Symphonie Meurtrière au Château

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Par une belle matinée de Juin à Fréjus, le gardien de la Villa Aurélienne - résidence de la princesse Rostova - découvre le corps sans vie d'un SDF. Très vite, la police s'aperçoit qu'il a été empoisonné... avec de l'antigel !Qui du personnel, de la jet-set locale a pu commettre un tel acte ? Le vieux palais palladien va être secoué par une série d'événements sordides. Clément Tréville qui assiste le commissaire Durand saura-t-il découvrir la clé du mystère ?


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EAN13 9782368323212
Langue Français

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Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait totalement involontaire et ne relèverait que du hasard.
Jean-Luc Prat du Jancourt
Symphonie meurtrière au château…
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Chapitre Premier
e soir s’installe lentement et la nuit se pare de son manteau de velours bleu sombre étoilé. Dans le parc aux pins parasols, des dizaines de torches faites de Lpaisiblement les invités. Ce soir, la princesse Rostova donne une réception en résine brûlent, répandant une odeur agréable et une clarté chaude ; elles guident son tout nouveau château de Fréjus.
L’allée principale du domaine est splendide ; un long ruban d’asphalte brillant et scintillant sur lequel roulent quelques invités retardataires malgré l’heure assez avancée tandis que d’autres, heureux et repus, s’en retournent chez eux. Le ballet des somptueuses limousines a commencé et durera une partie de la nuit ; leurs phares ressemblent à des étoiles filantes.
Personne ne refuserait une invitation à une soirée donnée par Ludmilla Rostova, une étrange femme au cœur sur la main et quelque peu fantasque pour son âge. Surtout pas la société civile locale toujours poussée par une curiosité grandissante : en effet, la 1 princesse Rostova vient d’acquérir une propriété de renom sur le territoire fréjusien : le château Aurélien.
Qui est cette princesse ? D’où vient-elle ? Est-ce vraiment une princesse, russe de surcroît ? Cette richesse qu’elle affiche ostensiblement, comment l’a-t-elle obtenue ? Et patati patata! Les langues s’activent toujours avec délice, déversant des tonnes de fiel, poussées par la curiosité et encore plus par la jalousie. Voire avec une dose de rejet face à la différence. Sans omettre le caractère indépendant qu’on ne peut pas maitriser.
Le château Aurélien est un superbe palais palladien de marbre construit au XIXème siècle pour James Hiscutt Crossman, riche héritier d’un brasseur londonien. L’architecte de l’époque, Henri Lacreusette, qui avait déjà construit de nombreuses villas à Saint Aygulf et à Saint Raphaël, s’était inspiré sans retenue d’un architecte 2 italienAndrea Palladio qui marqua beaucoup la Renaissance. Il s’en donna à cœur joie et distilla à profusion des galeries à colonnes de marbre ou de calcaire, des baies cintrées appelées encoreserliennes, des sols de marbre et de marquèterie de bois 2 fruitier couvrant une superficie de 1 700 m sur deux étages s’inspirant du palais Chiericati, construit à Vicenza. Les balustrades des galeries sont visibles de tous les coins du domaine. Le palais Aurélien, bâtisse jaune pâle trônant sur un éperon rocheux,
veille sur vingt-trois hectares de terre et tient son nom de laVia Aurelia ou Voie Aurélienne qui partait de Rome et allait jusqu’en Arles, permettant ainsi à l’empereur Jules César de parcourir cette distance en seulement huit jours ! 3 Cette construction domine la vallée du Reyran et la ville de Fréjus aux origines romaines omniprésentes ; les ruines de cette époque parsèment la région. Le parc verdoyant distille à longueur d’année suivant les saisons et la chaleur des essences multiples : pins parasols, chênes verts, chênes-lièges, oliviers, cyprès de Provence, myrtes, arbousiers. Posés çà et là, parmi cette végétation méditerranéenne, les arcs et les piles de 4 l’aqueduc qui alimentaitForum Juliise dressent fièrement et bravent les vicissitudes du temps. Il fournissait la ville en eau potable depuis Mons, village du Haut Var. Cette propriété fut vendue à maintes reprises, faute de ressources suffisantes pour 5 l’entretenir. C’est ainsi que la princesse Rostova l’acquit ; le trouvant en parfait état, elle n’eut aucun travail de restauration à entreprendre et elle l’habita aussitôt, pouvant ainsi mener une vie mondaine où aristocrates, riches industriels et responsables politiques purent se côtoyer. De nombreuses pièces, des chambres et des salons, une bibliothèque et des réserves se répartissent autour d’un immense hall, avec une galerie aux colonnes de marbre sur deux niveaux, le tout surmonté par une verrière aux motifs délicats et multicolores.
Des tables ont été dressées ici et là où les invités qui vont et viennent en papotant peuvent se restaurer ou étancher leur soif. Dans la galerie ou dans les petits couloirs, des sièges sont à leur disposition : poufs en cuir, fauteuils club, chaises Louis XVI. Là, ils échangent des propos badins, quelques rares joutes politiques ; mais, ce qu’ils préfèrent, c’est se donner des nouvelles de leurs amis communs ou disparus bien trop tôt.
La fraîcheur nocturne de cette mi-juin est agréable ; elle dépose des châles soyeux sur les épaules dénudées et déjà bien bronzées, juste ce qu’il faut pour être remarquées, admirées voire enviées.
Artistes, hommes aux nombreuses responsabilités sociales, militaires d’active ou à la retraite, aristocrates et grands bourgeois en villégiature sur la Côte d’Azur nostalgiques d’un siècle flamboyant révolu, femmes de tous âges aux cheveux blond platine ou brun sombre, cuivre ou argentés tirés en austères chignons composent un micro patchwork de la population locale invitée par la princesse. S’y ajoutent quelques amis intimes, des parents éloignés au moins au troisième degré et des relations mondaines inévitables ! Car James Brown n’a pas failli à sa tâche favorite : réunir legratinde sa autour maîtresse.
Majordome de Ludmilla Rostova, il n’est pourtant pas à son service depuis longtemps. En fait, il a étévendu avec les meubles, après avoir servi les deux propriétaires précédents des lieux. Il est resté au service de ces barons de la finance pour l’un et de l’industrie pour l’autre. Sans aucune interruption. Pas le moindre jour de
vacances ou de maladie. D’où un carnet d’adresses de relations utiles, indispensables, a utop du moment, inévitables ou à cajoler qui s’est ajouté à celui de la princesse Rostova devenu bien mince au fil des ans. Puisant avec délice et gourmandise, avec sérieux et taquinerie dans l’un et dans l’autre, il conjugue, harmonise, compose chaque fois un subtilmelting pot. Si cela s’avère nécessaire, il le réajuste à la dernière minute. Et en bon ordonnancier de la résidence princière, il règne avec fermeté et doigté, avec paternalisme aussi sur lepetit personnel, réduit certes maisaffreusement efficace! Mélanie Votel est la cuisinière ; digne héritière de trois générations de cordon bleu dans sa famille, elle a une sainte horreur qui l’horripile au plus haut point : que l’on ose fourrer son nez dans ses casseroles, soulever ses couvercles par curiosité, ouvrir sa chambre froide pour vérifier et encore plus piétiner les dalles de son domaine de travail situé au sous-sol du château. Si jamais un intrus ose s’y aventurer – même par mégarde ou méconnaissance des règles de vie de la grande villa – elle s’arrête sur place, croise ses bras sur son opulente poitrine et le fixe sévèrement de ses yeux bleus et perçants ; elle demeure ainsi jusqu’à ce que l’autrel’incongruité de la situation et comprenne abandonne la place avec moult confusion, laissant insatisfaite sa curiosité de découvrir le menu du jour ou une recette particulière.
On raconte même – mais peut-être serait-ce à vérifier – qu’une dizaine d’années plus tôt, elle avait menacé une comtesse italienne très impertinente avec la louche en argent et armoriée au moment de lui servir un velouté de cresson à la crème, sous prétexte qu’elle avait osé relever son joli petit nez en trompette devant la couleur du contenu de la soupière et, le pire, avant même d’y avoir goûté ! La pauvre aristocrate étrangère en attrapa un terrible hoquet qui la titilla durant toute la soirée. Mélanie Votel, une fois de retour à l’office, éclata de rire toute seule et partagea son hilarité avec les autres domestiques. Elle utilisa à partir de ce jour cette cocasse situation comme carte de visite, véritable parure inestimable de son curriculum vitae !
Âgée d’une bonne cinquantaine d’années, mais assez pudique pour ne jamais avouer son âge, elle est très alerte, courant du plan de travail à sa cuisinière, de l’évier à la table, épluchant, coupant, cuisant, mijotant, goûtant de temps à autre ; côté habillement, c’est une femme très coquette et toujours bien coiffée : une jupe droite noire, un caraco blanc, une charlotte blanche, sa tenue demeure immaculée tout le jour malgré toutes les tâches culinaires qu’elle accomplit. Elle y met un point d’honneur et s’en trouve très fière quand on lui fait une remarque sur sa façon de s’habiller.
Vêtue elle aussi d’une jupe noire mais plissée, d’un chemisier d’un blanc virginal sans aucun faux-pli, d’un tablier et d’une coiffe ornés d’un feston brodé, Louise Potier règne sur le service du ménage ; parfois, elle donne un coup de main au service de la table quand le nombre de convives devient important, joignant ses bras à ceux de Mélanie Votel ; elle gère aussi les chambres et leur entretien.
La quarantaine vaillante, une chevelure léonine encadrant un visage volontaire et altier, elle darde sans cesse ses petits yeux marron toujours en alerte, à la recherche de la moindre particule de poussière sur les parquets de bois. Derrière une allure gracieuse,
un visage accommodant et souriant se cache une femme active, exigeante au caractère très fort et intraitable quant à son travail. Pour cela, elle se trouve en parfaite harmonie avec James et Mélanie. Le précédent maître du château les avait d’ailleurs surnommés letrio infernal et de ce fait n’osait jamais les contrarier. Du coup, ils avaient continué leur petit jeu pour leur plus grande satisfaction et alimenter leur égo démesuré. Habituée à être servie à la perfection, à n’avoir jamais à reprendre ses employés, la princesse Rostova les avait vite testés. Elle adore les deux femmes car elles savent devancer le moindre de ses désirs et les gourmandises qu’elle laisse jaillir de ses yeux pétillants ; elles vont jusqu’à satisfaire certains de ses petits caprices cachés du grand public et connus seulement de Lucie Tréville. Elle peut donc s’appuyer sans réserve sur ces deux piliers de sa domesticité, piliers dignes des plus grandes maisons aristocratiques qu’elle a fréquentées. 6 De son ancienne maison située sur le front de mer de Saint Raphaël , elle n’a donc conservé que sa gouvernante Lucie Tréville, la gratifiant des titres de secrétaire et de dame de compagnie. Du coup, elle lui a délégué tous ses pouvoirs sur ce fameuxtrio. Ludmilla Rostova et Lucie Tréville sont en réelle et parfaite symbiose depuis quelques années et sont devenues inséparables côtégamineries. Leur rapprochement est survenu après que le fils de Lucie, Clément, ait résolu une affaire de vol chez la princesse. Comme il n’était alors qu’un adolescent, il ne l’avait pas fait seul mais avait aidé la police et s’était montré particulièrement courageux. Pour leremercier, elle avait engagé sa mère, ce qui lui plaisait beaucoup, certes, mais lui assurait une stabilité de vie et de finances pour élever son fils unique, car elle était veuve.
Le reste du personnel comprend deux hommes : Paul Gérôme qui est le jardinier et un gardien, Jimmy Pégo. Ce dernier étant en fait une sorte d’homme à tout faire à ses heures ; pour cela, on lui avait octroyé un petit logement situé au sous-sol, à côté des cuisines. Les autres employés du château partagent une petite villa cachée dans le parc, à une cinquantaine de mètres et se trouvant près de la sortie secondaire de la propriété.
Dans tous les salons et les pièces éclairés par de majestueux lustres de cristal aux nombreuses pampilles irisées s’élève une musique classique d’ambiance. Fond sonore empreint de notes douces, lancinantes et chaudes des violons de Vivaldi ou celles du piano de Liszt. Les célèbres compositions pour cordes s’en donnent à chœur joie, envahissant les lieux, ricochant sur la verrière et régalent discrètement les oreilles des invités sans toutefois couvrir ou interrompre les conversations.
James Brown est dans ce domaine terriblement érudit et il est passé expert en la matière ; aussi, à temps perdu, crée-t-il des compilations qu’il enregistre pour les soirées de sa patronne. Une fois sur CD, il les dispose dans la chaine stéréo cachée dans l’un des piliers du hall et il n’a plus à s’en occuper ensuite durant chaque soirée. Il met un point d’honneur à ce que chaque réception soit une réussite, sans aucune fausse note de goût et sans jamais réutiliser les mêmes airs musicaux.