Vent de glace

Vent de glace

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Français
416 pages

Description

« La médecine légale et le détail qui tue : Vent de glace mêle paléontologie, sérial killer et plongée en eaux froides ! » Grazia

 Le livre : Une éminente paléontologue disparaît d’un site de fouilles renfermant des ossements de dinosaures au fin fond du Canada. Un message macabre parvient à Kay Scarpetta, lui laissant la détestable impression qu’il pourrait correspondre à cette disparition. Quand elle est appelée peu après pour repêcher dans le port de Boston un cadavre de femme, les événements s’enchaînent. Kay Scarpetta se retrouve face à un tueur en série fort intelligent et n’ayant aucune crainte d’être arrêté. Comme les marques semblent établir un lien avec d’autres affaires non résolues, les sciences médico-légales les plus pointues sont sollicitées. La chasse au coupable commence dans la ville de Boston prise sous un vent de glace.
L’auteur : Patricia Cornwell est internationalement connue pour sa série mettant en scène le médecin légiste Kay Scarpetta, traduite en trente-six langues dans plus de cinquante pays. Son premier livre, Postmortem, est le seul roman à avoir remporté la même année cinq des plus importants prix récompensant un roman policier, dont celui du Roman d’aventure en France. L’auteur est également la co-fondatrice de l’Institut de sciences médico-légales de Virginie et membre du conseil national de l’hôpital McLean, affilié à Harvard. En 2011, elle a été nommée chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Les enquêtes de Kay Scarpetta seront bientôt adaptées au cinéma par la 20th Century Fox.

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Informations

Publié par
Date de parution 26 mars 2014
Nombre de lectures 9
EAN13 9782848931746
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Titre original : The Bone Bed
Éditeur original : G.P. Putnam’s Sons, New York
© original : Cornwell Entertainement, Inc., 2012
ISBN original : 978-0-399-15756-1
Pour la traduction française : © Éditions des Deux Terres, mars 2013
Couverture : photo © Getty Images
ISBN 978-2-84893-174-6
www.patriciacornwell.com www.patriciacornwell-deuxterres.com
www.les-deux-terres.com
Couverture Page de titre Page de copyright Dédicace Prologue Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12 Chapitre 13 Chapitre 14 Chapitre 15 Chapitre 16 Chapitre 17 Chapitre 18 Chapitre 19 Chapitre 20 Chapitre 21 Chapitre 22 Chapitre 23 Chapitre 24 Chapitre 25 Chapitre 26 Chapitre 27 Chapitre 28 Chapitre 29 Chapitre 30 Chapitre 31 Chapitre 32 Chapitre 33 Chapitre 34 Chapitre 35 Chapitre 36 Chapitre 37 Chapitre 38 Chapitre 39 Chapitre 40 Deux nuits plus tard Remerciements Biographie de l’auteur Du même auteur Dans la même collection À découvrir en librairie
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À Staci
Tout devient possible et drôle, grâce à toi.
22 octopre 2012
6 h 20
PROLOGUE
D ans la Peace Region, au nord-ouest de l’Alberta, au confluent des rivières Wapiti et Red Willow, les flots écumants d’un vert profond bouillonnent autour de troncs d’arbres abattus et d’îlots de sable gris aux contours de galets blancs. Un tapis serré de trembles et d’épicéas noirs recouvre les coteaux, et sur les rives et les falaises, les jeunes arbres poussent à angle abrupt, leurs branches fragiles se tendant de toutes leurs forces vers le soleil, jusqu’à ce que la gravité les courbe, puis les brise en deux. Le bois mort jonche le rivage, se rassemble en nids formés de troncs fendus et de branches éclatées, que les rapides traversent et soulèvent en tourbillonnant, et les débris descendent le courant dans le rythme éternel de la vie qui s’épanouit puis s’éteint, celui de la décomposition, de la renaissance et de la mort.
Je ne distingue aucune habitation, aucun déchet, pollution ou édifice d’origine humaine, et j’imagine, il y a soixante-dix millions d’années, la violence de la catastrophe, lorsqu’un troupeau de pachyrhinosaures en migration a péri d’un seul coup, que des centaines d’entre eux, se débattant, paniqués, se sont noyés en traversant la rivière en crue.
Leurs carcasses massives ont nourri des carnivores, qui les ont malmenées, désarticulées. Au fil du temps, les glissements de terrain et les courants ont emporté les os, peu à peu recouverts de dépôts glaciaires, devenant des affleurements presque indiscernables des pierres et des veines granitiques.
Les vues qui défilent sur mon écran d’ordinateur pourraient être celles d’une nature sauvage immaculée, demeurée vierge depuis le Crétacé, si l’évidence ne s’imposait : le fichier vidéo a été réalisé par un être humain équipé d’un dispositif d’enregistrement, et qui glisse à la surface des eaux peu profondes, manœuvrant à une vitesse imprudente autour de bancs de sable, de troncs d’arbres et de gros rochers à demi submergés.
Aucun détail reconnaissable de l’intérieur ou de l’extérieur du bateau n’apparaît, ni le pilote ni les passagers à bord. Il n’y a que le bastingage arrière en métal, et une silhouette masquée par l’éclat du soleil, une ombre solide dont le contour se dessine nettement sur un large ciel bleu et un flot éclatant, impétueux.
CHAPITRE 1 J e consulte ma montre extra-large en titane, au bracelet de caoutchouc, puis ramasse ma tasse de café – noir, sans édulcorant – tandis que l’écho lointain de pas résonne dans le couloir de mon immeuble en forme de balle dum-dum, dressé à la lisière est du campus du Massachusetts Institute of Technology. Le jour n’est pas encore levé, en ce troisième lundi d’octobre.
Au-dessous de mon bureau situé au dernier niveau, six étages plus bas, la circulation est dense sur Memorial Drive. L’heure de pointe démarre bien avant l’aube dans cette partie de Cambridge, quels que soient le temps ou la saison. Semblables à des yeux étincelants d’insectes, les phares se déplacent le long de la berge, la Charles River ondule dans le noir, et de l’autre côté du Harvard Bridge, la ville de Boston forme une barrière scintillante qui sépare les empires terrestres des affaires et de l’enseignement des ports et des baies qui se fondent en océan. Il est trop tôt pour qu’il s’agisse d’un employé, à moins d’un des enquêteurs médico-légaux, mais je ne vois pas quelle raison Toby ou Sherry, ou qui que ce soit de garde, aurait de se trouver à cet étage. Je n’ai en réalité aucune idée de qui a pu prendre son poste à minuit et tente de me souvenir des véhicules garés sur le parking lorsque je suis arrivée, environ une heure auparavant. Je me rappelle vaguement les SUV, les utilitaires blancs habituels, et un de nos camions de scène de crime mobile. Trop préoccupée par mon iPhone, par les alertes sonores et les messages de rappel de mes réunions, de mes rendez-vous, sans oublier une intervention au tribunal aujourd’hui, je n’ai pas remarqué grand-chose d’autre. Mauvaise sensibilisation à l’environnement due aumultitasking, me dis-je avec agacement. Je me reproche intérieurement de ne pas prêter assez attention à ce qui m’entoure. En revanche, je ne devrais pas avoir à me demander qui est de permanence, bon sang ! Ridicule ! Énervée, je songe à mon directeur des enquêtes opérationnelles, Pete Marino, qui semble ne plus se donner la peine de mettre à jour le planning électronique. Est-ce vraiment si difficile de copier-coller des noms d’une date à une autre, que je puisse voir qui travaille ? Il y a un bon moment qu’il ne s’en est pas occupé, et qu’il s’est renfermé sur lui-même. Il faudrait sans doute que je l’invite à dîner à la maison, que je lui prépare un de ses plats favoris, et que je lui demande ce qui se passe. Cette simple idée me fait perdre patience, et je n’en ai guère, en ce moment. Un individu psychologiquement perturbé, ou peut-être mêmediabolique. Je tends l’oreille pour tenter de discerner qui peut bien rôder dans les parages, mais je ne perçois plus un bruit, tout en surfant sur Internet, cliquant tour à tour sur des dossiers, considérant sans relâche les mêmes détails. Je me rends compte à quel point je me sens désarmée, et à quel point cela me rend furieuse. Cette fois-ci, tu as eu ce que tu voulais. Tout ce qui peut exister d’horrible ou de sanglant à voir, je l’ai déjà vu, et d’une façon ou
d’une autre, je peux le gérer, mais hier soir, j’ai été prise au dépourvu. Un dimanche soir paisible à la maison en compagnie de mon mari, Benton, de la musique en arrière-plan, le MacBook ouvert sur le plan de travail de la cuisine au cas où il se produirait quelque chose dont je doive être informée aussitôt. D’humeur joyeuse, j’étais occupée à préparer un des plats favoris de Benton, unrisotto con spinaci come lo fanno a Sondrio. Surveillant les premiers bouillons de l’eau dans la casserole, je dégustais un riesling Geheimrat J qui ravivait le souvenir de notre récent voyage à Vienne, et la raison poignante pour laquelle nous nous y trouvions. J’étais perdue dans l’évocation de gens que j’aime, cuisinant un bon repas, buvant un vin léger, lorsque l’e-mail avec la vidéo en fichier attaché s’est affiché à 18 h 30, heure standard de l’Est. L’expéditeur m’était inconnu :BLiDedwood@stealthmail.com. Aucun message d’accompagnement, uniquement l’objet : À L’ATTENTION DU MÉDECIN EXPERT EN CHEF KAY SCARPETTA, dans une police Eurostile gras majuscule.
J’ai d’abord été un peu intriguée par les dix-huit secondes d’images dépourvues de son, montage d’un tour en bateau hydrojet dans une région qui ne m’évoquait rien. L’extrait paraissait innocent et ne revêtait pour moi aucune signification lorsque je l’ai visionné la première fois. J’étais persuadée qu’il s’agissait d’une erreur d’expédition, jusqu’au moment où l’enregistrement s’est brutalement interrompu, disparaissant au profit d’une image jpg destinée à provoquer un choc.
Je lance un nouveau moteur de recherche dans le cyberespace, sans dénicher grand-chose d’utile sur le pachyrhinosaure, un dinosaure herbivore à l’épais mufle agrémenté d’une collerette osseuse à corne et d’une bosse aplatie qui lui servait probablement à charger et encorner les autres animaux pour les réduire à merci. Une bête à l’apparence étrange, unique, une sorte de rhinocéros courtaud de deux tonnes affublé d’un masque osseux grotesque, si j’en juge par l’interprétation artistique que je contemple. Un reptile avec une tête difficile à trouver sympathique, en dépit de l’appréciation d’Emma Shubert. À présent, la paléontologue de quarante-huit ans a perdu une oreille. Ou bien elle est morte. Ou les deux.
L’e-mail anonyme a été directement envoyé ici, au Centre de sciences légales de Cambridge, que je dirige, dans le seul but de me narguer et de m’intimider, je suppose, et je me représente un bateau hydrojet glissant sur une rivière à des milliers de kilomètres au nord-ouest d’ici, dans un endroit particulièrement reculé. Je scrute la silhouette fantomatique surexposée assise à l’arrière, peut-être sur une banquette, qui fait directement face à la personne qui filme. Qui êtes-vous ? Puis la pente rocheuse escarpée, dont je sais maintenant qu’il s’agit d’un chantier de fouilles paléontologiques baptisé « site d’ossements Wapiti », puis le fondu sur une image jpg violente et cruelle.
CHAPITRE2 L ’oreille humaine tranchée est délicate et bien dessinée, et le cartilage incurvé dépourvu de duvet. Une oreille droite. Blanche, peut-être. Peau claire, c’est ce que je peux affirmer avec le plus de précision. Peut-être une oreille féminine. Pas une oreille de petit enfant ou d’homme adulte, c’est sûr, mais il n’est pas exclu qu’il puisse s’agir d’un garçon ou d’une fille un peu plus âgé. Le lobe est percé d’un trou juste au centre, et le morceau de papier journal ensanglanté sur lequel l’oreille a été photographiée aisément identifiable : il s’agit duGrande Prairie Daily Herald-Tribune, sans doute le journal local d’Emma Shubert lorsqu’elle travaillait l’été précédent dans la Peace Region, au nord-ouest du Canada. Je ne distingue pas de date, juste un fragment d’article consacré à la destruction des arbres par des dendroctones du pin de montagne.
Que voulez-vous de moi ? Je suis affiliée au département de la Défense, et plus spécifiquement au bureau du médecin expert de l’armée. Si cela étend ma juridiction au niveau fédéral, le Canada n’en demeure pas moins exclu. Si Emma Shubert a été assassinée, son dossier ne relèvera pas de mes compétences, à moins que son cadavre n’échoue à des milliers de kilomètres au sud-est de l’endroit où elle a disparu, pour faire surface par ici. Qui m’a envoyé ça, et que suis-je censée penser ou faire ? Peut-être ce que j’ai déjà fait depuis hier, dix-huit heures trente. Prévenir les forces de police, m’inquiéter, être en colère et me sentir impuissante. Une serrure biométrique du laboratoire d’informatique voisin s’ouvre avec un cliquètement. Je comprends brusquement qu’il ne s’agissait ni de Toby ni d’un autre enquêteur, mais de ma nièce Lucy. J’en suis à la fois surprise et ravie, car je pensais qu’elle ne viendrait pas aujourd’hui. Aux dernières nouvelles, elle prenait son hélicoptère pour se rendre à New York, sans aucune certitude. Elle a été très occupée ces derniers temps à aménager sa « maison de campagne », comme elle a baptisé l’immense étendue de terrain dont elle a fait l’acquisition au nord-ouest, du côté de Lincoln. Elle a effectué de multiples allers-retours au Texas pour obtenir sa certification pour le nouvel hélicoptère bimoteur récemment livré. Occupée à des tas de choses pour lesquelles je ne peux lui être d’aucune aide, affirme-t-elle, mais ma nièce dissimule des secrets. Comme elle l’a toujours fait, et comme je le sens toujours.
Je lui expédie un texto :C toi ? Café ?
Elle paraît sur le seuil de ma porte ouverte, svelte et remarquablement en forme dans un tee-shirt ajusté, un treillis de soie, le tout noir, et des chaussures de sport de cuir noires elles aussi. Ses veines saillent sur ses poignets et ses avant-bras musclés, et ses cheveux aux nuances d’or rose sont encore humides de la douche. Il est à peine sept heures du matin, et elle a l’air d’être déjà passée par la salle de sport avant de partir pour un rendez-vous avec