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Conte à rebours

De
412 pages
David Crumb, ex-professeur de philosophie devenu détective privé, a fui sur l'île d'Anglesey son passé et ses démons. Mais les démons le rattrapent et l'entraînent à travers l'Europe à la poursuite d'un journal intime très spécial qui transforme radicalement tous ceux qui le lisent. Il va quitter à regret son refuge gallois pour Aix ; puis retrouver Angoulême et ses fantômes, Plougoumelen, Londres...
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roman
Conte à rebours
Conte à rebours
Guy Nieto-JonesConte à rebours
Roman
Du même auteur Son Excellence le Consul des Singes, roman, Editions Saëta, 1987. Fortune de mer, roman, L’Harmattan, 2005. Fugues en sol miné, roman, L’Harmattan, 2008. Théâtre* : Robinet en plomb, 1973. M comme Mortimer, ou Enquête sur le suicide d’un inconnu qui vous ressemble,1974. Elle était nue sous son rouge à lèvres, 1988. Chapeau bas!, 1989. Elles ont toutes perdu la tête(sous le pseudonyme de David Hopkins), 1990. Mort fine ou La mise à nue(sous le pseudonyme de Mistlav Mecir) 1991. L’angoisse du corbeau le soir au fond des bois, 1992. La dernière île au crépusculele pseudonyme de David Hopkins), (sous 1993. La Montée des zoos, 1995. Le jeu des poupées russes(sous le pseudonyme de David Hopkins), 1997. Il faudrait danser sa vie, 1999. * Toutes ces pièces ont été portées à la scène. © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00334-4 EAN : 9782343003344
A Richard Bournadet, qui me construisit un navire. Pour Nicole, bien sûr, sans qui mes mots ne deviendraient jamais papillons.
 «Je suis dans la merde jusqu’au cou.  C’estpour ça que je marche la tête haute. » Dario FO
30Les diables d’Angel House * Llanfairpwllgwyngyllgogerychwurndrobwllllantygsiliogogogoch,sur le chemin du bout du monde, dans l’île d’Anglesey, l’ancienne Ynis Môn des druides celtiques, au nom imprononçable pour quiconque excepté les Gallois, fut la fin de ma fuite. Qui avait commencé deux ans plus tôt. La Charente était loin, là-bas, bien au sud de ma mémoire et des terres sèches. Ici, sur ce roc toujours mouillé de vagues et d’embruns, assailli nuits et jours de tous côtés par des déferlantes longues et luisantes comme des lames d’épées de Tolède, j’essayais de retrouver la parole. L’opération avait réussi. C’est du moins ce que m’avait affirmé le chirurgien six mois auparavant. Il m’avait greffé la langue d’un type mort dans un accident de voiture, sans rien dire à sa famille. J’espérais que ce ne fût pas une langue de vipère. Bien sûr, il ne me fallait pas compter retrouver toutes mes sensations. Mais parler était possible. Si je le voulais. Moi qui avais toujours eu du mal avec ma propre langue, voilà que maintenant j’allais devoir m’exprimer toute ma vie avec une autre !… Une langue anglaise, qui plus est! Pourvu qu’elle n’ait pas l’accent cockney !A moins qu’exercée depuis trente ans (c’était une langue plus jeune que la mienne) aux contorsions pointues duthbritannique, elle me permette enfin de parler shakespearien sans baver.
* Sainte-Marie-sur-l’Etang-des-Noisetiers-Blancs-près-du-Tourbillon-Rapide-de-la-Grotte-Rouge-de-Saint-Tysilio
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