Vengeance au pays des éléphants

Vengeance au pays des éléphants

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Français
420 pages

Description

Georges Desmarets, charismatique retraité de la Légion étrangère française, est le commandant du parc national animalier de Zukabé au Tansaboé. Jour après jour, il s'engage en faveur de la protection de la faune sauvage africaine et s'évertue à faire régner l'harmonie entre les habitants. Cependant, plusieurs facteurs menacent l'équilibre naturel du site, à commencer par le braconnage. Il lui faut en outre constituer une équipe de rangers pour déjouer la tentative d'attentat menée par un groupe rebelle contre le gouvernement. Sensible à la cause environnementale, Jean-Claude Pierre se sert habilement des ressorts de la fiction pour tisser une intrigue au suspense haletant qui dénonce le sort des populations locales et celui des espèces animales menacées d'extinction.


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Date de parution 22 décembre 2017
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EAN13 9782414129508
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-12948-5
© Edilivre, 2018
Préface
Afrique
L’histoire se déroule en Afrique en 2014, cette fiction repose sur des informations qui font la Une des actualités. Les sujets catastrophes ne manquent pas, à commencer par les changements climatiques dont on commence à ressentir leurs effets sur notre environnement. Le monde libre est confronté également à une guerre qui ne porte pas son nom, celle de la montée du terrorisme « Daesh » qui étend son influence d’un islam radical. À cela, il convient aussi, de prendre en considération les paramètres liés à lacroissance démographique en 2100, nous serons onze milliards de terriens, sur cette bonne planète bien malmenée par les hommes au nom du progrès. Ces données donnent le vertige et menacent l’équilibre naturel de la Terre. Le déficit des besoins sera particulièrement de taille. Juste un chiffre sur les enjeux, le continent africain passera de 1,1 milliard d’habitants à 2,4 milliards en 2050. Les experts estiment que l’Afrique comptera 4 milliards d’individus dans les décennies suivantes. Cette explosion de la démographie s’explique du fait que la population est majoritairement jeune. La technologie, les sciences, permettront-elles à l’industrie agroalimentaire de subvenir aux besoins sans trop réclamer plus de terres cultivables ? L’Afrique moderne devrait connaître à son tour son boom économique. Une donne incontournable due à l’explosion de la démographie qui se traduira par un besoin d’espace urbain qu’elle devra prélever au détriment de l’Afrique sauvage et de ses vastes étendues. On peut craindre sans exagération pour les grandes réserves d’animaux, à l’exemple du parc Kruger, l’un des plus connus, dont la superficie est d’environ 2 millions d’hectares et s’étend sur plus de 400 km. Tous ces parcs auront du mal à conserver leur périmètre face à des problématiques comme l’habitat et l’industrie, la difficulté de trouver un logement à un prix correct en raison d’une inflation de l’immobilier, faute de terrains, conduira à s’étendre sur des terres actuelles qualifiées de « sauvages ». L’avenir des relations hommes/animaux s’annonce compliqué, les espaces libres seront réduits, seules les réserves clôturées pourront protéger ce patrimoine, mais privant aussi les grandes espèces commeleséléphants,deleurmigrationsurdestracesmillénairesignorantlesfrontières. Juste une précision, derrière le mot migration, se cachent notamment près de deux millions d’animaux, qui se mettent en marche du Kenya à la Tanzanie, un troupeau d’éléphants fait 100 km/jour. On oublie souvent que le léopard aussi est en voie d’extinction. Ce félin a besoin de vastes zones protégées pour survivre. Alors peut-on conclure par une note positive sur le sort réservé à la faune africaine ? Difficile de penser autrement que notre patrimoine ne sera visible uniquement que dans des grands « zoos » en plein air pour les représentants de chaque espèce encore vivante ! Ce patrimoine naturel et unique de l’humanité doit être protégé pour les générations à venir. En quarante ans, les animaux sauvages ont été divisés par deux, diverses causes sont à l’origine, comme la déforestation, la pollution, la pêche, l’urbanisation, l’industrie. On recense sur la Terre trois millions d’animaux ; éléphants, tigres, lions, panthères, tortues, antilopes, singes, serpents… Le braconnage est un fléau chez certaines espèces comme la population des rhinocéros. Cet animal est de plus en plus en danger et ces paisibles herbivores sont tués pour leurs cornes. Les Asiatiques en raffolent, car leurs croyances sur le sujet sont très fortes quant aux propriétés de la corne réputée avoir des pouvoirs de guérison, alors que les cornes sont constituées de la même substance que nos ongles ! Malheureusement, les cornes de rhino se vendent à prix d’or, ce qui fait que le rhinocéros noir est une cible de choix pour les bracos. Il y a moins d’un siècle, ils étaient plusieurs centaines de milliers. Le braconnage a réduit la population des rhinocéros blancs et noirs à moins de 25 000 spécimens dans le monde. Le pire est à venir, car ce trafic est très en vogue et très lucratif. La rareté de la corne en fait un produit de luxe. Selon Interpol, le trafic de la faune sauvage représente 18 à 26 milliards d’euros chaque année.
Les réseaux impliqués dans ces massacres sont d’origine asiatique et européenne. L’une des grandes plaques tournantes de ce commerce est la République tchèque. Les gouvernements font la chasse au braconnage qui s’est organisé en cellules, les complicités sont multiples à commencer par l’implication de paysans qui meurent de faim. Leur rôle consiste à fournir l’information sur la position des troupeaux, par conséquent, il est difficile de mettre un terme à ce pillage, à ces massacres de masse ! Rhinocéros et éléphants sont maintenant en réel danger, plus graves sont les complicités avec les autorités locales (police, militaires…) qui participent de près ou de loin à l’existence de ces réseaux de braconniers mafieux. Chaque étape de cette chaîne du braconnage est récompensée financièrement. Les besoins de ce marché sont énormes, la Chine et l’Asie dans son ensemble. La demande est importante et la rareté fait monter les prix. On ne dénombre plus en Afrique qu’environ 500 000 éléphants. Tous les ans, meurent sauvagement près de 20 000 d’entre-eux pour récupérer les défenses (Source IFAW 2013). À ce rythme-là, dans vingt ans, l’éléphant ne sera plus qu’une race de quelques milliers de spécimens en captivité, leur seule chance de survie. Les enjeux sont nombreux, outre le braconnage, l’important sera de trouver l’équilibre entre les populations locales en pleine croissance et le désir de protéger ce patrimoinenatureluniquepourlesgénérationsàvenir. Nombreuses sont les espèces en voie d’extinction comme les panthères, les tigres ou encore les guépards dont on ne dénombre plus qu’environ 10 000 individus dans le monde. La liste serait trop longue pour citer tous ces animaux en péril, d’autant plus que l’on manque de chiffres pour établir des estimations crédibles. Notre devenir dépendra de la sagesse des hommes pour réagir à temps…
PréambulE
Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
LeParc national de Zukabé
Il fait très lourd sur le Parc national de ZUKABÉ. Depuis plusieurs semaines, les anciens ont observé des signes de migration des animaux, annonciateurs d’une saison des pluies bien en avance sur son calendrier. La nuit approche, tous les rangers en patrouille sont rentrés, de très fortes pluies sont attendues les prochains jours. Georges scrute l’horizon, il a appris avec le temps qu’il est inutile d’exposer aux intempéries ses hommes qui bivouaquent à longueur d’année sous les tentes. Par expérience du terrain, il n’a jamais vu, ni entendu que c’était un temps pour les bracos, sans compter que le parc n’a pas connu depuis plus deux ans de tentatives organisées de braconnage. Cependant, il lui faut constater unerecrudescence de petits braconnages locaux. S’agit-il d’une nouvelle forme de délinquance ? L’hypothèse la plus sérieuse serait-elle celle de jeunes braconniers désireux de faire du commerce facile ? Curieusement, jusqu’à ce jour, aucune dénonciation n’est arrivée aux oreilles de Georges. Ce dernier a du mal à croire les chefs de village qui prétendent n’avoir aucun indice sérieux dans toutes ces affaires. À croire que ce braconnage est géré subtilement, à commencer par le fait que les « prélèvements » dans la nature sont limités à des antilopes, gazelles ou zèbres… En aucun cas, de gros mammifères pour leur ivoire ou leurs cornes. Jusqu’à présent, aucun coupable, aucune arrestation. Bizarre… Cette recrudescence trouvera un jour une explication. Il est vrai aussi, que le parc est désormais connu du grand public, grâce aux médias, qui ont mis sous les projecteurs le Parc national du Zukabé, à la suite de l’arrestation par les rangers voilà deux ans, d’un commando de quinze braconniers venus d’ailleurs. Ces derniers ont été repérés grâce au concours de la population. Ces agresseurs ont échoué dans leur entreprise de massacre pour la quête d’ivoire. Leur capture fut largement médiatisée par le gouvernement, trois d’entre eux ont trouvé la mort durant l’opération, les braconniers arrêtés ont été durement sanctionnés par la justice. Le chef de l’expédition et son adjoint furent condamnés à mort et exécutés, nul ne sait ce que sont devenus les dix prisonniers. Survivre dans les prisons du Tansaboé relève d’une mission impossible quand on purge une lourde peine. C’est un dossier classé « défense nationale ». Georges sait que cette situation exceptionnelle devrait se dégrader avec l’ouverture au tourisme vert. Il va falloir renforcer la sécurité comme tous les autres parcs animaliers. Officiellement au sein de la compagnie de rangers, une section plus militarisée sera chargée de combattre les braconniers qui s’aventureront sur le site ; car c’est une guerre, celle du profit par l’ivoire et la corne. Pour faire face à ces professionnels du braconnage en groupes armés, les prochaines recrues auront un profil de commandos militaires, alors que les autres rangers auront plutôt le profil de gardes forestiers avec des missions diversifiées. Pour l’heure, ce qui préoccupe Georges, ce sont les risques d’inondation. Une situation récurrente à chaque période de saison des pluies. Il a fait prévenir les chefs de villages. Le Parc national de « Zukabé » est la fierté de la République démocratique du TANSABOÉ. Depuis la fin de la colonisation française en 1960, la réserve s’est forgée, au fil de ces cinquante années, une réputation de parc animalier extrêmement « sûr ». Étendue sur plus de 17 000 hectares de savane, de forêts et de marécages, elle est l’une des plus grandes réserves africaines. Une réussite due en partie à la ténacité de Georges, lequel a su créer les conditions d’un pacte intelligent de cohabitation entre les villageois et la faune. Georges s’est engagé à assurer leur protection. 2 000 habitants en tout – dont la majorité travaille pour le Parc – répartis sur la réserve et sur les trois villages alentour, dont le plus important est Zukabé, installé aux portes de la réserve. Dans ce chiffre, on recense pas moins de 500 âmes vivant intra-muros. Tandis qu’il est perdu dans ses songes, c’est alors que le téléphone retentit. Au bout du fil, un journaliste du quotidien national « La Fraternité » souhaite réaliser un article sur le parc animalier et ses futures évolutions. Bien volontiers, Georges se prête à l’exercice de l’interview. Et se montre intarissable sur le sujet qui l’anime depuis plusieurs mois : le développement touristique. Dont une partie du projet d’ouverture au tourisme vise à son élargissement aux autres villages avoisinants, qui ont su jusqu’à présent conserver intact leur patrimoine architectural. C’est pour le préserver, que la zone a été déclarée « monuments et bâtiments historiques », par décret gouvernemental. Aucune urbanisation
sauvage n’est désormais possible et toute rénovation est soumise au dépôt d’un dossier de demande auprès du ministère du Logement. Le projet d’ouverture au public du Parc national est plutôt bien accueilli par les villageois, qui bien que conscients que cela va modifier profondément leur mode de vie, y voient un moyen de bénéficier de plus de richesse et de confort. Le progrès doit préserver le passé et valoriser les traditions ancestrales ! L’état démocratique du TANSABOÉ a besoin d’une image forte pour unifier son peuple. Cette intelligence de partage de vie entre les hommes et les animaux s’inscrit désormais dans le cadre de la protection du patrimoine national reconnu par l’Unesco. Les autorités sont convaincues qu’il faut profiter de cette manne naturelle, qu’offre le « tourisme vert ». Les dirigeants du pays veulent rassembler les différentes ethnies sur un projet neutre. Trop de divisions internes entravent la bonne marche des institutions. Les règlements de comptes dans le sang sont encore présents dans toutes les têtes. Le Président du Tansaboé, très lucide sur les enjeux, tient particulièrement à ce projet qu’il considère fédérateur au-delà de l’esprit partisan des différents responsables. Sa stratégie est de toucher le peuple dans sa vie quotidienne, de faire la démonstration de sa volonté d’unifier le pays. L’entretien dure plus de deux heures quand Georges souhaite y mettre poliment un terme. En vérité, il sent bien que son interlocuteur aimerait aborder des questions plus politiques à quelques mois des présidentielles. Georges se veut prudent, en effet le Parc national est implanté sur des terres dont les origines, font qu’elles appartiennent à des territoires de différentes ethnies, le Nord, le Centre et le Sud, constituant la région de Zukabé. L’accueil du parc est située au centre de la région dans des terres où l’opposition est majoritaire et par conséquent très virulente sur les actions menées par le gouvernement. Cette région est contrastée. Le Nord bénéficie de l’attractivité de la capitale, jouissant d’un secteur économique florissant, politiquement favorable au gouvernement. Le Sud, plutôt désertique, connaît une densité de population très faible. Le parc va contribuer à créer des conditions favorables à un développement économique qui valorisera les terres sauvages grâce au tourisme. Le gouvernement dans sa sagesse a confié le projet de développement à Georges, le directeur général « un blanc pays » pour neutraliser toute envie de jeu de pouvoir, d’autant plus, que dans vingt-quatre mois il y aura les élections. De fait, l’ouverture du parc au public est programmée dans moins de quinze mois. Certes, les délais sont assez courts, aussi l’État mobilise de gros moyens pour au moins ouvrir une partie du Parc, afin de couper court à des attaques sur le plan politique. Mieux vaut museler l’opposition, et sur le plan économique de sensibiliser les tour-opérateurs sur les qualités du pays. Chacun sait que ces agences font la pluie et le beau temps dans le monde du voyage. La partie nord et le centre de Zukabé seront opérationnels pour 50 % de l’activité, le sud fera partie de la deuxième tranche dans trente-six mois, en raison du gros chantier routier. Quand la partie « sciences et université » fera l’objet d’une troisième tranche. Le financement de ce projet d’envergure bénéficie de fonds européens mais aussi privés. Les premiers travaux d’infrastructures sont en cours de réalisation. Le gouvernement mise sur la dynamique pour endiguer le chômage. Les grandes entreprises multinationales se sont engagées à recruter en partie en local, près de mille postes créés dans les travaux publics pour les quatre ans à venir. Le cadre est particulièrement soigné afin d’offrir un décor féerique aux visiteurs. De magnifiques points de vue sur la savane et le plan d’eau en cours de réalisation ont été imaginés pour permettre aux touristesdeprofiterpleinementduspectacledeséléphants,desgazellesetdeszèbressyabreuvant. La réserve naturelle, d’une superficie de 17 500 kilomètres carrés, offre une très belle diversitéd’espèces grâce à la typologie géographique. Au sud du parc, sa zone inondable et marécageuse reste très appréciée des animaux en période de sécheresse, particulièrement des éléphants pour les bains de boue. Cette zone est protégée naturellement d’un côté par ses montagnes qui rendent l’accès extrêmement difficile. Georges tient à ce que cette barrière naturelle le reste, c’est pourquoi le plan de modernisation prévoit un accès limité par le canyon avec un seul sens de circulation pour ne pas détruire l’écosystème. Les aménagements à réaliser ne seront que pour satisfaire à des normes de sécurité. La zone nord présente, une végétation tropicale luxuriante, d’où l’idée de créer un parcours de découverte de plantes tropicales. Plusieurs sentiers ont été ouverts au public, des jardiniers viennent dêtrerecrutéspourentreteniretaccompagnerlembellissementdeslieux.
Une grande volière est en cours de construction. Avec ses dimensions XXL, elle devrait être la plus grande du monde. De son côté, la faune bénéficie d’un plan d’eau aménagé proche des chutes afin de favoriser un écosystème, le coin des hippopotames a été agencé, une ferme des crocodiles sera très prochainement ouverte. Les attractions permanentes seront, dans trois mois, à moins de deux heures de la capitale grâce au nouvel axe autoroutier.
Le centre du parc est une zone de savane aride, une terre de passage ! Georges veut lui faire jouer un rôle d’opérateur de premier ordre. Pour cela, il a entrepris des aménagements pour sédentariser des animaux, il a créé depuis deux ans, cinq points d’eau à l’image d’oasis, proches de l’entrée du parc. N’oublions pas que c’est la vitrine de la réserve. De récentes observations laisseraient supposer que l’initiative conviendrait particulièrement aux lions et aux éléphants.
Le« Patron »
Georges Desmarets, cinquante-sept ans, ex-commandant dans la Légion étrangère a roulé sa bosse un peu partout. Engagé à vingt et un ans, issu du rang, plusieurs fois décoré pour faits d’armes, ses valeurs humaines font qu’il est très apprécié de ses hommes et de la population locale. Quand on parle de lui, on le nomme le « Patron ». Retraité militaire, il souhaitait rester en Afrique. Aussi, a-t-il accepté l’offre de commandant du Parc national de Zukabé. Un poste obtenu grâce aux réseaux de son ami et ancien compagnon de route dans la Légion, le général Malida, un proche du courant gouvernemental du pays. L’homme a fière allure du haut de son mètre quatre-vingt à la prestance sportive. Teint hâlé, cheveux gris. Il ne se sépare jamais de ses lunettes sombres. Car ses yeux d’un bleu très clair lui font craindre la réverbération du soleil. Si le faciès le rend sévère, il est cependant compensé par un très joli sourire qui plaît aux dames. Marié à Nicole, une Niçoise de dix ans sa cadette, ensemble ils ont deux enfants, une fille de dix-sept ans et un garçon de dix-neuf ans. La famille est solide, fruit d’une belle histoire d’amour. Au départ, la mission de Georges consistait à former des rangers parmi la population, à la protection du parc contre le braconnage, en impliquant les populations sur l’importance de sauvegarder la faune sauvage. Durant ces huit ans, Georges s’est investi bien au-delà de ses responsabilités, pour devenir un ardent défenseur d’une gestion intelligente de la cohabitation entre l’homme et de l’animal dans un monde en pleine évolution. Les agriculteurs apprécient ses conseils et les améliorations techniques qu’il a fait mettre en place pour protéger les récoltes. La grande réussite de Georges est d’avoir institué un système de dédommagement financier équitable quand les éléphants se font dévastateurs. Georges est devenu peu à peu le « Patron » des lieux. Rien ne se fait sans son accord. D’un caractère dominant, il a su trouver sa place sans concurrencer l’influence ancestrale des chefs des villages, lesquels participent au développement du parc au sein d’un conseil des sages où sont discutées les grandes orientations. L’évolution économique du parc est plutôt très bien perçue. L’emploi et le commerce donnent la priorité aux locaux et à leurs familles. Difficile dans ces conditions pour les réseaux mafieux de trouver des complicités localement. D’autant plus que, Georges est très attaché au bien-être de la population, il combatlapauvretéparunepolitique9dassistanceconfiéeauxchefsdesvillages. Cette stratégie se révèle très payante, à tel point que le gouvernement veut en faire un exemple de réussite à l’échelle du pays qui souffre beaucoup de clivages ethniques. La notoriété de Georges est telle que le gouvernement conscient de l’image positive s’en sert médiatiquement. On en oublierait la couleur de sa peau. C’est un Africain de cœur et d’esprit ! Georges est un visionnaire. Son parc, il le veut résolument tourné vers le futur tant pour la sécurité que les images prises par les clients. Plusieurs techniques sont à l’étude. Hormis le drone, un système de capture vidéo par câble, des abris de camouflage sur le site sont à créer… Georges veut faire appel à titre de conseils à des grands experts de chasseurs d’images. Une première étude estime que le parc emploiera plus de mille personnes en haute saison. Le gouvernement au travers du conseil d’administration du parc vient de voter une enveloppe pour la sécurité. C’est ainsi que quinze jeunes gens vont intégrer le corps des rangers. Leur formation sera progressive tant à la fois militaire que tournée vers l’écologie. Le niveau de recrutement est élevé, car il s’agit de constituer une force d’intervention moderne aguerrie aux technologies capables de faire face à n’importe quelle situation. À terme, cette compagnie de rangers sera forte de plus d’une centaine d’hommes. Leur mission consiste à protéger les animaux et la nature de toute agression, mais aussi à apporter leur soutien à la population intra-muros. La vie de ces hommes au contact direct sur le terrain est rude. Georges compte sur les nouvelles technologies pour alléger les missions. Un drone est testé actuellement sur le Sud, la surveillance sur cette zone se révèle plus délicate.
Les liaisons de communication se font par radio interne reliée au PC de Georges. Depuis quelques semaines une partie de la zone est maintenant couverte par GSM, pour répondre au confort des visiteurs. Ce progrès, « le Patron » se refuse de l’étendre comme unique système du réseau interne, il souhaite maintenir en l’état le réseau radio, au grand dam des techniciens, d’autant qu’il ne génère que très peu de frais de maintenance. Finalement, son maintien a été jusqu’à nouvel ordre accepté par la commission budgétaire du gouvernement. Le parc est doté d’un gros-porteur hélicoptère multi-usage pour assurer les cas d’urgence, les moyens de locomotion sont inexistants sur une bonne moitié du parc, de plus, le transport des grands animaux n’est envisageable que par les voies aériennes.