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Heartland tome 1

De

Heartland, c'est toute la vie de Laura. Là, elle a vu sa mère redonner confiance à des chevaux maltraités. Là, elle l'a vue guérir les cas les plus désespérés.



Laura aussi a hérité ce don, cette capacité à écouter et à comprendre les chevaux. Mais un tragique accident vient tout bouleverser. À présent, ce qui reste à Laura, c'est ce que sa mère lui a appris : des miracles peuvent toujours arriver à Heartland...





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:
Lauren Brooke



Je reste !
Traduit de l’anglais par Jackie Valabrègue


Seule Laura peut comprendre
leur douleur,

seule Laura sait
comment soigner leurs blessures,

seule Laura leur redonnera
confiance en la vie…

Partagez avec elle à
Heartland
sa passion des chevaux.
À Craig Walker, qui a su écouter et comprendre.
À Monthy Roberts, tous mes remerciements pour son ouvrage mentionnant pour la première fois la technique du « lien » et dont le travail a tant contribué à rendre meilleur le monde des chevaux.
Je remercie tout spécialement Linda Chapman.
1
Laura Fleming regarda le car scolaire s’éloigner, jeta son sac en travers de l’épaule et s’engagea sur la piste de terre battue qui conduisait à Heartland. De chaque côté, chevaux et poneys broutaient paisiblement dans les paddocks.
Laura sourit. Quel bonheur de se retrouver chez soi pour les vacances !
Elle allongea le pas en apercevant les portes blanches des écuries. Ted sortait Copper, un hongre bai, attaché à la longe. Il se dirigea vers le manège à ciel ouvert où les attendait Marion Fleming. Laura leur emboîta le pas. Rien ne l’enchantait davantage que de regarder sa mère faire travailler les chevaux.
Ted marqua une pause devant la barrière. Irrité par les mouches qui bourdonnaient autour de sa tête, Copper encensa violemment. Ted leva la main pour chasser les insectes. La réaction fut immédiate. Le cheval hennit et se cabra.
— Woo ! lâcha Ted, surpris.
Terrifié, Copper battit l’air de ses sabots à quelques centimètres à peine de la tête du garçon.
— Tout doux ! intervint fermement Marion Fleming.
Elle s’empara de la longe et marcha lentement vers le cheval. Copper sembla se calmer. Marion continua d’avancer en chuchotant des paroles apaisantes et posa enfin la main sur le licou.
— Bon sang ! Ce que je peux être idiot ! gronda Ted, livide, en rejetant ses cheveux noirs en arrière.
— C’est bon, Ted. Tu as juste oublié que Copper ne supporte pas de voir une main levée, ajouta-t-elle en flattant l’encolure de l’animal.
Un mois plus tôt, Copper, un magnifique cheval d’obstacles, était arrivé ici dans un état pitoyable. Dès qu’il refusait d’avancer ou faisait un saut incorrect, ses anciens maîtres lui infligeaient des coups de cravache sur le chanfrein, la tête, les oreilles. Marion devait déployer des trésors de douceur pour lui redonner confiance.
— Salut, ma fille ! dit-elle en découvrant soudain la présence de Laura. Bonne journée ?
— Oui. Copper va mieux ?
— Il ira mieux quand je l’aurai fait travailler. Tu restes avec nous ?
— Quelle question !... Salut, Ted ! ajouta-t-elle en rejoignant le jeune palefrenier derrière la barrière.
Copper trottait déjà autour du manège. Un trot régulier. Au centre, se tenait la fine silhouette de Marion Fleming. Ce n’était pas la longe qui en imposait au cheval mais le fil invisible qui les reliait. Au moindre pas en avant de la jeune femme, Copper ralentissait. Si elle reculait, il accélérait. Leur complicité était évidente.
— Peut-être qu’un jour je réussirai à être aussi efficace avec les chevaux, dit Ted.
— Et moi aussi, murmura Laura.
Marion fit faire encore deux tours de piste à Copper. Puis, lorsqu’il ouvrit et referma la bouche comme pour mâcher de l’avoine, Marion lui tourna le dos et ne bougea plus.
Laura observait la scène avec attention. Copper s’immobilisa. Allait-il ou non se décider à rejoindre sa mère ? Après un moment d’hésitation, il s’approcha d’un pas nonchalant, et hennit doucement derrière l’épaule de Marion.
Alors, elle se retourna et le caressa entre les deux yeux. Laura sentit l’émotion la gagner. Il ne restait rien du cheval terrifié. Il acceptait enfin sa dépendance et accordait sa confiance.
— Allons-nous-en, chuchota Ted.
Laura acquiesça, reprit son sac, et tous deux se dirigèrent vers les stalles.
Ted travaillait à Heartland depuis trois ans. Au début, il venait seulement le week-end et après l’école, afin de gagner un peu d’argent pour aider sa famille. Mais à seize ans, il avait quitté le collège. Il consacrait désormais tout son temps aux chevaux.
Laura s’en était réjouie. Ted avait de l’avenir ici. Et puis c’était super de le savoir à Heartland.
— Je dois panser Chester, déclara-t-il.
Il traversa la sellerie et s’empara d’un licou et d’une brosse. Laura s’avança vers le box du cheval. Il était là pour apprendre à supporter le sulky, l’attelage utilisé pour les courses de trotteurs.
— Ça va, champion ? murmura-t-elle en lui caressant le chanfrein.
— Ta mère pense qu’il est guéri. Il nous quitte demain.
— Demain ? répéta-t-elle, la gorge serrée.
Se séparer des chevaux, les voir partir chez leurs anciens ou nouveaux maîtres était toujours un déchirement.
— Il va me manquer.
— À moi aussi, avoua Ted.
Tous deux caressèrent sa robe baie et luisante, puis Ted lança :
— Bon, il faut s’y faire ! Ça veut dire...
— ... qu’un autre cheval viendra prendre la relève, acheva Laura.
— Tu lis dans mes pensées, maintenant ? la taquina-t-il.
Et comme elle s’apprêtait à lui donner une bourrade, il fit mine de gémir.
— Arrête ! Sinon, c’est moi qui vais devoir être soigné !
Ted commença à étriller Chester.
— Lou a téléphoné ? demanda soudain Laura.
La brosse resta en suspens.
— Non, pourquoi ? Tu attendais son appel ? fit-il, sarcastique.
Une lueur d’impatience traversa les yeux gris de Laura.
— Ben oui... Lou m’a promis qu’elle viendrait pour mon anniversaire, et qu’elle passerait un coup de fil pour annoncer l’heure de son arrivée.
— Et tu l’as crue ? ironisa-t-il.
— Oui... J’ai tellement hâte de la revoir ! Ça fait un bail qu’elle n’est pas venue.
Sa sœur avait quitté l’Angleterre un an plus tôt, pour travailler dans une banque à New York. Elle avait annoncé sa visite de nombreuses fois, mais elle n’avait jamais remis les pieds à Heartland.


Laura entra par la porte de derrière, ôta ses baskets et fit irruption dans la cuisine.
— Salut, je suis là !
La pièce était vaste et plutôt encombrée. Dans un coin, une étagère pleine à craquer d’ouvrages et de magazines hippiques menaçait de s’écrouler. Sur la longue table de bois, une cravache voisinait avec des mors, de vieux gants de cuir ratatinés, un pot de graisse et des trousseaux de clefs empilés dans une corbeille.
— Tiens, te voilà ? Tu as passé une bonne journée ? lança son grand-père, occupé à rafistoler une mangeoire.
— Je suis surtout contente d’être en vacances ! Lou a appelé ?
Jack Bartlett sourit et posa son tournevis sur un petit banc.
— Pas encore. Elle le fera certainement en rentrant du bureau.
Laura hocha la tête, avala un verre de jus de fruit et grignota deux gaufrettes.
— Je monte me changer, grand-père.
Elle gravit quatre à quatre les marches de l’escalier, et gagna sa chambre. Une énorme pagaille y régnait : le lit était défait, des manuels de dressage jonchaient le sol, la moitié d’un biscuit pour cheval s’émiettait sur la table de nuit. Elle enfila son jean de travail, un T-shirt, attacha ses longs cheveux bruns et redescendit dans la cuisine.
À cet instant, le téléphone sonna.
— Je décroche ! cria-t-elle en se ruant sur l’appareil. Je parie que c’est Lou.
C’était Lou.
— Télépathie ! Je savais que c’était toi ! hurla-t-elle dans le combiné.
— En effet, c’est moi, dit Lou, sans enthousiasme dans la voix.
— À quelle heure tu arrives demain ? On dîne à sept heures, mais maman pense que tu vas rappliquer plus tôt !
— Eh bien...
Le ton de Lou était froid. Lointain. Impersonnel.
— Tu viens, hein ?
— Je suis désolée, Laura, mais j’ai un contretemps au boulot...
— Mais tu avais promis ! explosa Laura.
— Je sais. Je suis désolée.
— Tu ne peux pas me faire ça ! C’est mon anniversaire ! Tu l’as oublié ? gémit-elle, au bord des larmes.
— Écoute, pourquoi tu ne viendrais pas me voir ? On pourrait faire les magasins...
Laura ne répondit pas.
— Tu veux bien prévenir maman et grand-père ? continua Lou. Tu vas recevoir une surprise par la poste, et Carl t’envoie ses amitiés.
Carl Anderson était le petit ami de Lou. Laura ne l’avait vu qu’une fois et elle ne l’aimait pas. Quand elle avait évoqué les fabuleux exploits de sa mère, il avait ri.
« Des chevaux bons pour la retraite ! Ils espèrent faire quoi après ? »
— Je te rappellerai, Laura. Je dois te quitter, maintenant. À plus !
Le cœur lourd, Laura reposa l’appareil. Mais elle ressentait aussi de la fureur.
Jack fronça les sourcils devant sa mine défaite.
— Lou ne vient pas, hein ? dit-il doucement.
— Elle a trop de travail, comme d’habitude !
Le vieil homme soupira.
— C’est important pour elle, ma chérie.
— Mon anniversaire aussi ! Elle trouve toujours une excuse pour ne pas venir !
Laura se laissa tomber sur une chaise.
— J’ai quelque chose qui va te faire plaisir, dit son grand-père, en lui tendant le dernier numéro de La vie des chevaux.
— Tiens, lis ça, page 30. Ça va te remonter le moral.
Fébrile, elle ouvrit le prestigieux magazine. Un article sur Heartland ?... Une page entière !
C’est à Heartland, dans les montagnes du nord-ouest de la Virginie, que Marion Fleming, célèbre cavalière, accueille chevaux, poneys et ânes victimes de maltraitances, afin de soigner leurs blessures et leur permettre de prendre un nouveau départ...
... Voici déjà douze ans que, à la suite de l’accident survenu à son époux, Tim Fleming, lors du Concours mondial de sauts d’obstacles qui l’a condamné à vivre dans un fauteuil roulant, Marion Fleming se consacre à cette tâche.
Dans ce centre de rééducation équestre doté de dix-huit stalles, des chevaux de monte et des trotteurs, considérés par certains comme dangereux et irrécupérables, ont trouvé un foyer. Grâce à ses connaissances en médecine vétérinaire et en dressage, Marion Fleming a réussi à guérir le célèbre Pegasus que montait son mari. Elle suit les autres chevaux afin qu’ils récupèrent leur santé mentale et physique. Une fois qu’ils sont rétablis, Marion Fleming déploie toute son énergie pour leur trouver de nouveaux maîtres.


Laura n’avait que trois ans au moment de l’accident de son père et ses souvenirs étaient flous. Elle savait seulement que, se sentant incapable d’assumer son handicap, il les avait quittées. Son grand-père était alors venu vivre avec eux.
— Grand-père, c’est super ! s’écria-t-elle, tout excitée. Avec cet article, nous allons bientôt recevoir d’autres pensionnaires ! Les propriétaires de chevaux difficiles ne vont pas tarder à nous les confier !
— Ne rêve pas trop, ma chérie...
Laura bondit sur ses pieds.
— Maman l’a lu ?
— Pas encore.
— Je file le lui montrer !
Ce soir, rien ni personne ne parviendrait à entamer son enthousiasme ni sa passion pour les chevaux !