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L'Astrothèque

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Description

Années 2050.

Alfonse Zilberg, l'un des meilleurs astrophysiciens de son temps, vient de prouver la véracité du système astrologique et devient le père d'une théorie sur l'astrogénétique. L'État français lui demande de paramétrer une machine révolutionnaire, l'Astrothèque, dont le but est l'anticipation des crimes. Destinée est l'intelligence artificielle chargée de faire les prévisions, Julien Spike, l'un des « anticipateurs » qui veille à ce que les prévisions ne se réalisent pas.

Son destin va être lié à celui de Sandra Mary, une citoyenne ordinaire qui entre dans une profonde dépression et qui entame des séances d'hypnose pour aller mieux.
Échapperont-ils à la Grande prévision ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9791034811472
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Hélium 3
1 – L’astrothèque





Max Donhem


Hélium 3
1 – L’astrothèque


Couverture : Chloé S.


Publié dans la Collection Imaginaire




© Evidence Editi o n s 2019%
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Note de l’éditeur

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Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière
de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique,
malvoyant, braille et audio.
Tout notre professionnalisme est mis en œuvre pour que votre lecture soit des plus confortables.

En tant que lecteur, vous découvrirez dans nos di érentes collections de la littérature jeunesse, de la
littérature générale, des témoignages, des livres historiques, des livres sur la santé et le bien-être, du policier,
du thriller, de la littérature de l’imaginaire, de la romance sous toutes ses formes et de la littérature érotique.
Nous proposons également des ouvrages de la vie pratique tels que : agendas, cahiers de dédicaces, Bullet
journal, DIY (Do It Yourself).

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Ce roman de science- ction et d’anticipation s’inspire des théories astrologiques et d’une branche
particulière de l’hypnose qui s’appelle l’hypnose spirituelle.



À ma petite étoile, Louise.



À Jean-Pierre B.

Si nos chemins ne s’étaient pas croisés, ce livre n’aurait sans nul doute jamais vu le jour. En espérant que nos
routes se croiseront à nouveau un jour dans l’Ailleurs. Merci pour cette transmission qui représente l’une des
choses les plus intéressantes que j’ai été amené à connaître.



Nous menons notre vie quotidienne sans presque rien comprendre au monde qui est le nôtre. Nous accordons
peu de pensées à la machinerie qui engendre la lumière du Soleil, rendant ainsi la vie possible, à la gravité qui
nous colle à la Terre, qui autrement nous enverrait tournoyer dans l’espace, ou aux atomes dont nous sommes
faits et dont la stabilité assure notre existence.

Stephen Hawking, Une brève histoire du temps.
PROLOGUE

Naissance de la matrice



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Juste avant



L’Univers tient en un point de l’espace, in niment chaud, in niment dense, in niment petit. La
température atteint des milliards de milliards de degrés. Aucune conscience ne pourrait imaginer une telle
densité, une telle accumulation d’éléments, une telle chaleur dans un endroit si restreint. Ce point n’est pour
le moment pas compatible avec l’existence. Il contient seulement les ingrédients et la potentialité de la vie.

À cet instant, toutes les possibilités semblent envisageables concernant l’évolution de cette minuscule
sphère. Des millions voire des milliards d’univers di érents sont susceptibles d’en sortir. On ne sait pas trop
si c’est Dieu ou le hasard qui a tranché, mais un modèle est nalement choisi. Le monde matériel sera
construit à partir d’une douzaine de particules qui seront elles-mêmes gouvernées par quatre forces
fondamentales. Elles contiendront le monde et son évolution et personne ne pourra les modi er. Le destin
des êtres humains y est déjà intégré. Il n’y a plus de place pour le hasard.
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Big bang



Il y a 13,7 milliards d’années
La minuscule sphère explose et libère ce qu’elle contient à l’image d’un ballon de baudruche rempli d’eau
que l’on compresse et qui explose. L’Univers ne connaîtra jamais d’explosion si puissante. C’est comme si
cette sphère se désorganisait avec violence pour mieux s’organiser par la suite. Le monde se met en place sous
la dictature de la physique et des mathématiques. C’est comme un rouage dont l’issue est déterminée à
l’avance. Quelque chose dont le devenir est impossible à modi er. Une progression programmée dans une
interaction à en perdre la tête : tout interagit avec tout, tout est le résultat des autres paramètres.

La chaleur perd alors rapidement de son intensité, mais l’énergie est encore trop puissante pour que les
quatre forces fondamentales puissent s’individualiser et s’exprimer.

Un peu moins de deux minutes après le big bang, la température de l’Univers chute à un milliard de
degrés, ce qui permet alors à l’une des quatre forces fondamentales, la plus puissante des quatre, d’en n
commencer son travail de construction du monde. Les protons et les neutrons ne peuvent alors plus
échapper à l’énergie nucléaire forte qui doit les unir. Ils s’attirent puis se combinent inévitablement, car ils
possèdent déjà en eux cette force d’attraction intrinsèque. Un neutron se combine à un proton formant un
1noyau d’hydrogène lourd . Puis deux neutrons vont se combiner à deux protons pour former un noyau
d’hélium. Les noyaux commencent à se constituer en quantité astronomique dans l’Univers.

Mille ans après l’explosion, l’Univers continue son expansion et la température globale baisse encore. La
température devient assez basse – quelques milliers de degrés – pour qu’une deuxième force fondamentale
puisse s’exprimer à son tour : la force électromagnétique. Les noyaux et les électrons ne peuvent également
plus lutter contre leur attraction mutuelle. Les premiers atomes, constitués de noyaux et d’électrons, font
leur apparition.

Au cours du temps, les volumes de gaz d’hydrogène et d’hélium se trouvant dans les galaxies se sont
fragmentés en plus petits volumes. La force gravitationnelle les attire, les condense et, pendant cette
contraction, la température prend une nouvelle ascension. Ceci a pour conséquence de déclencher la force
nucléaire faible qui n’est rien d’autre qu’un mécanisme de fusion nucléaire se démarrant dans le cœur de ces
immenses boules de gaz. L’hydrogène primitif est alors converti en hélium, qui devient quantitativement
plus important. L’hydrogène brûle tranquillement pendant des milliards d’années. C’est ainsi que l’Univers
accouche de ses premières étoiles qui commencent à envoyer dans toutes les directions leurs grains de
lumière à la vitesse de 299 792 458 mètres par seconde. Chacun de ces grains porte en lui la promesse de la
vie, car il contient à la fois le potentiel de la lumière et de la chaleur. C’est comme un feu qui commence à
faire démarrer le rouage de la vie. L’Univers s’allume donc en tous points comme si on allumait, çà et là, des
bougies pour éclairer son immense pénombre dont il est impossible de mentaliser sa dimension exacte.Autour de chaque étoile gravitent et tournent des planètes avec un rythme précis, invariable, immuable,
beaucoup plus précis que la meilleure des horloges.



PARTIE 1



Insensé est celui qui désire le bien d’autrui.
Mérikarê II



Temple d’Hathor



Premier siècle av. J.-C.
Une année se terminait et une autre commençait à Dendérah, en Égypte, comme partout ailleurs sur
Terre. C’était le jour du Nouvel An. La statue d’Osiris était entreposée avec sa barque processionnaire dans le
naos, c’est-à-dire dans la partie la plus sacrée du temple d’Hathor. Pour l’occasion, la statue du dieu venait
d’être embellie et fardée de bijoux précieux. Les prêtres soulevèrent la barque et la portèrent sur leurs épaules,
puis la procession démarra. Avec leurs - dèles, ils se rendirent au centre du temple, dans la salle des o. randes,
d’où partaient deux escaliers en colimaçon de forme carrée qui menaient au toit-terrasse. Ce dernier
possédait six chapelles consacrées à Osiris. L’une d’elles possédait une authentique relique du dieu. Une autre
présentait sur son plafond un volumineux disque zodiacal. Le cortège emprunta l’un des deux escaliers qui
possédaient des bas-reliefs où avaient été sculptées des représentations de la procession.

Une fois apportée en haut, la statue fut entreposée dans un kiosque spécialement conçu pour la recevoir.
Ce dernier comprenait douze colonnes comme les douze mois de l’année et, à chaque point cardinal, se
trouvait le visage d’Hathor, le fils d’Osiris.

C’était l’aurore. Les prêtres égyptiens procédaient alors à la présentation de la statue aux premiers rayons
du soleil pour réaliser le rituel de « l’union au disque » pendant lequel le dieu était censé capter l’énergie
universelle renaissante.

Alors que les premiers rayons du soleil arrivaient, les Égyptiens présents se prosternèrent en guise
d’adoration devant leur dieu.
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Armée napoléonienne



Année 1799
Les soldats de l’armée napoléonienne, armés de leur fusil et trop chaudement vêtus à cause de leur tenue
militaire, semblaient exténués. Ils étaient habillés avec une veste en drap de laine bleue munie de boutons en
laiton et de parements de manche et de col rouges, d’un plastron blanc et d’un chapeau noir. L’habit n’était
pas de circonstance au regard de la chaleur caniculaire qui régnait dans le désert d’Égypte. Le sac à dos qu’ils
portaient sur leurs épaules alourdissait leur fardeau.

Après une longue marche rendue di cile par le sable, le soleil écrasant et la restriction d’eau imposée par
ce milieu hostile qui ne délivrait point d’eau potable, la division égyptienne de l’armée napoléonienne, dirigée
par le général Desaix, arriva en n de journée à Dendérah. Dendérah était une petite ville située sur la rive
2ouest du Nil, à une cinquantaine de kilomètres de èbes . La fatigue et le manque d’eau furent vite oubliés
lorsque les soldats aperçurent le temple d’Hathor. Ils furent tellement subjugués par la beauté du lieu qu’ils
ne purent s’empêcher d’applaudir à plusieurs reprises lorsqu’ils virent pour la première fois l’imposant édi ce.
Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient, ils purent observer de plus près les vingt-quatre énormes colonnes
qui soutenaient le portique du temple. Chacune de ces colonnes se terminait par un étrange chapiteau où
avait été sculptée une volumineuse tête de femme avec une coi e égyptienne et des oreilles de génisse.
Audessus de ces têtes se trouvaient dessinés des personnages évoquant des divinités égyptiennes. Sur le reste des
colonnes, mais aussi sur les murs et le plafond de cette salle hypostyle, une multitude de caractères
hiéroglyphiques avaient été sculptés. Le moindre espace avait été utilisé pour graver tous ces mystérieux
3caractères dans la pierre. Après des siècles d’abandon , le sable était devenu le maître des lieux et s’était
largement in ltré entre les colonnes, rendant la déambulation impossible dans cette enceinte. Mais le temps
n’avait pas eu raison des brillantes couleurs émanant des hiéroglyphes qui étaient encore visibles dans les
parties supérieures. L’ensablement était tel que la troupe renonça à tenter la moindre exploration à l’intérieur
du temple qui recelait sans doute des trésors inestimables, mais devenus inaccessibles.

En sortant du portique, les soldats prirent sur la droite et constatèrent qu’un amas de décombres
entourait les colonnes extérieures du temple. Ces décombres formaient une pente assez marquée qui
permettait d’atteindre la partie supérieure de l’édi ce en les gravissant. Ils les arpentèrent et sautèrent sur ce
qui était nalement un toit-terrasse. De là, la vue était impressionnante et s’étalait sur trois cent soixante
degrés. Ils pouvaient ainsi jouir d’une vue panoramique sur le désert et sur une palmeraie qui se trouvait en
contre-haut. Ils restèrent un instant à scruter l’horizon qui leur donnait la possibilité de voir un paysage si
différent de Paris. Le général Desaix, responsable de l’infanterie, était monté à son tour.
— La vue d’ici est magni que. Notre e ort a été récompensé. C’est là que nous établirons notre
garnison !
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Des scienti ques avaient pris part à l’expédition d’Égypte. Parmi ceux-ci se trouvait Dominique Vivant,
autrement appelé baron Denon, qui était à Paris le directeur général des musées et organisateur du Musée du
Louvre. Il avait intégré l’expédition d’Égypte pour réaliser des croquis des parties les plus intéressantes des
monuments que la troupe visiterait. C’était en quelque sorte le dessinateur du groupe. Denon t tout le tour
du toit-terrasse et son regard se posa sur une sorte de kiosque à ciel ouvert qui possédait douze colonnes. Puis,
à un autre endroit, il s’aperçut qu’il y avait un large ori ce rectangulaire sur le sol du toit-terrasse qui donnait
en fait sur une petite cour intérieure dont le sol se trouvait à un niveau inférieur. Il s’adressa aux soldats qui
l’avaient suivi :
— Restez là, je vous en prie. Je vais avoir besoin de vous tout à l’heure pour remonter.

Denon s’agrippa dans un premier temps sur les murs qui délimitaient cette cour et se laissa tomber. Il
constata que se dressait face à lui un mur sur lequel se trouvait une porte entourée de deux fenêtres. Il en
conclut que cette cour débouchait sur une petite salle. Il ne le savait pas encore, mais il s’agissait de l’une des
six chapelles qui se situaient sur le toit-terrasse et qui étaient dédiées à Osiris. Il y pénétra et, bien sûr, la salle
était vide de tout objet antique. Mais son regard fut vite attiré par le plafond, plus foncé, qui était
entièrement recouvert de motifs égyptiens. Sur la partie droite du plafond était représenté le corps déformé
4de la déesse Nout qui encadrait quatorze petites barques, symbolisant les quatorze parties du corps d’Osiris
5après qu’il fut assassiné et démembré par son frère Seth . À gauche se trouvait un volumineux planisphère
qui était encadré par des lignes en forme de « zigzags » qui ressemblaient à des vagues ou plutôt à des ondes
célestes. Le disque zodiacal et les barques étaient séparés, au centre du plafond, par une grande gure de
femme.
— Je n’ai jamais rien vu d’aussi incroyable, pensa Denon. Nous sommes ici dans le sanctuaire des arts et
des sciences ! Les Égyptiens sont vraiment des géants !

Il informa le général Desaix de cette découverte qu’il vint voir aussitôt par lui-même.
— C’est une pièce étonnante, sans doute révélatrice de quelques mystères. Vous savez ce qu’il vous reste à
faire, monsieur Denon !

Avant de repartir, Denon réalisa dans les jours qui suivirent plusieurs dessins du temple, dont un du
zodiaque circulaire qu’il conserva précieusement dans ses a aires pour le rapporter à Paris. La division quitta
les lieux sans que ce temple ait pu livrer tous ses mystères à cause de l’ensablement.
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Arrivée du zodiaque à Paris



Année 1800
Alors même que la copie du zodiaque de Denon n’était pas encore publiée, tous ceux qui avaient participé
à la campagne d’Égypte s’empressèrent de faire connaître à leur retour les observations qu’ils avaient pu faire
sur les magni ques temples égyptiens. Bien vite, on ne parla plus à Paris que du zodiaque de Dendérah. Le
baron Denon publia une planche du zodiaque en 1802. À son sujet, tout devint matière à discussion : on
débattait, on polémiquait, on cherchait à imposer sa vérité. Les opinions divergeaient et s’opposaient en tous
sens concernant l’origine historique, astronomique et religieuse de l’édi ce. Et alors qu’on ne possédait
encore aucune copie valable, réellement véri ée, des théories sur sa signi cation et son âge 1eurissaient en
grand nombre. L’intérêt pour cette pierre et ce qui était gravé dessus prit une proportion inattendue. Du fait
de la tournure que prenait cette a2aire culturelle et scienti que, il devenait urgent de tenter de ramener
l’original en France d’autant plus qu’on ne possédait qu’une seule copie et que des doutes circulaient sur
l’exactitude de la reproduction du baron Denon. En 1820, après une vingtaine d’années de débat et de
discussion, l’ancien commissaire général de police et préfet, Sébastien Louis Saulnier, qui s’était nalement
tourné vers la littérature et les sciences, demanda à M. Lelorrain de ramener le disque céleste en France
devenu un enjeu national. Il engagea d’importants frais qui étaient proportionnels à la célébrité de cet objet
culturel.

M. Lelorrain partit au début du mois d’octobre 1820 pour rejoindre Alexandrie, muni de tous les
instruments nécessaires à l’enlèvement du planisphère. Après un travail de labeur, le zodiaque circulaire
rejoignit Paris en janvier 1822. Il fut nalement acheté à moitié par le monarque de l’époque, Louis XVIII, et
à moitié par le ministère de l’Intérieur puis rejoignit définitivement le Musée du Louvre un siècle plus tard en
1922, après avoir quitté la Bibliothèque Nationale où il avait été initialement installé.
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La dissociation



Di érentes théories furent avancées concernant l’ancienneté du zodiaque même avant l’arrivée de ce dernier
sur le sol ançais. Certains pensaient qu’il datait de l’époque gréco-romaine. Pour eux, il était inconcevable que
les anciens Égyptiens aient pu maîtriser l’astrologie avant les Grecs. D’autres dataient le zodiaque à plusieurs
milliers d’années av. J.-C. Il y avait donc les partisans d’une chronologie ancienne et ceux d’une chronologie
récente. Des centaines de mémoires furent écrits à ce sujet, défendant l’une ou l’autre thèse. Il faut rappeler que,
quand le zodiaque de Dendérah arriva à Paris, Champollion venait tout juste de découvrir le système de
déchi rage des hiéroglyphes. Mais l’a aire du zodiaque commença à poser un problème lorsque certains
soulevèrent l’idée qu’il remontait à 7  000, voire 12  000 ans avant la naissance du Christ. Selon les
interprétations faites de l’Ancien Testament à cette époque, la création de la Terre remontait à l’an - 2349. Les
partisans d’une chronologie ancienne devinrent donc vite les ennemis de l’Église catholique qui risquait d’être
discréditée si ces dates anti-bibliques étaient avérées. L’archevêque de Paris, à cette époque, fut un fervent
critique des conclusions de tous ces savants.

Les années qui précédèrent l’arrivée du zodiaque à Paris avaient vu naître un sursaut, une rébellion
intellectuelle à l’image des prémices d’une étoile qui prend vie et qui va briller. C’était le début du siècle des
6Lumières et de sa philosophie révolutionnaire. S’était alors développée, parmi les classes favorisées et
intellectuelles, la remise en cause de l’Église et de son intolérance en même temps que celle de la monarchie. Les
mœurs se libérèrent, le libertinage apparut. L’athéisme gagna du terrain ainsi que le déisme qui a rmait
l’existence d’un Dieu à l’origine de la création de l’Univers sans s’appuyer sur des textes sacrés et sans dépendre
d’une quelconque religion ou tradition. Dans cette vision, les caractéristiques du monde et la volonté de Dieu
devaient être comprises par l’e ort intellectuel et le savoir de la science. Il s’agissait d’une sorte de croyance
individuelle et irréligieuse avec une relation directe à Dieu. Les philosophes et intellectuels encourageaient donc
la science par l’échange intellectuel, s’opposant à la superstition, aux intolérances et aux abus de l’Église et de
l’État.

Le vent tourna ainsi pour l’Église. Un concordat, le Concordat de 1801, créa de nouvelles relations entre
l’État ançais et la papauté, qui engendra une réorganisation de la hiérarchie catholique en France. Après la
Révolution ançaise de 1789, les ecclésiastiques avaient dû prêter serment de Adélité à la Constitution, s’ils
voulaient échapper à la guillotine. C’est Bonaparte, jadis premier consul, qui entama des négociations entre le
gouvernement de Paris et de Rome pour rétablir la paix religieuse. L’État devint alors neutre vis-à-vis des
religions et les ministres des cultes (évêques, prêtres…) ne furent plus rémunérés par l’État. L’Église devint
contrainte d’accepter la pluralité religieuse, la religion catholique n’étant plus la religion d’État, mais la religion
de la majorité des Français, ce qui devint une grande nuance. C’est dans ce climat politico-religieux, qui dura de
1801 à 1905, que la France hérita de la loi de 1905, c’est-à-dire de la loi de séparation des Églises et de l’État.

Bien que, concernant le zodiaque de Dendérah, ni les scientiAques ni les religieux de l’époque n’aient euerraison puisque la carte du ciel du zodiaque de Dendérah remontait au 1 siècle av. J.-C. et que l’origine de la
Terre remontait à 4,5 milliards d’années av. J.-C., la polémique qu’avait soulevée l’étude du zodiaque égyptien
par les savants du XIXe siècle était un élément de plus qui vint alimenter les prémices de la laïcité et de la rupture
entre l’Église et l’État…
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Conciliabule



Des religieux étaient assis autour d’une table rectangulaire sur laquelle un cierge était en train de brûler.
La pièce dans laquelle ils se trouvaient, également de forme rectangulaire, n’était rien d’autre qu’une crypte. À
l’une des extrémités de celle-ci se trouvait un large escalier semi-hexagonal qui permettait d’accéder à ce lieu
tenu secret. À l’autre extrémité se trouvait une sorte de tombeau en pierre qui devait de toute évidence
renfermer des reliques. Au-dessus de ce dernier se trouvait une fenêtre qui laissait passer la lumière du jour et
qui apportait un peu de clarté à la pénombre du lieu. Sur les côtés, il y avait plusieurs colonnes avec des
chapiteaux sculptés qui décrivaient diverses scènes religieuses. Celles-ci étaient reliées entre elles par des arcs
de pierre de style roman. L’un des religieux, qui devait de toute évidence être le supérieur, était en train de
s’adresser aux autres qui semblaient l’écouter avec attention. La gravité qui se lisait sur leur visage était sans
doute accentuée par les variations d’ombres qui suivaient l’éclairage mouvant de la flamme de la bougie.
— La loi de séparation de l’Église et de l’État est un coup dur pour l’Église catholique qui est en train de
perdre son in uence. Il nous faut réagir de toute urgence. Le zodiaque de Dendérah n’est rien d’autre qu’un
objet de Satan. Savez-vous quelle est la caste la plus dangereuse pour l’Église ? demanda-t-il aux autres
religieux.
— Celle des politiques ! Ce sont eux qui ont généré le schisme entre l’Église et l’État.
— Non. C’est celle des scienti ques. Si nous ne faisons rien, la science engloutira la religion. Certains
scientifiques sont les antéchrists de demain. Il nous faut agir vite.
— Mais que faire ?
Le supérieur se leva et marcha en direction de la fenêtre qui se trouvait au-dessus du tombeau. Il tournait
le dos à son auditoire et son regard se porta en direction de la lumière comme s’il cherchait le secours de la
puissance divine.
— Comme vous le savez, je viens de rentrer d’Italie, où je me suis entretenu avec le Saint-Père. Nous
allons créer une cellule secrète internationale qui portera le nom de cellule Hadès. Chaque pays aura sa
propre cellule.
— Quel sera son rôle ?
— D’éviter justement que ces antéchrists ne nuisent à l’Église…



PARTIE 2



Si des gens dont l’instruction laisse à désirer ont cru pouvoir, jusqu’à ces derniers temps, se moquer de
l’astrologie, la considérant comme une pseudoscience liquidée depuis longtemps, cette astrologie, remontant des
profondeurs de l’âme populaire, se présente aujourd’hui aux portes de nos universités qu’elle a quittées depuis
trois siècles.

Carl Gustav Jung.