Au cœur de l’indigné

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93 pages
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Description

Peut-on vraiment rêver à son bonheur ou à celui des autres sans tenir compte de notre environnement? « Nous ne léguons pas notre terre, nous l'empruntons à nos descendants ». Encore faut-il parvenir à la laisser en bon état.
Voilà la vision idyllique de Byl, père et citoyen engagé, qui cherche à aider sa collectivité en participant au développement d'un projet de société nommé « Polverde ». Ce projet de vie deviendra entre autre l'héritage qu'il souhaite léguer aux générations futures. Un projet qu'il veut humain, malgré ses aspects politiques obligés, et qu'il aura d'ailleurs la chance de voir se tisser, se développer à travers ses enfants et ses amis.
Étalée sur 25 ans, l'histoire relate l'adaptation de Byl et de sa famille aux politiques d'extrême gauche qui régissent le petit état occidental où il vit. Transformé en un laboratoire social visant le rétablissement d'une forme d'équilibre sociétal, le projet mis en place par le gouvernement n'est pas sans faille. Tous sont confrontés à la réalité extérieure où le capitalisme essaie par divers moyens de reprendre ses acquis sans relâche. Les douze mois accélérés que vivra la famille de Byl se veulent donc un hommage à la vie, à la simplicité ainsi qu'au partage.
Pour le format papier, voir : http://www.abcdeledition.com/livre-detail/livre-53.html

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Date de parution 01 février 2016
Nombre de visites sur la page 5
EAN13 9782922952681
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0097 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Yves Allaire,auteur courriel : yvesallaire@vipeotron.ca
L’ABC de l’éditionRouyn-Noranpa (Québec)www.abcpelepition.cominfo@abcpelepition.com
ConcePtion graPhique pe la couverture :Le CanaPé communication visuelle
ConcePtion graPhique pe l’intérieur et mise en Page :Jean Sébastien LeBlanc
Révision :Nathalie Thériault
ISBN 978-2-922952-47-6 ISBN DF : 978-2-922952-67-4 ISBN EPub : 978-2-922952-68-1
e DéPôt légal : 2 trimestre 2012 Bibliothèque et Archives nationales pu Québec Bibliothèque et Archives Canapa
L’ABC pe l’épition Yves Allaire CoPyright © 2012. Tous proits pe rePropuction réservés.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Allaire, Yves, 1964-
Au cœur pe l’inpigné
(Collection Roman) ISBN 978-2-922952-47-6
I. Titre.
S8601.L427A9 2012 C843’.6 C2012-940731-3 S9601.L427A9 2012
Préface
’écriture est un domaine qui me passionne depuis fort longtemps. Ayant étudié en L communications publiques à l’Université Laval (Québec), je rêvais au journalisme. Toutefois, j’ai rapidement réalisé que « l’honneur journalistique » passe parfois après les attentes économiques, et que le propriétaire du journal a en outre droit de regard sur le contenu des articles que rédigent les journalistes.Comme ne pas tout dire c’est aussi mentir, je n’exercerai donc jamais ce métier.
Guidé par un besoin de dire et d’informer, je me suis vite retrouvé sur le banc d’école à titre d’enseignant. Depuis bientôt une vingtaine d’années, j’offre à mes élèves le goût de connaître, j’exprime la nécessité de savoir et je pousse la critique vers la construction. La matière que j’enseigne (la géographie au premier cycle du secondaire) est pour moi une excuse pour, dans un certain sens, entrer dans une classe et discuter de la vie.
Parallèlement à ce métier que j’adore, je vis dans un monde où règne la souffrance, où les inégalités se font criantes et où le regard et l’action doivent s’orienter vers une alternative respectueuse d’un patrimoine trop souvent banalisé. J’ignorais par ailleurs comment passer ma peine, mes désolations et mes frustrations liées au gaspillage matériel et humain, au même titre que l’individualisme au détriment de la société et aux beaux discours politiques, parfois sans réel engagement.
Les jours se sont ainsi succédés, avant que je ne puisse avoir l’occasion de prendre la plume pour me sauver de mes visions. C’est là que Byl est apparu, incarnant les valeurs familiales et proposant une vision conservatrice et réservée, mais également divergente par rapport à la réalité des voisins. Byl est l’auteur, celui qui a grandi, de même qu’été guidé par les conseils de ses parents. Somme toute, il est apparu en voulant saluer l’avenir, l’espoir et le respect. Les douze mois accélérés que vivra la famille de Byl, se veulent entre autres un hommage à la vie, à la simplicité et au partage.
Juin Le début d’un grand rêve
Vivre dans la revendication constante de son bonheur, revient à être victime de ses attentes… Accueillir toute situation comme occasion de se transformer, c’est grandir véritablement.– Yvan Amar a vie de chacun est certes différente, mais s’accole néanmoins à des similitudes L parfois étonnantes. Au cours de son règne, l’être humain a successivement connu une dépendance totale, soit en tant que nourrisson vis-à-vis sa mère, soit au moment de l’âge adulte envers un être spécifique.
Pour sa part, le bagage génétique a un impact déterminant sur le caractère, mais il doit en sus pouvoir conjuguer avec les cultures familiale et sociale pour ensuite se moduler aux traits de la personnalité de l’être.
De cet amalgame se définit la personne qu’on aime, qu’on adule, qu’on évite ou qu’on déteste. Le même personnage, parce que chacun des êtres humains a un rôle à jouer, aura à s’adapter à son environnement en perpétuelle mutation, progression et sous pression. En réponse, une parcelle tantôt de charme, tantôt d’exception pourra par la suite être potentiellement perçue, voire un versant dit naturel ou de facture rituelle.
Enfin, dans sa progression, cet être bénéficiera d’une période de repos, la pause quotidienne nécessaire à la régénération musculaire en devenir, ainsi qu’à la rétrospection le soir venu. De même, elle sera d’autant plus utile à la récupération pour retourner effectuer ses heures de travail, de six à dix-huit heures par exemple, ou selon la classe sociale à laquelle l’être appartient ou se définit. À cet égard, ce laps de temps, même involontaire, se veut curatif.
Arrive enfin le dernier soupir, celui où l’essentiel ne suffit plus. C’est en fait le moment ultime, le pivot reliant la vie à la mort. C’est l’oscillation spontanée entre la fatale réalité et le retour en arrière, la prise de conscience d’avoir trop souvent oublié la présence du voisin, de l’ami, du frère.
L’histoire qui aurait assurément pu s’ensuivre est celle d’un homme bon, d’un père d’une grande famille; l’histoire de l’homme qui connaît personnellement chacun de ses enfants, et ce, sans avoir à poser de question. L’histoire aurait tout aussi bien pu présenter les fabulations d’un père à partir de ses rêves, lesquelles réunissent le connu, l’inspiration engendrée par le moment présent et la créativité.
Dans cette histoire, l’homme devait tout naturellement partir et léguer ses acquis et connaissances pour avoir l’opportunité de grandir encore plus. Comme toutes les histoires fantastiques, l’homme rêvait de laisser à ses descendants une clef magique, laquelle aurait pu être cachée là où l’accès est si évident, qu’il devient la proie de guerres, de violences et de conflits. Cette clef aurait aussi pu être laissée à quelqu’un qui sache l’utiliser à bon escient, et donc en vue d’ouvrir la porte de l’avenir. Mais l’homme cherchant à transmettre ses valeurs favorise plutôt le vécu, l’expérience et les liens humains. Il n’a ainsi aucunement en tête la transmission de la convoitise; il offre ce qu’il a, tout simplement. À chacun de construire son avenir selon ce qu’il aura pris, avec
comme base l’expérience de l’ancêtre.
Dans cette histoire, l’homme avait déjà vu de quelle façon se dessinait l’avenir.
L’homme qui laisse ici ses connaissances sur un plateau de bois, s’est en un sens battu toute sa vie pour que les siens grandissent. Dans son monde, personne ne sait vraiment jusqu’où celui-ci s’est rendu et où en était réellement sa satisfaction intérieure. Toutefois, plusieurs reconnaissent l’incroyable chemin qu’il a fait parcourir à ses proches. Bref, l’homme a vieilli derrière une ombre qui, à certaines occasions, a certes voilé ses bons coups.
Avant de s’endormir pour de bon, l’homme avait comme entourage une société en pleine mutation. Les bons mots de la religion qu’il pratiquait semblaient s’être évaporés. La famille qu’il avait fondée paraissait se dissiper au profit de l’immédiat et la tourmente quotidienne coulait incessamment dans les veines de certains de ses fils. L’homme croyait aussi que ses acolytes se devaient de composer avec une société meilleure. Fatigué, parfois pessimiste et nostalgique, il se voyait confronté à l’évolution sociale. Par ailleurs, la planète lui semblait de plus en plus malade, amenant progressivement l’individu à disparaître au profit de l’être numérisé. Il comprit que les bons moments étaient définitivement derrière.
Et puis, vint le jour où il ne fut plus en mesure d’ajouter un mot… Plus jamais. Il sombra peu à peu dans un rêve; celui de continuer sa mission, de perpétuer la vie. Sans aucune autre personne à ses côtés, l’homme s’endormit.
Juillet L’amertume en préambule
Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde.– Gandhi
out commence ici par la désolation, le besoin d’expression, la verbalisation de la T rage. Constatant une impuissance sociale si envahissante, l’homme décide de dire. Il proclame ainsi que la terre est menacée et que les gens ne s’arrêtent qu’à l’avoir, oubliant de surcroît l’être. Il entend la solution mais, dérouté, ne comprend pas pourquoi elle n’est pas appliquée. Il vit alors un désarroi.
Chaque premier mercredi du mois, soit celui de la collecte municipale des grosses vidanges résidentielles, il procède au décompte alors qu’il emprunte le chemin du travail. Échoué près des voitures encore garées à cette heure matinale, le sofa démodé attend l’éboueur pour finir sa vie utile dans un site d’enfouissement; le bois découpé, jadis charpente, ne sera pas transformé mais purement et simplement jeté. La poubelle, elle-même suffoquant du surplus d’aliments de table dont on l’a gavée, trahit les habitudes de son propriétaire.
Ainsi s’explique l’amertume, la désolation. Comme simple citoyen, innocent et sans puissance politique il se tait, ou bien partage occasionnellement ses pensées pour ensuite recevoir une quelconque approbation vide, parce que trop vite oubliée. Il retourne alors dans ses pensées, confrontant le mythe du plaisir capitaliste, celui du confort et du « tout » pour être heureux avec la réalité de l’individu, la richesse de l’être et de l’intégrité. Il cultive secrètement, voire jalousement l’envie de rencontrer l’âme mise à nu. Il rêve de partager ses convictions, de les faire grandir dans un décor où la raison domine l’apparence et la jouissance immédiate. Il rêve.
Mais « il », c’est lui. Il est tout autour de vous. Il vous regarde sans laisser le moindre filet de son souffle le trahir. Il vous côtoie, mais vous le confondez avec le voisin. Il mange, dort et rit. Il est comme tout le monde.
Symbole de prudence, il a son jardin secret. Ce dernier est si vaste qu’on oublie qu’il est refuge. Comme pour chacun, on y accède par une porte d’entrée. Celle-ci donne accès à sa maison, mais il faut regarder à gauche pour découvrir ce jardin. Comme la porte semble demeurer ouverte, on finit par oublier qu’elle peut également être un passage secret. Sur le seuil de la porte, on parle, on échange. À l’occasion, on entre dans la maison pour partager une anecdote, voire un repas. Pour sa part, le jardin secret garde toute sa quiétude; étant la plupart du temps méconnu, ignoré. Le volet caché poursuit son mandat et c’est très bien ainsi.
Parfois extérieur aux yeux de Byl, ce jardin est constitué de plantes, d’arbres, de roches, de vase… et d’inconnu. Protégé par cette végétation, il s’y réjouit de ses bons coups, de ses attentes. Souvent, il enterre un fantasme quelconque qui, un jour, prendra peut-être la forme d’engrais pour l’aider à passer à autre chose. Sa confiance personnelle, il la doit en partie à ce coin organique, placé non loin de son cerveau… À priori, il paraît également normal que les frustrations aient pris d’assaut ce même sol, paradoxalement fertile.