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Aimée & Léonard

De
208 pages
Jean Faucher, réalisateur à Radio Canada, a relu la correspondance que ses parents échangeaient avec lui entre 1951 et 1984. Lui, ce fils exilé au Québec, sa nouvelle patrie, où il vit avec son épouse Françoise, ont pu entretenir un lien étroit avec ses parents durant 33 ans. Son père, Léonard Faucher, aveugle de naissance et pourtant musicien, mène une vie bourgeoise, tranquille, sans éclats, accompagné par sa femme Aimée à qui il dicte religieusement ses lettres hebdomadaires par-dessus l'Atlantique, ce fossé qui les séparent de son fils. Entrecoupé de faits et d'anecdotes sur le milieu culturel, ce récit témoigne de la vie quotidienne à la fois au Québec et en France qui se remet de l'après-guerre. Une époque qui se veut joyeuse et sans histoire. Une famille casanière, fidèle à ses valeurs?..Toutes ces lettres auront permis à des familles séparées, de mieux se comprendre et d'entretenir des liens serrés malgré la distance et les différences. Réalisateur et metteur en scène, Jean Faucher fut un acteur privilégié des débuts de la télévision au Québec à la Société Radio- Canada
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- ( $ 1 ) $ 8 & + ( 5 $QFLHQ UpDOLVDWHXU j 5DGLR&DQDGD Aimée et Léonard Chroniques, anecdotes et correspondance
Aîmée et Léonard
- ( $ 1 ) $ 8 & + ( 5
Aîmée et Léonard
Chroniques, anecdotes et correspondance
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Faucher, Jean, 1924- Aîmée et Léonard : chronîques témoîns de échange de correspondance entre es parents et auteur, ancîen réaîsateur à Radîo Canada au cours de après-guerre, avant a Révoutîon tranquîe  (Coectîon La Mandragore)  ïSBN 978-2-923715-21-6 1. Faucher, Léonard - Correspondance. 2. Faucher, Jean, 1924- - Correspondance. 3. France - Hîstoîre e - 1946-1958 (4 Répubîque). 4. Pîanîstes - France - Correspondance. 5. Producteurs et réaîsateurs de téévîsîon - Québec (Provînce) - Correspondance. ï. Faucher, Léonard. ïï. Tître. ïïï. Coectîon : Coectîon La Mandragore. D407.F38A4 2010 944.082'092 C2009-942767-2
Pour ’aîde à a réaîsatîon de son programme édîtorîa, ’édîteur remercîe a Socîété de Déveoppement des Entreprîses Cuturees (SODEC).
Marce Broquet Édîteur 55A, rue de ’Égîse, Saînt-Sauveur (Québec) Canada J0R 1R0 Tééphone : 450 744-1236 marce@marcebroquet.com • www.marcebroquet.com
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e Dépôt éga : 2 trîmestre 2010 Bîbîothèque et Archîves natîonaes du Québec Bîbîothèque et Archîves Canada Bîbîothèque natîonae de France
© Marce Broquet Édîteur, 2010
Tous droîts de reproductîon, d’adaptatîon et de traductîon înterdîts sans ’accord de ’auteur et de ’édîteur.
La lente décomposition de l’Être. Décomposition physique. Décomposition mentale. Aboutissement d’une longue usure de l’organisme. Le temps de la résignation est Venu, L’heure approche à partir de laquelle le « reste est silence ».
Avant-propos
« Paris, le 18 janvier 1979 Cher Jean, chère Françoise, Nous aVons reçu ce matin votre lettre du 14, je Veux dire « j’ai reçu » car Aimée était toute la journée chez son architecte, et il ne me restait plus qu’à caresser par instant l’enveloppe en tâchant de supputer ce qu’elle pouVait bien contenir. Ne voyez pas là une image attendrissante, il y a belle lurette que je suis habitué aux inconvé-nients de ma condition, mais quand même c’était un peu rageant ! ! »
Fuyant es hypocrîtes pérîphrases aujourd’huî de mîse, je sou-îgne que Léonard, mon père, étaît aveuge de naîssance. ï n’étaît pas ’homme des annîversaîres, î n’a jamaîs vouu aîre un sort à ses noces d’argent, d’or et même de dîamant quî auraîent conirmé pus de soîXante ans de vîe avec Aîmée… soîXante années vécues côte à côte ; une entente, une compîcîté, une coniance, un abandon, une admîratîon, un amour entîer. Un amour récîproque quî ne es a pas âchés, quî es a aîdés à traverser aussî bîen es heures e tragîques de quasîment tout e xx sîèce qu’à supporter a quotî-dîenneté d’une vîe ordînaîre, rarement eXatante, une vîe morne
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AïMÉE ET LÉONARD
de petîts bourgeoîs moyens et égèrement étrîqués, tout de même écaîrée par ’amour de a musîque, de a îttérature, de ’art.
« Paris, le 19 mai 1979 Aujourd’hui mon anniVersaire nous l’aVons fêté aVec une petite bouteille de champagne… Mon petit Jean il faut que je te dise une chose qui me préoccupe : ta mère se liVre à la tabagie, elle fume au moins trois cigarettes… par an. Cela m’inquiète ! ! »
Son manque évîdent d’întérêt pour a vîe en socîété étaît tout de même paroîs teînté de maîce. Subsîstent surtout eur dévoue-ment récîproque, une attentîon auX proches, a bonté trîste de gens trop modestes, un peu retîrés, s’enermant dans eur petît monde restreînt d’amîs dès eur prîme enance. Aîmée et Léonard avaîent été pour e moîns négîgés, voîre abandonnés par eurs parents. Et beaucoup pus tard, ce quî étaît moîns anorma, par eur is unîque quî est aé courîr sa chance au Québec. Pendant trente-troîs années, de 1951 à 1984, à raîson d’une ettre hebdomadaîre, ce urent des écrîts sans înterruptîon quî nous per-mîrent de témoîgner de nos sentîments et de ’întérêt que nous éprouvîons es uns pour es autres. Ces ettres je es aî toutes conservées, dîctées par Léonard, tapées à a machîne à écrîre par Aîmée. Je es aî cassées. Je es aî reues. J’aî, grâce à ees, revécu toutes ces années où ’Atantîque étaît devenu un ossé entre mes parents et ma propre amîe. Un ossé quî nous a séparés, maîs quî nous aura aussî permîs de mîeuX nous comprendre, nous dévoîer, nous îvrer.
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