Arcole

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Français
213 pages

Description

Bruxelles 1960. Anne et Juliette, quinze ans, vivent six mois d'une amitié passionnée au sein de leur école. Tout les oppose, leur tempérament comme leur milieu social. Elles vivent une période de complicité intense jusqu'au drame final. L'interrogation que pose ce récit : jeunes filles d'hier et adolescentes d'aujourd'hui sont-elles vraiment différentes ?

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Date de parution 22 janvier 2020
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EAN13 9782140141263
Langue Français

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Bruxelles 1960. Anne et Juliee, quinze ans, vivent six mois d’une amiîé passionnée au sein de leur école. Tout les oppose, leur tempérament comme leur milieu social, mais le ciment de l’aïrance réciproque réside avant tout dans la transgression des codes moraux et sociétaux de l’époque. Elles vivent une période de complicité intense jusqu’au drame final. L’interrogaîon que pose ce roman : jeunes filles d’hier et adolescentes d’aujourd’hui sont-elles vraiment différentes ?
Arlete Kayser de Bruxelles. Elle fut enseignante, praIcienne en relaIon d’aide (tarots), et enfin libraire au village du livre de Redu (Belgique) où
ISBN : 978-2-343-19425-7 20
Arlette Kayser
Arcole Récit d’une défaite
Roman
Écritures Collection fondée par Maguy Albet et dirigée par Jérôme Martin Muller (Jérémie),À chacun son tour, 2020. Marcuola (Roland),Guido, 2019. Di Tillio Lacruz,Rouge déconcertant, 2019. Moissinac (Christine),Par monts et par cœur, 2019. Macé (Pierre),Requiem pour deux divas, 2019. Sadoul (Gérard),Juste Ninon, 2019. Bracco (Pierre-Paul),Jamais toujours l’amour, 2019. Courau-Poignant (Christelle),Souad, 2019. Chiaramonti (Claude),Mer croisée, 2019. Leenhardt (Pierre),Un amour de frère, 2019. Nadal (Ange),Les beaux jours, 2019. Balzamont (Marie-Line),Monsieur Volage ou la mélancolie de l’homme à femmes, 2019. Cheyron (Jean-Marcel),La vengeance du perroquet vert, 2019. Anton (Isabelle),Aux larmes et cætera, 2019. Deman (Benjamin),On parlait d’amour, 2019. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.editions-harmattan.fr
Arlette KayserArcole Récit d’une défaite Roman
© L’Harmattan, 2020 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-19425-7 EAN : 9782343194257
Pour Brigitte, Christiane, Monique
et surtout Yvette, mes vraies amies de cœur.
Ce récit est une fiction, bien que de larges pans émargent à la réalité de ma vie d’adolescente. L’école, élèves et professeurs ainsi que certaines situations décrites ont existé mais les noms ont été changés et les profils, modifiés.
Les expressions et tournures de phrase en dialecte bruxellois sont intelligibles sans qu’une traduction ne s’impose.
Note de l’auteur
C’est un fait, le hasard n’existe pas.
Si, par le passé, nos actes, nos pensées, nos émotions ont impressionné un tant soit peu la trame subtile du monde, l’écho nous en reviendra tôt ou tard sous forme de coïncidence. Celui de l’amitié passionnée qui m’unit à une jeune fille prénommée Juliette, mit trente-trois ans à traverser l’éther et m’atteignit sous l’apparence d’un journal, abandonné sur une table de pique-nique. Stéphane et moi revenions d’un court séjour en Bourgogne. Nous avions escompté, assez naïvement, que quatre jours passés dans un hôtel à la table réputée pouvaient donner une dernière chance à notre couple en pleine débâcle.
Nous roulions vers la Belgique dans un silence meurtri, lorsque mon mari quitta l’autoroute pour faire un arrêt sur une aire de parking, près d’Epinal.
Des silhouettes de carton représentant des soldats de la Grande Armée, rappelaient d’ailleurs à foison la proximité de cette ville, rendue célèbre par ses images. Une lumière dorée de fin d’après-midi baignait le paysage. Il faisait doux.
Une bouteille de soda à la main, je m’approchai du banc solidaire d’une table en bois, qui servait beaucoup en été, lorsque l’exode vers les plages jetait les vacanciers sur les routes.
9
Un numéro de « L’Est Républicain » traînait là, déjà jauni par le soleil.
Je le feuilletais machinalement quand une mauvaise photo accrocha mon regard.
Une femme laide aux cheveux gris et plats fixait l’objectif. Au-dessus de la photo, je lus ce bandeau : « La matricide de Nancy se suicide sans sa cellule » et, sous la photo, ce texte bref : « Nous avons été informés que Juliette Brissaud, jugée et condamnée à vingt ans de détention criminelle pour le meurtre atroce de sa mère, perpétré en 1988, s’est donné la mort par pendaison dans sa cellule de la prison d’Ecrouves, où elle purgeait sa peine. Elle avait 48 ans ».
Juliette, ma Juliette ! L’amie de mes quinze ans ! Mes yeux buvaient littéralement ce visage aux traits vulgaires, à la bouche comme avalée de l’intérieur. Je cherchais l’infime détail qui redonnerait vie à l’image pâlie du souvenir. En vain.
Pourtant tout au fond de moi une digue commençait à céder. Je restais là, le journal entre les mains, focalisée sur la photo et guettant la ruée des réminiscences. Je dus finir par rejoindre Stéphane, monter en voiture et enregistrer l’avalement frénétique de l’asphalte sous les roues.
Je dus même parler quelquefois à mon mari.
Je ne me rappelle rien de ce retour vers Bruxelles, à l’exception du déferlement des visages, des voix, des odeurs charriés par le cours tumultueux de la mémoire.
J’étais retournée en 1959, entre les murs de ma vieille école, auprès de Juliette et j’étais jeune à nouveau.
10