Sous les ponts
224 pages
Français

Description

La jeune Sophie Meureton est troublée. Catherine Sandérac, sa mère qu’elle admire et adore, vient d’être embarquée par le capitaine Maugrart. Accusée du meurtre de son ancien compagnon, Jean Clément. L’homme a été retrouvé assassiné dans les locaux de son entreprise. C’est la femme de ménage qui a découvert le corps au petit matin. Arme du crime : un échantillon de poutrelle d’acier qui a servi à lui fracasser le crâne. Première suspecte, Catherine représente la femme trahie, quittée. En quête de vengeance peut-être. À Maugrart de trouver les faux amis et les vrais ennemis du défunt.

EXTRAIT

Vous êtes en état d’arrestation, qu’il a dit, ou quelque chose comme ça. Maman n’a pas répondu. Elle a pris le sac qu’elle avait préparé hier. Elle le sentait, qu’elle m’a dit gentiment, pour me rassurer. Elle m’a posé un baiser sur le front, du bout de ses lèvres froides, et elle est passée devant le capitaine Maugrart, entre deux flics. Un Mongy ferrailla à ce moment sur le Grand Boulevard. Je n’avais plus envie de partir pour le lycée, mais je ne savais pas ce que je pourrais faire d’autre, alors je suis partie quand même. Il faisait frais, il ne pleuvait plus. Du coup – allez savoir pourquoi d’autre que la pluie qui ne tombait plus ? – j’ai traversé le Boulevard et j’ai attendu le prochain tramway. J’ai regardé les portes s’ouvrir, puis se refermer. Sans bouger. Le tramway, il est parti sans moi. J’ai pensé qu’il allait dans la direction de Lille, que je n’avais pas besoin de le prendre pour aller au lycée. Que j’y allais à pied tous les jours. Que je ne savais pas pourquoi j’étais venue sur le quai du Mongy. Je suis pourtant montée dans le suivant. Je suis descendue à la gare. Le terminus de toute façon. J’ai pris l’escalier mécanique pour remonter à la surface. Un Noir installait sa pacotille sur des toiles bleues. Il était très sérieux, très concentré. Il m’a demandé si j’étais intéressée par un sac en croco. Je lui ai dit qu’il était faux, son croco. Il m’a répondu que je n’avais pas tort, mais que son sac était beau quand même. Puis il a ri comme rient les Noirs, dans un grand éclat de blancheur.

À PROPOS DE L’AUTEUR

Agrégé de lettres et spécialiste de la littérature française du XVIIe siècle, Michel Bouvier enseigne à l’Université catholique de Lille et s’est fait connaître par ses travaux universitaires. Il a participé à de nombreux colloques, a collaboré à des ouvrages collectifs et a écrit de multiples articles dans différentes revues spécialisées.
Sa thèse La morale classique lui a valu le prix La Bruyère de l’Académie française en 2000. Ont suivi plusieurs ouvrages consacrés à l’étude des Essais de Montaigne.
Passionné de littérature depuis son plus jeune âge, Michel Bouvier a toujours écrit : poèmes, contes, nouvelles, romans, essais… mais n’avait jamais été publié en tant qu’auteur de fiction.
Lambersart-sur-Deuil est son premier roman policier. Il a été sélectionné pour le prix Sang pour 100 organisé par les éditions Ravet-Anceau et parrainé par Franck Thilliez.
Ses influences littéraires sont multiples, mais essentiellement françaises et classiques : Lesage, Crébillon, Diderot, Balzac, Stendhal, Proust, Cendrard, Julien Green, sans oublier Dostoïevski et Mishima.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 17 juillet 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782359734850
Langue Français

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Sous les ponts