59 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

4891

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Un homme est arrêté selon des inculpations qu’il ne comprend pas et il est embarqué dans une machine judiciaire sans humanité. On lui demande d’avouer ce qu’il ne sait pas, ne comprenant même pas les chefs d’inculpations. Il est soumis à des pressions de toutes sortes, allant jusqu’à différentes formes de supplices. Le système veut même lui interdire de penser. Le système ne veut qu’une chose, des aveux, qu’il doit écrire sans connaître le moindre indice de ce qu’on lui reproche. Mais cet homme, sans résister physiquement, va aller au-delà de la douleur physique ou psychologique, pour trouver une sérénité intérieure. Au lieu de le briser, cet homme va se découvrir et se construire son environnement, enfin libre de toutes pressions.
Existe aussi en langue anglaise sur Amazon
Chapitre 1 Un jour, une nuit, je ne sais plus, je fus arrêté par les services du maintien de la liberté. Cela s’est passé si vite, je n’arrive même plus à me rappeler ni comment ni quand. C’était comme si mon esprit était prisonnier avant que mon corps ne le soit. Le chef d’inculpation que l’on m’a donné, la seule chose dont je me souviens, était des conversations controverses qui tendraient à nier l’évidente fiabilité des décisions publiques justes de la communauté. Sur le moment, je n’ai pas compris le chef d’inculpation. Je pensais être un citoyen modèle. La seule chose dont je pouvais me rappeler était une discussion  anodine sur une loi en particulier. Je me rappelle  avoir été surpris  de mon incarcération préventive car il me semblait juste de questionner le bien-fondé de cette loi.Elle restreignait la publication d’œuvres de science-fiction, sous prétexte qu’elles remettaient en  cause notre société actuelle en transposant de manière fictive celle-ci dans un futur ou un monde en apparence différent, par le biais d’exagérations sans fondement. Pour ma part, si je pouvais comprendre que certaines étaient effectivement en opposition directe avec nos règles justes et fiables, d’autres étaient de pures inventions de l’esprit et nous offraient l’occasion de nous plonger dans un imaginaire artistique et parfois de nous faire réfléchir sur des possibles futurs et les aménagements de nos règles justes et fiables à considérer dans ce cadre proposé.Je m’estimais, et je m’estime toujours, un honnête citoyen, respectueux de l’ordre et de notre justice. Mais ces accusations m’ont conduit à me  retrouver enfermé sans procès préalable, telles que le prévoient nos règles actuelles. Mon audience est pour le moment reportée, l’affaire étant en cours d’analyse par les juges arbitres souverains.Le temps passe, jour après jour, sans que rien ne se produise, hormis à heure fixe mes repas et la lumière qui s’allume au matin et s’éteint au soir. Voilà environ deux semaines que je suis enfermé dans ma cellule. Est-ce que cette durée est normale ?  Certainement, puisque nous vivons dans une communauté où tout est régi selon des lois justes et fiables. Celle-ci est conforme, telle que le définissent nos règles :  un lit, un cabinet de toilette, une table et une chaise. Mes repas sont amenés tous les jours à heure fixe, ce qui les rythment. Pour seule occupation, hormis les repas et mes sommeils, sont de compter les jours, comme le ferait un enfant comptant le nombre de jours le séparant encore des vacances. Je tiens mentalement le nombre de jours passés : 12 jours.Pendant douze jours, je ne vois personne, hormis les gardes qui vont et repartent, pour les repas. J’essaye bien de leur demander si  je vais pouvoir voir mon avocat, mais aucune réponse ne survient, hormis qu’ils ne sont pas habilités à me communiquer quoi que ce soit.  J’erre donc dans ma cellule, jour après jour, du lit, à la chaise, de la chaise au lit, marchant parfois en rond dans ma cellule, autour de la table. Mon corps a besoin de cet exercice, et ma raison aussi pour ne pas penser. Marcher, consciemment, en pesant chacun des pas, me permet de mettre en sourdine mes réflexions inutiles  et stériles. Tant que je n’aurai pas plus d’informations, je ne pourrai pas me défendre.Le ballet des gardes devient une habitude. Le silence aussi. Mais lorsque je ne marche pas, ou lorsque j’essaye de dormir, le bruit dans ma tête est assourdissant. Mes pensées se bousculent, tentant de construire un ensemble logique de cette situation inédite pour moi. Je connais les lois, enfin, comme tout citoyen devrait les connaître. Pourquoi mon avocat ne vient pas  ? Je mange, sans vraiment savoir pourquoi. Je dors sans  vraiment le vouloir  ni parfois le pouvoir. Alors je marche. Je tourne en rond, physiquement et psychologiquement.Aujourd’hui, 12e jour, mon avocat du maintien de la liberté vient enfin me voir. Le gardien m’a prévenu de son arrivée pour que je me prépare à le recevoir. Une chaise additionnelle est apportée peu  de temps avant qu’il  ne pénètre  dans ma cellule. Il est grand, les yeux d’un gris perçant, comme ses cheveux. Rapidement, il m’invite à m’asseoir à la table, lui d’un côté, moi de l’autre. Il sort un dossier, fermé par une boucle de fer. Mon nom est inscrit avec un code-barre associé dessus. Presque sans un mot, il sort une liasse de papier blanc et un stylo et les pose devant moi.Il m’invite alors à confesser mes actions subversives. Je lui demande lesquelles, que me reproche-t-on exactement ? Pour seule réponse, il pointe du doigt mon dossier, toujours fermé par cette boucle de fer. Je lui demande si je peux consulter le dossier pour savoir de quoi il retourne, sa réponse est négative : seuls les juges arbitres souverains et lui-même sont autorisés à le lire. Je dois, selon nos règles, apporter la preuve, ou si vraiment je le  souhaite, la défense contre mes accusations.Mais si je ne les connais pas, comment puis-je ou non confirmer celles-ci ?  Il  me répond que là  n’est pas la question. Il m’appartient de respecter les règles.[...] 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 septembre 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782363159366
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0020€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.