L’enquête

L’enquête

-

Français
658 pages

Description

Un convoi qui devait demeurer secret est attaqué ; sa cargaison, volée; ses occupants, tous tués. Devant l’urgence de la situation, le Roi Élias, suzerain du Royaume d’Atride, n’a d’autre choix que de faire appel à ses deux meilleurs enquêteurs afin de retrouver rapidement la trace de l’important chargement. Accompagnés de Kéros, un jeune enquêteur en devenir extrêmement brillant, ils s’apercevront rapidement que
ce vol n’est que la pointe de l’iceberg; l’investigation sera beaucoup plus complexe et surtout, plus dangereuse qu’escompté.
Les enquêteurs pourront néanmoins compter sur l’aide inespérée d’un demi-géant au sens de l’humour particulier, ainsi que celle d’un ex-assassin à la retraite, entre autres, pour leur prêter main forte tout au long de leur périple truffé de bandits, de minotaures, et de créatures meurtrières, sans nom et sans pitié. De chacune des décisions qu’ils prendront pourrait dépendre le sort du Royaume, et qui sait, peut-être même du monde de Minerun tout entier.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 juillet 2018
Nombre de lectures 1
EAN13 9782897865207
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Copyright © 2018 Daviq Béqarq Copyright © 2018 Éqitions AqA Inc. Tous qroits réservés. Aucune partie qe ce livre ne peut être reproquite sous QuelQue forme Que ce soit sans la permission écrite qe l’éqiteur, sauf qans le cas q’une critiQue littéraire.
Éqiteur : François Doucet Révision éqitoriale : L.P. Sicarq Révision linguistiQue : Féminin pluriel Correction q’épreuves : Nancy Coulombe, Émilie Leroux Conception qe la couverture : Mathieu C. Danquranq Photo qe la couverture : © Getty images Mise en pages : Sébastien Michauq ISBN papier 978-2-89786-518-4 ISBN PDF numériQue 978-2-89786-519-1 ISBN ePub 978-2-89786-520-7 Première impression : 2018 Dépôt légal : 2018 BibliothèQue et Archives nationales qu uébec BibliothèQue et Archives nationales qu Canaqa
Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (uébec) J3X 1P7, Canaqa Téléphone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com
Diffusion Canaqa : Éqitions AqA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. qes Bogues 31750 EscalQuens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 BelgiQue : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
Participation qe la SODEC. Nous reconnaissons l’aiqe financière qu gouvernement qu Canaqa par l’entremise qu Fonqs qu livre qu Canaqa (FLC) pour nos activités q’éqition. Gouvernement qu uébec — Programme qe créqit q’impôt pour l’éqition qe livres — Gestion
SODEC.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Béqarq, Daviq, 1982-, auteur
Minerun / Daviq Béqarq. Sommaire : tome 1. L’enQuête. Public cible : Pour les jeunes qe 13 ans et plus. ISBN 978-2-89786-518-4 (vol. 1) I. Béqarq, Daviq, 1982- . EnQuête. II. Titre.
PS8603.E424M56 2018 PS9603.E424M56 2018
jC843’.6
C2018-940321-7
À ma sœur Audrey, ma complice de toujours
« Au royaume du perfide, au royaume de l’infâme L’âme corrompue est plus vile que la plus vile des âmes. »
e — Adasse, 1119 année, fin de la septième ère
Chapitre 1
STILPHORITE
e tonnerre grondait. Partout au-dessus du village, des éclairs traversaient le néant L à répétition, accompagnés d’assourdissants roulemen ts, comme si le ciel lui-même allait bientôt s’effondrer — ciel qui avait lui-mêm e disparu, d’ailleurs, entièrement tapissé par la noirceur de l’orage qui sévissait de puis maintenant sept jours entiers. Depuis le début de la tempête, les habitants demeur aient cloîtrés chez eux, les chemins et les routes n’étant plus à présent que d’ immenses ruisseaux de boue. À l’extérieur, les rues étaient désertes, à l’excepti on d’une poignée de courageuses âmes bravant occasionnellement la tempête afin d’aller s e procurer quelques vivres essentiels dans l’un ou l’autre des rares commerces toujours ouverts. Le village de Stilphorite, pourtant très animé d’or dinaire, s’était endormi très tôt ces derniers jours. L’heure du souper était à peine pas sée que déjà, plus rien dehors ne bougeait, alors qu’à l’intérieur des logis, les lan ternes étaient toutes éteintes. Pourtant, quelque part entre le cœur et les limites du villag e, une lueur demeurait perceptible à l’intérieur de l’une de ces maisons. Âgée mais soli de, elle était l’une des rares habitations encore intactes. L’eau s’abattait sur l e toit avec force, et les vents violents faisaient trembler chacune des fenêtres, sans pour autant qu’elles ne cèdent. De l’autre côté de l’une de ces fenêtres, des ombres s’agitaie nt. — Bon, il ne manquait plus que ça ! s’exclama Kéros en fixant le plafond, tout juste après avoir senti une gouttelette d’eau lui tomber sur la tête. Quoique, vu l’âge de cette maison, je suis presque surpris qu’il ait fallu sep t jours de tempête avant que l’eau ne réussisse finalement à se faufiler par une brèche. Il tenta de trouver l’emplacement exact de la fissu re, mais le manque de clarté et la hauteur du plafond l’empêchaient de la situer. — Marcus, tu voudrais bien m’apporter le tabouret, s’il te plaît ? Il est juste derrière toi, près de la porte, demanda Kéros en continuant de fixer au-dessus de lui. Il n’obtint aucune réponse et n’entendit personne b ouger derrière lui. Au bout de quelques secondes, il fronça les sourcils et se ret ourna. Devant lui, son vieil ami était toujours assis à la table de la cuisine et n’avait nullement bronché, le nez fourré dans l’un des nombreux manuscrits éparpillés autour de l ui. Marcus était beaucoup plus âgé que lui. Au premier regard, on ne lui donnait pas plus d’une soixantaine d’années. En réalité, il ava it bien plus que cela, car Marcus était un elfe, et ici, les elfes vivaient plus vieux que les hommes, tout comme ils vieillissaient beaucoup moins rapidement. Quoi qu’il en soit, même s’il était âgé, il n’était pas sourd pour autant, bien au contraire. Seulement, lorsqu’i l était plongé dans sa lecture, pratiquement rien au monde ne pouvait parvenir à br iser sa concentration. Kéros le savait bien. — Laisse, j’y vais. Oh, et puis non, je n’ai pas la tête à bricoler, je suis trop fatigué. Une cruche vide sous la fuite, et hop, on remet tou t ça à demain. Il tombe une goutte à la minute, de toute façon. Pas de danger que nous s oyons inondés. — Oui, rien ne presse, répondit finalement Marcus s ans pour autant quitter son ouvrage des yeux. — Ma parole, mais c’est qu’il est toujours en vie c elui-là ! J’ai cru pendant un instant que tu nous avais quittés. Lorsque tu dis « rien ne presse », tu fais allusion au toit qui
fuit, ou au temps que tu as mis pour me répondre ? se moqua Kéros. Marcus déposa alors le livre qui lui cachait la pre sque totalité du visage. Il avait de longs cheveux, lisses et grisonnants, noués derrièr e sa tête en queue de cheval, d’épais sourcils et deux ou trois légères cicatrice s qui résultaient des nombreuses aventures auxquelles il avait pris part à une époqu e où il était encore jeune. Les elfes possèdent habituellement de fins traits, mais les s iens étaient un peu plus durs que la moyenne. Il portait de minces lunettes de lecture, ainsi qu’une longue toge grisâtre et bleutée. — Tu m’excuseras si je suis un peu lent à répondre. C’est que je suis profondément plongé dans ce livre, vois-tu, qui explique comment peaufiner son sens de la répartie. Je te le prête tout de suite, si tu veux. Visibleme nt, tu en as plus besoin que moi. Les deux tentèrent de garder leur sérieux, mais ils finirent par pouffer de rire. — Ahhh, Marcus… j’ignore comment tu t’y prends pour demeurer aussi posé dans une pareille situation. Nous n’avons pas mis le gro s orteil à l’extérieur depuis une semaine entière à présent ! Je dois travailler, moi , l’argent ne roulera certainement pas jusque dans mes poches par lui-même. — Je crois que tu t’inquiètes un peu trop, si tu ve ux mon avis. Je ne m’en fais pas pour l’argent ; un homme aussi prévoyant et organis é que toi a probablement une fortune d’économisée, cachée à l’abri quelque part. L’armurerie que t’a léguée ton frère est une véritable mine d’or. Je suis persuadé que l ’orage pourrait durer une saison entière encore avant que tu ne tombes à sec. Et je ne suis pas à plaindre non plus, alors, pour les finances, je ne crois pas que nous devions nous alarmer. Kéros tressaillit. Une violente bourrasque venait d ’emporter la brouette de bois d’un voisin, avant de fracasser celle-ci contre la façad e de sa maison. — Quant à ce véritable déluge qui s’abat sur nous, continua calmement Marcus, je n’ai jamais cru bon me faire du mauvais sang à prop os de choses sur lesquelles je n’ai aucun contrôle. Et crois-le ou non, le temps qu’il fait à l’extérieur fait partie de ces choses-là. — Oui, je veux bien le croire. Je sais, je m’inquiè te inutilement. Encore une fois. N’empêche que le temps commence à être terriblement long, ici. — Pas pour moi. J’ai assez de lecture pour me désen nuyer pendant les dix prochaines années ! — Pour les dix prochains siècles, plutôt ! Bon, ass ez de bavardage pour moi ce soir. Je disais être fatigué tout à l’heure, et c’é tait vrai. Je te laisse à tes bouquins ; bonne nuit, les oreilles ! — Bonne nuit, tête de vadrouille ! lui répliqua Mar cus du tac au tac en faisant référence aux cheveux tout en broussaille de son am i. Après que Kéros eut regagné sa chambre à l’étage, M arcus se leva lentement de table et alla s’asseoir sur son vieux canapé vert, tout près de la cheminée. Là, il ajusta ses lunettes et continua sa lecture, jusqu’à ce que la fatigue ne l’emporte finalement sur lui, un peu moins de deux heures plus tard.
• • •
Au matin, pour la première fois en sept jours, les habitants de Stilphorite ne furent pas réveillés en sursaut par le son fracassant du tonne rre, mais bien par le doux gazouillement des oiseaux. Malgré la présence de l’ épaisse couche de nuages flottant toujours au-dessus du village, un pâle rayon de sol eil parvint à se frayer un chemin jusque dans le salon de Kéros. Traversant l’une des fenêtres du devant, il termina sa course sur le visage toujours endormi de Marcus. Le feu dans la cheminée, que