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Khanan : Daydream & Awakening

De
464 pages

Intégrale Khanan

Tome 1, Daydream :
À l’âge de quinze ans, Kaeden a mystérieusement sombré dans le coma. Quand il se réveille, ses parents, sa chambre et son confort ont disparu pour laisser place à un territoire inconnu. Egaré dans un monde qui ne semble pas être le sien, il fera alors la rencontre d’un jeune homme nommé Noa. Ce dernier, prêtre du Pays de l’Eau, l’accompagnera tout au long de son voyage afin de l’aider à retrouver sa famille. Mais durant leur périple, un émoi inattendu viendra bouleverser le cœur de Kaeden.

(À cheval entre GMO-Project et Le Pavillon des Chimères, Daydream est l'introduction de cette nouvelle saga aux travers des yeux d'un personnage de GMO-Project. L'histoire peut se lire indépendamment des deux sagas.)

Tome 2, Awakening :
Le jour de ses dix-huit ans, la vie de Kaeden bascule de nouveau, comme l’avait prédit la prophétie des Chimères. De retour sur Khanan, il ne retrouve plus l’univers calme et onirique qu’il avait découvert lors de son premier voyage. Il se réveille au Pays du Feu et constate que le monde est à l’aube d’une guerre. Kaeden devra braver de nombreux dangers afin de retrouver Noa et prendre une décision capitale pour son avenir.

(Awakening, suite et fin de "Khanan", marque un tournant dans la duologie. Si le premier volume était doux, poétique et onirique, comme un conte initiatique, le récit d’Awakening dévoile une nouvelle facette de l'univers, plus sombre et réaliste.)


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Khanan : Daydream & Awakening Rohan Lockhart
Intégrale
Daydream :
A l’âge de quinze ans, Kaeden a mystérieusement som bré dans le coma. Quand il se réveille, ses parents, sa chambre et son confort on t disparu pour laisser place à un territoire inconnu. Egaré dans un monde qui ne semb le pas être le sien, il fera alors la rencontre d’un jeune homme nommé Noa. Ce dernier, prêtre du Pays de l’Eau, l’accompagnera tout au long de son voyage afin de l’aider à retrouver sa famille. Mais durant leur périple, un émoi inattendu viendra bouleverser le cœur de Kaeden.
Awakening :
Le jour de ses dix-huit ans, la vie de Kaeden bascule de nouveau, comme l’avait prédit la prophétie des Chimères. De retour sur Khanan, il ne retrouve plus l’univers calme et onirique qu’il avait découvert lors de son premier voyage. Il se réveille au Pays du Feu et constate que le mo nde est à l’aube d’une guerre. Kaeden devra braver de nombreux dangers afin de retrouver Noa et prendre une décision capitale pour son avenir.
Première édition
© Rohan Lockhart, 2016, pour le texte © Reines-Beaux, 2017, pour la présente édition © Las-T, 2017, pour l’illustration de couverture
Suivi éditorial par Nancy Maurer
Ceci est une œuvre de fiction. Les personnages, lieux et évènements décrits dans ce récit proviennent de l’imagination de l’auteur ou s ont utilisés fictivement. Toute ressemblance avec des personnes, des lieux ou des é vènements existants ou ayant existé est entièrement fortuite. Tous droits réservés. Cette œuvre ne peut être reproduite, de quelque manière que ce soit, partiellement ou dans sa totalité, sans l’acc ord écrit de la maison d’édition, à l’exception d’extraits et citations dans le cadre d’articles de critique. Avertissement sur le contenu : cette œuvre dépeint des scènes d’intimité entre deux hommes et un langage adulte. Elle vise donc un publ ic averti et ne convient pas aux mineurs. La maison d’édition décline toute responsa bilité pour le cas où vos fichiers seraient lus par un public trop jeune. ISBN : 978-2-39006-212-7 Ce titre est également disponible au format papier (édition illustrée) sous l’ISBN : 978-2-39006-213-4 Dépôt légal : juillet 2017 Édité en Belgique
info@reines-beaux.com
Rohan Lockhart
Khanan :
Daydream & Awakening
www.reines-beaux.com
Livre 1
Daydream :
À la découverte de Khanan
Introduction
Kaeden aurait pu être un adolescent ordinaire comme beaucoup d’autres. Après l’enfance, il aurait grandi et mené une vie normale dans sa famille aimante, pour ensuite fonder la sienne. Toutefois, les lignes du destin é taient résolument plus complexes pour ce garçon atteint du syndrome d’Asperger, un trouble autistique. Dès son plus jeune âge, ses parents avaient compris qu’il serait différent des autres enfants, mais ils n’avaient pas encore imaginé à quel point. Son comportement en décalage par rapport à la socié té n’altérait par chance aucunement sa relation avec ses proches. Kaeden éta it un garçon intelligent, cultivé et sensible, mais à sa manière. Il pratiquait les mêmes activités que les garçons de son âge, seulement, elles étaient effectuées de façons disse mblables. Si ce qui était considéré comme un handicap avait longuement préoccupé ses pa rents, leur fils avait appris en grandissant à s’ouvrir peu à peu au monde extérieur . En vérité, il s’agissait plus d’une différence que d’une quelconque infirmité. Le jeune homme évoluait à son rythme dans un monde qui avançait peut-être tout simplement trop vite pour lui. C’était ce qu’en avait déduit son père de sang en l’observant un jour. L’enfant aux yeux bleu profond mais exempts d’émotion s’était alors d écidé à nourrir l’aquarium présent dans le salon. Il s’était muni de la boîte contenan t de minuscules flocons nutritifs et les avait alors disposés un à un à la surface. Kaeden avait renouvelé la manœuvre plusieurs fois avant de rassasier tous les animaux aquatiques. Cela lui avait pris plusieurs minutes et Kain avait eu l’impression que le temps s’était arrêté. Contrairement à ce que pouvaient penser certains spécialistes, son père avait conclu que c’était le monde qui n’était pas adapté à son fils et non pas l’inverse. Le temps de s interrogations était bien loin de la famille Blossom/Kennedy qui avait appris à vivre avec cette particularité, même si certains jours étaient plus difficiles que d’autres en raiso n des humeurs changeantes du jeune homme. C’était une journée ordinaire, comme bien des autres, qui débutait. Kaeden se réveilla tardivement dans son lit, aux alentours de dix heur es, bercé par le souffle de son frère d’adoption, Cecil, roulé en boule contre lui. L’homme-chat présent au sein du foyer depuis désormais plus de vingt ans avait des habitudes trè s sociales. Il adorait dormir, ce qu’il faisait d’ailleurs la plupart du temps, et se glissait fréquemment sous les couettes de son petit protégé. Le félin était à la fois un confiden t, un grand frère, mais aussi une peluche que Kaeden serrait contre lui lorsque le moral était au plus bas. — Tu prends toute la place, râla-t-il en repoussant délicatement la chevelure de son bienfaiteur. Ce dernier ne répondit que dans un ronchonnement s’apparentant à un miaulement, avant de se retourner en l’ignorant. Il était rare que Cecil se réveille avant midi, sauf lorsque la faim le tiraillait. Kaeden se redressa d ans son lit, posa un pied au sol puis se leva. Il s’étira brièvement avant de quitter la pièce et de rejoindre le salon. La maison était vide comme presque tous les jours étant donné que ses parents avaient tous les deux une activité professionnelle, et pas des moindres : Kain était le capitaine des forces spéciales 1 de l’ORSM alors que Camille, son père d’adoption, était un c réateur de mode mondialement reconnu. Une famille atypique ne pouva it décemment pas avoir un
quotidien des plus banals. Pourtant, les journées de Kaeden se déroulaient pre sque toujours de la même manière. Il se levait, déjeunait, donnait de la nourriture à ses poissons, prenait un bain et passait le reste de sa journée à lire et à étudier diverses matières. L’adolescent était déscolarisé depuis l’école primaire. Ses parents avaient tenté de l’envoyer dans une école spécialisée, mais le jeune homme avait fait le vœu de rester à la maison pour apprendre par lui-même, sans subir les contraintes imposées p ar le quotidien. Si le styliste s’était farouchement opposé à cette idée, voyant là une distance supplémentaire, Kain, lui, avait accepté. Il avait une totale confiance en son fils et souhaitait répondre favorablement à ses requêtes. Le brusquer n’améliorerait pas son comportement social. Kaeden fit un détour par la cuisine et s’installa sur le canapé avec des pétales de blé, ses céréales préférées, du lait, une cuillère et un bol. Il déversa le contenu de la boîte dans le récipient. Il fit une sorte de puits avec ses doigts avant de verser le liquide lacté au centre jusqu’à la disparition des morceaux croustillants. Il prit ensuite la télécommande du téléviseur et sélectionna sa chaîne favorite, diffu sant uniquement des documentaires animaliers, le plus souvent sur le milieu marin. Cela était extrêmement rare mais Cecil était descendu rejoindre son jeune maître afin de quémander un peu de lait et peut-être quelques bouchées de céréales. Aussi étonnant que cela puisse être, l’homme-chat était contraint à un régime particulier car bon nombre d’aliments le rendaient malade. Il s’agissait après tout d’un simple chat ayant la capacité de prendre une forme humaine. Son organisme n’était pas fait pour ingérer certains types de plats, même s’il les convoitait par gourmandise et envie. — S’il te plaît, implora Cecil en se collant à son frère, juste une cuillère… — Papa dit que le lait te rend malade. Après tu vas avoir mal au ventre. — Que des céréales alors, demanda-t-il à nouveau en s’agrippant à son bras. Kaeden observa le jeune félin qui lui faisait les yeux doux et soupira. Il savait comment s’y prendre pour l’attendrir et cela marchait pour toute la famille depuis bien des années. Le temps passait mais Cecil conservait son physique d’adolescent charmeur, faisant craquer ses différents maîtres, à l’exception de Camille qui se montrait plus sévère. Le grand brun lui accorda sa requête et sourit en observant son compagnon se régaler de céréales. Cependant, il ne toucha pas encore à son bol, ne trouvant aucun programme adapté à ses envies, événement plutôt curieux. Il fit défiler les chaînes documentaires et Cecil en profita pour chiper dans la boîte, remarqu ant que Kaeden était trop occupé à chercher un programme. Ses réflexes primaires le trahirent lorsqu’il compressa le paquet au moment où il entendit un son à l’extérieur. Il sauta hors du canapé pour se diriger à la porte et se métamorphosa alors en chat noir. Ce bruit de pas, il le reconnaissait parmi des milliers : il s’agissait de Kain ! Habitué aux réactions de Cecil, le jeune homme aux yeux bleus se leva, surpris de l’heure à laquelle rentrait son père. Ce dernier ne tarda pas à pénétrer dans le salon, enjambant les vêtements de Cecil par terre, et le porta dans ses bras. Kain ne portait pas ses affaires habituelles, ni sa veste affichant le logo de l’ORSM. Il affichait un visage sombre et était vêtu d’un costume noir. Kaeden comprit aussitôt et se maudit d’avoir oublié que son père se rendait à un enterrement ce jour-là. D’un geste lent et fatigué, Kain desserra sa cravate avant de la jeter sur le fauteuil, où il prit ensuite place. Il ne prononça pas un seul mot et son fils vint s’installer à ses côtés en abandonnant l’idée de chercher un documentaire adapté. Même si son ventre gargouillait, Kaeden ne toucha pas à son déjeuner et se tourna ve rs son père. Leurs regards se croisèrent et le jeune homme prit la parole. — Tu es malheureux ? demanda-t-il.
— Ma tristesse est infinie, Kaeden. Je viens de perdre mon meilleur ami, un être qui m’était extrêmement cher. — Tu as le droit de pleurer alors, répondit-il. — Mais ça ne le fera pas revenir, tu sais. Les larm es ne guérissent pas les blessures d’un cœur, dit-il en caressant Cecil niché sur ses genoux. — Je sais, mais ça permet d’évacuer l’amertume, jusqu’à ce que les souvenirs de cette personne nous reviennent en mémoire, afin de ne jamais l’oublier. — Je rêve ou tu essaies de me consoler ? questionna Kain, étonné. — Je comprends juste ta situation. Moi, je pleure sa disparition depuis maintenant trois ans. Mais lorsque je souffre, il continue de vivre en moi d’une certaine manière. Son père afficha une moue dubitative. Kaeden parlai t à nouveau de choses mystérieuses. N’était-il pas temps d’en savoir plus ? Depuis près de trois ans, il semblait dissimuler une histoire qu’il ne souhaitait plus év oquer depuis que les médecins avaient qualifié son récit d’insensé. Mais il était différent de l’équipe médicale et peut-être que s’il ouvrait de nouveau un dialogue avec son fils, celui-ci accepterait de parler de nouveau. — Qui pleures-tu au juste ? demanda Kain. L’adolescent jeta un rapide coup d’œil en direction de son père et déglutit péniblement. Cela faisait bien longtemps que ses parents ne l’av aient pas questionné à ce sujet. Seulement, les souvenirs étaient terriblement douloureux et personnels. — À quoi bon te raconter mon histoire, tu vas me prendre pour un fou, comme tous les médecins. — Je suis ton père, Kaeden, je te connais mieux que quiconque. J’ai besoin de connaître cette partie obscure de ton passé pour te comprendre davantage. Si tu ne me parles pas, je ne pourrai jamais t’aider, fit l’homme en ébouriffant les cheveux noirs de son fils. Les yeux bleu cobalt du jeune homme s’agitèrent et examinèrent leur interlocuteur. Il était vrai que Kain était la personne la plus apte à déchiffrer ses émois. Seulement, après un tel rejet de la part des spécialistes, prendre la parole à ce propos s’avérait laborieux. — Je… Est-ce que tu jures de me croire ? questionna-t-il. — Bien entendu, répondit Kain. Nerveux, un frisson arpenta l’échine de Kaeden, qui tremblait légèrement à l’idée d’ouvrir le rideau sur une scène jamais jouée jusqu ’alors. Cette partie si intime de sa vie qu’il n’avait pu partager était profondément enfoui e au fond de son être, comme s’il craignait de l’effacer. Il ne lui restait plus que ses fragments de pensées, qu’il chérissait afin de les conserver pour l’éternité. Le bruit de la porte d’entrée se fit entendre et Ca mille, lui aussi habillé sobrement, pénétra dans la pièce. Il aperçut son mari et son fils et comprit alors que quelque chose d’important allait avoir lieu. Kain porta son index sur ses lèvres afin de lui faire comprendre qu’il ne fallait pas interrompre Kaeden, et le styliste prit tranquillement place à leurs côtés sur le sofa sans mot dire. — Il y a trois ans, lorsque je suis tombé dans le coma durant presque trois semaines, j’ai voyagé sur une autre planète, expliqua-t-il en détournant les yeux, conscient de la consonance absurde de ses paroles. Je sais que ça paraît totalement dingue, mais c’est la vérité et ce n’était pas une hallucination. Je ne suis pas fou, dit-il, la voix tremblante. — Ne te justifie pas, Kaeden, nous ne te jugeons pas. Raconte-nous seulement ce que tu as vécu. — Ça risque d’être long, avertit-il. — Ce n’est pas un problème, dit Kain. Le temps des secrets est terminé.
Chapitre 1
Il faisait froid et sombre quand Kaeden émergea com me après un cauchemar. Une étrange sensation l’avait tiré de sa rêverie et, encore somnolent, il tenta d’ouvrir les yeux. Ceux-ci étaient fatigués et réclamaient encore un p eu de sérénité en tentant de se refermer. Seulement, un souffle froid et inhabituel poussa le jeune garçon à se réveiller pour de bon. Ses paupières s’ouvrirent brutalement lorsqu’une matière inconnue vint toucher son visage. Brutalement, il se redressa et son pouls s’accéléra quand il réalisa qu’il dormait sur un endroit tout à fait insolite : un sol terreux. Désormais parfaitement éveillé, Kaeden jeta des cou ps d’œil autour de lui pour discerner le lieu de son assoupissement. Ce fut ave c horreur qu’il découvrit un paysage totalement inconnu et dénué de végétation. Le sol sur lequel il reposait était composé de terre sèche et craquelée d’épaisses fissures sombres. Les jambes engourdies, il tenta de se lever, vacilla avant de trouver un point d’appui et pivota à la recherche d’un élément familier, mais rien n’apparut. La poussière roulant sur le sol et présente dans l’air gêna partiellement sa vision, et il se décida à avancer dos au vent pour faciliter sa marche. Vêtu d’un simple jean et d’un T-shirt à manches courtes, il frissonna en raison de la basse température et se questionna réellement sur ce lieu . Comment avait-il pu se retrouver à l’extérieur alors qu’il s’était couché la veille dans son lit ? Pourquoi était-il habillé et non en pyjama ? Et surtout, dans quel secteur de Triel pou vait-il bien y avoir un lieu si peu avenant ? Kaeden regarda le ciel assombri formé d’obscurs nuages et pria pour qu’il ne se mette pas à pleuvoir. Jamais il n’avait observé les cieux d’une teinte grise avec de telles nuances violines, et cette atmosphère était terriblement anxiogène. Par où devait-il aller ? Tous les horizons semblaient se ressembler et il n’apercevait pas l’ombre d’un bâtiment. Le vent souffla de plus belle, il se frotta activement les bras, et accéléra le pas en direction d’un point invisible qu’il s’était fixé. Il finirai t bien par atterrir dans un quartier de Silver Island. À moins que ce sol fendu ne soit celui de Sun Island ? C’était tout à fait plausible ! Cependant, ce qui l’inquiétait le plus à l’heure actuelle était de savoir comment il avait fait pour quitter son lit. Jamais il n’avait fait de crise de somnambulisme ou assimilé. Soudain, une idée insensée lui vint. Se pourrait-il que ses parents se soient débarrassés de lui comme on abandonne un chien sur une aire d’autoroute ? Après tout, Kaeden avait toujours été un poids pour la famille à cause de sa maladie et peut-être que ses pères souhaitaient refaire leur vie ? Le jeune homme secoua négativement la tête, tout cela était totalement ridicule. Son père Kain l’aimait plus que tout, et peut-être même plus que son mari, ce qui avait souvent été un suje t de dispute entre eux. Mais Camille n’aurait-il pas projeté de se débarrasser de lui ? Kaeden s’arrêta soudainement et agita une nouvelle fois la tête. La confusion et la crainte faisaient affluer en lui de nombreuses pensées négatives et il devait les combattre. Peu i mporte le pourquoi et le comment, il avait quitté sa demeure, la seule chose importante était d’y retourner au plus vite. Il accéléra sa marche et continua d’avancer vers l’inconnu peu attrayant qui s’offrait à lui. Toujours une étendue embrumée et un sol crevas sé à perte de vue. Les minutes s’écoulèrent lentement pour former une heure, puis deux, et Kaeden perdit la notion du temps. Il ne savait plus depuis combien de temps il évoluait dans un paysage qui ne
changeait jamais de forme et ses jambes commencèrent à montrer de sérieux signes de fatigue. De plus, son estomac réclamait également u ne collation après une nuit de sommeil et autant d’exercice. Seulement, quand alla it-il enfin pouvoir avaler un petit déjeuner ? Triel semblait encore tellement loin ! Un sentiment d’angoisse parcourut le corps du jeune garçon brun. Et s’il ne rentrait jamais ? Et si ce paysage cauchemardesque était la dernière chose qu’il voyait ? S’il se référait à sa fatigue, cela devait faire au moins t rois heures qu’il marchait et il n’avait toujours pas entrevu un bout de bitume. Cependant, il décida de ne pas perdre espoir et de continuer son évolution dans ce désert ténébreux jusqu’à l’épuisement total. L’air se faisait de plus en plus glacial et frappait désormais par rafales, faisant grelotter Kaeden qui se questionnait de plus en plus sur sa l ocalisation géographique. Jamais il n’avait vu des températures aussi basses au printemps et encore moins une météo aussi capricieuse. Aurait-il changé d’État ? C’était improbable, mais vu sa situation actuelle, le jeune homme s’attendait à tout. Après plus de six heures de progression, ses jambes flanchèrent et Kaeden dut faire un effort surhumain afin de ne pas s’écrouler sur le sol poussiéreux. Son ventre se tordait de douleur à cause de sa faim et la douleur persist ante dans ses genoux le força à prendre une pause. Il se laissa tomber lourdement s ur le sol. Perclus par le froid, il se recroquevilla sur lui-même et respira de manière saccadée. Ses lèvres tremblèrent et ses dents se mirent à claquer, puis il murmura des paroles à l’attention de ses parents avant de fermer les yeux. Quand il ouvrirait les yeux, il serait de nouveau dans sa chambre auprès de Cecil et une journée normale débuterait. Comme Kaeden l’avait prédit plusieurs heures plus t ôt, lorsqu’il s’éveilla, une douce chaleur enveloppait son corps tout entier. Ce chato uillement au niveau du nez était certainement dû à la queue de l’homme-félin qui s’était niché contre lui. Le soleil semblait également de sortie vu la difficulté qu’il rencontrait à ouvrir les yeux. Il se retourna afin de se mettre dos à la fenêtre laissant pénétrer la source de lumière et soupira en ouvrant les paupières. Seulement, il réalisa qu’il ne se trouvait pas dans sa chambre et que la matière touffue ne provenait pas de Cecil, mais d’une épaisse couverture en peau de bête. Les iris bleu cobalt de Kaeden s’ouvrirent brutalem ent et il bondit face à la forme énigmatique qui se trouvait à proximité. Il glissa sur la couverture velue sur laquelle il reposait et la brandit en guise de protection. L’inconnu s’avérait être un jeune homme de grande taille, possédant une longue chevelure dorée virant vers l’argenté, et certaines mèches étaient ornées de bijoux. Le plus atypique d ans le visage de cette personne demeurait ses yeux bleus d’une teinte surnaturelle. Plusieurs nuances bleutées s’entremêlaient, créant un azur d’une beauté except ionnelle. Les habits qu’il portait semblaient usés et d’une autre époque. Curieux, le grand blond se leva de la pierre sur la quelle il était assis afin de s’approcher de Kaeden qui, paniqué, recula de plus belle. Il heurta un bloc d’une matière molle et quand il la regarda, il faillit faire une syncope. Un animal d’un genre encore indéterminé se trouvait derrière lui et le fixait é trangement. S’apparentant à un très gros lapin bleu, la bête s’approcha et le jeune homme co mmença à paniquer. Que lui arrivait-il ? Était-il en train de délirer ? Sa maladie s’ét ait-elle soudainement aggravée et lui procurait-elle des hallucinations ? L’étranger s’abaissa à son niveau et l’observa inte nsément, jusqu’à ce que Kaeden, terrorisé, lui jette une poignée de terre au visage, pressentant un danger. Le garçon laissa échapper un cri, surpris et incommodé par le jet qu’il venait de recevoir en pleine figure. Il se frotta activement le visage et prit également un peu de matière du sol afin de reproduire la même chose. Kaeden cacha sa tête derrière la pea u qui le couvrait et murmura