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Français

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L'esprit de Noël

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Description

La Fête de Thylas, équivalent de notre fête de Noël. Un grand manoir dans la montagne.

Chaque année, depuis des temps immémoriaux, le Togre de Noël descend de la montagne, choisit un enfant et l'emmène pour toujours. Dans quel but ? Qui choisira-t-il cette année ? Découvrez un conte de Noël de l'Entremonde, mêlant frisson, magie et émotions.

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EAN13 9782379600333
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

©Guillaume GuéganetLivresque éditions, pour la présente édition – 2018 ©Thibault Benett, pour la couverture ©Jonathan Laroppe,Suivi éditorial ISBN : 978-2-379600-33-3 Tous droits réservés pour tous pays Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.
Rappel :
L’Entremonde est un monde parallèle au nôtre, un mo nde magique où vivent de très nombreuses créatures extraordinaires comme les Nains, les Centaures, les Fées, les Hufits, les Lycanthropes, les Vampires ou encore les Elfes. Ces derniers sont d’ailleurs à l’origine de la création des sorciers, des Anges et des Fils de la Lumière qui peuplent nos deux mondes.
AVANT-PROPOS DE L’AUTEUR :
LA CHALEUR DU GRAND FROID
On ne peut guère commencer cette histoire sans raco nter, ne serait-ce que brièvement, comment une fête humaine comme Noël revêt une telle importance dans l’Entremonde. Quand deux mondes sont connectés, et que des individus passent de l’un à l ’autre, ils s’influencent. Les premiers sorciers gagnèrent l’Entremonde en plein Quatrième Âge d’Or, ce qui correspond à l’Antiquité sur la Terre. Dès l’instant où les deux mondes se relièrent, les modes de vies de leurs habitants se mêlèrent, les us et coutumes des uns devinrent ceux des autres. Un partage de traditions et de valeurs. La fête que nous appelons aujourd’hui Noël est le résultat d’un long processus, amalgame de rites divers. Il en est de même pour ce que les Entremondiens appellent la Chaleur du Grand Froid.
La Chaleur du Grand Froid. Deux termes antithétiques pour évoquer la même célébration annuelle, produit de la fusion entre la fête de Noël et la Fête de Thylas. Cette ancienne tradition visait à rendre hommage à la Chimère Thylas, le Loup, annonciateur de l’hiver, la Saison Blanche – ou Grand Froid. Cet hommage à Thylas n’est pas anodin puisque la Co smogonie Ancienne raconte qu’il éleva les montagnes, creusa les vallées et qu’il engendra aussi l’amour et l’amitié. La Fête de Thylas débuta donc probablement aux abords des montagnes de Nibel, avant de se répandre dans le reste du monde.
La légende annonce le retour de Thylas chaque hiver, aux alentours du solstice. C’est la raison pour laquelle les habitants des villages de montagne plaçaient des arbres à l’extérieur de leur maison pour témoigner leur affection au Loup. Ils déposaient également un bol de lait avec une pointe de miel au pied de l’arbre et, éventuellement, un quignon de pain dur. N’importe quel arbre faisait l’affaire mais en raison de la rudesse du climat, les conifères étaient les plus répandus car plus résistants. Comme n’importe quelle tradition, celle-ci évolua avec le temps et l’on prit l’habitude d’accrocher le morceau de pain à une branche basse, à hauteur de loup. Puis la coutume fut établie d’offrir du pain aux personnes que l’on aimait ou à celles que l’on avait blessées durant l’année écoulée. Récemment, un sorcier amoureux de cette fête décida de distribuer des cadeaux aux enfants une fois l’an ; il se fit appeler le Père Noël.
La Fête de Thylas s’est progressivement transformée pour devenir la Chaleur du Grand Froid, une jolie façon de célébrer la bienveillance en plein cœur de la Saison Blanche.
Je tiens à remercier chaleureusement le gouvernement sorcier, et tout particulièrement Monsieur Nééri Mc Gik de m’avoir permis de vous raconter cette histoire.
Guillaume Guégan
1.
LE TOGRE DE NOËL
Le comté de Suria, à l’extrême sud-est du continent Prima, était administré par le Comte Alphane, autant décrié que respecté. Il était parvenu, grâce à divers traités tournés en sa faveur et grâce à sa vision du commerce, à conserver les terres de sa famille, qui s’étendaient des montagnes de Nibel les plus au sud, à la côte d’Obeline. Nul ne pouvait destituer Alphane, qui savait s’entourer de nobliaux à la langue bien pendue. Par le passé, ceux-ci avai ent réclamé plus d’impôts afin de vivre dans l’opulence. Dans encore plus d’opulence. Une loi fu t édictée : celui qui le désirait pouvait acheter une parcelle de terre au Comte qui la lui cédait. L e propriétaire terrien était ainsi seul maître des impôts qu’il fixait sur ses terres. On ne pouvait construire une maison sans son consentement. Et tant que l’on vivait sur les terres d’un noble, on lui versait un impôt annuel. Puisque le recours à la magie pour se nourrir ou s’enrichir était interdit par le gouvernement sorcier, de nombreuses familles s’appauvrirent. De plus, la situation géographique de Suria contrariait tout projet de fuite, à cause des montagnes infranchissables au nord et de la Mer Keridan au sud.
Le village de Nim, établi le long du Bois Maudit, a u pied des montagnes de Nibel, était l’un des endroits les plus pauvres de l’Entremonde tout entier. Des masures de pierre et de bois se dressaient çà et là, toutes conçues par les habitants dans une parfaite entraide, mais elles présentaient des lacunes. La plupart d’entre elles étaient mal isolées, la maigre chaleur que l’on parvenait à générer en brûlant des bûches dans la cheminée s’enfuyait. Même si les familles vivaient dans une seule grande pièce et se serraient les uns contre les autres dans leurs grands lits, il n’était pas rare que les pl us fragiles périssent, nourrissons ou vieillards. La fosse commune, à l’est de Nim, contenait plus de corps que le village lui-même. Personne, ici, n’aimait la Saison Blanche à cause du taux de mortalité qui grimpait en flèche.
Les Nimians avaient toutefois instauré une traditio n : à chaque Fête de Thylas, tout le village se réunissait dans la grange des Stevens pour partager un repas et dormir tous ensemble. Chacun apportait ce qu’il voulait offrir. Les Fourmeaux fo urnissaient les poules, les Kamp broyaient des champignons pour la farce, les Kusama produisaient un excellent alcool de miel, les Lopez confectionnaient généralement un gros pain de quatre livres dans leur fournil et les MacAllister ramenaient des dizaines de bûches pour alimenter les six cheminées.
Tandis que les poules farcies cuisaient au-dessus des flammes et qu’une délicieuse odeur de viande rôtie se répandait dans la grange, Elias Stanfield jouait avec les autres enfants de Nim. Il courait dans toutes les directions pour échapper à Satoshi Kusama qui avait endossé le rôle du « Togre de Noël ». Chaque année, depuis des temps immémoriaux, le Togr e de Noël descendait de la montagne, choisissait un enfant et l’emmenait pour toujours. Aucun villageois n’osait plus s’opposer à lui car sa réputation de maître en magie le précédait. L’an passé, Charles Durand avait tenté de l’affronter lors d’une Confrontation, une pesée des pouvoirs, en vain. Charles avait sombré dans l’inconscience pendant six jours et son cadet, Gontran, un ami d’E lias, avait disparu avec le Togre. Toutes les familles réunies ici avaient perdu au moins un de leurs membres. La honte de n’avoir pu agir était donc partagée par tous.
Elias trébucha et se serait étalé face contre terre si son père ne l’avait rattrapé de justesse.
— Tu devrais faire plus attention, fiston !
Malgré sa grosse voix, il ne s’énervait jamais. Il lui adressa un...