Heartland tome 16

Heartland tome 16

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107 pages

Description

Adieu, l'Australie ! Laura retrouve avec bonheur Heartland... et Ted. Autre bonne nouvelle : Lou et Scott vont se marier ! Laura, elle, n'oublie pas les chevaux. Deux nouveaux pensionnaires arrivent au haras : Molly, une jument qui a perdu confiance en elle suite à une blessure, et Aventure, un cheval de la police montée. Bref, beaucoup de travail, comme d'habitude. Seul nuage à l'horizon : John. Bougon, soucieux, irritable, le palefrenier ne va pas bien. Et Laura s'inquiète...





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Ajouté le 08 mars 2012
Nombre de lectures 25
EAN13 9782266224369
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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:
Lauren Brooke



Un retour mouvementé
Traduit de l’anglais par Bertrand Ferrier


Seule Laura peut comprendre
leur douleur,
 
seule Laura sait
comment soigner leurs blessures,
 
seule Laura leur redonnera
confiance en la vie...
 
Partagez avec elle à
Heartland
sa passion des chevaux.
Merci à Gill Harvey
1
— Ils sont là ! s’écria Laura.
— Là ? répéta Lou, sa grande sœur, qui tenait la main de Scott, son fiancé. Où ça, « là » ? Tu ne pourrais pas être encore moins précise ?
Une longue rangée de visages attendait les voyageurs du vol 714 en provenance de Sydney. Il fallut encore un moment à Lou avant de repérer, derrière les barrières de sécurité, deux silhouettes familières. Laura avait déjà couru vers elles :
— Ted ! Grand-père !
Ce fut Ted qui eut l’honneur d’être le premier dans les bras de la jeune fille. Il la serra très fort contre lui.
— Tu m’as tellement manqué ! lui murmura-t-elle.
— Non, tu m’as tellement manqué ! Enfin, tu es revenue, c’est l’essentiel.
— Bien sûr que je suis revenue ! Tu ne croyais quand même pas être débarrassé de moi pour toujours ?
— J’ai eu peur que tu ne choisisses de rester là-bas, avoua le jeune homme. Ça n’a duré que quelques instants, mais j’y ai pensé…
Laura serra à son tour Ted dans ses bras. Elle n’avait jamais eu le moindre doute, elle. Malgré des débuts difficiles, elle avait été ravie de visiter les magnifiques écuries de Tim, son père ; de rencontrer Helena, sa femme ; de lier connaissance avec sa demi-sœur Lily1. Pourtant, elle avait aussi compris là-bas qu’elle n’était pas faite pour l’Australie mais pour la Virginie et Heartland. Elle était bien auprès de Jack Bartlett, son grand-père, des chevaux… et de Ted, bien sûr.
— Allez ! lança Grand-père. En voiture, les amoureux !
Laura, Ted, Scott et Lou éclatèrent d’un rire joyeux et se dirigèrent vers le parking.
En descendant de l’avion, Laura était épuisée. Le voyage avait été long, les escales fatigantes, et le décalage horaire n’arrangeait rien. Cependant, le bonheur de revoir Ted lui avait donné un regain d’énergie.
— Je veux savoir tout ce que j’ai raté, lui annonça-t-elle. Déjà, comment ça va, toi ?
— Bien. J’ai fait ce que j’ai pu… et j’ai arrêté quand je sentais que je forçais trop. La forme revient !
Laura observa Ted avec attention. Elle se réjouit en constatant qu’il semblait avoir repris des forces. Quelques mois plus tôt, une tornade s’était abattue sur Heartland2. Ted avait tenté de sauver des chevaux blessés dans une écurie, et un terrible accident l’avait précipité dans le coma… À l’époque, personne ne savait s’il se réveillerait un jour3. Et aujourd’hui, il était là, bronzé par des journées entières passées à travailler au soleil pour assouvir sa passion des chevaux… et faire « tourner » Heartland !
Laura en était émerveillée. Ted avait décidément des ressources insoupçonnées. Il ne se laisserait jamais abattre, même par un ouragan !
— Comment va Daz ? demanda la jeune fille.
Daz était un étalon sauvage qui était arrivé à Heartland alors que Ted était encore à l’hôpital. Sa propriétaire l’avait confié à Laura avec mission de le dresser. La jeune fille avait craint d’échouer, mais elle avait persévéré et bénéficié des conseils puis du retour de Ted. Le palefrenier avait réussi à créer un lien de complicité avec le cheval.
— Il est encore en progrès, apprit-il à Laura. Je pense qu’on pourra bientôt le rendre à sa propriétaire.
Il y avait une pointe de tristesse dans sa voix. À Heartland, la règle était implacable : les chevaux arrivaient, Ted et Laura s’occupaient d’eux et tâchaient de les aider à résoudre leurs problèmes. Quand les chevaux allaient mieux et que leurs soigneurs s’étaient attachés à eux… ils repartaient pour laisser la place à d’autres.
Laura se doutait que ce serait dur pour Ted de voir partir un cheval aussi exceptionnel que Daz. Elle prit la main du jeune homme dans la sienne et la serra en murmurant :
— Moi, je suis de retour, Ted.
Le palefrenier tourna vers elle un visage qu’éclairait un petit sourire.
1 Lire, du même auteur, dans la même série, Une autre famille, t. 15.
2 Lire, du même auteur, dans la même série, Coups du sort, t. 13.
3 Lire, du même auteur, dans la même série, Tout change, t. 14.
2
Laura comptait faire un tour aux écuries dès son arrivée à Heartland. Elle n’en eut pas l’occasion. Une surprise attendait les voyageurs de retour d’Australie. Une réception avait été organisée, avec tous les « Heartlandiens » : il y avait John, le deuxième palefrenier, par ailleurs excellent cavalier ; Soraya, la meilleure amie de Laura, qui venait régulièrement donner des coups de main à Heartland ; Matt, le frère de Scott et le petit ami de Soraya ; Mme Baldwin, la mère de Ted ; et Nancy, une amie très chère de Grand-père. Mary, qui était venue aider à Heartland pendant leur absence, avait été contrainte de repartir avant la fête.
Laura s’efforça de paraître ravie. Elle appréciait les gens qui l’attendaient et leur attention délicate. Mais la fatigue l’avait reprise. Elle aurait aimé aller saluer les chevaux, puis filer se coucher. Il n’en était pas question. Nancy avait préparé un repas de gala. Laura songea qu’elle ne tiendrait pas.
D’ailleurs, elle ne tarda pas à somnoler sur sa chaise, tandis que Lou résumait leurs aventures en Australie. La jeune femme décrivit la maison de Tim, évoqua la gentillesse d’Helena, s’extasia sur l’intelligence de la petite Lily :
— Elle est trop mignonne, hein, Laura ?
— Oui, oui… murmura Laura d’une voix morne. Elle est adorable.
En réalité, elle avait mis du temps à s’habituer à Lily. Elle avait davantage l’habitude de s’occuper des chevaux que des petits humains. Et, de surcroît, accepter Lily, c’était accepter une trahison. Son père avait construit une autre famille. Elle avait eu l’impression qu’il reniait ainsi Marion, sa femme disparue, qui avait fondé Heartland. Et, malgré ses efforts, Laura continuait de lui en vouloir. Même si Helena était effectivement gentille, et Lily adorable… comme la plupart des bébés.
Lou évoqua ensuite son voyage dans le désert avec Scott. Et elle termina par le scoop de la soirée :
— Nous avons quelque chose à vous annoncer ! Au cours de notre voyage, Scott m’a fait une proposition. Et je l’ai acceptée. Depuis… nous sommes fiancés !
Des applaudissements et des bravos retentirent.
— Félicitations ! s’exclama Jack.
— Pour quand, le mariage ? s’enquit Nancy.
Lou sembla prise au dépourvu :
— Euh… Nous n’en sommes pas encore là.
— Attends que maman l’apprenne, Scott ! intervint Matt. Elle va t’organiser un mariage aux petits oignons.
— Traditionnellement, c’est la famille de la mariée qui s’en occupe, précisa Nancy.
Matt eut un grand sourire :
— Elle n’y verra aucun inconvénient… du moment qu’elle peut fourrer son nez partout.
— Je suis sûre que tout ira pour le mieux, du moment que nous avons le temps de nous organiser. Il faut s’y prendre à l’avance, n’est-ce pas, Jack ?
— Bien sûr, le plus tôt sera le mieux. Qu’en penses-tu, Lou ?
La jeune femme paraissait embarrassée :
— Je… je… je crois qu’il n’y a pas d’urgence ! Nous devons d’abord penser à Heartland.
Laura comprit aussitôt. Quand sa sœur lui avait appris que Scott et elle s’étaient fiancés, elle n’avait pas saisi tout ce que cela sous-entendait. Elle n’avait pas pensé que, une fois mariée, Lou vivrait ailleurs ; et la vie de Heartland en serait inévitablement modifiée.
— Je vais juste prendre l’air et je reviens, murmura Laura à l’oreille de Ted après que les convives eurent terminé le plat principal.
Elle sortit. Elle avait trop envie de voir son Sundance adoré, Sugarfoot le petit poney Shetland, Jasmine… et les autres chevaux de Heartland, dont peut-être quelques nouveaux ! Elle se dirigeait vers l’écurie quand la voix de Lou retentit derrière elle :
— Laura… Ça va ?
— Oui, ça va, mais les chevaux me manquaient…
— Le contraire m’aurait étonné !
La jeune femme se tut un instant, puis elle reprit :
— Je ne pensais pas que cette histoire de fiançailles aurait un tel succès. Tu ne m’en veux pas, au moins ?
— T’en vouloir ? répéta Laura d’une voix innocente. Pourquoi ?
— À cause de… ce qui pourra changer après mon départ.
Laura se mordit la lèvre inférieure. Elle était incapable de mentir à sa sœur ; mais elle ne voulait pas lui gâcher son retour non plus ! Elle se contenta donc de répondre par une question :
— Ce n’est pas pour tout de suite, au moins ?
— Non. Ni Scott ni moi ne comptons fixer une date séance tenante, quoi qu’en dise Nancy. Je me sens si fatiguée… J’ai besoin de dormir.
— À qui le dis-tu !
— Bon, tu reviens avec moi ? Nancy va servir le dessert et, si je ne te ramène pas, elle va me faire une tête longue comme ça !
Laura soupira, mais elle n’avait pas le choix. Elle devrait encore patienter un peu avant de revoir ses chevaux chéris.
3
Laura s’assit près de Ted, qui lui lança un regard interrogatif. Elle lui piqua un baiser discret dans le cou pour le rassurer.
Nancy servit un gâteau moelleux aux myrtilles. Elle était décidément une pâtissière irrésistible, et Laura se joignit de bon cœur aux louanges qui plurent sur la cuisinière. Soraya et Matt racontèrent le week-end qu’ils avaient passé ensemble : l’oncle et la tante de Soraya les avaient invités dans leur grande cabane au fond des bois. Laura remarqua que John s’était crispé. Quelques semaines plus tôt, Soraya et lui avaient flirté… mais ils n’avaient jamais été plus loin. Aussi Matt avait-il tenté sa chance, et Soraya, séduite, avait dit oui.
Laura se demanda si Matt et Soraya, ses meilleurs amis au collège, la laisseraient encore traîner avec eux : ils avaient l’air si proches l’un de l’autre !
— Je t’emmène voir Daz après le dîner, si tu n’es pas trop crevée, lui proposa soudain Ted.
— Je suis crevée… mais j’aimerais voir Daz et les autres chevaux.
— Marché conclu !
Lorsque le repas eut pris fin, Laura proposa de donner un coup de main pour débarrasser. Nancy refusa :
— Pas ce soir ! Tu n’es pas en état ! File te reposer ou faire ce que tu veux, je me débrouillerai toute seule… avec Jack !
Dans la cour, Laura s’aperçut que Ted boitait. Légèrement, mais quand même. Il n’était pas entièrement guéri.
— Le kiné continue de te torturer ? demanda-t-elle.
— Plus que jamais, répondit le jeune homme. Il me fait vraiment souffrir, et il me donne des exercices à faire seul pas piqués des hannetons. Cela dit, il m’a promis que, bientôt, je serais comme neuf. Ça vaut bien quelques grimaces de douleur !
En approchant du paddock du fond, Ted alluma la torche qu’il avait prise. Aussitôt, un grand étalon fonça vers la barrière, les naseaux frémissants dans l’air frais du soir.
— Salut, bonhomme ! Dis bonjour à Laura. Tu la reconnais ?
Daz renâcla comme pour acquiescer, et passa la tête par-dessus la clôture. Ted plongea la main dans sa poche. Il en retira des noix spécial chevaux qu’il tendit sur sa paume. Daz allongea le cou, flaira les noix et les happa délicatement.
Laura sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Elle caressa la crinière de l’étalon. Ce Daz-là était si différent de la créature sauvage arrivée presque directement des vastes plaines désertiques du Nevada, encore furieuse d’avoir été privée de la liberté. Laura sentait qu’il n’était pas fait pour vivre en écurie. Une part d’elle s’en voulait d’avoir muselé Daz ; et une autre lui soufflait que, puisque Daz n’avait plus le choix, elle avait eu raison, avec l’aide de Ted, de l’habituer à la compagnie des humains, et de lui montrer que cette proximité pouvait lui procurer du plaisir…