Et les fruits passeront la promesse des fleurs

Et les fruits passeront la promesse des fleurs

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Coloniser une planète, c'est compliqué. Si l'I.A de bord fait en plus des siennes par amour de la poésie française et des belles-lettres, où va-t-on ?


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Date de parution 30 septembre 2016
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EAN13 9791034200405
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Sonia Quémener

 

 

 

 

 

Et les fruits passeront la promesse des fleurs

 

L’auteur17

Mentions légales      18

 

 

La Terre qui s’offrait aux tout premiers humains

Exsudait la douceur abrupte des montagnes,

Le réconfort glacé des rus dans les campagnes.

Elle était âpre et belle, enceinte des demains.

 

La femelle mafflue aux collines bombées

– Tétons verts, bruns, moussus, avides d’un amant

Titanesquement tendre, et son vaste instrument –

Nonchalante absorbait ses victimes tombées.

 

Chaque enfant subissait ses foudres, sa fureur,

Car elle était méchante et cruelle marâtre !

Pour survivre il fallait, en âme opiniâtre,

Endurer – s’endurcir – se montrer bon coureur.

 

Mais pour les survivants, vibrait la récompense

Dans cet air luxueux de parfums et de bruits !

Le soleil disparu, le feu chauffait les nuits,

Interdisant l’accès aux fauves, à leur panse.

 

Trente ans d’intensité, de bonheur douloureux

Puis, sans chichi, la mort comme chute une feuille.

Nous : chaude gourmandise à celui qui la cueille,

Fin fétu ballotté dans un courant ombreux.

 

Nous marchions, effarés, sous les voûtes obscures,

Comme un puceau d’amour lèche l’humeur d’un con.

Sur le palais perlait un lourd nectar fécond,

Savouré grimaçant : délices riches, sures.

 

Au sortir des forêts, splendeur de l’horizon !

Le grand jour rayonnait sur la savane herbue,

Appelant la sueur, distillat de l’eau bue.

Nul cerveau ne pouvait concevoir la prison.

 

Et puis on la mata, la fière sauvageonne

Un tantinet vieillie… On dessina des fiefs.

Le soc industrieux entama des reliefs

Un peu flous, seins flétris qu’un bon soutien pigeonne.

 

On fouilla dans son ventre où luit le minerai,

Clarté de l’avenir nichée en ses entrailles.

La lumière devint réservée aux ferrailles

Dans le ciel pollué sans que perce aucun rai.

 

La narine flouée oublia l’atmosphère,

Son scintillement frais d’odorant papillon,

Fragrance sinueuse esquissant un sillon

Fou de grâce erratique. Adieu lépidoptère !

 

La crasse est incrustée au plus profond des sols,

Des fleuves contenus, esclaves électriques

De l’ingénieux singe. On sait brandir les triques

Pour plier l’insolente, on aplanit ses cols.

 

Elle a du répondant ! Elle a de la ressource,

Peut jouer du typhon, du séisme écrasant,

Exploser son courroux, assener du brisant.

Le bois vire toundra, l’eau renonce à sa course.

 

La Terre se soulève à l’ire de ses poux,

L’homme en vocation d’aspirant déicide…

Suicidaire brute, idiot impavide,

Il beugle : « Suce, pute ! Honore ton époux ! »

 

 

 

Neuve-Terre sent la femme offerte, le coït heureux.

Bien sûr, on peut s’étonner d’un tel rapprochement de la part d’une I.A navigatrice, même de classe V certifiée Turing, et surtout se demander quels éléments permettent de le dégager.

1) La nuée de...