Fil de trame
261 pages
Français

Fil de trame

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261 pages
Français

Description

Au cours d'une promenade, Zota Jean est conduit à une « gueuse » par la curiosité de sa fille Elvire qui l'accompagne.Il rejette toute communication avec l'inconnue. Par la suite, sa grand-mère Bikouma, en visite chez lui, qui l'avait élevé et qui avait toujours avoué à son petit-fils qu'il avait très tôt perdu sa mère, reconnaît sa fille dans une rue de la cité où elle séjourne : c'est la pauvre dont Zota Jean avait une fois fait la rencontre.

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Informations

Publié par
Date de parution 23 novembre 2020
Nombre de lectures 3
EAN13 9782140164064
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Exrait

Massa LAN’DY
Fil de trame Roman
© L’Harmattan, 2020 57, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.frISBN : 9782343218755 EAN : 9782343218755
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Fil de trame
Massa LAN’DY Fil de trame Roman
DEDICACE
À Toi, mon très cher frère aîné Jean Marie. Oui Je te dois pour tout ce que tu as voulu, Pour tout ce que tu as entrepris pour que Je t’égale et même te supplante un jour en Sagesse, pour que je devienne selon tes Vœux secrets, mieux que ce que je Suis, ma foi, aujourd’hui ! À toi, Grand frère, Mon infinie reconnaissance.
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CHAPITRE I LA NATURE BAIGNAIT DANS UNE COULEUR D’HUILE CHAUFFEE
Le soleil achevait sa course dans le ciel Ouagalais. Il libérait ses derniers rayons sur la cité et ses environs. C’étaient des jets qui tombaient en rais et arrivaient droit dans les yeux ; puis ils s’altéraient, insensiblement, dans l’air ambiant du soir, créant un spectre jaune sale. L’instant qui caractérisait ce déclin de l’astre annonçait l’échéance d’un des ultimes jours de mois d’octobre. A la scène, se mêlait le Harmattan qui sévissait déjà depuis quelque temps. Toute la journée durant, son souffle avait jeté sur la ville une grande quantité de poussière qui restait encore en suspension. Profitant de la clarté qui régnait encore, les citadins se hâtaient de regagner leurs demeures que de bonne heure ils avaient abandonnées. Ces hommes et ces femmes, qui avaient élu domicile dans cette ville de Ouagadougou, allaient dans tous les sens. Ils passaient, comme durant les jours de travail – ou jours ouvrables – qui avaient précédé, rompus de fatigue. Mais le devoir d’atteindre la destination choisie leur réclamait encore de l’effort. Il était évident que les activités qu’ils avaient menées avaient exigé d’eux d’énormes efforts physiques et intellectuels. Ingrat avait été le labeur assuré. C’est donc dire que la journée avait connu beaucoup d’entrain, malgré une chaleur atténuée, car on était à une période qui se situait entre deux saisons : celle des pluies qui s’achevait et la période de froid qui s’annonçait.
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Le mouvement des hommes avait subitement pris de l’ampleur. En effet, la sirène de la mairie de la ville avait sonné dixsept heures trente minutes quelques instants plus tôt. Elle annonçait la suspension des activités dans les services de la Fonction Publique, et donc la fin de la journée de travail pour les employés de l’Etat et, même certainement, pour un bon nombre de ceux du secteur privé. On avait assisté à la sortie des travailleurs de leurs bureaux, semblable à l’activité que mènent les termites autour de leur nid pour laisser prendre les airs les éphémères en quête de liberté. Quelques minutes avaient suffi pour que les services se fussent vidés de leurs locataires. Puis, ceuxci avaient littéralement encombré les rues. Les quartiers, comme des ruches tenues par des essaims d’abeilles, grouillaient de monde. La réalité est que vers la fin du mois d’octobre, une dizaine de minutes environ après la fermeture des services, le soleil fait son coucher, annonçant une longue nuit à cette période. Pourtant, le lendemain à six heures du matin, l’astre n’est pas encore prêt d’apparaître aux hommes. Aucune direction ne semblait négligée par tous ces gens qui semblaient fuir leur lieu de travail. Les uns se croisaient tandis que les autres se suivaient ou se dépassaient. Ils s’en allaient leurs chemins, indifférents à la sérénade que produisaient leurs déplacements. Les bruits des pas se mêlaient aux grincements des chaînes des bicyclettes que couvraient la pétarade des cyclomoteurs ou les vrombissements des automobiles. Les quartiers périphériques, qui menaient une vie au ralenti depuis la reprise du travail le matin, reprenaient de l’animation avec le retour de leurs habitants. Dans ce grouillement humain et mécanique, avançaient en marchant l’un après l’autre Zota Jean et sa fille Elvire. Ils étaient dans une des rues du quartier Wemtinga qui revivait à cette période, à l’instar des autres secteurs périphériques. Ils cheminaient ainsi ensemble, dans le sens opposé à la circulation. Le père était un homme d’une trentaine d’années. Il guidait sa fille qu’il couvrait d’un regard vigilant. Il portait
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