Illusion, rêve ou réalité ?

Illusion, rêve ou réalité ?

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Livres
168 pages

Description

Daniel Coupat célèbre, au travers d’événements apparemment anodins, la pureté des sentiments et des vérités essentielles souvent mises à mal.

Sans jamais désespérer de l’être humain, il nous prouve que le bonheur est possible. Il nous offre un roman sensible, dans lequel il exprime son attachement aux valeurs humanistes, dans une nature préservée.


Daniel Coupat, né au milieu du siècle dernier, effectue une carrière dans la banque. À la retraite, il se consacre aux lettres. Après un premier recueil de nouvelles Terre d’histoires (2006) et un documentaire historique, Le XXe siècle en Livradois, à Auzelles et en Pays de Cunlhat (2011), il nous livre ce premier roman.


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Informations

Publié par
Date de parution 09 août 2013
Nombre de lectures 16
EAN13 9791020321602
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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ILLUSION, RÊVE OU RÉALITÉ ?
ILLUSION, RÊVE OU RÉALITÉ ?
© Éditions Baudelaire, 2013
Envois de manuscrits : Éditions Baudelaire – 11, cours Vitton – 69452 Lyon Cedex 06
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Avant propos François retraité François et les études François autonome François convole François papa François peintre amateur François trahi François VIP François pris dans la tourmente
SOMMAIRE
À Adrien et Mélina
Avant propos
L’auteur tient à préciser que si dans ce livre, les situations ou évènements évoqués ont réellement existé, le récit est une pure fiction et tous les personnages principaux sont imaginaires. Tout rapprochement avec des femmes ou des hommes vivant ou ayant vécu ne serait donc pas fondé. Par contre, que des traits de caractère ou quelques autres détails rappellent au lecteur, non pas une mais dix ou vingt personnes sont inévitable. Où serait sans cela l’authenticité romanesque ? D’autant que, pour crédibiliser cette histoire, les lieux évoqués existent et les personnages publics de l’époque sont eux authentiques et jouent leur propre rôle.
FRANÇOIS RETRAITE
Cela faisait déjà deux jours que Christiane était partie à Lyon pour s’occuper de Thomas son petit-fils. La veille, David avait téléphoné à ses parents pour solliciter leur aide. La nourrice n’assurait pas la garde du bébé car son propre enfant avait la varicelle, et ni lui ni Valérie sa compagne, ne pouvaient se rendre disponibles. Christiane avait aussitôt répondu : « Pas de souci, demain matin je serai près de vous et je m’occuperai de mon petit garçon, ton père peut bien rester quelques jours tout seul, ce n’est pas le travail qu’il a en ce moment qui me rend indispensable » et puis, sur un ton humoristique, elle avait ajouté : « Cela lui fera des vacances ! Il en profitera pour peindre, même la nuit s’il veut, je ne serai pas là pour le lui reprocher ! » Compte tenu du froid hivernal, et aussi du fait qu’il était seul, François avait déserté son atelier au sous-sol de l’habitation pour installer son chevalet, quelques toiles, ses tubes de couleurs et ses pinceaux dans la salle à manger. En plus de faire quelques économies de chauffage, cela lui permettait de profiter pleinement du feu de bois. Celui-ci crépitait dans la cheminée. Les flammes léchaient la vitre nerveusement comme si elles libéraient tout à coup une irrésistible envie de s’élever, trop longtemps contenue. François savait bien que c’était le vent du nord qui, passant sur le haut du conduit, provoquait une aspiration activant le brasier plus efficacement que ne le ferait le soufflet d’un forgeron en pleine activité. Le roulement saccadé d’Eole à l’extérieur, le crépitement du bois mêlé à la douce chaleur qui envahissait la pièce, avaient un effet apaisant et François, délaissant momentanément ses pinceaux, se laissa doucement bercer en suivant du regard les méandres et les volutes aux couleurs changeantes des flammes et flammèches qui, tout en dansant, se disputaient chaque millimètre carré du rondin de hêtre sacrifié à l’appétit de Lucifer. La famille Bulidon vivait à Lezoux, à cheval sur la plaine de la Limagne en direction de Clermont-Ferrand, et sur la plaine de la Dore en direction de Thiers. Bien que ce soit le début d’après-midi, la température extérieure, inférieure à zéro degré Celsius en ce 10 février 2012, n’invitait guère à la promenade. Et cette impression de froid était encore accentuée par le vent qui brûlait le moindre bout de peau exposé, comme le visage que l’on ne pouvait complètement protéger sous peine d’assombrir totalement le paysage. Pourtant celui-ci était splendide, étincelant même sous l’effet de quelques rayons de soleil qui transformaient en cristal le givre et les glaçons dont la nature s’était parée. Son épouse était arrivée sans encombre à Lyon. Environ deux heures après son départ, elle avait appelé pour dire que tout allait bien et qu’elle était heureuse de s’occuper de « leur » petit Thomas. Cela avait rassuré François. Depuis, ils se passaient un petit coup de fil chaque soir pour se donner réciproquement des nouvelles et échanger sur le contenu de leur journée respective. Depuis le départ de sa femme, les conditions météorologiques s’étaient encore détériorées ; « Au moins, j’ai la chance de ne pas être tenu de sortir par ce temps, comme sont obligés de le faire tous ceux qui sont encore en activité », pensa François. Ce dernier avait, en effet, accompli toute sa carrière chez « Michelin » et à soixante et un ans, il pouvait maintenant
profiter d’une retraite qu’il estimait « bien méritée ». Ce sentiment de satisfaction n’était pas chez lui le signe d’un orgueil surdimensionné, ni celui d’une prétention hors norme. François ne se mettait jamais en avant, c’était un modeste par nature dont la forte timidité qui le caractérisait enfant, bien que s’étant atténuée avec les années, l’avait souvent gêné durant sa vie personnelle et professionnelle. Toutefois, le parcours professionnel modeste certes, mais effectué en totalité chez le même employeur durant quarante ans et en progression constante, lui procurait tout de même une satisfaction certaine. Le jour de son départ en retraite, tous les collaborateurs qu’il avait côtoyés aux différents stades de sa carrière avaient tenu à témoigner. Ils lui avaient réservé une magnifique et inoubliable surprise, en lui faisant part non seulement de leur respect mais aussi de toute leur amitié et sympathie. Cela l’avait extrêmement touché et il en gardait un souvenir ému. Aujourd’hui à l’extérieur, il était unanimement apprécié par son entourage comme homme pondéré, généreux, ouvert, disponible et plein de bon sens. François n’était pas né, comme disent certains, avec une cuillère en argent dans la bouche, il était plutôt d’origine modeste. Né le 2 novembre 1950 à Lezoux, il était le premier enfant de Robert Bulidon et Alice Petit son épouse, tous deux agriculteurs au hameau de « chez Pialat » à Lezoux. Robert et Alice qui s’étaient mariés le 30 mars 1948, s’étaient installés comme fermiers sur une exploitation d’une douzaine d’hectares et le troupeau qu’ils avaient progressivement constitué de sept ou huit vaches et quatre chèvres ne leur permettaient pas une vie dispendieuse. Les quelques économies qu’ils arrivaient à réaliser étaient immédiatement réinvesties dans du matériel qui leur permettait progressivement d’améliorer leurs conditions de travail et donc de vie. L’arrivée de François avait été pour eux plus que le simple résultat de leur amour réciproque, c’était le témoignage de leur implication dans la société et aussi la promesse d’une vie plus épanouissante. C’était en tout cas l’interprétation que François en avait faite après analyse et synthèse des propos tenus par ses parents durant sa jeunesse. Le confort du salon où régnait une douce chaleur, le ronronnement de la cheminée, la danse légère et aérienne de quelques flocons de neige qui, au gré du vent tourbillonnaient devant la baie vitrée de la porte-fenêtre, incitèrent François à la rêverie et, profitant aussi du fait qu’étant totalement libre de son emploi du temps, bien calé au fond de son fauteuil, face à la cheminée, il se remémora son parcours en déroulant le film de sa vie, durant laquelle, des moments de joie partagés, des réussites mais aussi des difficultés, quelques échecs, des déceptions, des surprises, bonnes et mauvaises, avaient marqué ce que pourtant beaucoup considéreraient comme une vie somme toute « ordinaire ». Ses souvenirs personnels remontaient, comme tout un chacun, seulement vers trois ou quatre ans. Les premiers jeux partagés avec sa sœur, d’un an sa cadette, constituaient les plus anciens de ceuxci. En effet, le quatre novembre 1951, soit un an deux jours et trois heures après lui, comme le rappelait souvent François à sa sœur, pour bien lui signifier son antériorité et son ascendance, Denise venait compléter la descendance de Robert et Alice qui réalisaient ainsi le « choix du roi ». Si les premières années de cohabitation entre les deux enfants n’avaient pas laissé à François un souvenir impérissable en raison de la manie de Denise à toujours vouloir
les jouets de son frère, cellesci se passèrent tout de même de façon paisible. De sa petite enfance, François n’en avait gardé finalement que peu de souvenirs, l’ayant vécue sans heurt particulier, même des chamailleries, sans doute dues à une légitime jalousie vis-à-vis de Denise et d’elle vis-à-vis de lui durant leurs premières années d’apprentissage de la vie en famille, où les notions de partage et de respect n’étaient pas encore assimilées par chacun des belligérants. Leurs parents, bien que peu disponibles pour jouer avec eux en raison du travail que nécessitaient l’entretien des parcelles et le soin des animaux, avaient néanmoins, globalement réussi à les rassurer. Les réponses simples et frappées au sceau du bon sens qu’ils avaient apportées aux questionnements naturels de leur progéniture et à toutes les angoisses que les enfants et préadolescents peuvent ressentir durant leur épanouissement, avaient permis à François et Denise de grandir, au propre comme au figuré, de façon harmonieuse. François était aujourd’hui conscient du rôle très positif et déterminant qu’avaient joué ses parents dans l’éducation qui avait été la sienne : la politesse, le respect d’autrui, la droiture en toute circonstance, le respect de la parole donnée, le goût du travail… n’étaient pas des notions vides de sens pour Robert et Alice, et ceuxci avaient eu à cœur de transmettre ces valeurs à leurs deux enfants. Les souvenirs marquants dont François se souvenait, qui ont incontestablement influencé le cours de sa vie et participé à construire l’homme qu’il était aujourd’hui, ont véritablement commencé en 1965, à sa première année de pension lors de son entrée en seconde à Thiers, au Lycée Technique d’État qui, avant 1960, était l’École Nationale Professionnelle, et depuis 1992, le Lycée d’enseignement Technologique Jean Zay.