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Chagrins de parents

De
227 pages
A vingt-six ans, brutalement, Flore Maguip à Nkonen se retrouve veuve, sans emploi, avec trois enfants à charge. Pour ses enfants, elle sacrifie tout : sa fortune, sa vie de femme...Plus tard, âgée, elle sombre dans la misère et la maladie. Elle implore alors leur secours. Sauront-ils lui retourner l'ascenseur ?
Au-delà de cette singulière histoire de famille, très actuelle, ce récit pose la question du rapport entre l'amour parental et l'amour filial, et évoque la problématique de la sécurité sociale.
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CET OUVRAGE A ÉTÉ PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS FINANCIER DE LA CAISSE NATIONALE DE PRÉVOYANCE SOCIALE DU CAMEROUN (CNPS).                !!"!##$ %&  !!"!##$
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Littératures et SavoirsCollection dirigée parEmmanuel Matateyou Dans cette collection sont publiés des ouvrages de la littérature fiction mais également des essais produisant un discours sur des savoirs endogènes qui sont des interrogations sur les conditions permettant d’apporter aux sociétés du Sud et du Nord une amélioration significative dans leur mode de vie. Dans le domaine de la création des œuvres de l’esprit, les générations se bousculent et s’affrontent au Nord comme au Sud avec une violence telle que les ruptures s’accomplissent et se transposent dans les langages littéraires (aussi bien oral qu’écrit). Toute réflexion sur toutes ces ruptures, mais également sur les voies empruntées par les populations africaines et autres sera très éclairante des nouveaux défis à relever. La collectionLittératures et Savoirsest un espace de promotion des nouvelles écritures africaines qui ont une esthétique propre ; ce qui permet aux critiques de dire désormais que la littérature africaine est une science objective de la subjectivité. Romans, pièces de théâtre, poésie, monographies, récits autobiographiques, mémoires... sur l’Afrique sont prioritairement appréciés. Déjà parus Marie Françoise Rosel NGO BANEG,Ning, nouvelles, 2009. Edouard Elvis BVOUMA,L’épreuve par neuf, 2009. Rodrigue NDZANA,Je t’aime en splash, 2009. Patraud BILUNGA,L’Incestueuse, 2009. Pierre Célestin MBOUA,Les Bâtards ou les damnés, Pièce en trois actes, 2009. Pierre Célestin MBOUA,Les Cacophonies humaines, Poèmes, 2009. Robert FOTSING MANGOUA (sous la direction de), L’imaginaire musical dans la littérature africaine,2009. Mayer ÉTONGUÉ,Hystérique…, 2008. Robert FOTSING,Les pièges, 2008. Olivier Thierry MBIH,Le Crépuscule des pleurs, 2008.
Ce roman est une œuvre de fiction, inspirée d’une histoire récente et réelle. Les noms des personnages relèvent eux aussi de la fiction, de façon que le récit puisse reprendre de la distance par rapport à la réalité.
À ma mère, Marie GOUFAN à RIBAL; ma soeur, Suzanne KOUBA; mon ami, Francis A. BIDJOCKA.
CHAPITRE I Kribi, belle petite ville touristique du Cameroun. Avec ses rues bitumées et propres, ses mille et un cours d’eau dont la Kienkié et la Lobé, sa population cosmopolite et conviviale dont les autochtones, hospitaliers, sont habitués à recevoir des marées de touristes ; ses habitations sobres mais présentables, et parfois bourgeoises. Avec ses myriades d’établissements hôteliers bordant la mer, toutes classes confondues. Avec aussi ses belles et interminables plages maritimes sur lesquelles le visiteur peut, dès l’entrée de la ville, depuis son autobus de voyage, promener un regard contemplateur. Plaisir que le conducteur de l’autobus se fait toujours un point d’honneur d’offrir à ses passagers, comme apéritif visuel, en ralentissant considérablement. Ce matin de février 1964, le soleil s’est levé très tôt sur Kribi. Le ciel s’est vite éclairci. Il est tout bleu, d’un beau bleu qui déteint sur la mer, non pas houleuse, mais tout de même pleine de vie. Il fait beau temps. Le soleil semble provenir de la haute mer, progresser vers les côtes, et se répandre lentement dans le cœur de la ville. À quelques encablures de la plage urbaine s’étalent les premières résidences. Sur l’une d’elle, peinte avec de la peinture à huile, tout en blanc, les rayons de soleil semblent plus intenses, plus gais, plus focalisés. Comme s’ils lui étaient destinés en particulier. Elle se trouve donc comme sous les feux de la rampe au milieu des résidences alentour. Grande, carrée, un toit à quatre pentes, architecture coloniale de style allemand, avec pour matériau de petites briques de terre rouge. Tout autour, une belle pelouse bien entretenue, une clôture basse et ajourée. Depuis la clôture, une allée pavée conduit droit à
la porte d’entrée, qui donne directement sur la salle de séjour. Une salle de séjour se drapant dans un voile de tristesse. Un calme de cimetière. Une vague impression de désolation s’en dégage. Quelques désordres et négligences sautent aux yeux. Un sol jonché de jouets d’enfants. Des rideaux mal tirés, des fenêtres partiellement ouvertes. La salle est sombre. Dans cette sombre clarté, sur le canapé, une femme est assise. Veuve. Jeune : vingtsix ans. Bras et jambes robustes. Corpulence moyenne. Belle de taille, de teint, de formes. Belle malgré une coiffure défaite, une tenue négligée, un visage passablement flétri par l’affliction. Elle a l’air absorbé par la méditation, le regard vague. Dans ses bras maternels, une jolie fillette d’un an à peine, blottie contre sa mère, tranquille. À sa gauche et à sa droite, deux petits garçons, trois ans et cinq ans, sagement accrochés aux flancs de leur mère. Mais tristes. Tous. L’atmosphère est lugubre. Soudain, le regard de la femme se porte sur une photographie. C’en est une de mariage, en grand format, accrochée à l’un des murs de cette salle de séjour. Sur elle, deux personnes : un homme, une femme. La femme, c’est elle, en robe de mariée, radieuse, charmante, plus jeune. L’homme, en costume sombre, c’est son mari. Bel homme, grand de taille, dressé sur ses jambes comme un pylône, sourire amène, visage rayonnant, exhalant du bonheur. La femme éplorée, Flore Maguip, jeune veuve, à la vue de cette image, plonge son esprit dans ses souvenirs. Elle pense à lui. Elle pense à soi. Elle pense à lui et à soi. À
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