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Club Fantasy

De
572 pages

Dis-moi, Bambi, qu’est-ce qui accélère ta respiration comme ça ?

Bambi tremble d’anticipation et cherche son souffle. Les griffes du loup effleurent la chair tendre de son dos. Demain, il aura des marques. Tant mieux. Bambi aime savoir à qui il appartient.

C’est le même rituel à chaque fois qu’il rejoint Monsieur dans cette chambre un peu impersonnelle du Club Fantasy. Ici, Sean Matthews n’existe plus. Et l’inconnu qui le domine n’est qu’un lycan parmi tant d’autres. Il est Monsieur. Juste Monsieur.

Monsieur qui a le pouvoir de hérisser sa peau de chair de poule. Monsieur qui tient aussi la peur et la culpabilité à distance. Cette terreur immonde qui, nuit après nuit, plonge Sean dans de terribles cauchemars.

Alors même qu’il remet son corps et sa volonté entre les mains de Monsieur, Bambi réapprend la confiance. À fermer les yeux sans crainte. Et en se soumettant à son Dom, c’est à Sean que Bambi rend le pouvoir.


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M.R. Stevens
Club Fantasy
Mix Editions
N° ISBN : 978-2-37521-043-7 Disponible également en broché N°ISBN : 978-2-37521-042-0 © Mix Editions 2017, tous droits réservés. © Jay Aheer, pour la présente couverture. Dépôt légal : Juin 2017 Date de parution : Juin 2017 Mix Editions : Impasse des Mares, 76970 Grémonville Site Internet : www.mix-editions.fr
Pour tous ceux à qui on dit : « Tu n’es pas normal ». Ils ont raison : vous êtes extraordinaires.
PROLOGUE
Le cimetière de la ville de Forest Hills est ce que l’on peut appeler paisible. Il est situé un peu en dehors de la bourgade, à l’ombre du clocher de la petite église qui permet à la population de quatre mille huit cent so ixante-treize habitants de ressentir et chercher la présence de Dieu dans leur existence. L e cimetière en lui-même n’est pas très étendu, mais est probablement l’un des plus an ciens du comté. Les tombes les plus vieilles sont éparpillées sur la colline qui s urplombe le reste de la nécropole. Un groupe de grands chênes projettent leurs ombres maj estueuses sur les pierres en granit. Les tombes les plus récentes sont un peu plus loin, proches de l’enceinte.
Ce jour-là, une petite brise glisse lentement entre les feuilles des arbres environnants et les oiseaux piaillent presque pares seusement. C’est une belle journée, pas trop chaude, même en étant en plein soleil, et la brise n’est pas trop froide, ce qui fait que l’on n’a pas besoin de porter de veste. Po urtant, la silhouette agenouillée devant l’une des plus récentes tombes frissonne.
Sean Matthews est un jeune homme de dix-huit ans qu i n’est pas du genre à facilement avoir froid. Bien qu’ayant grandi toute sa vie à Forest Hills où règne un climat tempéré, les gens autour de lui disent qu’il pourrait vivre en Antarctique et encore avoir chaud. Et pourtant, depuis quelque temps, il n’arrive plus à retrouver cette sensation. C’est psychologique, il le sait, mais ri en ne peut changer ce fait. Il a froid en permanence.
Le jeune homme a les épaules larges, mais on voit q u’il n’a pas fini sa croissance, il conserve un air un peu infantile, même si des ri des plissent déjà le coin de ses yeux. La faute à sa tendance à rire de tout. Plus depuis quelques mois néanmoins. Aujourd’hui, des plis amers marquent les coins de s a bouche, durcissant son visage où ses grands yeux ambrés semblent prendre toute la pl ace.
Il est loin le temps où il souriait tout le temps. Ses amis et sa famille pourraient probablement vous dire avec exactitude à quel momen t il a cessé de rire. Même si personne n’a compris tout de suite ce qui se passai t. Mais il ne veut pas penser à ça, pas maintenant, pas alors qu’il est là, devant cett e tombe. Cette tombe qui n’existe que par sa faute.
C’est d’un doigt tremblant qu’il trace la gravure s ur le marbre de la pierre.
Katherine Hamilton 1996-2014 L’inscription est simple et, en même temps, élégant e. Elle reflète parfaitement la personne qui est étendue là, sous cette couche de t erre. Sean a l’impression que c’est
lui qui est allongé là-dessous, et il doit lutter p our que sa respiration reste la même, pour ne pas hyperventiler et peut-être même s’évano uir par manque d’oxygène. C’est déjà arrivé et il n’a pas besoin que quelqu’un appe lle une ambulance qui l’emmènera à l’hôpital où son père est le médecin-chef des urgen ces. John Matthews s’inquiète déjà suffisamment pour son fils unique, le seul membre r estant de la petite famille qu’ils formaient. Ils ne sont plus que tous les deux parce que Sandra Matthews est elle aussi étendue dans ce cimetière. Mais Sean ne veut pas no n plus penser à elle maintenant.
Ce n’est pas que c’est douloureux, bien que, soyons honnêtes, même après dix ans, ça le soit encore, mais Sean souhaite se conce ntrer sur la jeune fille qu’il est venu voir aujourd’hui.
Katherine était une force de la nature, toujours so uriante, prête à faire les quatre cents coups avec lui, mais également mortellement t errifiante. Après tout, elle dirigeait déjà son propre coven à dix-huit ans. Ce qui expliq uait pourquoi elle pouvait faire des blagues de potaches dont un gamin de dix ans aurait eu honte tout en menant et canalisant une vingtaine de sorcières regroupées en une congrégation qu’elles avaient appelée « Les Tigresses ». Sean trouvait ça hilaran t que la grande prêtresse du coven des Tigresses soit en couple avec l’alpha de la meu te locale de loups-garous. Les deux jeunes gens se moquaient des conventions et du qu’e n-dira-t-on. Entre Katherine Hamilton et Zach Miller, le jeune alpha de la meute Miller, ça avait été le coup de foudre au premier regard. Coup de foudre qui était rapidem ent devenu une romance à la Disney, propre à filer des caries à toute personne les regardant trop longtemps. Ils étaient l’un de ces couples qu’on envie et qu’on ja louse, tour à tour ou en même temps. Jusqu’à la mort de la jeune sorcière en tout cas.
Déglutissant péniblement, Sean prend une profonde i nspiration et se décide à faire ce pour quoi il est venu. Il se rend sur cette tomb e une fois par semaine environ et parle. Il parle de tout et de rien. De la vie de to us les jours, des petits et grands événements que la jeune fille ne peut plus vivre. C ’est difficile pour lui, parce qu’avant il était du genre à babiller pour ne rien dire, mais d epuis la mort de Kat, il n’ouvre quasiment plus la bouche. Si ses amis arrivent à lu i tirer trois mots dans une journée, ils en sont heureux.
Ils en sont heureux, parce qu’ils savent. Tous save nt à quel point Sean et Kat étaient proches. Oui Katherine était la petite amie de Zach, presque sa compagne, mais Sean est pratiquement le frère de l’alpha. Ce qui faisait des deux jeunes quasiment des frères et sœurs. Au plus grand désarroi de tous, il s s’étaient immédiatement connectés. Comme si la sorcière et l’humain s’étaient reconnus à un niveau quasi moléculaire. Et ils avaient rendu la vie des membres de la meute presque infernale. Ça les faisait rire.
Mais Sean ne rit plus désormais.
— Hey frangine, dit-il, la gorge nouée par l’émotio n et la culpabilité. Je te demanderais bien comment tu vas depuis la dernière fois, mais… Enfin, tu vois ce que
je veux dire, pas vrai ? Tu as toujours su ce que j ’avais en tête. Bien mieux que Zach, et lui me connaît depuis que j’ai quatre ans.
Il soupire. Il n’est pas venu pour parler de Zach, mais c’est souvent comme ça. Il a préparé tout unspeech’il pourraitne s’en sert jamais. Aujourd’hui, il pensait qu  et vraiment s’excuser. Visiblement, ce n’est pas encore pour cette fois.
— Tu sais, murmure-t-il, toute la bande me prépare un anniversaire-surprise pour mes dix-huit ans. Mais tu connais Zach, incapable d e garder un truc pour lui, même si sa vie en dépendait. Je ne sais pas ce que je vais faire. Pour mes dix-sept ans, tu étais là et je ne crois pas pouvoir le fêter sans toi. Sa ns penser à toi. Et tu sais ce que ça donne quand je pense à toi.
Il se tait un instant, avant de murmurer :
— Tu me manques, bordel ! Je veux que tu sois là. Ç a sert à quoi que la magie existe si on ne peut pas garder les gens qu’on aime avec soi plus longtemps ?
Tout à coup, il est en colère. En colère parce que Katherine est morte. En colère que ce soit sa faute. En colère qu’elle n’ait rien fait pour empêcher ça. À quoi bon être la grande prêtresse de l’un des coven les plus puis sants des États-Unis si on meurt d’un simple coup de couteau ?
C’est presque rageusement qu’il se lève et épousset te les brins d’herbe accrochés à son jean. Il voudrait pouvoir partir comme ça, à grandes enjambées rageuses et sans se retourner. Mais c’est Katherine. Il ne peut pas lui faire ça…
— Au revoir, Frangine. Ne rends pas les anges fous.
Il ne se rend pas compte qu’il pleure. Pas plus qu’ il ne voit l’homme qui l’observe d’un peu plus loin avec les yeux les plus tristes d u monde.
CHAPITRE 1
Dylan entre dans le Club Fantasy d’un pas léger et le sourire aux lèvres. Si les membres de sa meute pouvaient le voir à cet instant , ils n’en croiraient pas leurs yeux. Mais pour ça, il faudrait déjà qu’ils sachent qu’il travaille dans ce club.
L’endroit porte bien son nom. C’est un club où tout ce dont vous pouvez rêver devient réalité. Vous voulez être un agent secret p endant quelques heures ou quelques jours ? Le club vous en offre la possibilité. Vous voulez qu’une top model tombe follement amoureuse de vous ? Le club le fait. Vous voulez être ravi par un cheikh arabe dans une tente en plein désert ? Le club ne p ose aucune question. Vous voulez rendre votre ex-mari ou ex-femme d’un vert fluo, me ttant sa jalousie en évidence ? Pas de problème, le club est là pour ça.
Dylan est l’un des loups-garous les plus demandés, pour la simple et bonne raison qu’il n’est pas qu’un corps. Même s’il faut bien av ouer que le physique a de quoi en allécher plus d’une. Un mètre quatre-vingts, quatre -vingt-trois kilos de muscles qu’il entretient soigneusement, brun aux yeux verts perça nts et une éternelle barbe de trois jours. Il ne manque pas de clients, qu’ils soient m asculins ou féminins. Dylan se moque du genre de ses partenaires pour deux raisons. La p remière, c’est que comme la plupart des garous, il est pansexuel. Ce qui veut d ire que s’il est attiré par une personne, peu importe que cette personne soit un mâ le, une femelle, gros, mince, petit ou grand. Il est attiré, point. La seconde raison, c’est qu’il a fait spécifier dans son contrat qu’il refusait toute activité sexuelle avec les clients.
Rendre un mari jaloux comme il l’a fait aujourd’hui pour madame Garner lui convient largement. Et c’est gratifiant en plus. Vo ir le regard de haine que l’ex lui a lancé a suffi à son bonheur, mais il a obtenu, en p lus, la cerise sur le gâteau. La nouvelle épouse-trophée – vingt ans, des seins comm e des obus et le cerveau de la taille d’un pois chiche, le parfait cliché – l’a ou vertement dragué et il l’a ignorée avec plaisir pour ne se concentrer que sur sa cliente qu i a eu un sourire fabuleux toute la journée.
C’est ce qu’il aime dans son boulot. Aider les autr es, leur apporter un moment de rire ou de bonheur, ça le motive. Prenez madame Bor ia qui ne sort plus de chez elle parce qu’elle a peur de se faire agresser. Tous les jours, il va chercher la vieille dame de quatre-vingt-trois ans pour une promenade à quin ze heures tapantes, sauf les week-ends et quand il pleut. Sans lui, cette dame rester ait enfermée chez elle sans voir personne à part le livreur, et encore, ça c’est qua nd c’est le livreur habituel qu’elle connaît depuis qu’il est haut comme trois pommes.
Malgré tout, il ne faut pas croire que la propriéta ire du club, Chloé Carter, accepte
toutes les demandes. Il y en a qui sont tellement i mmorales et illégales qu’elle se fait un plaisir de les balancer à la police. Étant une l ionne-garou, elle n’a aucun mal à assommer les indélicats s’ils deviennent un peu tro p véhéments dans leur refus de se livrer. Comme cet homme, la semaine précédente, qui voulait que sa petite amie soit violée et assassinée. Chloé ne lui a même pas laiss é le choix, le retenant le temps que la police arrive. Et si, quand les policiers sont e nfin entrés dans le bureau, l’humain avait les deux bras cassés, c’est juste parce qu’il était tombé. Plusieurs fois.
C’est cette limite, cette ligne directrice, qui fai t que Dylan aime son travail, même s’il n’en a pas besoin. Il est, comme on dit, riche comme Crésus. Alors pourquoi travaille-t-il ? Pour deux raisons. La première, c’ est qu’il ne supporte pas d’utiliser l’argent qui lui vient de sa famille. Et ça peut se comprendre. Qui aimerait devenir riche parce que toutes les personnes qu’on aime ont été a ssassinées ? Personne, et lui encore moins que les autres. La seconde raison, c’e st qu’il affectionne de se rendre utile. Faisant partie d’une meute bien établie, il n’est qu’un bêta parmi les autres, même si l’alpha apprécie de passer du temps avec lui. Sa place au sein de la meute lui laisse donc beaucoup de temps libre. Toutefois, lorsqu’il est seul trop longtemps, il ressasse et ce n’est jamais bon pour son humeur.
On peut dire que Dylan n’a pas eu la vie facile. C’ est même plutôt l’inverse. Et pourtant, malgré l’assassinat de sa famille, malgré une ex-petite amie qui ne s’est mise en couple avec lui que pour les éviscérer, sa jeune sœur survivante et lui, il arrive encore à sourire. Faire confiance est un peu compli qué, et croire qu’il peut trouver le bonheur juste impossible. Mais il y travaille. Pas vite, mais quand même.
Il faut dire que son emploi au Club Fantasy l’aide beaucoup à se rendre compte que le monde n’est pas si moche. Que oui, il arrive que les choses dérapent, mais que ce n’est pas forcément par accident. Parfois, ça do it juste se passer comme ça.
Dylan traverse le couloir menant à la partie admini strative du club quand il avise le panneau « Newbie » accroché à la poignée de la port e du bureau de Chloé. Il aime beaucoup Chloé. Elle est franche, vive et n’est pas la dernière pour déconner. Mais cette lionne peut être plus terrifiante qu’un ogre de trois mètres de haut qui n’a rien mangé depuis quatre jours. Ce qui est la raison pou r laquelle personne ne l’interrompt jamais quand le panneau est en place.
Ça ne la dérange pas que quelqu’un frappe à sa port e pour lui poser une question ou lui rapporter un problème quand elle est en rend ez-vous, mais si c’est un nouveau client, elle peut devenir pire qu’une harpie. Ce qu i n’est pas très joli à voir, l’un des autres garous du club en porte encore les marques. Chloé refuse que les nouveaux qui ne sont déjà pas forcément très à l’aise soient enc ore plus embarrassés si quelqu’un entre et entend ou voit ce qu’ils veulent.
C’est pour cette raison que Dylan passe le plus sil encieusement possible devant le bureau et ne prévoit pas du tout de s’arrêter. Jusq u’à ce qu’il entende :