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L’alliance

De
141 pages
Une immense boule de feu aussi spectaculaire qu’étrange traverse le ciel de Kianah, devant les yeux terrifiés de l’enfant dragon. Pourrait-il y avoir plus mauvais présage? Devant cette menace imminente, de lourds et terribles secrets sont révélés. Et de sanglantes batailles sont menées. La princesse Illah revient au combat, cette fois pour protéger à la fois Kianah, le Ganthal et surtout, sa famille. Des êtres malfaisants s’allient et se préparent à décimer tous ceux qu’elle aime. Rien ne pourra les arrêter sauf le courage, le dévouement et, peut-être, le sacrifice. Les alliés du Ganthal seront-ils assez forts pour faire face à d’aussi nombreuses menaces? Illah de Ganthal parviendra-t-elle à tous les sauver? Est-ce que l’enfant-dragon vivra assez longtemps pour réaliser la prophétie? Un doute plane… Après Le monde de Ganthal et Le voyage, voici la suite palpitante de la série Sur les terres de Kianah, L’alliance. Retrouvez vos personnages préférés, qui poursuivent leurs quêtes pour vaincre le mal, dans ce récit plus sombre et plus prenant que
jamais.
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Copyright ©2014 Amélie Dubé Copyright ©2014 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Révision linguistique : Isabelle Veillette Correction d’épreuves : Catherine Vallée-Dumas, Nancy Coulombe Conception de la couverture : Matthieu Fortin Illustration de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sylvie Valois ISBN livre : 978-2-89733-916-6 ISBN PDF : 978-2-89733-917-3 ISBN ePub : 978-2-89733-918-0 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Édition AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Dubé, Amélie. Sur les terres de Kianah Sommaire : 3. L'alliance. Pour les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-89733-916-6 (vol. 3) I. Dubé, Amélie. Alliance. II. Titre. III. Titre : L'alliance. PS8607.U218S97 2013 jC843'.6 C2013-941703-6 PS9607.U218S97 2013
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PROLOGUE On avait installé l’enfant devant une croisée dont la vitre entrouverte laissait passer un air tiède et pur. Un doux clair de lune caressait le visage de l’enfant-dragon, Shara-Mel, une petite fille potelée de quelques mois, qui souriait dans son sommeil. Son berceau de bois, garni de draps et de coussins blancs, tanguait doucement, ballotté par le mouvement de la main qui le berçait : un tableau empreint de sérénité et de tendresse, mais… Les yeux noirs qui regardaient cette enfant n’avaient toutefois rien de bienveillant. La toge du mage qui se tenait là avait dû être blanche, il y avait longtemps. Le mage de Baldine, voilà ce qu’il avait été, mais le maître des terres de sable rouge en avait décidé autrement. Il ne serait plus le grand mage de ce royaume. Cette collaboration était terminée. Il était temps d’éliminer l’enfant-dragon. C’était la mission de Béroc, ancien grand mage. Il devait maintenant, avec une dague ensorcelée, poignarder en plein cœur ce petit être endormi. Il attendait ce moment depuis si longtemps. Enfin rejoindre le maître et acquérir le plus grand pouvoir : celui de la magie noire. Car, grâce à la possession du cœur du bébé, la puissance lui serait accordée. Il souleva la dague et prononça les mots dans la langue des anciens, cette formule apprise par cœur qui rendait la dague indestructible. Ek at iv, em deren treimaénonça le mage en s’élançant vers la petite poitrine qui se ! soulevait de façon régulière. Des étincelles jaillirent lorsque l’épée d’Alarik arrêta la dague à quelques centimètres de l’enfant, qui ne se réveilla pas. Un coup du revers de sa lame étincelante, et Béroc se trouva désarmé. La dague tomba au sol et glissa, pour se retrouver sous une table, hors de portée du mage. Alarik mit la pointe de son arme sous la gorge du mage et le menaça : — Si tu bouges d’un poil, tu meurs. — Je ne bougerai pas, répondit Béroc avec un sourire mielleux sur le visage. — Que fais-tu ici, mage de Baldine ? Pourquoi veux-tu t’en prendre à la vie de ma fille ? — C’est ma mission, chevalier Alarik. — Ta mission ? s’exclama ce dernier. Non, ta mission est de protéger et de prendre soin des gens de Baldine, comme ton serment de mage blanc t’y oblige. — Je ne suis pas un mage blanc ; plus maintenant, plus depuis longtemps… Ton enfant mourra, chevalier, je t’en fais le serment. Ces mots prononcés par un homme dont la traîtrise dépassait toute mesure ne firent qu’augmenter d’un cran la colère déjà impressionnante du jeune homme. Il pressa la pointe de son épée sur la gorge du mage, et une goutte de sang perla. Le sourire de Béroc s’accentua. Il dit d’un ton badin : — Tu ne peux pas me tuer, ni aujourd’hui ni jamais. Il faut un mage pour en tuer un autre. Mais souviens-toi de ceci : ton enfant est morte, ce n’est qu’une question de temps. Puis, dans un nuage opaque, le mage se dématérialisa et disparut, laissant dans son sillage une traînée noire et une odeur âcre de soufre. À cet instant, Illah entra dans la chambre en courant pour demander ce qui se passait. Alarik lui résuma la situation. La princesse regarda son mari dans les yeux. D’une main, elle s’accrochait, tétanisée par la peur, au torse de son époux, dont la respiration rapide trahissait la nervosité. La princesse posa son autre main sur la poitrine de sa fille, qui ne s’était aperçue de rien et qui dormait du sommeil de l’innocence. Illah dit à Alarik d’une voix chevrotante : — La vie de notre fille ne doit pas se dérouler ainsi. Vivre dans la peur ne sera jamais une option. Nous la formerons et lui apprendrons tout ce qu’il est possible de lui enseigner, mais nous ne lui dirons pas, enfin pas trop tôt, quel est son destin. Alarik prit son épouse dans ses bras, la serra très fort et lui demanda : — Es-tu certaine que ce soit la solution ? Ne serait-elle pas plus en sécurité en sachant ce
qui l’attend ? — Peut-être… mais je pense que le silence reste notre meilleur bouclier, pour l’instant du moins. Évitons de l’exposer au danger de sa destinée avant que cela ne soit absolument nécessaire. — D’accord, convint Alarik en serrant Illah plus fort dans ses bras. Nous la protégerons en l’empêchant de devenir une cible. Tu as raison, mon amour : personne, en dehors de notre famille, ne devra connaître la vérité concernant Shara-Mel. Quand elle sera plus grande, plus forte et prête à entendre la vérité, nous la lui révélerons… ou avant, si nous n’avons pas le choix. — Très bien, merci, dit la princesse, dont les yeux ne pouvaient quitter sa petite fille endormie. Dès les premières lueurs de l’aube, Illah et Alarik se rendirent dans les appartements privés du roi et de la reine. Ils leur racontèrent les événements de la nuit et leur firent promettre de garder le secret. En fait, le roi Ondier décida que tous ceux qui connaissaient la prophétie et son lien avec la petite fille devraient jurer de ne rien dire, sous peine de mort. Pour la sécurité de l’enfant, il devait en être ainsi. Toutefois, le roi insista pour prévenir Micnell de Baldine de la traîtrise de son mage. Misak désigna Jasper, son apprenti, comme messager, et lui donna une recommandation afin qu’il devienne le nouveau mage de Baldine, ce que Sybelle, grande maîtresse des mages blancs, approuva sans discuter ; elle était trop abasourdie par la traîtrise d’un de ses membres pour contester cette décision. Micnell ne fut pas ravi non plus. Sa colère résonna longtemps entre les murs des appartements privés du roi au palais de Baldine. Il ne revit jamais Béroc, et c’était probablement mieux ainsi. Le secret de l’enfant-dragon devait être préservé à tout prix. Le silence de Micnell était nécessaire. Il se vit contraint de se maîtriser. Ce qu’il n’aimait guère. Jasper prit ses nouvelles fonctions avec l’accord du roi de son nouveau royaume, et scella son serment par le sang en se tailladant la main gauche et en jurant fidélité à Baldine. Les semaines passèrent après la tentative d’assassinat de Shara-Mel, mais il fallut longtemps à Illah pour ne plus ressentir le besoin de tenir constamment sa fille dans ses bras. Alarik ordonna que le lit de l’enfant soit mis dans leur chambre ; il pourrait ainsi mieux la surveiller. Même si le secret devait être gardé, jamais les parents de la petite Shara-Mel ne pourraient oublier cette horrible nuit où leur enfant avait failli leur être enlevée à jamais.
CHAPITRE 1 Dix années s’étaient écoulées depuis la naissance de l’enfant-dragon. Le charmant petit bébé devant qui tout le monde s’extasiait était maintenant une enfant en pleine santé et d’une intelligence remarquable. Shara-Mel, qui signifiait « guide » ou « phare » en langue des dragons, était devenue une jolie princesse aux boucles blondes. Ses yeux vert émeraude, héritage de sa mère, brillaient comme la plus pure des pierres précieuses. De son père, elle avait hérité d’une grande taille pour son âge, ainsi que d’un sens de l’observation, de la réflexion et de la débrouillardise surprenant. L’enfant-dragon grandissait, ses traits potelés de fillette laissaient place à un visage plus féminin, plus… harmonieux. Sa beauté presque irréelle charmait quiconque la voyait. Sa peau d’albâtre, ses lèvres roses et sa démarche féline donnaient le ton à tout son être. Elle imposait le respect par sa simple présence. En apparence, elle était une parfaite petite princesse, une enfant heureuse et choyée. Toutefois, son quotidien n’avait rien de commun avec celui des autres princesses de Kianah. Tous les matins, depuis sa tendre enfance, Shara-Mel était éduquée d’une façon toute spéciale : on lui enseignait les langues, la géographie, l’histoire, mais aussi le combat. Son maître d’armes, Édouard, le cousin de la princesse Illah, se révéla d’une patience et d’une discrétion absolues. L’enfant ne savait pas pourquoi tous ces entraînements et cet enseignement lui étaient prodigués, mais étant de nature curieuse et aimant les défis, elle ne refusait jamais rien. Tout était important ; elle était intelligente et retenait bien les leçons. Elle avait aussi une habileté hors du commun en matière de bataille. Ses progrès dans ce domaine étaient stupéfiants. Même si elle n’avait pas vraiment d’ami, son horaire était si rempli qu’elle ne s’apercevait pas vraiment que sa vie n’avait rien de comparable à celle des autres enfants de Kianah. Et heureusement, elle n’était pas seule. La princesse Illah et son époux, le conseiller Alarik, avaient eu deux autres enfants. Des garçons. L’aîné, Lucas, d’un an plus jeune que Shara-Mel, suivait pratiquement les mêmes leçons. Il était son plus fidèle ami, et sa loyauté n’avait pas d’égal. Il avait hérité des yeux à la couleur changeante de son père, ainsi que de sa haute stature. Même s’il était plus jeune que sa sœur, il était un peu plus grand qu’elle, ce qui l’amusait beaucoup. Il avait hérité du tempérament un peu plus emporté de sa mère, ce qui lui occasionnait souvent des ennuis. Son esprit vif et son sens de la répartie le sortaient souvent des situations problématiques dans lesquelles il se trouvait. Quand ces qualités ne suffisaient pas, il pouvait compter sur sa grande sœur pour le soutenir. Entre Lucas et Shara-Mel, le lien fraternel était plus solide que le roc. Et ce qui les unissait plus que tout, si cela était possible, c’était l’amour inconditionnel qu’ils portaient tous deux à leur jeune frère, Liam. Liam n’avait que six ans et en était encore aux rudiments du combat, mais il apprenait très vite pour un enfant aussi jeune, même s’il préférait de loin l’étude des livres, comme son oncle Mika. Physiquement, Liam était la copie conforme de son père. Une version miniature d’Alarik. Toutefois, son caractère était très semblable à celui de Mika. Calme, posé, silencieux et patient, le petit garçon écoutait tout ce qu’on lui disait, mais restait toujours un peu en retrait, derrière son frère et sa sœur. S’il lui arrivait de se retrouver dans le pétrin, les problèmes ne venaient pratiquement jamais de lui. Il suivait pas à pas ses aînés, même quand il ne le fallait pas. Il était le cadet, l’enfant chéri de tous et le membre paisible du trio, qui calmait les ardeurs de ses aînés. Illah disait souvent que de ses trois enfants, Liam avait été le seul à ne pas pleurer en venant au monde. Il lui avait simplement souri, avant de s’endormir dans ses bras. Les trois enfants de la princesse étaient unis par le sang autant que par l’amour fraternel. Alarik disait quelquefois qu’ils étaient les trois morceaux d’une seule pièce, en parfaite symbiose. Il n’y avait jamais de
conflit entre eux, ni de bataille ou de coup bas. Une fratrie unie dans un monde qui en avait bien besoin. Illah regardait ses enfants se battre avec des épées de bois et se remémorait l’époque où c’était elle qui se battait dans ce champ, entourée de gardes qui n’auraient jamais osé lever la main sur elle. Depuis cette époque, les temps avaient beaucoup changé. Elle s’était mariée, avait eu des enfants et accomplissait maintenant une bonne partie du travail dans la famille royale. Les responsabilités inhérentes à son rang ne lui laissaient que peu de temps avec sa famille. De plus, son époux, Alarik, était devenu membre du conseil après le décès de Lord Béron, le ministre de la Guerre. Le roi Ondier avait nommé son gendre pour reprendre le flambeau. Avec le temps, la princesse Illah s’était elle aussi vue gratifiée de nouvelles responsabilités. Éthan, le général en chef des armées de Ganthal, avait fait d’Illah son bras droit. Bien sûr, plusieurs soldats avaient rechigné plus ou moins fort contre cette nomination, car, bien qu’Illah fût la fille du roi et une soldate aguerrie, elle n’en était pas moins une femme, ce qui, dans la mentalité du peuple, faisait de vous une personne non qualifiée pour ce genre de poste. Mais la princesse n’en avait cure. Elle aimait le combat et avait un talent naturel de meneuse. Elle était à sa place dans l’armée, aux côtés de son oncle, et ne se gênait pas pour remettre à leur place ceux qui avaient l’audace de lui manquer de respect ; ce qui n’arrivait pratiquement plus, surtout depuis qu’elle avait battu en combat singulier un capitaine un peu trop audacieux dans ses gestes et ses paroles. Un respect empreint d’une certaine crainte s’était installé entre la princesse guerrière et ses soldats. Il s’était écoulé une décennie depuis la bataille de la mer du Nord. Le roi Trévor et son armée se tenaient tranquilles à présent. Personne ne savait vraiment pourquoi, mais ce répit était le bienvenu, car les pertes de vies, les sanglantes batailles et les privations avaient fatigué le peuple et ses dirigeants. Une accalmie permettait à tous de guérir les blessures, aux enfants de grandir, aux soldats de se préparer. Car, même si le calme était revenu au Ganthal, tous savaient que les combats reprendraient tôt ou tard. Personne ne baissait complètement la garde, car tous se demandaient silencieusement quand recommencerait la guerre. Elle n’était pas terminée ; simplement différée. L’attente, pour tous les soldats, mettait leurs nerfs à l’épreuve. Mais on ne se laissait pas démonter pour autant. L’attente permettait de se préparer. Ce jour frais d’automne au Ganthal commença comme tous les autres. On préparait les caisses de provisions pour le peuple qui cultivait la terre et qui vivait loin de la capitale, Èrèmonta. Tradition oblige, les dames de la famille royale se rendaient, comme à leur habitude, faire la visite des récoltes. À ce voyage participaient la reine Iza-Mel, Illah, Shara-Mel, Lucas et Liam. Pour eux, c’était un répit. Iza-Mel sortait enfin de son bureau, qu’elle ne quittait presque jamais, trop prise par les affaires d’un royaume en plein essor. Illah laissait derrière elle ses responsabilités de bras droit du général Éthan. Cette visite lui pesait lorsqu’elle était plus jeune ; maintenant, elle la soulageait, lui permettant de prendre l’air et de sortir du château. De plus, elle passait du temps avec ses enfants, qui, comme elle, en avaient bien besoin. Le voyage dans la voiture tirée par quatre superbes chevaux laissait tout le loisir aux trois enfants de se reposer, d’admirer le paysage, les terres de ce royaume qui était le leur et qu’ils ne voyaient pas souvent. Shara regarda les arbres magnifiques, habillés de leurs couleurs d’automne, se balancer lascivement au gré d’une légère brise. Son esprit vagabondait à peine : elle se reposait, ce qui était si rare. Liam somnolait à côté de sa sœur, un livre sur les genoux. Lucas, pour sa part, frétillait, impatient, coincé dans cet espace réduit. Illah le regarda avec tendresse avant de lui répéter pour la dixième fois qu’ils allaient bientôt faire une halte et qu’il pourrait dépenser son énergie débordante à loisir.