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Écorchée

De
223 pages
Ebony a toujours su qu’elle était différente. Mais lorsqu’elle découvre sa véritable nature, elle refuse de le croire.
Elle est unique. Déracinée de son foyer à la naissance et cachée sur Terre, elle ignore tout de l’endroit d’où elle vient. Cependant, son passé refait surface et Ebony se retrouve de plus en plus déchirée entre ceux qu’elle aime et son destin réel, à mesure que des forces différentes l’entraînent dans un tourbillon infernal.
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Copyright©2014MarianneCurley Titre original anglais : Broken opyright © 201G Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Bloomsbury Publishing Plc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Danielle Champagne Révision linguistique : Nicolas Whiting rrection d’épreuves : Nancy Coulombe, Féminin pluriel Conception de la couverture : Katie Everson Montage de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Aleshyn_Andrei/Shutterstock (jeune femme), © AKV/Shutterstock (tourbillons décoratifs), © Marbury/Shutterstock (fenêtre brisée), et © Koryaba/Shutterstock (plumes) Mise en pages : Sébastien Michaud papier 978-2-897G7-25G-0 PDF numérique 978-2-897G7-257-7 ISBNePub 978-2-897G7-258-4 Première impression : 201G Dépô légal : 201G nationales du Québec Bibliothèque et ArchivesCanada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada phone : 450 929-029G Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.G1.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.. Diffusion — 05.G1.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. ouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres— estion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Curley, Marianne [Broken. Français] Écorchée (Avena ; t. 2) Traduction de : Broken. Pour les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-897G7-25G-0 I. Champagne, Danielle, 1958- . II. Titre. III. Titre : Broken. Français. PZ23.C855Ec 201G j823’.92 C201G-94059G-G
Conversion au format ePub par:
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Pour les filles spéciales de ma vie, Amanda, Danielle, Jessica et Josie. Et pour les garçons, mes deux Christopher et Zach.
Et aussi pour Missy, ma compagne bien-aimée durant 15 ans, qui a quitté ce monde le 21 août 2013. Qu’elle puisse s’amuser pour l’éternité au paradis des petits chiens !
1
Jordan
Je l’ai rencontrée en premier. Le lien a été intense. Elle l’a senti aussi, et même après tout ce qui est arrivé depuis, elle le sent encore. Ils me répètent que ce n’est pas le vrai amour, qu’une relation surnaturelle nous lie, mais à vrai dire, il n’y a qu’un seul obstacle entre nous : l’ange. Un prince Séraphin… Nathaneal… Il a convaincu Ebony qu’ils devaient former un couple éternel,tous les deux —ou une bêtise semblable —, et à présent, elle est tout entichée de lui, comme si c’était une fatalité ou son destin. C’est fou comme je désire cette fille. J’aibesoind’Ebony dans ma vie. C’est aussi simple que ça. Thane sait depuis le début ce que je ressens pour Ebony, mais il s’est quand même adonné à ses mystérieuses manigances. Il avait besoin de moi pour la trouver. Nés à la même nanoseconde, nous sommes liés pour la vie, et il savait que les cieux s’illumineraient dès que nous nous rapprocherions. Il savait tout et s’est assuré que je ne sacherien. Je ne peux le lui pardonner. Tôt lundi matin, il dirige notre entraînement dans son gymnase au sous-sol, avant l’école. Depuis qu’Ebony a emménagé avec nous, nous avons établi un nouvel horaire d’exercices. Et c’est rigoureux. Il forme Ebony à utiliser ses pouvoirs pour qu’ils puissent tous deux partir à Avena, le monde où vivent les anges. Je sens ses yeux bleus perçants dans mon dos pendant que je cogne sur le sac de boxe. Bang ! Bang ! Je saisis le sac de mes mains gantées et me retourne. Il me dévisage, et je le sens s’immiscer dans ma tête. Je soutiens son regard. — Est-ce nécessaire ? Ebony s’exerce sur le tapis de course. Elle a mis des bouchons d’oreilles, mais son alarme d’ange gardienne se déclenche aussitôt, et elle s’arrête. — Nécessaire de quoi ? — Il est encore dans ma tête, lui dis-je. Elle le regarde, haussant les sourcils. — Jordan, dit-il de sa voix doucereuse capable de changer du fumier en crème fouettée, c’est pour vous protéger tous les deux. — Ah ouais ? Eh bien, peut-être que je ne veux plus de ta soi-disant protection. — Jordan. Ebony semble mal à l’aise. — L’un de vous peut-il me dire ce qui se passe, exactement ? Je lève le menton en direction de l’ange qui affiche un air coupable. — Pose-lui la question. Descendant du tapis de course, elle étudie le visage de Thane, lui touche le bras et lui adresse un petit sourire triste qui me retourne l’estomac. — Dois-tu écouter chaque pensée ? — Ebony, je ne peux entendre tes pensées. Si tu es en danger, je le saurai par Jordan.
— Oh, à cause de notre lien ? Il hoche la tête. — Oui. — Et voilà, dis-je à Ebony, un autre exemple parfait du fait qu’on m’utilise. Il me fusille de ses yeux qui s’assombrissent. — Aucun de vous n’est à l’abri du danger, qui peut se présenter sous différentes formes que vous ne reconnaîtrez peut-être pas. Je suis aux aguets, et je ferai le nécessaire pour vous préserver — tous les deux — du danger imminent. — C’est n’importe quoi ! Tu veux simplement savoir ce que je pense quand je pense à ta fiancée. — Jordan, tu penses continuellement à Ebony. Ce n’est pas nouveau. Par contre, ce qui l’est, c’est ton hostilité envers moi. Bang ! Bang !Je tamponne le sac en imaginant que c’est sa tête. — Jordan, nous devons discuter. Un souffle bouillant de colère s’échappe d’entre mes dents serrées. — Alors, tu veux discuter, maintenant. Tu aurais pu m’informer des centaines de fois du fait qu’Ebony était ta fiancée, mais tu ne l’as pas fait. Pourquoi, Thane ? Pourquoi maintenant et pas avant ? Il détourne le regard une seconde avant de poser à nouveau ses yeux sur moi. — J’aurais dû t’en parler. — Exact ! — Je suis désolé de ne pas l’avoir fait. — Trop tard. — Jordan ! me gronde Ebony comme un enfant dont elle a la garde. Pouvons-nous faire l’effort de nous entendre ? Je ris. — Oh, je comprends. Tu es mal à l’aise avec moi, à présent. — Non, je ne le suis pas. Mais toi, tu es mal à l’aise avec nous. Nous.NOUS. Je déteste ce mot. — Évidemment que je le suis ! Son visage s’effondre, et elle soupire. — Ebony, je ne parle pas de toi. Je parle de lui. — Mais c’est moi. Ses mots jaillissent rapidement, comme pressés d’être libres. — Si ce n’était pas de moi, tout ceci n’arriverait pas, dit-elle en jetant un coup d’œil à Thane. Si vous n’arrivez pas à vous entendre, je devrai partir. — Non ! je hurle alors. Thane se rapproche, réduisant l’espace entre eux. — C’est l’endroit le plus sûr pour toi en ce moment. — Je serai très bien chez Amber. Elle sera contente de me revoir. — Et ses frères aussi, dit-il. Des jumeaux qui ont eu 22 ans récemment et qui sont à l’université en ce moment. À quoi fait-il allusion ? Les anges peuvent-ils être jaloux, eux aussi ? Ses yeux glissent vers les miens, révélant clairement qu’ils peuvent en effet l’être. Je ris, me réjouissant sans doute un peu trop.Tu vois l’effet que ça fait, mon vieux ?Je me tourne vers Ebony. Jepartirai avant que tu aies besoin de le faire.
— Tu ne peux pas, Jordan, dit-elle. C’est ton foyer, et… — Et quoi ? Que crois-tu que je ferais ? Où crois-tu que j’irais habiter ? Je suis bien trop vieux pour les services sociaux, et je n’ai pas les moyens de vivre seul, mais je préfère être un sans-abri plutôt que de te voir vivre ailleurs que dans cette maison sécurisée. Il l’a construite pour ça. Ne sois pas stupide, Ebony. Tu restes ici. — D’accord, je resterai si tu restes, pourvu que nous trouvions un moyen de vivre ensemble amicalement sous le même toit. Je lance un regard à Thane. Il m’a promis de m’enseigner à bloquer mes pensées, mais ce n’était qu’un mensonge de plus. Plus vite j’apprendrai à le faire, plus tolérable sera ma vie ici. D’une manière ou d’une autre, j’apprendrai par moi-même. J’ai une idée qui pourrait fonctionner. — OK, je reste. À condition que vous cessiez de faire ce truc continuellement, tous les deux. Elle regarde Thane, les yeux écarquillés, son visage se colorant d’une teinte plus sombre. — Mais Jordan, nous n’avons rien fait… hum, rien de… hum… Elle s’interrompt et arrange sa queue-de-cheval derrière sa tête. — Je ne parle pas de ça. Ebony, zut, je veux dire que vous êtes constamment, tu sais… Merde, à présent, ma peau devient brûlante. — En train de te rendre mal à l’aise, complète Thane. J’acquiesce d’un signe de tête et consulte mon programme d’entraînement pour voir la suite. À ma troisième série d’exercices cardiovasculaires, Thane jette un coup d’œil à l’horloge murale. — C’est assez pour ce matin, annonce-t-il. Passons aux exercices de récupération. — Déjà ? s’étonne Ebony. La séance n’a même pas duré la moitié du temps habituel. — Je pense que tous les deux, vous avez envie d’un moment pour vous libérer l’esprit avant votre examen d’aujourd’hui. — Quelle attention, je marmonne alors en exécutant les exercices de récupération le plus vite possible. Ebony suit mon rythme, et voilà que nous avons fini. J’attrape une serviette pour essuyer la sueur sur mon visage alors qu’Ebony regarde l’horloge et sourit à pleines dents. — Nous avons beaucoup de temps libre. Enjouée, elle tire sur le t-shirt de Thane. Quand il se laisse entraîner, elle chuchote : — Et le meilleur moyen que je connais pour me libérer l’esprit… Elle laisse sa phrase en suspens, et il lui sourit d’un air entendu. Voilà exactement ce que je voulais dire. Les regards furtifs entre eux, leur façon de s’attirer l’un l’autre tels des aimants — ça me rend fou. Il y a 20 minutes seulement, ils ont accepté de se faire plus discrets. M’armant de courage et tentant de me calmer, j’enroule la serviette autour de mon cou, et je baisse les yeux pour éviter de voir les tourtereaux, yeux dans les yeux. Mais la rage qui se consume en moi refuse de s’éteindre. J’en tremble. Thane remarque que quelque chose cloche et m’intercepte à la porte. Je tente de rendre mes pensées erratiques en évoquant rapidement toutes sortes de trucs. Toutefois, rien ne peut dissimuler mon humeur lorsqu’Ebony le rejoint et qu’ils sont si près l’un de l’autre que leurs doigts s’effleurent continuellement. Bientôt, ils courront à l’étage, à la chambre de Thane, et ils se mettront à… à…libérer l’esprit d’Ebony ! — Tu te moques de moi, je bredouille alors en serrant les poings. Il plisse le front. — Jordan ?
Je continue d’emmêler mes pensées. Soit il n’arrive pas à croire ce qu’il entend dans mon esprit, soit mon idée de créer ce fouillis est vraiment efficace. — Quoi ? — Je crois que tu as mal interprété ce à quoi Ebony faisait référence, dit-il en souriant. Ma tête me dit de poursuivre mon chemin, mais mes poings se durcissent. — Je n’ai rien interprété. Je ne peux le laisser deviner ce que je m’apprête à faire, car il m’en empêcherait. Alors, je me contente d’agir. Serrant mon poing droit le plus fort possible, je m’élance rapidement d’un bond. Aussitôt, je comprends que je vais faire chou blanc. Mais ce n’est pas grave. J’aurai quand même frappé quelque chose. — Jordan, non ! crie Ebony. Mon poing rejoint le dessous de la mâchoire de Thane — et j’ai l’impression de heurter le pare-buffle d’un camion en mouvement ! Je tombe par terre, recroquevillé sur moi-même, protégeant instinctivement mon ventre avec ma main. — Ah, merde ! Merde ! MERDE ! — Jordy ! Ebony se précipite vers moi et tente d’ôter ma main pour jeter un coup d’œil. — Est-ce grave ? La douleur qui transperce chacun de mes doigts est si atroce que je dois me concentrer sur ma respiration pour ne pas m’évanouir. La sueur perle à la surface de ma peau. Partout, des étoiles scintillent. Les larmes me montent aux yeux. Je regarde Thane avec autant de fiel que je peux en produire. — Tu es fait en acier ou quoi ? Tu aurais pu m’avertir ! Il se contente de me fixer, aussi immuable qu’une statue grecque. — Nathaneal ! s’exclame Ebony. Peux-tu faire quelque chose ? Il s’extirpe de sa transe pétrifiante et se penche à côté de moi. — Laisse-moi regarder ça. C’est trop embarrassant. Je me détourne et me force à ravaler ma douleur, la repoussant loin,très loin ! C’est dur de ne pas crier, mais si je me laissais aller, je crierais encore plus fort qu’une fille. Il essaie à nouveau. — Jordan, s’il te plaît, laisse-moi voir ta main. Je le fixe en imaginant que mes yeux sont des flèches empoisonnées. — Va te faire voir. — Jordan, dit-il de sa voix apaisante, celle qui m’irrite au point de me donner envie de le frapper encore si je pouvais dénicher un gant en titane. Mais je ne suis pas complètement idiot, et puisqu’il m’a déjà guéri par le passé… Il m’entend céder et frôle le dessus de mon poignet en étirant délicatement ma main, sentant toujours que je m’abandonne. — Ça alors, Jordy, qu’est-ce qui t’a pris ? me demande Ebony en enfonçant douloureusement ses doigts, que son inquiétude rend aussi durs que des boulons de fer, dans mes épaules. Ses doigts me tuent, mais je n’ai pas le courage de lui dire d’arrêter. Thane me jette un coup d’œil et un sourire fugace. Bien sûr, il entend tout, maintenant que je suis incapable de me concentrer pour brouiller mes pensées. — Tu t’es cassé les doigts, dit-il. — Sérieusement ! soupire Ebony. Peux-tu le guérir, Nathaneal ?
— Je peux guérir sa main, dit-il en me regardant avec insistance avant de poser ses yeux pénétrants sur Ebony. Mais j’aurai besoin de ton aide pour l’immobiliser. Comme ça, dit-il en lui montrant la façon de faire. Alors que mes doigts cassés sont dans le creux de sa main, son toucher est chaud et doux comme une plume. Je suis sûre que Thane n’a pas du tout besoin de son aide, mais s’il croit que je vais le remercier, eh bien, il peut oublier ça. Les mains soignantes de Thane sont aussi douées que lorsqu’il a achevé le travail des médecins, après qu’Adam Skinner m’ait poignardé avec une bouteille il y a quelque temps. Quand la douleur s’estompe suffisamment pour que je puisse dérouler mes doigts, je remarque qu’Ebony me sourit largement. Ses yeux violets scintillent, comme si elle s’efforçait de se retenir de rire. — Qu’y a-t-il de si drôle ? je lui demande alors. — Chevaucher. — De quoi parles-tu ? Chevaucher quoi ? — Chevaucher Shadow : voilà comment je libère mon esprit. Oh, bon sang, je le savais ! Je ferme les yeux tandis qu’une rougeur brûlante grimpe le long de mon cou. Ebony me tapote l’épaule, son rire totalement hypnotique. J’aimerais qu’elle soit en train de rireavecmoi.