224 pages
Français

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Entre les Mondes, tome 3

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Description

Adrian n’a pu la laisser partir, maintenant il va devoir assumer sa décision. Néva est aujourd’hui une Descendante.


Elle aurait préféré mourir.


Pourtant, elle va être obligée de rester parmi ceux qui l’empêchent de le faire. Le château de Méenne est envahi de fantôme, l’atmosphère devient menaçante, voir dangereuse pour la Reine Valiane. Néva, pourra-t-elle suffisamment rester elle-même pour redevenir celle qu’elle a toujours était ? A-t-elle encore un avenir avec les Surveillants de l’Ombre ? Quelle sera la réaction de Joshua suite à sa transformation, alors qu’il n’a jamais caché son souhait de le faire lui-même ?


Le chevalier Adrian est quand à lui affaibli, l’ombre de lui-même. Ses pouvoirs magiques ne sont pas réapparus depuis les tortures subies dans les prisons de Kork. Quel avenir pour un chevalier sans pouvoir ? Son oncle respectera-t-il encore le traité de paix ? Le laissera-t-il renouer avec son ancienne vie si facilement ?

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EAN13 9782379600067
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Exrait

Maëlle Andals
Tome 3 : Les Possédés
©Maëlle AndalsetLivresque éditions pour la présente édition – 2018 ©Thibault Benett,pour la couverture ©Jonathan Laroppe, Suivi éditorial & Mise en page ISBN : 978-2-37960-005-0 Tous droits réservés pour tous pays Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.
Précédemment
Néva Johns, orpheline, a connu une enfance difficile. Elle voit les fantômes, ils ont compliqué son existence. Elle pensait ne rien pouvoir faire de sa vie mais pour cette malédiction, son don, Richard Hunters est venu la recruter. Ce quadragénaire anglais richissime est le patron de la branche franco-anglaise des SDO (I Sorveglianti dell Ombra), une société secrète séculaire créée pour réguler et surveiller les surnaturels à travers le monde. La règle pour eux est simple : garder le secret à tout prix. Adrian, Neveu du Roi des Kork, est aujourd’hui chevalier à Méenne pays ennemi de la terre qui l’a vu naître. Il s’est enfui adolescent du pays des Kork pour échapper au destin qui lui était promis : devenir un Descendant. Un être se nourrissant uniquement de sang humain et avec des capacités de suggestion mentale. C’est dans le royaume de la reine Valiane qu’il a appris à maîtriser ses pouvoirs grandissants. La guerre entre les deux pays dure et s’étire sans qu’aucune solution ne semble envisageable. Rien ne les destinait à se rencontrer. Deux mondes différents, des modes de vies qui malgré tout se ressemblent. De façon inattendue, un passage s’ouvre entre les deux mondes, une porte générée par le mélange de leur magie. L’attirance entre eux est immédiate mais ils ne peuvent pas se toucher, leurs corps ne sont réels que dans leurs mondes respectifs. Ils n’ont qu’un instant à chaque rencontre pour s’effleurer à l’ouverture du passage. Dans le monde de Néva, les SDO ont été engagés par un client inhabituel, le Maître Vampire français, Joshua Colsilverstone, pour traquer un des leurs. Ce dernier essaie de créer une super race de suceur de sang, solide et inépuisable. Néva tombe sous son charme et se laisse marquer pour les besoins de l’enquête. Face à la pression de cette dernière, aux catastrophes qui s’enchaînent, aux avances de Joshua et ses sentiments impossibles pour Adrian, Néva tombe dans un état catatonique. A Méenne, on cherche une solution pour mettre fin au conflit. La Reine Valiane et le Chef des Armées Tillas pensent que la négociation est possible en allant directement à Kork. La rencontre est difficile, rien n’a changé à la cour. Rispec, roi de ce royaume, est conscient de sa position de faiblesse face à la puissante armée de chevaliers. Il accepte de signer la paix, à la condition qu’Adrian revienne dans son pays d’origine. Adrian demande alors à Néva de ne plus venir dans son monde. Enfermé dans une cellule dès la signature du traité de paix, il est affamé et torturé par sa cousine et ancienne promise Shylène. Pendant ses moments de
répit, il rêve d’instants passionnés avec Néva. Lorsque Néva se réveille enfin, le danger reprend ses droits. Adam est tué par leur ennemi. Sa disparation fait peser une lourde menace sur l’équipe et particulièrement sur la vie de Néva qui ne tient qu’à un fil. Protégée par Joshua, elle apprend qu’il connaît ses origines et la raison de cet étrange lien qui existe entre elle et Adrian. Hébétée, elle rejoint le chevalier et le trouve mourant. Il la convint pourtant de s’en aller. Néva finit par découvrir que Joshua a les moyens de la rendre solide dans le monde du chevalier. Elle part pour Kork. Son objectif : sauver Adrian et sa famille de cœur, les SDO. Contre toute attente, Adrian et Néva s’évadent. Ils fuient pour retrouver le chef des Armées de Méenne qui arrive dans leur sens. Mais les renforts arrivent trop tard et Néva est blessée en défendant Adrian très affaibli. Alors qu’elle est en train de mourir, Adrian, ivre de douleur, supplie son oncle de la transformer. A son réveil, la jeune femme en pleine transformation attaque le chevalier et le vide de son sang.
Prologue
Elle allait mourir, cela ne faisait aucun doute. La mort avait pris la forme d’une blonde maigre hilare. Mais Néva n’eut pas le temps de se poser plus de questions ou d’essayer de trouver une autre solution comme elle avait l’habitude de le faire avec son équipe. Les premiers rayons du soleil éclairaient la clairière au sommet du pic sur lequel ils s’étaient abrités pour passer la nuit et attendre les renforts. L’obscurité cédait tout juste l a place à la lumière et leur aide providentielle n’était pas là… Elle pouvait sauver Adrian. Seule, cette idée lui permit de ne pas baisser les bras et continuer à se battre pour éviter ce qui, manifestement, allait se passer. L’homme, contre qui elle échangeait des coups, n’était pas vraiment puissant pour un vampire, le manque de force et la faible aura qui l’animait, montraient sans aucun doute son jeune âge. Du coin de l’œil, elle voyait son compagnon se battre contre un autre vampire tout aussi jeune. Adrian était affaibli comme jamais, et il se défendait avec l’énergie de celui qui ne se laisserait plus prendre vivant… à aucun prix, attaquant autant qu’il le pouvait entre deux parades. Elle se concentra, sans vraiment s’en rendre compte et, avec la facilité qu’elle avait acquise au cours de ces dernières semaines, elle matérialisa une boule d’énergie puissante qu’elle envoya sur son adversaire. Elle ne prit pas le temps de vérifier si son coup avait eu autant de portée qu’elle avait souhaité, le timing était trop serré, elle se propulsa avec force pour intercepter l’épée avant qu’elle n’atteigne Adrian et ne le tue. La blonde qui avait lancé l’arme, un vampire elle aussi, était celle de ses visions, celle qui prenait un plaisir malsain à torturer le chevalier des heures durant. Néva arrêta bien la lame… Elle la traversa de part en part, juste sous le sternum. Le choc lui coupa le souffle et la douleur élimina le reste de ses sens. Elle était paralysée dans cet instant parfaitement atroce et aveuglant, la fin de sa vie. Alors qu’elle sentait ce qui la caractérisait, ce qui emplissait son corps de cette énergie la quittait doucement comme le sang qui s’écoulait de sa plaie, elle put vérifier, une des grandes légendes qui se racontait, autour de la mort en général. Sa vie se mit à défiler devant ses yeux aveugles, seulement ses souvenirs. La première sensation qui lui vint fut cette odeur rassurante, ces cheveux fins et bruns caressant son visage, ces bras dans lequel son univers avait un sens, puis plus rien, le froid, la solitude. Elle comprit qu’il y avait là, les bras de sa mère suivis de l’abandon. Pas vraiment des images, mais des sensations, des visages par centaine, un bruit et le froid. Puis un jour, l’orphelinat qui était devenu son quotidien fut remplacé par une cave sordide, elle avait huit ans, elle n’était pas seule, Emily l’accompagnait. Mais l’homme finit par tuer son amie et elle resta seule dans cette cave pendant longtemps, si longtemps qu’elle finit par détester le noir plus que les coups qu’elle recevait. Puis le sang de l’homme, celui qu’elle répandit avec le couteau, la délivra et une nouvelle errance commença. Aucune famille ne voulait adopter l’enfant qui avait dû tuer son bourreau pour survivre, en plus du traumatisme qu’elle avait vécu, elle se comportait étrangement pour eux. Rien d’inquiétant pour une personne qui pouvait communiquer avec les morts, mais pour les gens normaux, elle paraissait folle, elle les entendait dire que c’était dû à son passé… Puis ce fut le couvent pour fortes têtes jusqu’à sa majorité, les jobs pour survivre, les bâtiments abandonnés à partager avec d’autres, d’autres jobs, de minuscules chambres et un jour Richard entra dans sa vie. Richard Hunters la recruta pour utiliser ses dons si particuliers, et l’univers reprit sa place, une vie stable, un salaire, des amis, l’amour, enfin, elle l’avait cru. Puis un vampire plus puissant que les autres et un homme venu d’une autre dimension entrèrent dans sa vie créant à nouveau le chaos. L’amour, le vrai… Elle avait eu besoin de fuir son monde, elle devait le sauver et alors qu’elle se rappelait le bonheur d’avoir été dans ses bras, de l’avoir embrassé, de l’avoir connu tout simplement, elle se dit que, décidément sa vie avait été riche.
Chapitre 1
Elleétait dans ses bras, son univers était donc bien en place. Elle sentait les dernières larmes rouler sur ses joues, alors qu’elle glissait son nez dans son cou, rassurée. Elle l’avait fait, elle l’avait sauvé et par miracle, elle aussi était en vie. Elle ne savait pas à quoi était due sa chance, mais elle allait saisir cette occasion de vivre sa vie avec celui qu’elle aimait. Pleinement. Elle était là à soupirer de bonheur quand elle entendit clairement les battements du cœur d’Adrian. Un son grisant, son rythme cardiaque était légèrement élevé, elle supposait que lui aussi ressentait cette vive émotion. Fermant les yeux, elle se laissa envahir par son odeur. Sa peau, son sang… Elle resserra son étreinte, jamais plus elle ne le laisserait. Une voix dit calmement « elle est dangereuse… ». Un autre danger ? Elle devait se redresser et voir ce qui se passait, mais elle ne put défaire son étreinte, elle sentit qu’il lui embrassait doucement les cheveux au sommet de son crâne, une faim nouvelle l’embrasa douloureusement, crispant son estomac, brûlant sa gorge. La chaleur dans laquelle elle se lovait devint appétissante, délicieuse, enivrante… Instinctivement, elle savait comment se soulager, elle déplaça doucement son visage et mit ses lèvres à porter de cette veine battante, succulente. N’attendant pas plus longtemps de peur que son repas ne s’échappe, elle mordit, accrochant sa victime avec force. La fine barrière de la peau ne résista pas à l’attaque de ses dents et un flot tiède emplit sa bouche. Elle se souvenait vaguement avoir déjà goûté un sang puissant, mais rien ne put la préparer à ce goût si parfait, une sensation de bien-être inconnu la traversa alors qu’elle sentait le précieux liquide la remplir, la réchauffer. Elle se délectait tellement qu’elle ne se rendit pas compte immédiatement de l’agitation qui l’entourait. Un homme tonnait des ordres, des mains l’agrippaient pour la séparer de sa précieuse source de sang. — Néva… balbutia Adrian, la voix pleine de douleur. Elle grogna en réponse, aux mains hostiles et se lova plus encore étroitement. — Lâche-le, Néva ! Tu vas le tuer, reprit la voix qui avait donné des ordres. Elle connaissait cette voix et pourquoi Adrian souffrait-il ? Qui lui faisait du mal ? Cela ne s’arrêterait donc jamais ? Ne pouvait-il être ensemble sans que l’un des deux souffre ? Sa victime tenta de lui décrocher les bras, frôlant son visage avec son bras. L’odeur d’Adrian la submergea et elle comprit enfin l’identité de son repas. Elle le lâcha, terrifiée d’être la cause de sa souffrance. Il s’effondra presque aussitôt. Des mains la saisirent par les épaules pour l’éloigner alors que Tillas, le chef d’Adrian se précipitait vers lui, passant ses mains au-dessus de lui. Le chevalier lui avait dit une fois que son pouvoir de guérison était immense. Enfin, elle vit son cou, la plaie béante par laquelle du sang continuait de s’échapper. Il était déjà en piteux état suite aux semaines de tortures qu’il venait de vivre, sa maigreur lui donnait un air de mourant. Un homme d’âge mûr ressemblant étrangement à Adrian s’approcha sous la garde attentive d’un autre des compagnons d’Adrian. — Je suis le seul à pouvoir le soigner, dit-il d’une voix envoûtante. — Vous en avez assez fait, répondit Tillas les yeux fermés, les mains toujours au-dessus d’Adrian. Le chevalier était conscient et regardait son commandant, puis son regard vint à la rencontre du sien. Elle fut choquée d’y voir de la culpabilité. Pourquoi se sentait-il coupable ? Ne venait-elle pas de lui déchirer la gorge ? D’ailleurs, pourquoi avait-elle fait ça ? Elle était sous le choc, les images se déroulant devant elle, ne pouvaient appartenir à la réalité. — Ne vous entêtez pas, vous ne pouvez rien faire pour lui, il n’y a que moi qui puisse encore le sauver. Regardez-le, il va mourir. Tillas ouvrit les yeux, il détailla le piètre état de son homme, il se tourna à demi, l’examinant, elle. Elle le vit tressaillir à la vision de son visage. Il se leva et fit signe à l’homme d’approcher. Le sourire que fit ce dernier lui rappela celui d’un prédateur intelligent, patient. Puis elle remarqua son maintien noble, sa tenue noire confectionnée avec de riches étoffes et l’aura de puissance l’entourant. Un vampire, vieux et puissant, un maître ajouta-t-elle, mentalement. Elle ne savait pas comment elle connaissait cette information, mais c’était indiscutable. Il lui adressa un sourire paternel, comme s’ils se connaissaient, et s’agenouilla près d’Adrian. Il allait le soulever quand Tillas lui attrapa le bras. Les deux hommes se fixaient avec une haine
contenue. — Ne le transformez pas, articula doucement entre ses dents le chef des armées de Méenne. Le vampire arracha son bras et souleva Adrian. C’est à cet instant précis que le cerveau de Néva, jusque là court-circuité, se remit à fonctionner. Doucement pour ne pas donner l’impression de s’enfuir à celui qui la tenait fermement, elle amena sa main à sa bouche, se rappelant le dégoût sur le visage de Tillas. Ses doigts rencontrèrent une substance poisseuse. Elle les mit au niveau de ses yeux… le sang qu’elle venait de boire, celui d’Adrian… — Non, murmura-t-elle. L’étreinte autour de ses épaules se raffermit alors que ses jambes cédaient sous son poids, elle se sentit glisser vers l’inconscience. Elle n’était pas prête à affronter ça. Néva était dans cet instant où sa conscience s’éveillait, son corps, lui, était dans la chaleur douce du sommeil, pas encore prêt à affronter une nouvelle journée. Elle se sentait bien, incroyablement bien, se dit-elle en s’étirant. Pas de courbature ou de zone un peu sensible, cela faisait longtemps que cela ne lui était pas arrivé. Elle ne se souvenait pas où elle s’était endormie, sa conscience à l’état de veille lui bloquait l’information. Les yeux toujours fermés, elle se dit qu’elle s’en souviendrait bien assez tôt. Elle se laissa envahir par le bruit ambiant. Son nez et ses oreilles l’informèrent qu’elle se trouvait sous une tente, un battement de cœur accompagnait le sien, il battait beaucoup plus vite que son propre cœur. Elle essaya de reconnaître l’identité de son compagnon grâce à son odeur, mais elle ne se souvint pas l’avoir croisée. Ily avait du bruit autour d’eux, beaucoup de monde était en mouvement. Ne voulant pas croiser le regard de la personne l’accompagnant sans se rappeler son identité, elle décida qu’elle devait se réveiller pleinement avant d’ouvrir vraiment les yeux. Elle n’était pas dans sa chambre au manoir après une soirée arrosée avec l’équipe de Hunters. Elle n’avait pas la gueule de bois, il y avait donc peu de chance qu’elle ait suivi quelqu’un, fortement éméchée pour s’offrir un peu de bon temps. Cela faisait bien longtemps qu’elle ne s’était pas conduite de la sorte. Puis une douleur familière lui serra le ventre lui rappelant que son équipe ne fêterait pas sa dernière mission, Adam était mort. Cette sensation débloqua enfin le reste des informations et elle sut où elle se trouvait et dans quelles circonstances. Elle s’assit brusquement sur le lit et mit les mains en dessous de son sternum. Elle portait toujours son débardeur, il était troué où la lame l’avait transpercée, du sang séché le maculait, tout comme la peau de son ventre parfaitement lisse en dessous. Tout devint clair. Elle avait fui son monde parce qu’elle voulait sauver Adrian, elle aussi était en danger, quelqu’un avait décidé de la tuer et son ami William, médium talentueux, lui avait dit que rien n’empêcherait l’évènement de se produire. — Où suis-je ? demanda-t-elle calmement sans lever les yeux de son ventre. Elle préférait ne pas affronter le regard de l’inconnu. Un homme lui disait son nez. Elle n’était manifestement pas en danger, sinon il aurait profité de son inconscience pour l’achever ou l’entraver en vue d’autre traitement moins définitif. — Sur la route menant au château de Méenne, répondit une voix grave. Nous nous sommes arrêtés pour essayer une dernière tentative de paix avec le roi Rispec. — Où est Adrian ? continua-t-elle en levant la tête. Ses mains glissant le long de son ventre se crispèrent dans les couvertures qui recouvraient ses jambes. L’homme qui était avec elle se tenait debout près de l’entrée de la tente. Les bras croisés dans le dos, il la surveillait avec attention, presque méfiant. Un peu moins grand qu’Adrian, tout aussi musclé qu’il l’était à leur rencontre, brun aux yeux verts, il portait ses cheveux courts. Pas comme dans le monde de Néva bien sûr, mais contrairement aux hommes qu’elle avait croisés jusqu’à présent dans ce monde-ci qui les avaient jusqu’aux épaules. Sa chevelure était juste assez longue pour qu’elle ait un mouvement naturel formant de légères boucles. Elle l'avait déjà rencontré, mais elle ne se souvenait pas de son nom. Un ami d’Adrian, elle en était presque sûre. — Il se repose dans une autre tente. Il la dévisageait avec intérêt comme s’il attendait qu’elle fasse quelque chose. Le bien-être qu’elle ressentait était déjà en train de disparaître. Physiquement, ça allait. Elle avait l’impression d’avoir un étrange recul. Comme si les émotions qu’elle ressentait étaient filtrées par quelqu’un de plus puissant et de plus calculateur. Elle avait l’impression qu’il lui manquait une information cruciale. Elle dut froncer les sourcils, car l’homme s’avança doucement. — Quel est votre dernier souvenir ? la questionna-t-il avec une douceur soudaine. Il s’était donc passé un évènement qui, de toute évidence, n’allait pas lui plaire. — Les derniers instants avant que je reçoive cette épée. La bagarre, la blonde, l’homme ressemblant à Adrian, l’épée puis… plus rien. Elle avait encore fait un de ses rêves étranges pendant sa période d’inconscience, comme la fois où elle avait rêvé qu’elle se nourrissait du sang de Gabrielle, son ex. Pour les besoins de leur dernière enquête,