Crying Star, Partie 2

Crying Star, Partie 2

-

Livres
81 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

« Même séparé par des années-lumière, on ressentirait encore et toujours le besoin de s'entretuer, pour une raison ou une autre. Et ne croyez pas un seul instant que l'humanité puisse être à court de prétextes dans le futur : au pire, elle recycle. »
L'Olympe est sous le feu ennemi, Persée est pour la première fois au milieu de la mort et des choix drastique pour sa survie. Le monde, son monde se fissure un peu plus à chaque instant, et à chacune de ses décisions.
Seconde partie de « Crying Star », où il est plus que temps de mettre les idéaux de Persée à l'épreuve, et de voir jusqu'où une morale poussée à son extrême peut mener.

Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 05 juillet 2016
Nombre de lectures 6
EAN13 9791096529025
Langue Français
Signaler un abus
Crying Star, Partie 2 Kane Banway
1. Chasse
Dès son éjection du hangar, Persée fut assailli par le bip strident d’un verrouillage ennemi et d’une explosion de lumière s ur sa droite. Ses mains bougèrent par réflexe, couplant l’élan du catapultage à celui de ses moteurs pour s’élancer entre deux débris de chasseurs. Sur son pupitre, il eut l e temps d’apercevoir ses ailiers disparaître et deux triangles rouges, indiqués Onze et Seize se tourner vers lui. Ses tripes lui donnèrent l’impression de se remplir d’u n liquide glacial. Il fut envahi par l’effroi d’être la cible des canons sans âme. D’êtr e traversé par des projectiles brûlants. Son doigt trembla sur le bouton du bouclier, prêt à l’utiliser juste pour lui offrir trois secondes de protection. Ce n’était pas un entraînem ent ni un test. Son existence était menacée d’annihilation. Pendant une brève demi-seco nde, il eut envie de leur hurler à tous que c’était absurde, qu’il était possible de s ’arrêter, couper les moteurs et discuter en tant qu’êtres humains. Puis l’instant passa et l a survie reprit le dessus. Il trouva un autre champ de débris et fonça dessus en enchaînant des manœuvres d’évasion. Rouge seize s’éteignit brutalement, détruit par un tir de tourelle. Mais rouge onze resta sur lui et tira salve après salve qui passèrent en traits de lumière dorée sur les côtés du chasseur du jeune homme. Persée gardait le doigt po sé sur le bouclier, mais se retint de l’utiliser. L’autre pilote était trop loin pour que ses tirs soient précis : il le poussait surtout à gaspiller l’énergie limitée de sa seule e t unique défense. Persée partit en tonneau pour éviter d’autres tirs plus précis, tout en repérant un débris de l’Olympe de bonne taille et se glissa derrière juste après l’av oir dépassé. La pointe du triangle Onze ne l’avait pas lâché. Pe rsée profita des deux secondes où l’épave le masquait pour couper le mote ur principal et faire cracher ses auxiliaires avant pour effectuer sa volte-face. Onz e se fit attendre une demi-seconde avant d’émerger à son tour de derrière l’épave sans avoir vu que sa proie lui faisait maintenant face. Persée tira. Ils étaient à moins d e cinquante mètres l’un de l’autre. Il vit les traits jaunes quitter le nez de son apparei l et filer vers la forme grise ennemie qui était apparue devant lui. Onze absorba les premiers impacts et tenta visiblement d’esquiver en partant en tonneau, mais l’ordinateur de visée s’ajusta, impitoyable à cette distance. Persée vit ses balles traverser la coque du chasseur, le métal se décollant comme du papier sous l’impact de ses tirs , puis une partie de la verrière du cockpit de rouge onze explosa en une myriade de pet its éclats brillants. Les réacteurs de l’appareil s’éteignirent lentement. À mesure que le pilote relâchait sa prise sur la manette des gaz. Il devait être mort, tué par le vi de ou les balles. Onze s’éteignit sur son pupitre, carré gris comme les autres. Persée avait oublié de respirer. Dents serrées, mai ns crispées. Il avala une goulée d’air et repartit vers l’Olympe qu’il avait laissé loin derrière lui. — Oh bordel. Il ne put empêcher l’exclamation de franchir ses lè vres. Les deux croiseurs étaient là, devant sa verrière.
L’Olympe saignait. Des nuages de gaz gris et rouge s’échappaient paresseusement de ses flancs aux déchirures béantes . Des morceaux entiers de coque manquaient. Le dôme qui abritait la serre hydroponi que avait été éventré, donnant des airs de planète brisée au vaisseau-école. Le croise ur d’Europa semblait intact, présentant son flanc à ceux déjà criblés de l’Olymp e. Des éclairs blancs flashaient entre les deux vaisseaux, tandis que de petites for mes sombres virevoltaient sur l’autre flanc plus ou moins intact du croiseur, tel un essa im furieux de bourdons métalliques. Persée serra les dents et revint dans la mêlée. Il repéra la zone d’éjection du hangar dont il était lui-même sorti. D’autres chass eurs émergèrent, catapultés à l’instant. Il en compta cinq. Trois furent abattus à la seconde même où ils mirent le nez dehors. Il se rappela l’éclair de lumière lorsqu’il avait été éjecté : un allié abattu. Les rescapés s’éparpillèrent aussitôt, mais l’un d’eux heurta le débris d’un appareil de l’Olympe et à son contact se transforma en brève bo ule de lumière avant de s’éteindre. Carcasse grise, froide, et piège mortel pour le pro chain pilote aveuglé par sa peur. Persée étouffa cette partie de son être qui tentait de lui rappeler qu’il avait failli mourir là, sous les canons ou sur une des épaves fl ottantes. Que seule la chance lui avait offert quelques secondes de vie supplémentair e. Mais il ne pouvait pas s’offrir le luxe de regarder dans ce coin sombre, où une petite chose frêle et terrifiée se recroquevillait un peu plus à chaque disparition de ces minuscules triangles blancs. Après. Ce mot qu’il avait prononcé pour Néré. Pour le conv aincre d’ avancer.Après. Il vérifia l’interrupteur des communications : aucu n ordre n’avait été émis depuis sa sortie. Ils étaient désorganisés, chacun pour so i. Un pilote tenta brièvement de prendre le commandement, mais sa phrase se termina dans un crachat de grincements métalliques et de sonneries stridentes. Persée ne l ’entendit jamais plus. Il repéra une escadrille qui tournait sans engager le combat avec les chasseurs déjà présents. Il les vit sur son pupitre changer d e cap quand une nouvelle fournée de chasseurs émergea du hangar de l’Olympe. Sur neuf a ppareils, trois seulement parvinrent à s’extraire du tir de barrage de cette escadrille. Le jeune homme serra les dents et intercepta le membre le plus proche de ce groupe qui restait en embuscade. Son pupitre l’identifia comme rouge Quatre. Deux au tres triangles écarlates, Huit et Six, apparurent en surbrillance, et vinrent à la rescous se de rouge Quatre dès que Persée le cibla. Il repéra plusieurs des triangles blancs qui avaient réussi à échapper au comité d’accueil tout en tirant une salve sur rouge Quatre . Sa cible décrocha en chandelle, esquivant le tir : Persée n’en eut cure, il voulait que les chasseurs ennemis ne guettent plus la sortie. — Ici Persée, aux nouveaux arrivants, ciblez Quatre et Six, je prends Huit, ils tirent sur les sorties d’éjection ! Olympe ! Répond ez et retardez le prochain lancement ! IciOlympe, confirmé, vous avez soixante secondes. Reçurésillements et des, lâcha une autre voix dans son casque entre deux g claquements sinistres d’un équipement défaillant. Persée vit sur son pupitre un triangle blanc cligno ter, Trois. Le jeune pilote prit en chasse le poursuivant de son allié, rouge Vingt-Hui t. Le prenant à revers, il l’abattit en
un instant, et Trois obliqua pour intercepter un de s rouges que Persée avait cités. Il vit deux autres triangles blancs suivre la manœuvre et fondre sur la deuxième cible qu’il avait indiquée. Persée parvint à esquiver un tir et repartit en ton neau tout en cherchant rouge Huit sur son pupitre. Il le verrouilla d’une pressi on du doigt sur le pupitre, entourant le triangle rouge d’un contour blanc, bien visible. Il le traqua entre deux accrochages avec d’autres chasseurs qui le prirent en cible fugitive ment. L’appareil ennemi fit un large tour du champ de bat aille puis revint, droit vers les bouches noires des hangars de l’Olympe, pensant que Persée avait peut-être abandonné la poursuite. Ce dernier força presque so n appareil à s’arrêter, obligeant un autre poursuivant à le dépasser tout en déviant de sa trajectoire. Il refit cracher ses moteurs pour se propulser derrière rouge Huit dès q ue celui-ci repassa à proximité, et ouvrit le feu. Les balles traversèrent le bloc mote ur du chasseur et enflammèrent le combustible. Huit explosa silencieusement, Persée f it une embardée pour éviter les morceaux de tôle projetés et la carcasse de l’appareil. Il vit l’écran de son ordinateur de visée se brouiller à cause de la violence de l’expl osion pour ses capteurs trop sensibles. Il fut heureux de ne pas devoir abattre une deuxième cible dans l’instant, le système semblait planté pour quelques secondes. Dan s son casque un grésillement se fit entendre, brisant le silence radio quasi mortua ire. Ici Hype ! J’ai besoin d’aide j’en ai trois aux fes ses ! Persée le repéra sur son pupitre, analysa froidemen t sa position. — Tu ne pourras pas les semer ! Chandelle, chandell e ! J’intercepte ! hurla Persée qui braqua son chasseur dans la direction du triangle d’où provenait la communication. Il le vit clignoter une fois. Persée serra les dents et poussa les gaz. Il se sentit s’enfoncer dans son siège. Le pupitre ind iquait effectivement trois triangles rouges qui poursuivaient Hype. Persée vit aussi que rouge Quatre avait disparu ainsi que rouge Six. — Olympe, la voie est libre, un renfort serait appré… Persée ne termina pas sa phrase. Il dut partir lui- même en chandelle, pris en chasse par deux triangles rouges. Hype n’apparaissa it plus sur l’écran. Il avait été abattu ou avait coupé ses moteurs. Le jeune homme s erra les dents et se concentra sur une nouvelle série d’esquives. Il vit le triang le blanc nommé Trois encore dans les parages, tentant de semer un chasseur ennemi. Persé e passa sous son nez, en priant qu’il puisse tirer sur ses poursuivants. Un des tri angles rouges s’éteignit, le second clignota avant de rompre la poursuite pour partir l ui-même en chandelle. Persée rendit la pareille à Trois, en abattant son poursuivant. — Merci Trois… De rien Persée. Ici Eos, que tu saches à qui tu dev ras un verre au retour… Rires. Un large sourire fendit les lèvres de Persée . Ils allaient tous crever ici, alors pourquoi pas ? Ça ne coûtait rien de rire, se dit-il en braquant ses commandes vers les trois précédents poursuivants d’Hype. Un p oint blanc immobile réapparu sur son pupitre c’était Hype, justement. — Eos, couvre les fesses de Hype le temps qu’il rem ette ses moteurs en route,
si d’autres sont dans le secteur, pensez à lui ! Deux triangles rouges obliquèrent vers cette cible immobile. Trois blancs interceptèrent. Une nouvelle vague de chasseurs all iés sortit et rejoignit le combat, indemne. Le rapport de force s’équilibrait, mainten ant que le hangar n’était plus une embuscade continuelle. Persée dirigea Eos, puis Hyp e quand celui-ci fut de retour dans la mêlée à pleine vitesse. ’un appontage rapide pourIci Eos, je vais bientôt être à sec Olympe, moyen d ravitaillement ? Négatif Eos, les plateformes sont bloquées. On peut vous sortir, pas vous ramener. Vous devez tenir jusqu’à ce que le Vulcain soit là. Encore cinq minutes. Bordel, cracha le concerné. Ils sont lents ! Persée engagea un nouveau combat contre un chasseur isolé, doué pour l’esquive. — Eos, je t’en amène un qui va te montrer ses fesse s. Oh oui…ricana le pilote. Persée braqua comme pour abandonner sa poursuite, l e triangle rouge fit rapidement demi-tour et fondit sur lui. Persée fit quelques manœuvres pour donner le change puis se dirigea dans la zone où se trouvait Eos. Son poursuivant s’éteignit sur son pupitre. — Merci ! C’est plus un verre, c’est une bouteille que tu vas me devoir… Hype débarqua dans la communication. J’en ai encore deux aux fesses… Ça t’arrive de te les essuyer des fois ?hurla Eos hilare. Persée obliqua vers Hype et intercepta un premier p oursuivant avec succès. Il s’attendit à voir le second s’éteindre, abattu par Eos. Le triangle rouge pivota sur son pupitre et interrompit sa poursuite pour prendre le large. Persée leva le nez et aperçut un appareil semblable au sien, tournoyer lentement, des gaz fumants sortants d’orifices creusés par des impacts. L’appareil heurta un débri s de l’Olympe et y resta collé. — Eos ? Persée tapota stupidement son casque, tout en arriv ant à se convaincre de ne pas regarder son pupitre, comme si son ignorance de l’évidence allait changer la réalité. Désolé Persée, fit Hype d’une petite voix grésillante. Le jeune homme baissa la tête et regarda finalement son écran. Le triangle blanc numéro trois s’était grisé, la couleur des épaves. Après. Le mot résonna dans son crâne. Il hocha la tête p our lui-même. Oui, après. Trois nouveaux points rouges approchaient de sa pos ition. Persée fit demi-tour, volant très près de l’Olympe. Hype le soulagea d’un poursuivant, un second rompit la poursuite et Persée l’abattit après une brève chass e. Le troisième fut mis à mal par deux autres chasseurs olympiens et abattu à son tou r, encore par Persée qui cherchait des cibles, les éteignant les unes après les autres . Sur son pupitre, le blanc dominait la
nuée rouge qui semblait reculer pour déplacer le ch amp de bataille sous les canons de leur propre croiseur. Son casque grésilla. Faites de la place les mecs, la chiotte volante arr ive !Hécate dans ses hurla oreilles. Le pilote aperçut deux grandes portes coulisser dan s les flancs de l’Olympe et une forme sombre se détacher lentement de la paroi. Le bombardier était dehors. Persée profita d’un répit dans les engagements pour lâcher des consignes. D’autres pilotes avaient rejoint sa petite escadrille improv isée. Quelques survivants des premières vagues, mais ils étaient peu, très peu de ceux-là. — Hype, Nymphe, Théïa, en escorte. Léto et Minos, e n backup : si on crève ou qu’on doit rompre, vous nous remplacez au pied levé , donc un œil sur nous, OK ? Les autres, surveillez le hangar : une autre escadrille va arriver en grille cinq-quatre-cinq. Gardez-les occupés, faites en sorte qu’ils nous oub lient… et survivez… Ça roule, répondit la voix de Léto. Persée ne réalisa qu’à cet instant qu’il s’agissait du pilote à la petite moustache qui avait tenté de l’avertir au sujet d’Hécate, au réfectoire. Dans ce qui lui semblait maintenant être un souvenir appartenant à une autre personne, à des années-lumière du pilote qui se dirigeait vers le bombardier. — Hécate m’a promis de me botter les fesses si un s eul chasseur passe pour lui trouer la peau, donc je compte sur vous ! ajouta Pe rsée avec un sourire dans la voix. Tu veux quoi ?répondit Nymphe.Qu’on laisse passer l’ennemi et qu’on l’achève si elle bouge encore ? Ou qu’on la sauve ? — Je ne sais pas encore, j’y réfléchis. Hécate ? Tu en penses quoi ? Va chier, connard, répondit très sobrement la concernée. — Je pense qu’on peut gagner du temps et la descend re tout de suite,ajouta Théïa un rire contenu dans la voix. Le casque de Persée fut alors saturé de rires. Nerv eux pour la plupart. L’idée de mourir était si proche, si palpable, qu’ils avaient tous l’impression d’être devenus fous, à rire ainsi. Fous ou indécents. La mort était sile nce. Le rire la contredisait si viscéralement que cela leur paraissait étrange et n aturel à la fois. Persée pour sa part pencha pour l’option de l’insanité. Il remarqua seu lement maintenant que son visage était trempé. De sueur et de larmes qu’il n’avait p as senties couler. Qu’elles coulent, se dit-il. Il obliqua pour voler sur l’aile droite du bombardi er d’Hécate, et prit en chasse immédiatement un chasseur d’Europa qui s’approchait de trop prés. Léto prit sa place immédiatement dans la formation. C’était bien, se d it-il en revenant à sa position initiale, rompant la poursuite quand un allié abatt it sa cible. C’était très bien. Le bombardier et son escorte se glissèrent loin du cha mp de bataille, sortant des radars ennemis, et prirent de la hauteur. Après quelques i nstants de vol à plein régime, ils piquèrent vers le croiseur d’Europa. Le casque de P ersée grésilla. s votre direction, ils vousPilotes, ici l’Olympe, grosse formation ennemie dan ont repérés. Rompez et dispersez-vous, c’est du tro is contre un. Ils ont sorti trois