Anasterry

-

Livres
273 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Rien ne saurait ébranler Anasterry, la plus riche et intellectuelle baronnie de Civilisation. Rien... sauf peut-être un défi de gamins.
Quand Renaldo, fils du baron de Montès, et son meilleur ami entreprennent de trouver la faille de cette utopie pour séduire une jeune fille, ils ignorent qu’ils vont déterrer de sombres secrets...
Quels sont ces monstres découverts dans les marais ? Sont-ils liés à la tolérance d’Anasterry pour les mi-hommes qu’on opprime partout ailleurs ? Après trente ans de paix, Civilisation risque-t-elle d’être si facilement bouleversée ?
Pour réparer ses erreurs, Renaldo devra choisir entre son patriotisme, ses idéaux et ses responsabilités d’homme libre. Il apprendra surtout qu’on ne pardonne rien aux donneurs de leçons, surtout quand ils ont raison...


Après un doctorat de biologie, Isabelle Bauthian devient traductrice et scénariste. Ses textes s’illustrent par des personnages d’une grande humanité. Avec Anasterry, un récit habile qui mélange fantasy et politique, elle revient à son premier amour : le roman.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 0
EAN13 9782366293852
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
présente
Anasterry An 17 du règne de Kolban le Roux LESRHÉTEURS. PREMIÈREVERSION. Isabelle Bauthian
Ce fichier vous est proposé sans DRM (dispositifs de gestion des droits numériques) c’est-à-dire sans systèmes techniques v isant à restreindre l’utilisation de ce livre numérique.
BADWOLF,
LAFANTASYQUIJOUEAVECSAPROIE
Bad Wolf est une collection de fantasy chez ActuSF qui vous prépare de belles surprises. Complices, tous leurs auteurs se sont adonnés à un même jeu littéraire… Trouverez-vous lequel ? Envoyez vos réponses à labelbadwolf@gmail.com, le v ainqueur remportera trois livres ActuSF de son choix. Vous n’avez pas trouvé ? Quelle chance : les enjeux augmenterontà chaque nouvelle parutiondans cette collection…
Pour Thibault et Axel, mes deux monstres.
D’Anasterry : Cal d’Anasterry :baron.
Personnages
Elbeth de Doy :son épouse.
Nay d’Anasterry :leur fille et héritière.
Elson de Jory :leur beau-fils, mari de Nay.
Fendraw d’Anasterry :père de Cal.
Lendry d’Anasterry ( ) :frère cadet de Cal. °
Abee Domdry ( ) :fiancée de Lendry. ° Constance d’Eminor :jeune noble de Landor, officier de la garde d’Anas terry. Le chevalier de Larn :protecteur de la première province d’Anasterry. Melyn des Ostrays :Protectrice de la deuxième province chevalier. d’Anasterry.
Bernd du Catolf :chevalier. Protecteur de la troisième province d’Anasterry. Aydars de Jomyn :chevalier. Protecteur de la quatrième province d’Anasterry. Haldus Messianor :intendant.
Loup, Annebelle, Lyne :étudiants.
Ieza, Mäfch, Lozzie, le cyclope :mi-hommes. Telaan Scandry et sa famille :mi-hommes, bourgeois. Saltimbanque :amuseur public.
Joannie :villageoise.
Sylfie :paysanne.
Leen de Mall ( ) :fondatrice de la baronnie. °
De Montès :
Jago Pendro Badiare de Montès :baron.
Diema Reor de Sanzano :son épouse. Deloncio Jago Badiare de Montès :leur fils aîné. Héritier.
Renaldo Jago Badiare de Montès :leur fils cadet. Thélban Acremont :ami de Renaldo. Héritier de la Guilde des meilleur Épiciers. Oditta d’Anoss :promise de Renaldo.
Lucita :fiancée de Deloncio. Guindo, Escole, Erido, Landrico, Leanel, Bendi, Gin o, Ignor, Pannicio : soldats. Maïna :jeune bourgeoise.
Almia :nonne défroquée. De Capitale : Céleste Armanville :sœur jumelle de Thélban. Miel Acremont :père de Thélban et Céleste. Donis Lucieux :demi-frère de Thélban et Céleste. Aube Armanville :mère de Thélban et Céleste, seconde épouse de Miel. Racine :bras droit de Thélban.
Vigal :ami de Thélban et Céleste. Hélianthe :botaniste.
Mon Très Cher Cal, Je me doute que tu seras le premier à trouver cette lettre, je me permets donc de te l’adresser. Libre à toi de la divulguer à ton père, ou à toute personne que tu désireras mettre dans la confidence. Je serai brève. Lendry est mort, je l’ai admis. Aujourd’hui, je le rejoins. Tu parviendras peut-être à me retrouver. Auquel cas, j’espère que tu ac cepteras de ne point m’exposer. J’ignore ce que plusieurs semaines dans les marais auront fait de mon corps mais, tu le sais, je suis coquette, et je souhaite que le peuple d’Anasterry garde en mémoire la pétillante beauté qu’il avait appris à aimer. Tu n’étais pas de mes admirateurs et je te l’ai bie n rendu. Mais je tenais à te remercier d’avoir accepté le choix de ton frère. Ma lgré nos disputes (consens, je te prie, à ce que je les qualifie ainsi, quoique je ne sois jamais parvenue à te faire hausser le ton), tu m’as autorisée à prouver que je n’étais pas de ces vénales coureuses d’emblème. Tu as toléré mes idées saugren ues et abrité mes mœurs marginales. J’ai la prétention d’avoir permis à Len dry d’assumer les siennes, même si je n’ignore pas l’indulgence que ton père e t toi avez toujours manifestée à l’égard des esprits libres. Nous aimions les mêmes gens, Cal, et avons souffert des mêmes drames. Nos flagrantes oppositions ne parvinrent jamais à écorn er cette proximité imposée. Nous ne sommes certes pas amis et nous nous quitton s aussi fâchés que peuvent l’être deux personnes qui se respectent. Je méprise tes derniers choix mais je te suis reconnaissante de ce que tu m’as ac cordé et j’ai conscience que nulle part ailleurs on ne m’aurait offert un tel présent. Adieu donc, mon estimé beau-frère. La suite est ent re tes mains. Je ne témoignerai pas du passage d’emblème mais te souhaite un règne apaisé. Que la Terre Mère t’octroie sa protection, Abee. Lettre d’adieu d’Abee Domdry, rendue publique en l’an dix-sept du règne de Kolban le Roux.
Montès.
An 4 du règne de Kolban le Roux. La première fois que Renaldo Jago Badiare de Montès assista à une mise à mort, il avait six ans et demi. Son frère, Deloncio, en avait neuf, et il avait souhaité manier la hache. Leur mère avait fermement désappro uvé cette initiative. Le condamné était un mi-homme pouilleux sans éducation et il était hors de question que son aîné, l’héritier de la baronnie, lui fasse un tel honneur public. Deloncio avait insisté, c’est-à-dire qu’il avait râlé, boudé , puis hurlé qu’il était l’offensé (le coupable avait dérobé une broche à la fille de l’un de ses serviteurs), qu’il était donc en droit, peut-être même en devoir de désigner l’exécuteur de la sentence, qu’il avait presque dix ans, que c’était l’occasion de verser son premier sang et que si la famille du voleur osait seulement se vanter d’avoir perdu leur rejeton de ses mains, il saurait, de toute façon, leur faire r entrer leur prétention dans la gorge. Diema Reor de Sanzano, baronne de Montès, plissa le nez et une fine veine apparut le long de sa tempe gauche. Elle dit : J’en parlerai à ton père. Ce qui était généralement de mauvais augure pour le s projets des enfants. Mais, contre toute attente, le baron Jago de Montès tint tête à son épouse. Les arguments de Deloncio, bien que formulés sur un ton regrettable, faisaient sens. Il était grand et fort pour son âge, avait déjà pro uvé sa tolérance à la violence et son respect des devoirs, et il était temps que les citoyens de Montès le connaissent pour autre chose que son esprit bagarre ur et sa propension à chicaner le bon peuple. Diema s’était inclinée, au propre comme au figuré, devant son baron. Elle avait dit : Soit. et quitté la pièce. Même Deloncio n’avait pas osé m anifester sa satisfaction. Après que la tension fut retombée, Renaldo avait de mandé à son frère si l’offensée n’était pas plutôt la propriétaire de la broche, dont on aurait pu s’enquérir de l’avis quant à la désignation du bour reau. Deloncio l’avait giflé du revers de la main, le mettant à terre, et de petite s lumières avaient dansé devant ses yeux jusqu’au soir. Il n’avait pas signalé l’in cident à ses parents. Son père aurait sans doute pardonné sa faiblesse mais sa mèr e, après avoir sévèrement puni son aîné, lui aurait probablement administré u ne nouvelle correction pour lui apprendre tant à encaisser les attaques qu’à cesser de cafarder. Les lumières avaient finalement disparu, démontrant la vanité de son inquiétude. Il avait hâte, tout de même, d’être assez fort pour rendre les coups à son frère et faire lui aussi honneur à son nom. Le jour de l’exécution, le soleil brillait dans le ciel et nimbait la lice de la citadelle d’une chaleur suffocante, même pour un été de Montè s. Les nobles et leurs gens
transpiraient dans leurs habits de cérémonie, et il émanait du peuple une odeur rance qui prenait à la gorge. Les émetteurs des eff luves en souffraient eux-mêmes et, petit à petit, une rumeur se fit entendre , incriminant la présence des nombreux mi-hommes. Diema, dans la riche robe viole tte qu’elle réservait aux événements les plus graves, dissimula sa bouche der rière son éventail assorti et murmura quelques mots à l’oreille du Sieur de Revin sio, le responsable de la sécurité. Ce dernier quitta l’esplanade destinée au x hauts dignitaires et disparut dans la foule. Quelques minutes plus tard, des sold ats en livrée pourpre se déployaient dans l’assistance. Ils s’adressèrent br ièvement aux grandes gueules et la rumeur s’éteignit doucement. —C’est idiot de dire que les mi-hommes puent, ma mè re, affirma Renaldo histoire de participer au moins à une discussion. T out le monde sait qu’ils sont sans odeur. Sottise, répondit négligemment Diema sans quitter la foule des yeux. Jago se pencha alors vers son cadet et lui caressa les cheveux. —Seules les fées n’avaient pas d’odeur, fils. Elles étaient d’humeur sèche et leur peau supportait mal la chaleur. C’est la raiso n pour laquelle elles se couvraient d’étoffes. Mais le condamné est un Métis , comme la plupart de nos affranchis. Il se tourna vers sa femme et ajouta : Il serait temps que Cesano l’emmène sur le terrain. —Je le lui dirai, répondit Diema. Ça pourra remplac er les leçons de vieux malardien. Renaldo n’y fait aucun progrès et il n’y a pas d’urgence à apprendre une langue morte d’un pays disparu. Renaldo aimait bien les leçons de malardien car, mê me s’il ne retenait pas la grammaire, elles reposaient sur des légendes passio nnantes. Mais ses parents savaient ce qu’ils faisaient. Déçu de ne pas être p arvenu à émettre une opinion intéressante, il reporta son regard sur l’estrade o ù, selon la coutume, le supplicié attendait, vêtu d’une toge grise, le visage couvert d’un voile. L’officier de cérémonie lui parla brièvement, échangea avec lui q uelques hochements de tête, puis s’adressa à la foule : Le coupable exprime le désir de confronter son bourreau. De nombreuses voix s’élevèrent, générant une rumeur excitée et indistincte d’où émergeaient quelques insultes et applaudissements. Au bout d’une vingtaine de secondes, le baron de Montès se leva et fit de l a main un geste agacé qui réduisit rapidement l’assemblée au silence. Qu’on y réponde, dit-il alors, selon la formule consacrée. L’officier de cérémonie retira donc la capuche sous les cris réitérés de la foule, dévoilant un visage dont les ecchymoses ne parvenai ent pas à effacer la bizarrerie des traits. La peau était brune, comme c elles de Renaldo et de la plupart des citoyens de Montès. Mais elle était cou verte de taches rose pâle, et ses yeux si rapprochés donnaient l’illusion d’un strabisme malgré leurs pupilles parfaitement centrées. Le regard était vif et perça nt et Renaldo dut se forcer à le