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Helia Meldyn T1

De
307 pages

Helia Meldyn n ́a jamais cru en la magie.


Pourtant, lorsqu ́elle découvre le pouvoir insoupçonné de son magnifique collier, elle va douter.


Comment ce bijou, déniché au fond d ́un fleuve, peut-il lui permettre de contrôler le vent ?



Pour échapper aux chasseurs de trésors, la jeune fille n ́a pas d ́autre choix que de suivre les Tueurs Écarlates à Aldarin, la capitale enchanteresse du royaume, pour y intégrer une célèbre école militaire et peut-être retrouver la trace de son père disparu.





Marcheurs, Parashas, Minimials, Atsamourais, parties de Krasten...


L ́imagination débridée d ́Hina Corel nous emporte à la découverte d ́un monde extraordinaire et mystérieux


dont on n ́a aucune envie de revenir !


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ISBN : 978-3-95858-037-4
Première édition - Mars 2015
Tous droits réservés
Helia Meldyn
Tome 1
La fille du vent
Hina Corel
à ma maman,
Prologue
La région était plongée dans une obscurité profonde que les lueurs dansantes de milliers de torches ne parvenaient pas à éclipser. Cachées derrière d’épais nuages dont les pluies s’abattaient avec force depuis plus ieurs heures, les trois lunes semblaient fermer leurs yeux argentés aux massacres sanglants qui se déroulaient dans la plaine. Les cris des soldats et le tintemen t assourdissant des épées qui s’entrechoquaient s’étiraient dans le ciel sombre, surpassant les hurlements du vent violent à travers les cimes des arbres. L’averse av ait débuté en fin d’après-midi, transformant en moins d’une heure le sol en un imme nse bourbier. Dans les deux camps, les guerriers peinaient à se déplacer, à att aquer et à esquiver les coups mortels de leurs ennemis. Une simple botte coincée dans la boue pouvait s’avérer fatale.
Almir brandit son épée pour parer une attaque. La l ame trembla sous le choc et la vibration remonta jusqu’à son épaule. Preste, il en voya un coup de pied dans l’abdomen de son adversaire qui ne portait pas d’ar mure. À la guerre, tous les coups étaient permis. Son ennemi se plia en deux et il en profita pour l’achever.
Comme s’il était doté d’un sixième sens, Almir exéc uta soudain une roulade sur le côté. Une flèche se ficha dans le sol boueux à l’en droit exact où le militaire s’était trouvé un instant plus tôt. L’homme pivota la tête et plissa les yeux. Il ne voyait rien, distinguant simplement la silhouette évasive d’un b osquet sur sa droite. Jurant entre ses dents, il se déplaça vers la zone boisée où dev ait se tapir l’archer embusqué. Au corps à corps, il était un excellent épéiste, pouva nt même lutter dans le noir le plus complet. Toutefois, il redoutait les combats à distance. Un second sifflement fendit l’air, mais Almir était sur ses gardes. Il plongea sur sa gauche et le projectile le manqua de quelques centimètres seulement. Le guerrier se redr essa d’un mouvement souple et resserra ses doigts autour de la garde de son arme. Il fallait à tout prix qu’il se débarrasse de ce tireur, sinon il finirait étendu c omme celui qu’il venait de tuer.
Il s’avança discrètement vers la masse sombre du bo squet… enfin, discrètement était un grand mot car ses bottes faisaient des « sploc » et des « splac » en se décollant de la boue. Il atteignit toutefois le bois en quelques secondes, sans qu’un nouveau trait mortel ne ralentisse sa progression. Ses sens en al erte, il s’enfonça sous le plafond feuillu de la forêt. Les bruits de la bataille s’es tompèrent légèrement et le terrain, presque épargné par la pluie, amortissait maintenan t chacun de ses pas.
Tout à coup, une brindille se brisa. Le guerrier se figea brusquement et tendit l’oreille, tentant d’ignorer le grondement lointain des combat s. Il perçut des bruissements sur sa gauche et son regard pivota aussitôt dans cette dir ection. De nouvelles brindilles
craquèrent, quelqu’un prenait la fuite. Était-ce so n adversaire, ou un simple animal ? Cette dernière hypothèse lui semblait toutefois imp robable, les créatures ayant fui ces bois depuis le début des affrontements. Almir se la issa guider par son ouïe et repéra aisément les traces laissées par le fuyard, un homm e. Il aperçut même sa silhouette disparaître derrière un tronc épais, à dix mètres d evant lui.
Il accéléra l’allure et déboula subitement dans une petite clairière. Sa proie l’attendait au centre de la zone, à découvert, un arc à la main . Almir s’arrêta et baissa les yeux sur l’arme de son ennemi. Il s’agissait bien de l’a rcher qu’il traquait. Mais pourquoi s’était-il immobilisé à cet endroit précis, et, qui plus est, sans avoir encoché de flèches ? Était-il si certain de sa victoire pour n e pas esquisser le moindre geste ? Relevant prudemment sa lame devant lui, Almir ne bo ugea pas d’un pouce. Il pressentait un danger imminent.
De grosses gouttes de pluie tombaient et Almir regretta un instant la quiétude des bois. Le tireur jetait des regards visiblement inquiets a utour de lui, comme s’il attendait quelque chose. Son anxiété était palpable, le guerr ier la ressentait nettement. Tout à coup, il discerna des bruits de pas dans son dos. U n second ennemi ! Vif comme l’éclair, Almir fit volte-face et se retrouva face à un deuxième homme dont le visage était caché dans une profonde capuche. Comme si ce dernier craignait d’être vu malgré les ténèbres environnantes. L’épée au poing, le soldat détailla son nouvel adversaire en une fraction de seconde. L’inconnu dé gageait une aura de calme et de puissance qui l’obligea à reculer. Pour la première fois, il sentait la peur s’insinuer dans ses veines comme un poison mortel. Deux contre un. Il déglutit lentement.
— Parfait, parfait, murmura l’homme camouflé.
Il exécuta alors un signe de tête à peine perceptib le sous sa grande capuche sombre et un sifflement se fit entendre dans l’atmosphère. Une flèche se planta dans le dos d’Almir, qui faillit perdre l’équilibre. Gémissant de douleur, le guerrier pivota vers l’archer et lança avec force son épée. Cette derniè re fendit l’air avec un son aigu et trancha deux nouveaux jets avant de se ficher dans la poitrine de sa cible. La puissance de l’attaque fit reculer le tireur de plu sieurs pas alors qu’un sombre liquide imbibait déjà sa tenue de cuir. Il s’écroula violem ment dans la boue, mort. Almir serra les dents et se tourna de nouveau vers le second in dividu. Ses jambes flageolèrent et ses genoux percutèrent le sol. Il avait horriblemen t mal et du sang chaud remontait dans sa gorge. Sa respiration devint de plus en plu s difficile. Il toussa, crachant une substance aussi noire que le ciel nocturne sans lun es. Son adversaire se baissa à sa hauteur et Almir sentit son haleine victorieuse le glacer d’effroi.
— Parfait… Tu aurais dû te servir de ça pour ne pas mourir, ricana-t-il en posant la main sur le bijou rouge qu’Almir portait autour du cou.
Le guerrier écarquilla les yeux de stupeur. Comment cet inconnu savait-il pour le collier ?
— Qui… qui… êtes-vous ? parvint-il à articuler.
— Ahaha… Si je te le disais, tu ne me croirais pas… Au début, je ne voulais pas te tuer
mais… mais comme c’est la guerre, ta disparition pa ssera inaperçue.
Almir puisa dans ses dernières forces pour saisir l e poignard à sa ceinture. Néanmoins, son mystérieux interlocuteur lui administra un puis sant coup de pied dans les mains et l’arme valsa au loin. Le guerrier serra la mâchoire . Il n’avait plus le choix… Des flammes apparurent soudainement autour de lui, ce q ui obligea son adversaire à reculer subitement. Faisant appel à ses dernières f orces, le mourant dirigea le flux magique vers son ennemi mais celui-ci se montra bie n plus rapide et agile que prévu. Le jet embrasé frappa seulement des arbres alentour . Le feu s’empara rapidement de la zone, brûlant tout sur son passage malgré la plu ie intense.
— Pas bien… Je vais prendre ça tout de suite…
L’inconnu fonça sur Almir et lui arracha le collier rougeoyant qui pendait à son cou. Impossible… Almir ne comprenait rien. Il était tomb é dans un piège et cette personne savait pour le bijou ! Comment ? Tout cela n’avait plus d’importance, maintenant qu’il allait mourir. La souffrance l’empêchait de réfléch ir clairement. Il toussa alors que la douleur s’intensifiait dans chacun de ses membres.
— Ah ! Elle avait raison. Tu étais pile à l’endroit qu’elle m’avait indiqué. Je vais devoir préparer ce qu’il faut pour… pour l’opération…, ajo uta son ennemi avec une pointe de joie.
Sa voix se fit de plus en plus lointaine, comme étr angère. Le guerrier se sentait sombrer dans un monde inconnu qui l’effrayait. Sa v ue se brouilla et les ténèbres le happèrent finalement. À tout jamais.