Esprits et Légendes

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54 pages
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Des esprits tourmentés, un esprit qui tourmente.
Un bestiaire médiéval éclectique et une espèce d’insectes méconnus.
Voilà le cocktail étonnant qui vous attend dans ce recueil de six nouvelles fantastiques.



Osez accompagner Arlia, Nahimana et les autres personnages sur leur chemin de vie.

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EAN13 9791034809301
Langue Français

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Esprits et Légendes
Patricia Philippe Company Esprits et Légendes Illustration :Lancelot Couverture :Maïka Publié dans laCollection Imaginaire Dirigée parPauline Monsarrat
©Evidence Editions2018
Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique, malvoyant, braille et audio. Tout notre professionnalisme est mis en œuvre pour que votre lecture soit des plus confortables. En tant que lecteur, vous découvrirez dans nos di%érentes collections de la littérature jeunesse, de la littérature générale, des témoignages, des livres historiques, des livres sur la santé et le bien-être, du policier, du thriller, de la littérature de l’imaginaire, de la romance sous toutes ses formes et de la littérature érotique. Nous proposons également des ouvrages de la vie pratique tel que : agendas, cahiers de dédicaces, bullet journal, DIY (Do It Yourself). Pour prolonger le plaisir de votre lecture, dans notre boutique vous trouverez des goodies à collectionner ainsi que des boxes livresques disponibles toute l’année. Ouvrir un livre Evidence, c’est aller à la rencontre d’émotions exceptionnelles. Vous désirez être informés de nos publications. Pour cela, il vous su2t de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
Le Mystère de Cladh Hallan — Maman, maman ! Regarde ce que j’ai trouvé dans le jardin ! — Arlia ! Tu n’es pas bien de débouler comme ça dans la cuisine ! Tu m’as fait peur ! — Pardon maman ! Mais regarde ce que j’ai ! — Bon, qu’est-ce que tu me rapportes cette fois-ci ? — Un squelette de souris ! dit Arlia en tendant les mains. — Bon sang, mais tu ne pouvais pas le laisser là où il était, fit sa mère avec un air de dégoût. — Mais non, il faut savoir pourquoi il était sous le prunier du jardin. — Tout simplement parce qu’elle a dû se faire manger par un chat. — Ah mais non, sinon son squelette ne serait pas tout entier. Je vais mener mon enquête. — C’est ça ma fille. Va jouer à Sherlock. Mais n’oublie pas de te laver les mains, cria sa mère. La petite était déjà partie en courant. Arlia, petite lle de neuf ans, était très dégourdie et vive d’esprit. Elle avait déjà un sacré caractère bien forgé. Sa mère en rigolait souvent, mais le côté intrépide de sa lle lui causait du souci. À l’heure du dîner, ils se retrouvèrent tous à table. Sa maman avait raconté les dernières frasques de celle-ci à son mari, qui en avait bien ri. — Alors Arlia, as-tu trouvé de quoi était décédée cette pauvre souris ? demanda son père. — Non, pourtant je l’ai passée sous mon microscope. Je n’ai rien vu qui pourrait expliquer sa mort. — Elle était tout simplement trop vieille, lui dit sa mère. — Ah, mais non, c’est trop banal ! Elle s’est peut-être fait empoisonner. Oui, ça c’est bien, mais, je ne peux pas le prouver. — Bien voilà, tu as résolu l’affaire, fit son père avec un grand sourire. — Bof, c’est pas drôle ! Quand je serai grande, je serai docteur des squelettes malades. — Tiens donc, on appelle ça des archéologues, es-tu sûre de vouloir faire ça ? demanda sa mère. — Archéologue, c’est pour les momies et les vieux machins. Non, moi je veux être docteur des squelettes malades, répondit catégoriquement Arlia. — OK OK, t son père. Alors, pour le moment, travaille bien à l’école et quand tu auras trouvé le nom exact, nous en reparlerons. Anthropologue. Arlia ne mit pas longtemps à trouver le mot exact du métier qu’elle voulait exercer. Elle deviendrait anthropologue, et si ça pouvait être dans le milieu judiciaire, son rêve se réaliserait. Elle travailla comme une dingue pour avoir les meilleures notes, les félicitations. Il était hors de questions pour elle de redoubler une classe. **** De nos jours.
Département d’anthropologie physique Université Paris Ouest Nanterre La Défense Cela faisait maintenant plus de quatre ans qu’Arlia voyait cet écriteau presque tous les matins. Quatre ans qu’elle fréquentait cette université pour atteindre son rêve de petite lle, devenir anthropologue. C’était une jeune femme de vingt-deux ans. La nature l’avait dotée d’une chevelure d’ébène qui faisait ressortir le bleu aigue-marine de ses yeux, et surtout d’une tête bien pleine qui faisait des envieux. Elle avait rendez-vous, ce matin du mois d’avril 1999 avec Monsieur Prat, son professeur principal, son beau professeur à la « Indiana Jones ». Ils devaient parler de son doctorat et de sa thèse. Elle se présenta au bureau et attendit que la secrétaire l’annonce. — Mademoiselle NicBuchanan est arrivée, monsieur. — Faites-la entrer, dit le professeur, merci, Nicole. Elle s’effaça pour la laisser rentrer dans le bureau. — Bonjour, mademoiselle NicBuchanan, asseyez-vous. — Bonjour, professeur Prat, merci, fit Arlia qui n’en menait pas large. Elle savait que cet entretien était le plus important de sa future carrière. — Je voulais en premier vous féliciter pour vos résultats, vous allez terminer votre master avec brio. — Merci professeur. Je veux pouvoir présenter un bon dossier pour l’obtention de mon doctorat, lui répondit-elle franchement. — Oui, justement, êtes-vous sûre de vouloir rejoindre l’équipe du docteur Parker-Pearson ? Nous sommes loin des rêves égyptiens de beaucoup d’entre vous, répliqua-t-il avec un sourire. — Je me sens plus proche de l’histoire écossaise que des bas-fonds égyptiens. Je veux absolument pouvoir soutenir ma thèse sur Cladh Hallan. Aidez-moi à monter mon dossier d’admission auprès du docteur Parker-Pearson. Je suis persuadée de trouver quelque chose de plus excitant que de simples bandelettes égyptiennes. Ses recherches viennent juste de commencer et il doit avoir besoin de personnes motivées. Et je le suis, soutint Arlia avec un regard bleu acier. — Tout comme votre ami monsieur Dumond, je présume ! Il doit être ravi de partir avec vous pour les Hébrides Écossaises. — Il n’en sait rien, je lui ai juste parlé d’îles et d’archipel, sans préciser la destination nale. Il faut lui laisser un brin de surprise, dit-elle avec ironie. — Très bien mademoiselle, si votre choix est dénitif, j’appuierai votre demande ainsi que le président de l’université, pour votre ami et vous. Je vous tiens au courant dès que j’ai des nouvelles. Je vous raccompagne et vous souhaite une bonne journée. Le professeur Prat ouvrit la porte du bureau et fit sortir Arlia, qui était tout sourire. Cladh Hallan, un site de South Uist, une des îles de l’archipel des Hébrides au nord-ouest de l’Écosse, la faisait rêver depuis qu’elle avait appris le début des fouilles en 1995. Elle était d’origine écossaise du côté de son père, et passer sa thèse de doctorat en partant là-bas était une évidence. Elle se doutait que son petit ami, Charly Dumond, n’allait pas être du même avis. Il était persuadé de partir pour les îles de l’archipel des Héliades à la recherche de l’histoire grecque. Pour Arlia, ce n’était juste qu’un petit lapsus qui l’arrangeait bien. Charly était un beau jeune homme blond aux yeux noisette, tout le physique d’un surfer plus habitué au soleil brûlant qu’aux embruns écossais.
Ce ne fut que le jour de leur départ, à l’aéroport au mois d’août 1999, qu’il se trouva confronté à la situation. Arlia le regardait avec un grand sourire et des yeux remplis d’innocence, Charly ayant un regard rempli de reproches. — Bravo Arlia, on peut dire que tu as réussi ton coup ! Je ne sais pas pourquoi, mais j’aurais dû m’en douter depuis le début de ta magouille ! Dès que ces fouilles ont commencé, tu ne parles que de ça et de ton docteur Mike Parker-Pearson ! Tu le vois là que je suis en train de bouillir ! Dis, tu le vois que j’enrage ! Je voulais du soleil, des UV, du sable dans les cheveux… — Stop ! Veux-tu bien cesser ta crise d’hystérie Charly, s’il te plaît ! On nous regarde, s’esclaffa Arlia. — Mais je m’en moque ! Devine quoi ? Je n’ai que des shorts et des T-shirts dans mes bagages ! Crois-tu que ce soit vraiment la tenue adéquate pour l’Écosse ? Non, mais je rêve…tu nous fais partir en Écosse ! — Ah, mais tu devrais voir ta tête Charly ! Franchement, ne me dis pas que quelques problèmes vestimentaires vont te gêner à ce point ! Allons quoi, tu es un grand costaud plein de testostérones ! Elle en pleurait de rire devant sa mine déconfite. Ils montèrent dans l’avion et bien malgré lui, Charly eut droit à un résumé, encore une fois, du début des fouilles de Cladh Hallan. — L’équipe du docteur Parker-Pearson est arrivée sur les lieux en 1995. Cladh Hallan avait été désigné pour être le cimetière moderne de l’île de South Uist. Ils ont mis à jour, pour le moment, deux maisons rondes datant de l’âge de Bronze. Cela prouve qu’il y avait une vie organisée à cette époque-là en Écosse. — Où est l’intérêt ? dit Charly en coupant l’élan enthousiaste de son amie. Surtout que tu m’as déjà dit et redit qu’il n’y avait aucune trace d’ossements. — Pour le moment, mais nous allons y arriver à déterrer des choses extraordinaires, j’en suis sûre ! — Si tu le dis ! Il se referma comme une huître, la laissant à ses rêves de grandes trouvailles. Quelques heures après leur départ de France, Arlia et Charly arrivaient au campement de Cladh Hallan. Le docteur Parker-Pearson vint les accueillir en personne et leur montra leur caravane et tous les aménagements. C’était un personnage bien portant, avec autant de barbe que de cheveux, et surtout un sourire avenant. Il était heureux d’avoir du renfort de qualité, les deux étudiants ayant obtenu leur master avec mention très bien. Une fois leur installation terminée sous les jérémiades incessantes de Charly, ils partirent rejoindre l’équipe de chercheurs pour le dîner à la cantine du camp. Les voix commencèrent à hanter la jeune femme dès la première nuit. « Elle est là ! Elle est arrivée ! » Toute la nuit, elle rêva d’une multitude de visages lui tournant autour. « Elle est là ! Elle est arrivée ! » Les voix se mélangeaient, hommes, femmes et enfants, tous ensemble. « Elle est là ! Elle est arrivée ! » Charly la secouait pour la sortir de son rêve. Elle était agitée et en nage. — Arlia ! Arlia ! répétait-il. Réveille-toi bon sang. Tu as le diable en toi ! Allez un effort. — Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Où suis-je ? Charly, c’est toi ? — Mais bien sûr que c’est moi ! lui dit-il en lui essuyant le visage. Tu m’expliques ce qui t’arrive ! — Les voix, tu les as entendues ? Des voix, comme une chorale qui répétait la même chose :« Elle est là ! Elle est arrivée ! » — Non, vraiment, pas de voix. Le voyage a été long et les émotions intenses. Essaie de te rendormir, notre travail va être compliqué et nous en avons pour trois ans. Bon sang, trois longues années en Écosse ! Allez,
bonne nuit, bougonna-t-il une dernière fois. Arlia ne ferma pas les yeux de la nuit, elle revoyait sans cesse tous ces visages lui tournant autour. **** Plusieurs mois furent nécessaires pour mettre à jour quatre maisons rondes. Des artefacts en bronze ainsi que des outils et des poteries prouvaient une vie organisée à l’âge du Bronze. Une ou plusieurs communautés d’agriculteurs avaient vécu ici sans aucun doute. Charly s’ennuyait, Arlia jubilait devant chaque morceau déniché. Mais une nuit, au début de l’année 2001, les voix sont revenues la hanter, plus proches, plus présentes. « On est là Arlia ! Viens nous trouver ! » Des visages plus distincts, mais toujours un mélange d’hommes, de femmes et d’enfants s’adressaient à elle. « Viens nous chercher ! » Elle se réveilla en sursaut, ne tenant plus en place. Au beau milieu de la nuit, elle rejoignit le site et regarda sous une lune pleine, les quatre rotondes mises à jour. « On est là ! Viens nous chercher ! » Elle n’arrivait pas à savoir...