ! murmura-t-il.
C'était un rubis énorme, comme il en avait rarement vu et dans lequel était enchâssé un délicat mécanisme. Une véritable pièce de collection. Forlintet avait dit que cela remontait au dix-huitième siècle . La montre avait été fabriquée par le réputé Argand de la place Dauphine qui trava illait pour le roi Louis XV et sa cour.
Cette montre-rubis appartenait actuellement au duc de Valmeuse. Bien entendu, celui-ci avait fait les mille recommandati ons d'usage.
— Cette montre est inestimable... Elle a appartenu à la Pompadour, elle-même ! Un cadeau du Bien-Aimé.
C'était le temps où tout était fioritures, chamarru res. Les bibelots, les breloques, les tabatières, etc., représentaient des objets plus merveilleux les uns que les autres.
— Ah ! ils savaient travailler, ces gens-là !...
Berdeaux admirait encore, lorsque retentit un coup de sonnette. Il déposa l'objet, passa dans la minuscule antichambre. Un je une télégraphiste était à la porte.
— M'sieur Berdeaux ?
— Oui. C'est moi.
L'adolescent sifflota en redescendant l'escalier, p endant que l'artisan déchirait le contour pointillé du pneumatique. C'ét ait concis, mais très net. On le priait de téléphoner d'urgence à M. Forlintet, dès réception du pneu.
Berdeaux consulta l'heure. Le joaillier précisait q u'il attendrait l'appel, quel
que fût le moment. Il était donc encore à son magas in, à dix-huit heures quinze, malgré la fermeture.
— Qu'est-ce qu'il me veut ?
Le plus simple était de descendre immédiatement, de se rendre au petit café du coin et d'agir.
Ce ne fut que sur le palier du premier étage – il h abitait au second – que Berdeaux se rappela qu'il n'avait pas verrouillé sa porte. Et cette montre-rubis, toujours au beau milieu de la table de travail !
Il remonta, le souffle court. Il enfermerait le bij ou dans le coffre de la chambre à coucher, il donnerait deux tours de clef à la porte d'entrée.
Au moment d'entrer, il prêta l'oreille, changea de couleur.
En un clin d'œil, il dégringola les marches, surgit chez son concierge qui, effaré, le regarda :
— Qu'vous avez, m'sieur Berdeaux ?
— Vite !... Vite !... Courez, m'sieur Colfot... Un agent... Plusieurs agents... Il y a un cambrioleur chez moi...
— Sans blague !
— Je vous en supplie, ne perdons pas de temps... Av ez-vous un revolver ? Le mien est dans un tiroir, là-haut.
Il faut rendre cette justice à Colfot qu'il comprit la situation avant même d'en saisir les circonstances. Il tendit une arme à son locataire, se précipita au-dehors vers le commissariat le plus proche, dans la rue voisine.
Pendant ce temps, Berdeaux remontait l'escalier féb rilement, le revolver au poing. D'un mouvement brusque, il ouvrit la porte.
— Tenez, par ici !... Au deuxième.
* * *
Le concierge précédait deux agents au visage décidé .
— Ah ! c'est ouvert.
L'un des hommes en uniforme pénétra dans l'anticham bre. L'autre, suivi de Colfot, était sur ses talons. Pas le moindre bruit dans le logement. Le concierge appela plusieurs fois. Pas de réponse.
Le premier agent passa dans la salle à manger, pous sa un juron. Il avait vu une forme étendue sur le parquet. Il mit un genou e n terre.
Le concierge brama :
— On l'a tué !... Pauvre m'sieur Berdeaux !
— Mais non, il n'est pas mort... Faut apporter de l'eau.
L'artisan revint à lui après quelques aspersions. I l porta la main à la nuque. Que s'était-il passé ?
Une fois qu'il eut fait son récit, tout apparut dan s sa simplicité.
Berdeaux s'était engouffré, revolver au poing. Il a vait reçu, au passage, un coup formidable sur la tête.
— Le bandit, articula le premier agent, devait se t enir planqué dès qu'il vous a entendu remonter...
Les yeux de Berdeaux se portèrent sur la petite tab le de travail. Exclamation d'angoisse :
— On m'a volé la montre-rubis !...
Plus rien sur cette table que les petits outils de précision. Et l'homme au visage hagard se mit à gémir. Il avait mal, cela lu i donnait des éblouissements.
— Des coups de marteau dans la tête, dit-il, plaintivement.
— Faudrait appeler un médecin, murmura le concierge . Il a l'air d'en avoir pris un bon coup !
— Oui, allez-y... Et qu'on ne dérange rien, ici... Pour les constatations... Peut y avoir des empreintes digitales.
— Tout le fourbi, quoi...