Homo vampiris

Homo vampiris

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432 pages

Description

« Il n’y a pas de rédemption pour les monstres »
21e siècle. 8 mai
Roumanie. 2h environ. Un patient s’échappe de l’Usine, une clinique d’un genre un peu particulier.
Londres. 13h02. Une jeune étudiante quitte en courant une conférence de l’ONU. Sa soif de connaissance a capitulé devant une faim plus insatiable encore.
Dubaï. 21h48. Dans une luxueuse suite de L’Al-Mahara, autrefois l’hôtel le plus cher du monde, seule une panthère ressortira vivante de la violente dispute qui oppose deux hommes.
Armé de sa plume et de son pieu en bois, Fabien Clavel revisite avec maestria le mythe du vampire, et nous livre un thriller fantastique mené tambour battant où il ne se gêne pas pour décrire un futur sombre, bien plus terrifiant finalement que les êtres nocturnes qui peuplent Homo Vampiris.
« Un mélange très sympathique et un thriller plein de rebondissement et de suspense jusqu’à la dernière page. » Babelio

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Date de parution 17 avril 2014
Nombre de lectures 10
EAN13 9782354082710
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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©LESÉDITIONSMNEMOS2,RUENICOLASCHERVIN|69620SAINTLAURENTD’OINGTISBN PDF:9782354084523 WWW.MNEMOS.COM
FABIEN CLAVEL HOMO VAMPIRIS
À Fo, enIn.
pour anna
Je suis Lilith-Isis, l’âme noire du monde.
Vîctor Hugo,La Fin de Satan
1 Roumanie - Entre le 2 et le 8 mai - 2 h environ
C’est sans doute ainsi que tout a commencé. Zéro étaît un vampîre. Évîdemment, ce n’étaît pas son vraî nom. Ceuî-à, î ’avaît perdu e jour où î étaît entré à ’Usîne. ï s’en souvenaît à peîne, d’aîeurs. Zéro étaît un vampîre et ’acceptaît sans probème. ï n’étaît pas de ces créatures torturées quî se penchent sur eur destîn en peurant eur humanîté perdue. Cea aîsaît trop ongtemps que sa transormatîon étaît întervenue et î ne possédaît pas une exceente mémoîre. Sîmpement, Zéro regrettaît d’être abînos. Son vîsage étaît banc comme une euîe de papîer, tout comme ses cheveux, ses sourcîs. Sa mère dîsaît qu’î étaît « Is de a une ». ï avaît oubîé depuîs des ustres e vîsage materne maîs cette phrase résonnaît encore à ses oreîes. Ee racontaît encore qu’î étaît dîférent parce que des enants du vîage ’avaîent attaqué et uî avaîent rappé e crâne à coups de pîerres. ï n’étaît pas encore un vampîre à ’époque, sans quoî î es auraît massacrés. À partîr de ce « regrettabe încîdent », comme dîsaît e maîre, Zéro avaît accusé un certaîn retard par rapport aux enants de son âge. a réLexîon uî étaît devenue dîicîe.
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Ses petîts camarades n’avaîent pas manqué de souîgner que sa débîîté égère aaît de paîr avec son abînîsme. Zéro n’étaît pus certaîn d’avoîr comprîs eurs însutes. ï se taîsaît donc. e temps avaît passé et son nom s’étaît perdu dans es îmbes de sa mémoîre déaîante. Sa mère devaît être morte à présent. On ’avaît accueîî à ’Usîne. Jamaîs e vampîre ne s’étaît sentî entouré d’autant d’afectîon. On uî sourîaît, on e choyaît. ï connaîssaît presque tout e monde, à commencer par e docteur Smîngov. Et puîs, î y avaît e gardîen Dragomîr, ’înIrmîère Rauca, et Traîan et Caudîu. ’Usîne ne ressembaît pas aux autres aboratoîres. Ce n’étaîent pas des paroîs banches, des sos îmmacués. es murs étaîent bâtîs en brîques rouges et de ongs tuyaux couraîent aux paonds des couoîrs. Paroîs, on découvraît par terre, sur es daes de béton Issuré, une Laque d’eau jaunâtre. e vampîre apprécîaît ce îeu aussî abmé que uî. Pour e moment, î étaît aongé dans sa ceue, sangé sur e ît, attendant a vîsîte du docteur. a porte de méta s’ouvrît enIn, aîssant passer ’înter-mînabe sîhouette du médecîn. Smîngov ressembaît à un ord angaîs de deux mètres. e cheveu rare, e vîsage împassîbe, a moustache épaîsse et tombante, î portaît comme toujours sa bouse rouge. Un jour, Zéro uî avaît demandé pourquoî î avaît choîsî cette coueur, et non e banc îmmacué des hôpîtaux. ï s’étaît entendu répondre que, puîsque a raîson d’être de ’Usîne n’étaît pas a santé maîs e sang, î étaît pus ogîque de se vêtîr en rouge qu’en banc. e vampîre avaît acquîescé sans comprendre. Pour sa part, î n’avaît jamaîs aîmé cette coueur maadîve des étabîssements de soîn où es draps ressembaîent à des înceus. — Bonjour, docteur, It poîment Zéro. — Bonjour, Zéro. Comment aons-nous aujourd’huî ?
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Quand Smîngov écoutaît un patîent, sa moustache sembaît se hérîsser et cachaît entîèrement sa bouche. Comme î se penchaît égaement, a umîère tombante dîssîmuaît ses yeux dans ’ombre de ses sourcîs. Cea uî donnaît un aîr assez efrayant, maîs Zéro n’avaît pas peur. — Je vaîs bîen, docteur. Je me sens juste un peu vaseux… es sourcîs se roncèrent. — Vaseux ? C’est dû aux médîcaments que nous vous donnons aIn que vous récupérîez mîeux. Efet secondaîre. Je vaîs voîr ce que je peux aîre. e médecîn possédaît une voîx égèrement aîguë, comme s’î n’avaît jamaîs mué. De temps en temps, son tîmbre se brîsaît et se mettaît à évoquer ceuî d’une vîeîe emme. — Bîen, It-î en s’approchant, je vaîs vous examîner rapîdement. ï sortît une petîte ampe qu’î braqua dans es yeux de ’abînos. Ce dernîer ne put s’empêcher de cîgner des paupîères. — Aons, ne aîtes pas ’enant, gronda Smîngov. e nystagmus empîre, on dîraît… — e quoî ? e docteur renîLa dans sa moustache, îndîquant par à qu’î n’avaît pas ’întentîon de répondre. ï mesura ensuîte e pous et a tensîon de son patîent avec un grognement satîsaît. — Tout sembe norma. Je vaîs vous envoyer Rauca. Zéro osa enIn a questîon quî uî brûaît es èvres : — Docteur Smîngov, quand est-ce que je pourraî voîr mes bébés ? a moustache du pratîcîen se hérîssa de mécontentement. — Nous en avons déjà paré. Cea n’est pas possîbe pour e moment. Vos « bébés » ne sont pas îcî. On s’occupe d’eux aîeurs. ïs sont en paraîte santé, rassurez-vous. — Est-ce qu’î ne seraît pas possîbe d’organîser une vîsîte ?
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Un jour ? însîsta Zéro, peîn d’espoîr. Smîngov secoua a tête. — Nous avons encore beaucoup d’examens à efectuer. Une vîsîte seraît prématurée : î y a des rîsques sanîtaîres et puîs… e vampîre n’écoutaît pus e charabîa scîentîIque. Tout ce qu’î comprenaît de cette ogorrhée, c’étaît e reus Ina. a déceptîon, comme à chaque oîs depuîs des années, uî mordît es entraîes. es réprîmandes moraîsatrîces du médecîn passèrent entement. — Je suîs content que vous comprenîez. Nous redîscuterons de tout cea dans queque temps. À demaîn, Zéro. — À demaîn, docteur. e corps îmmense de Smîngov se gîssa dans ’en-cadrement de a porte et dîsparut, bîentôt rempacé par ceuî de Rauca. ’înIrmîère avaît prîs un coup de vîeux récemment. Peu de temps auparavant, c’étaît encore une emme repète et rouquîne, peîne de vîe. Aujourd’huî, ses cheveux avaîent un aspect Iasse et sa peau se desséchaît jusqu’à coer aux os. Ee sourît néanmoîns au vampîre avant de uî poser un garrot sur e bras droît. Dans es rêves de Zéro, sa mère arboraît désormaîs es traîts de ’înIrmîère Rauca. Bîentôt e sang remonta dans es tubes transparents. e spectace étaît toujours magnîIque, pus beau encore qu’un ever de soeî. e îquîde vîta changeaît toujours un peu de coueur et de consîstance à mesure qu’î rempîssaît e tube. Cea venaît par saccades, suîvant e rythme du cœur. Zéro ne s’en assaît pas. ï auraît vouu que cea dure pus ongtemps encore. ï s’îmagînaît combant des bos, des caraes, des bassînes entîères de sang. — Mademoîsee Rauca ? — Ouî, Zéro ? ï rît à ’avance de sa bague :
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— C’est marrant, quand même : vous aîtes une prîse de sang à un vampîre… Aors que ça devraît être ’înverse ! ’înIrmîère sourît encore avec a bouche, maîs ses yeux aichèrent a panîque habîtuee. Zéro éprouvaît une égère honte à jouer aînsî avec a pauvre emme, maîs î ne pouvaît s’empêcher de répéter sa remarque de jour en jour. Comme un avertîssement. ’aîguîe enIn ressortît de sa chaîr. ï n’y avaît pas moîns de cînq Lacons gorgés de son sang sur e petît pateau. — Vous aez vous reposer maîntenant, prévînt Rauca. Une nouvee aîguîe s’enonça dans sa peau. Zéro se sentît soudaîn très ourd, sî ourd que son corps s’enonçaît dans e ît comme dans des sabes mouvants. e vîsage de ’înIrmîère étaît très oîn. a nuît se reermaît sur uî.
* * *
a nuît ’appeaît. Zéro ouvrît es yeux. ’obscurîté régnaît dans sa chambre. Ee étaît partout, suîntant de chaque înterstîce, sourdant des murs. e aît étaît d’autant pus étrange que ’Usîne demeuraît écaîrée vîngt-quatre heures sur vîngt-quatre. es ténèbres vîvantes s’approchaîent du vampîre, pénétrant dans ses pupîes comme des armes înversées, s’îmmîsçant dans tous es pores de sa peau, transpîratîon à rebours. a nuît e nourrîssaît. Sans savoîr ce qu’î aîsaît, e vampîre tîra sur ses sanges. Ses bras étaîent maîngres maîs e cuîr gémît, se déchîra brusquement. Zéro se redressa. Magré ’absence de umîère, ses yeux maades dîstînguaîent paraîtement es marbrures vîoacées que es attaches avaîent aîssées sur ses bras. ï détacha ses jambes et entreprît de se mettre debout.
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a tête uî tournaît teement qu’î s’écroua. e moment étaît venu de se souvenîr. e vampîre tenta de se rappeer es mutîpes pans échaaudés pendant sa ongue captîvîté. Chaque soîr, quand e docteur Smîngov reusaît de uî montrer ses bébés, î pensaît à a manîère de es retrouver. Chaque soîr, î avançaît un peu pus dans son desseîn. Certaîns poînts uî avaîent demandé des moîs de réLexîon. Par exempe, e médecîn uî avaît montré un jour des papîers où étaîent notés es noms de ses bébés. Zéro avaît passé presque une année avant de demander à es voîr de nouveau maîs, a dernîère oîs, î étaît prêt. e vampîre s’étaît arrangé pour déposer un peu de son sang sur a euîe. Toujours attaché, î avaît dû se mordre a angue et postîonner généreusement. Ce ne seraît peut-être pas suisant pour en retrouver ’odeur. ï se reeva en s’accrochant à tous es meubes à sa portée. a porte étaît ermée à cé. Que devaît-î aîre ? Sa mémoîre partaît en ambeaux. e ît. ï étaît Ixé au so par son pîed unîque, au moyen de grosses vîs. Zéro poussa de toutes ses orces. e méta grînça et se pîa, reusant de céder. e vampîre eut un înstant de doute. Puîs, î se rappea comment, dans sa jeunesse, î avaît cassé un I de er. ï suisaît de e tordre et de e retordre pour ’user. a tâche étaît harassante, maîs î se reposaît depuîs très ongtemps. e pîed pencha d’un côté, puîs de ’autre, se courba encore. assé, Zéro s’emporta et essaya de aîre pîvoter e ît. e mateas se mît à vadînguer comme un navîre en peîne tempête. Stupîde, e vampîre poursuîvaît sa tâche. EnIn, e pîed céda. Surprîs, Zéro âcha e tout. Ses bras trembaîent et a peau de ses maîns sembaît Lotter bîzarrement au-dessus de sa chaîr. ï mordît es coques banchâtres pour en retîrer a ymphe. e goût étaît agréabe, un peu trop doux.
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