Charlotte's Town

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127 pages
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Description

Charlotte, jeune fille timide de 15 ans, se sent complètement différente des adolescentes qui l’entourent. Alors qu’elles sont toutes attirées par les plus beaux garçons, elle, frissonne devant les douces courbes de ses copines de classe.


Un jour, elle découvre une trappe cachée sous l’escalier de son immeuble. Assez vite, elle va en faire son nouveau terrain de jeu. Charlotte a la sensation que ce lieu mystérieux a des choses à lui raconter. C’est avec Manon, une lycéenne de deux ans son aînée, qu’elle va décider de mener l’enquête.

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EAN13 9791034810437
Langue Français

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Charlotte’s Town
La romance sous toutes les coutures: Vénus Bleu= Young romance Vénus Rose= Romance classique Vénus Orange= Feeling good Vénus Pourpre= Romance historique Vénus Gris= Romance policière VénusDark= Dark Romance Vénus Jaune= Homo-romance Vénus Rouge= Romance érotique
Jacky Blandeau Charlotte’s Town Couverture :Maïka Publié dans laCollection Vénus Jaune, Dirigée parMarie-Laure Vervaecke.
©Evidence Editions2019
Mot de l’éditeur: Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont dispo nibles en format papier, numérique, dyslexique, malvoyant, braille et audio. Tout notre professionnalisme est mis en œuvre pour que votre lecture soit des plus confortables. En tant que lecteur, vous découvrirez dans nos di&érentes collections de la littérature jeunesse, de la littérature générale, des témoignages, des livres historiques, des livres sur la santé et le bien-être, du policier, du thriller, de la littérature de l’imaginaire, de la romance sous toutes ses formes et de la littérature érotique. Nous proposons également des ouvrages de la vie pratique tels que : agendas, cahiers de dédicaces, bullet journal, DIY (Do It Yourself). Pour prolonger le plaisir de votre lecture, dans notre boutique vous trouverez des goodies à collectionner ainsi que des boxes livresques disponibles toute l’année. Ouvrir un livre Evidence, c’est aller à la rencontre d’émotions exceptionnelles. Vous désirez être informés de nos publications. Pour cela, il vous su2t de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
Prologue On est le 22 août aujourd’hui, il est presque ving t heures et mon cœur se met à battre comme jamais il ne l’a fait auparavant. Je me trouve dans le grand hall de mon immeuble, ca chée sous le vieil escalier de granit, surexcitée, presque étonnée de mon audace, sans doute dans le m ême état qu’un artiste qui donne quelques coups de pinceau sur sa toile et qui voit, sidéré, apparaître sous ses yeux un véritable chef-d’œuvre. Moi aussi je suis en train de faire une découverte ! La plaque de bois se désolidarise doucement du mur : juste un peu de plâtre qui recouvrait les bords et que j’ai dû gratter avec un tournevis emprunté à papa. Au nal, pas grand-chose. Un trou béant noir apparaît. Il est tout juste assez large pour que je puisse m’y glisser. Le moment que je suis en train de vivre est unique, exceptionnel, c’est le début d’une fabuleuse aventure, j’en suis certaine, une aventure de celles qui marquent la mémoire des gens d’une manière indélébile. Les jours qui viennent vont être captivants à n’en pas douter ! Il y a bien long temps qu’en jouant au rez-de-chaussée, j’ai repéré cette ouverture cachée sous l’escalier par de gros blocs de pierre. Oh, rien d’extraordinaire à ça : la trappe a probablement été percée par des ouvriers par le passé. Quant aux énormes blocs qui la dissimulent, ils ont sûrement été oubliés là lors de la dernière restauration de l’immeuble. Papa m’a dit que c’était du tu4eau. Dans le quartier du château, toutes le s maisons sont faites avec du tuffeau : il paraît que c’est obligatoire. Non, moi ce qui m’intéresse, c’est que cette trappe conduit forcément de l’autre côté du mur, et justement, ce qu’il y a de l’autre côté du mur, c’est ce que j’ai toujours voulu savoir. Depuis que j’habite ici, autrement dit depuis mes cinq ans, j’essaye d’entendre du bruit en collant mon oreille contre la paroi. Dès que je m’ennuie, je fais silence et j’écoute. Parfois le dimanche après-midi, parfois en soirée, le plus souvent en plein milieu de la nuit. Mais depuis que je suis toute petite, rien n’a jamais ltré entre les pierres. Pas un cri. Pas un son de téléviseur. Pas un ron8ement. Pas même un murmure. Derrière chez moi, invisible de la rue, je sais qu’il y a un autre immeuble et, dans cet autre immeuble, il ne se passe jamais rien. Étrange, non ? Pas de bruit. Pas de vie. … Et s’ils étaient tous morts là-dedans ! Forcément, depuis tout ce temps, j’ai imag iné un royaume extraordinaire derrière ce mur, un univers étrange et dangereux, une sorte de monde parallèle dont personne à part moi ne soupçonnerait l’existence. Et aujourd’hui, je me trouve devant cette trappe ! Grande ouverte ! Qu’est-ce que je vais trouver derrière ? Qu’est-ce qui m’attend au-delà de ce trou noir ? Je me penche pour jeter un rapide coup d’œil ; mon cœur bat encore plus fort. Je ne disting ue pas grand-chose, car il y a très peu de lumière… J’ai l’impression que c’est une grande pièce avec de la poussière partout… Ça paraît abandonné… En tout cas, ça sent le vieux… Il faut que j’aille voir ! Au moment même où je vais me g lisser par l’ouverture, j’entends des pas très haut dans les étages : quelqu’un est en train de descendre. Je m’extirpe rapidement de sous l’escalier. J’attends… Les pas se rapprochent ; je sens que je deviens toute rouge et ça m’énerve. C’est un monsieur que je ne connais pas. Grand, les cheveux noirs, la quarantaine environ, un type tout à fait commun. Il est juste habillé d’une chemisette bleue et d’un jean. Il me salue avec un léger
sourire et s’en va en empruntant la grande porte de la cour. Heureusement, il ne m’a pas demandé ce que je faisais là. Devant moi, le trou béant laissé par la trappe. Je me glisse dans l’ouverture…
AUTOMNE
Je m’appelle Charlotte. Charlotte Soulier. J’ai quinze ans et j’ai une chance énorme : j’adore ma ville ! Plus particulièrement le quartier du château où j’habite. C’est un endroit plutôt calme, avec des petites ruelles pavées et de vieux magasins et restaurants qui sentent bon les temps d’autrefois. Un peu plus loin, il y a la cathédrale et, derrière elle, le cours Saint-Pierre et ses grands arbres,des ormes, d’après ce que m’a dit Papa. Le cours Saint-Pierre, c’est un grand espace piétonnier sur lequel il n’y a jamais personne et qui me sert parfois de refuge quand je n’ai pas le moral. Je me suis approprié un de ses arbres, celui qui a un grand clou planté dans le tronc. Je ne sais pas qui l’a enfoncé là ni à quoi il servait, mais moi je lui ai trouvé une vraie utilité : parfois, quand ça ne va pas fort, je vais faire un tour derrière la cathédrale et je serre le clou entre mes mains. Du coup, c’est comme si l’arbre absorbait tous mes ennuis et qu’il les relâchait vers le ciel. Souvent, au bout de quelques minutes, je me sens mieux. C’est pratique, hein ! En même temps, je me dis qu’heureusement que tout le monde ne fait pas comme moi,sinon tous les arbres du monde auraient un clou planté dans leur tronc ! Mais au-delà du cours Saint-Pierre, il y a aussi un autre centre d’intérêt dans mon quartier : Titoune ! Titoune, c’est une gargouille avec un long cou et de grandes oreilles. Elle est située sur les remparts du château. Normalement, elle sert à chasser les mauvais esprits ; on a vu ça en histoire de l’art. Chaque fois que je la regarde, elle se met à grimacer. Moi, une 4g ure qui tire la lang ue à tous les passants, ça me fait rire. C’est peut-être d’ailleurs à cause de son côté rebelle que je l’aime autant. Titoune, elle est très vieille, elle était déjà là quand on est venu habiter le quartier trois ans après le décès de Maman. D’ailleurs, j’ai beaucoup parlé avec elle à ce moment-là, ça me faisait du bien : je m’assoyais sur le muret qui borde les douves et je la 4xais en silence. Bah oui, avec une gargouille, c’est forcément par télépathie qu’on parle, sinon les passants m’auraient prise pour une folledingue ! La plupart du temps, la gargouille me parlait du royaume des morts. Cela dit, c’est normal : Titoune, elle vient quand même un peu de là, il ne faut pas l’oublier, alors elle connaît ce monde-là par cœur. À l’époque, elle m’a révélé beaucoup de choses sur l’endroit où était Maman. Mais ne comptez surtout pas sur moi pour tout vous redire : seuls les habitants du royaume des morts ont le droit de le décrire aux vivants, sinon on meurt aussitôt ! Ça, c’est ce que je pensais il y a quelques années. Maintenant, j’ai grandi. L’immeuble que j’habite est plutôt sympa lui aussi, je ne m’en plains pas. C’est un vieil immeuble en pierre. Cinq étages. On y entre par une petite cour intérieure qui servait autrefois pour les chevaux, une cour toute pavée. Maintenant, elle n’a plus vraiment d’utilité, sinon à recueillir les eaux de pluie qui descendent par les gouttières grises et rouillées. Mais 4nalement, ce que je préfère dans tout ça, c’est le vieil escalier de granit tout usé qu’il y a dans le hall. J’adore caresser ses pierres polies ou sa rambarde en fer forgé. Je passe beaucoup de temps ici et je m’assois souvent sur les marches en pensant au nombre impressionnant de pieds qui les ont foulées. Parfois, quand je suis là à rêvasser, il y a un des voisins du dessus qui descend. Les trois quarts sont super sympas, ils me g lissent toujours un petit mot gentil, par exemple en me demandant si ça marche bien à l’école ou en m’appelant « mademoiselle Charlotte » en sign e de respect. Monsieur Rému, le locataire du troisième, est celui qui est le plus bavard. La plu part du temps, il est drôlement bien habillé, un pe u à
l’ancienne, mais toujours avec beaucoup de classe : g ilet gris et chemise couleur crème ou rose parfois, ça dépend de son humeur. Il porte un chapeau, un panama ça s’appelle, et il a toujours un parapluie au bras, même quand il fait beau ! On dirait un vieux profes seur des écoles. Pourtant, ça n’a rien à voir, il e st architecte ! Parfois, il s’assoit à mes côtés et entame la conversation sur la pluie et le beau temps, comme si j’étais déjà une adulte. Mais le plus souvent, il me parle de sa femme Julie, qui est décédée il y a quelques années de ça. Je crois qu’il l’aime toujours. Moi, je trouve ça super beau, un type qui continue à aimer sa femme alors qu’elle est morte ! Alors, pour le réconforter, je lui murmure des paroles douces à l’oreille, de celles qu’il a forcément envie d’entendre, des trucs comme quoi j’aurais bien aimé la connaître, qu’elle devait être très jolie, etc. En général, il me fait un grand sourire puis rapidement, il me parle d’autre chose. Quelquefois aussi, c’est la folle du cinquième qui descend les marches, et alors là, ça me fout les pétoches ! Dans l’immeuble, tout le monde l’appelle comme ça : « la folle du cinquième » ! La vieille, elle n’a plus toute sa tête, du moins c’est ce qu’on croit ; moi, je n’en suis pas si sûre, et elle radote à long ueur de temps. Elle a un visage super maigre, avec de long s cheveux blancs tout gras. À mon avis, ça fait très long temps qu’ils n’ont pas été coiés. Lorsqu’elle me regarde, j’ai l’impression que ses yeux noirs et creusés fouillent mon esprit ! J’en ai une trouille bleue, mais je ne veux pas lui montrer. Parfois, elle passe lentement à côté de moi, en me jaugeant de toute sa hauteur, puis, au bout de quelques secondes, elle poursuit son chemin comme si,je n’existais pas. Quelquefois, aussi, elle laisse 4nalement, échapper une exclamation, une petite phrase sans aucun sens que son cerveau ramolli vient d’inventer : « Ils sont toujours là ! », ou encore « C’est notre faute à tous ! Il faut prier maintenant pour le salut de nos âmes ! » Une fois, elle s’est même adressée directement à moi : « Va les chercher, sans quoi ils mourront pour de bon ! » J’étais paniquée. J’en ai parlé à Papa le soir même. Il m’a expliqué que la vieille femme avait connu la g uerre et que, très certainement, ses allusions concernaient cette époque maudite. « Tu es trop jeune pour connaître tout ça », a-t-il dit. Finalement, il n’y a bien que lui pour estimer que je suis encore une gamine et oublier que la Seconde Guerre mondiale fait partie du programme de troisième. De toute façon, Papa a beaucoup de mal à me considérer comme une adolescente. Oh ! je ne lui en veux pas, car du haut de mes quinze ans, je me rends bien compte qu’on n’a pas la même vie que tout le m onde. Et puis, je dois l’avouer, je ne fais rien po ur arranger les choses. Car autant le dire tout de suite, je ne suis pas une 4lle comme les autres. Disons que je me sens… différente. En fait, je me sens complètement extérieure au monde rose et tout doux dans lequel Papa aimerait bien m’enfermer. Moi, je n’ai pas envie de me comporter comme n’importe quelle 4lle de mon âge. Bien au contraire, j’aimerais mieux me trouver de « l’autre côté », dans le monde des garçons justement. Oh, surtout pas pour leur ressembler, car à quinze ans, les mecs, ce sont tous de vrais gamins, mais plutôt parce que j’aimerais bien pouvoir, moi aussi, tomber amoureuse de l’une des jolies filles de l’école Sainte-Marie. Bah oui, c’est vrai, je me sens attirée par les 4lles. C’est dicile à assumer, mais malheureusement, je crois bien qu’il n’y a rien à faire. C’est un peu comme un boulet de plomb qui vous attire vers le précipice, mais que vous ne voulez pas lâcher, vous voyez ? Les collég iennes de l’école Sainte-Marie, elles vie nnent toutes des grandes familles de bourges qui habitent les beaux quartiers, pas très loin de chez moi. En été, lorsque l’école est fermée, je les croise dans les parcs de la ville, toujours vêtues de jupes super chouettes. Elles ont une tenue diérente chaque jour de la semaine et j’aime bien passer à leurs côtés pour sentir leur parfum. Moi, il faut que je me débrouille pour garder mon jean et mon tee-shirt le plus long temps possible : Papa