5 - Cartel Robotique

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Description


Présentation de la série :







Après une guerre planétaire, quelques cités survivantes devinrent des mégalopoles repliées sur elles-mêmes et totalement indépendantes, tant d’un point de vue énergétique qu’informatique, transformant le réseau internet en un système local. Les décisions politiques et sociétales se limitèrent aux habitants de ces tentaculaires rassemblements humains.







Dans l’une de ces mégalopoles coupées du reste du monde, les drones se sont développés au point d’être omniprésents, au détriment des robots en général, et des androïdes en particulier. Historiquement compréhensible, cet état de fait est devenu le quotidien des millions d’âmes vivant au sein de cette immense cité.







Cette situation de monopole satisfait les habitants et le consortium à la tête des industries productrices de drones, mais un groupement de sociétés spécialisé en robotique complote. Au fil d’années de lutte industrielle, les deux responsables de ces puissantes holdings ont depuis longtemps dépassé le point de non-retour dans leur antagonisme.





L’affrontement est devenu inévitable !




4ème de couverture Épisode V


Les dés sont jetés ! L’instigateur d’un gigantesque complot active ses pièces une par une. De nombreux décès en résultent, au grand dam de David Alexander qui pensait avoir élucidé les affaires en cours.


Les ennemis se dressent sur la route de ceux qui en savent trop, les forçant à réagir dans l’urgence, avec les rares moyens à leur disposition. Les balles pleuvent avec leur lot de dommages collatéraux.


Pourtant, certains alliés apparaissent là où personne ne les attendait afin de sauver ce qui peut l’être encore.


Nos héros sont saufs, certes... mais pour combien de temps encore ?

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EAN13 9782369762041
Langue Français

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 Christian Perrot

Cartel Robotique

Episode 5


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Collection Lune Etoilée

Lune Ecarlate Editions

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© 2016 Christian Perrot. Illustration © 2016 Nathy. Édité par Lune-Écarlate 66 rue Gustave Flaubert 03100 Montluçon, France. Tous droits réservés dans tous pays. ISBN 978-2-36976-204-1. Le code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou représentation intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon au terme des articles L,122,-5 et L,335-2 et suivant du code la propriété intellectuelle.

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 ÉPISODE V


Drilona Lallis se leva le plus silencieusement possible pour ne pas éveiller Terry. Les nerfs du jeune homme avaient complétement lâché. Sa compagne avait dû déployer des trésors de tendresse pour qu’il se calme enfin et finisse par s’endormir entre ses bras. Drilona, pour sa part, ne parvenait pas à se détendre suffisamment pour trouver le sommeil. Les récents événements riches en révélations percutantes la maintenaient éveillée aussi efficacement que des litres de café.

Elle but un grand verre de lait chauffé aux micro-ondes sans que cela ne lui apporte aucune aide ni psychologique ni physique. En désespoir de cause, elle s’empara de la valise chromée contenant son drone de combat. Elle déballa celui-ci et le posa sur la table. Elle s’équipa ensuite avec les verres de contact à diodes électroluminescentes, puis enfila les gants de données. Une fois l’engin volant activé, elle eut la sensation de se trouver à son bord en discernant ce que « voyait » la caméra embarquée de l’appareil. La griserie de cette perception l’envahit tout entière. Via ses souvenirs, elle se remémora certains combats de drones livrés. L’adrénaline envahit son système sanguin…


* * *


Entre Cecilian Adomei et Christopher Céphéides, un silence pesant et menaçant s’éternisait depuis plusieurs secondes. Dans la cheminée, le feu artificiel émettait de faux crépitements, reposants d’ordinaire, mais lugubres dans l’atmosphère tendue des lieux. Même les armures décoratives observant la scène de leurs yeux inexistants ne semblaient guère affectées par celle-ci.

— Alors ? ne put s’empêcher de questionner l’héritier Adomei, incapable d’affronter plus longtemps ce silence. Quelle est votre décision ? Vous me tuez ou non ?

Sur le visage artificiel de l’androïde, un étrange rictus se forma.

— Désolé de briser votre rêve de finir en martyre, mais non, je ne vais pas vous tuer. Du moins, pas dans l’immédiat. Vous pourrez encore m’être utile dans le futur, j’en ai l’intime conviction. D’une part, votre double robotique est loin d’avoir terminé sa tâche de désinformation. Et d’autre part, votre présence physique pourrait s’avérer nécessaire dans, disons, un regrettable accident. Pour l’heure, je vais vous « assigner à résidence » comme disent les policiers. Votre robot gynoïde veillera sur vous pour vous maintenir en vie. Par contre, les autres androïdes qui gardent l’extérieur de votre demeure ont ordre de vous empêcher de la quitter par tous les moyens à leur disposition. Comprenez-le bien, j’ai besoin de vous vivant, mais pas nécessairement en un seul morceau, si vous voyez ce que j’insinue.

Cecilian comprenait très bien l’allusion à son intégrité. Il déglutit laborieusement avant d’aller se servir un dernier verre. Il ne lui restait plus que cela, désormais…


* * *


Par l’intermédiaire de sa guêpe, Drilona luttait depuis de longues minutes avec un adversaire imaginaire lorsque retentit la sonnerie de la porte d’entrée.

Son premier sentiment fut l’étonnement. Personne ne venait jamais ainsi entre minuit et l’aube. Le second fut plutôt l’inquiétude en songeant aux mauvaises nouvelles qui pouvaient justifier une visite aussi tardive. Elle n’eut pas le temps d’atteindre la porte que Terry se tenait déjà à ses côtés. Une désagréable intuition déformait les traits de l’étudiant. Nul besoin de lui demander ce qu’il craignait.

Une voix connue traversa alors le battant :

— C’est David Alexander, l’enquêteur en chef. Laissez-moi entrer, s’il vous plaît, c’est très urgent !

Drilona actionna la poignée et la porte s’ouvrit, dévoilant le policier. Il semblait fébrile. Son visage perlait de sueur et une grimace de douleur déformait ses lèvres par à-coups à la manière d’un tic nerveux.

— Prenez quelques affaires, nous partons. Vous êtes en danger !

Sans y être explicitement invité, il entra dans l’appartement puis, visiblement épuisé, s’adossa au battant qu’il repoussa derrière lui.

Il n’eut pas le loisir de claquer la porte ! Celle-ci fut soudain ouverte à la volée. Chassé par le mouvement offensif, le policier se retrouva plaqué entre le vantail et le mur. Un gémissement étouffé lui échappa alors que l’air s’enfuyait de ses poumons comprimés.

Sur le seuil se tenait un inconnu vêtu d’un costume sombre et portant des lunettes assorties. La peau de son visage était si lisse qu’elle ressemblait aux fesses rebondies d’un nourrisson. Sans dire un mot, l’individu frappa la porte de son poing gauche. Le coup fut si puissant que sa main traversa le battant avant d’aller s’enfoncer jusqu’au poignet dans le mur de l’autre côté. David eut de la chance, car l’attaque rata sa tête de peu.

Incapable de bouger, coincé comme il l’était par la porte, le policier luttait de toutes ses forces pour repousser le vantail, en vain. Terry bondit en avant, referma ses bras autour du corps du visiteur agressif dans un effort pour essayer de le repousser. Comme s’il ne pesait guère plus qu’une plume, l’individu le balaya d’un simple revers de la main. L’étudiant roula au sol avant de heurter de la tête la cloison dans un bruit sourd.

Retournant à nouveau sa force contre le battant de la porte, l’inconnu en costume frappa encore à deux reprises. Les coups traversèrent derechef le vantail et le mur. Le limier esquivait en aveugle, ne parant les attaques que d’un cheveu.

Dans un vrombissement soudain, une forme volante vint effleurer la nuque de l’individu avant de glisser vers l’extérieur. L’homme en noir tourna le dos à l’appartement afin de repérer son assaillant. Un vase vint se briser entre ses épaules musculeuses, juste sous une large blessure, causée par une lame, marquant le cou. L’individu agressif fit volte-face, un rictus sanguinaire plaqué sur ses lèvres. De sa main droite, presque avec indifférence, il retenait la porte, écrasant toujours l’enquêteur en chef contre le mur.

Devant lui se tenait Drilona. La jeune femme semblait bien vulnérable. Et pour cause, elle se tenait là, debout, presque nue. En dehors de ses sous-vêtements, elle ne portait que des gants plutôt disgracieux. Par contre, ses yeux paraissaient brûler d’une lumière intérieure.

Le dard du drone de combat, revenant à la charge depuis l’extérieur de l’appartement, frappa l’homme en noir à la nuque. Exactement là où les lames avaient entaillé la peau lors de leur premier passage. La vitesse atteinte par l’engin volant lui permit de traverser de sa pointe barbelée le cou épais de l’individu. Son élan à peine freiné, le drone arracha la tête. Celle-ci chuta au sol dans un bruit de métal torturé. Une seconde après, le corps entier bascula et la rejoignit.

Au travers de ses lentilles DEL, Drilona remarqua tout de suite l’absence de sang. Son drone ne venait pas de tuer un être vivant comme elle l’avait craint un instant, mais un robot adoptant une forme humaine. Les fils électriques et autres pièces mécaniques dépassant de la blessure béante l’attestaient sans risque d’erreur.

David repoussa le vantail de la porte en égrenant des jurons ponctués de gémissements douloureux.

— Bien joué ! Allez, hâtez-vous ! Quelques affaires et nous partons. Le danger est plus proche que je ne le pressentais, hélas !

Malgré les doutes et les questions éclosant dans leur cœur comme autant de plantes carnivores, le couple se hâta de suivre les directives du policier.

Une poignée de minutes plus tard, ils embarquaient tous les trois dans un D-Car anonyme. L’enquêteur prit place au volant et lança le moteur électrique à pleine puissance.

— Pas d’automatisation ? s’étonna Terry.

— Dans notre situation, je préfère faire confiance à mes sens plutôt qu’à ceux d’une machine, avoua David.

— Que se passe-t-il donc ? s’enquit Drilona. Pourquoi un robot à forme humaine a-t-il essayé de vous tuer ?

— Pas seulement moi, je le crains, indiqua le commissaire. Soit il m’a suivi, soit il connaissait votre adresse, mais, dans les deux cas, il n’était pas venu pour boire un verre.

D’un mouvement bien éloigné des recommandations routières...