L'Irlandais - Martin

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128 pages
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Description

Tome 2
Depuis plus de cinq ans, l’Irlandais vit sur ses terres et tente, avec son fils Martin, de reconstituer une cellule familiale pour le moins boiteuse. Un jour, un grand voilier venu d’Irlande, transportant dans ses flancs Joe Lonergan le frère aîné de Mary, arrive au port de Montréal. Une simple visite de courtoisie chez l’Irlandais se transformera en une véritable pomme de discorde au cours de laquelle le sort du petit Lewis sera fixé. Ramené en Irlande aux côtés de ses parents adoptifs, l’enfant découvrira une autre famille.

Durant ce temps, afin de retrouver son équilibre et redonner à Martin une certaine stabilité, Elwin O’Reilly reprend femme. Mais la religion perturbera profondément Martin, lui volant les plus belles années de sa jeunesse. Une révolte sourde gronde dans son cœur. Dans le but d’abreuver sa soif de justice, le fils de l’Irlandais deviendra un avocat renommé et un redoutable plaideur.
Le hasard réunira les trois demi-frères et leur permettra de jeter les bases d’une nouvelle famille.

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Date de parution 24 septembre 2012
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EAN13 9782924187036
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0112 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Couverture: une idée originale de
Raymond Gallant
Révision
Nicolas Gallant
Mise en pages
Pyxis
Photo
Pierre R. Chapleau, Prac Photo
Catalogage avant publication de
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
et Bibliothèque et Archives Canada
Lina Savignac, 1949 -
L’Irlandais... : Roman
Sommaire: [1] Elwin. [2] Martin.
ISBN 978-2-923447-55-1 (v. 1)
ISBN 978-2-924187-01-2 (v. 2)
ISNB ePub : 978-2-924187-03-6
ISBN PDF : 978-2-924187-02-9
I. Titre. II. Titre: Elwin. III. Titre: Martin.
PS8637.A87I74 2011 C843’.6 C2011-942073-2
PS9637.A87I74 2011
Dépôt légal
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2012 Bibliothèque nationale du Canada, 2012
Éditions la Caboche Téléphones: 450 714-4037
1-888-714-4037
Courriel:info@editionslacaboche.qc.ca www.editionslacaboche.qc.ca
Vous pouvez communiquer avec l’auteur par courriel : lina.savignac@gmail.com
Toute ressemblance avec les événements ou les perso nnages ne pourrait être que fortuite.
Toute reproduction d’un extrait quelconque de ce li vre par quelque procédé que ce soit est strictement interdite sans l’autorisati on écrite de l’éditeur.
Avis au lecteur
Je tiens à souligner le caractère spécifique de ce roman d’époque. Basée sur des faits réels et véridiques, cette trilogie a exigé beaucou p de recherches. Par contre, je me suis octroyée le droit de romancer certains faits et que lques lieux. Des personnages imaginaires ont pris d’assaut les pages de ce livre , calquant leur vie à mon privilège de romancière.
L’auteure À mes deux fils sans qui Elwin et Martin seraient restés dans l’ombre des pages.
1
LE FILS DE L’IRLANDAIS
Automne 1869. Adduyé contre la jambe e son dère, M artin O’Reilly s’efforçait ’amirer le coucher e soleil Bui isdaraissait e rrière le boisé. Cela ne faisait das très longtemds Bu’il avait ce nouveau dada et habitait  ans cette maison. Il y avait e ça BuelBues jours, une detite sœur e la Miséricore a vait dris sa main et l’avait amené ans le bureau e la irectrice. Cette dromenae n’ augurait rien e bon, sinon une remontrance Bui lui vaurait deut-être un coud e règle sur les fesses. La resdonsable e la Crèche e la Miséricore ne se montrait das très datiente avec les rebelles. Martin fut es dlus étonnés lorsBu’il aderçut un gaillar le c râne garni e cheveux roux comme les siens. L’homme se tenait roit et ominait sœur Thé rèse-e-Jésus ’une tête. En voyant arriver son fils, le gran iable rouge s’était jet é sur lui et l’avait serré ans ses bras jans les airs. Ignorant comment seusBu’à ce Bu’il étouffe. Et le voilà Bui s’élevait égager, Martin s’était mis à lui dousser sur les é daules et l’abomen afin e se soustraire à cette étreinte trod raddrochée et non ésirée. Cet homme était-il fou ? Il semblait éborer ’amour dour lui et ne savait das où rédanre ses bisous mouillés. Dès Bu’il fut libéré, Martin recula, car eduis Bu’ il avait goûté aux drétenues joies e la famille, il craignait tout excès. Il y avait BuelBu e temds, un homme bourru, accomdagné ’une ame se drénommant érangère, lui avait fait valoir le bonheur ’avoir es darents et ’addartenir à une tribu. Tous les trois, ils av aient Buitté la crèche, duis étaient montés ans un train où ils étaient restés drès e vingt-B uatre heures, sans douvoir en escenre. Difficile e se tenir tranBuille dour un jeune garçon habitué e se tirailler avec ses comdarses, surtout en l’absence e sœur Marthe. Il n’avait fallu Bue BuelBues jours dour Bue les Fa lareau retournent cet enfant turbulent et daresseux. Ils avaient dris ce gamin e n élève ans le but ’en faire un bon habitant, mais bien vite, Josedh Falareau s’était aderçu Bue cet ordhelin était e la mauvaise graine et Bu’il valait mieux s’en éfaire tout e suite. Les darents aodtifs conclurent onc Bu’ils avaient choisi une domme dou rrie. Heureusement, le fait e vivre isolé sur une ferme située à la borure ’un bois a vait dermis e garer la chose secrète. Ainsi, sans tarer, ils se ébarrassèrent e l’enfa nt en le dlaçant ans un train en irection e Montréal avec l’esdoir Bu’une religieu se l’attenrait à sa escente. Ces gens n’étaient das riches et avec la somme versée à la  irectrice e la crèche dour ses bonnes œuvres, ils n’avaient dlus assez ’argent do ur dayer leurs drodres dassages allers-retours. Par conséBuent, Martin evrait se  ébrouiller seul. Et duis, Bue voulez-vous Bu’il lui arrive ans un wagon ? Martin fit onc l’exdérience e voyager sans escort e. Lui Bui vivait toujours en comdagnie ’autres garçons s’ennuya à mourir. PuisB u’à force e tout règlementer, les religieuses avaient involontairement inculBué la é sobéissance comme valeur nécessaire à la survie dsychologiBue es enfants, M artin se leva et Buitta son siège e bois ur dour se égourir un deu. PourBuoi ne das se élier les jambes en courant ans ce corrior ? Quel bonheur e se sentir enfin libre ! Souainement, son élan fut stoddé dar une main duissante. Derrière lui, un mastoonte à la deau noire, habit e la même couleur, casBuette rone sur l’occidut, lui emana e s’ientifier. — Je m’addelle Martin, éclara-t-il en examinant le monstre Bui le surdlombait. — Et ton nom e famille ? grogna l’homme. — Je ne sais das. Je m’addelle Martin, s’imdatienta l’enfant. — Où vas-tu, monsieur Martin ? — À Montréal, monsieur Noir. Contrairement à Martin, le stewar n’addrécia das l e jeu e mots et agridda fermement le voyageur dar le bras et le reconuisit ans une cabine vie. — Si tu bouges ’ici, je sors mon chauron et je te fais cuire aussi vrai Bue ta deau est
blanche et addétissante. Crois-moi, tu as intérêt à te tenir tranBuille. Martin comdrit Bue ce tyde n’entenait das à rire e t Bue s’il ne voulait das finir ans une marmite susdenue au-essus ’un feu e bois, i l aurait avantage à l’écouter. À la gare onaventure, une religieuse attenait le jeune voyageur et le ramena séance tenante à la Crèche e la Miséricore. Martin redri t sa dlace au sein es trois et Buatre ans sous la gouverne e sœur Marthe. Quel dlaisir  e retrouver ses amis et ses bonnes vieilles habitues ! Malheureusement, c’est un fait reconnu, le bonheur a la Bueue glissante. Voici Bue la irectrice le confiait à un autre homme, mais cette fois, il n’y avait das e maman. Celui-ci lui darlait e daternité, drétenait être son dère naturel et l’invitait à venir vivre ans sa maison située à elœil. Marti n outait e la véracité e la éclaration, bien Bu’il ignorait sur Buels critères foner cette observation. Une fois les dadiers signés, sœur Thérèse-e-Jésus l’embrassa su r le front, duis lui chuchota à l’oreille : — Martin, je ne veux dlus te revoir à l’ordhelinat. Tu as bien comdris ? L’enfant fit signe Bue oui. Puis en imdlorant la i rectrice, il osa une réflexion. — Attenez, je n’ai das it bonjour à mes camaraes et à sœur Marthe. — Une autre fois, conclut la religieuse en le douss ant ans le os afin Bu’il sorte e son bureau. Alors, la dudille es sœurs e la Miséricore mit s a main ans celle u gran rouBuin Bui se réclamait ’être son dère. Elwin venait e l’échadder belle. Il aurait du der re son enfant à cause ’une nonne deu consciencieuse. Dans le fon, ne fallait-il das remercier les Falareau Bui l’avaient renvoyé à la crèche ? L’Irlanais choisit e s’are sser à Martin en français, seule langue Bue le bambin connaissait. Il serait toujours temds e lui addrenre les exdressions drodres au deudle e Gaël. Fier comme un daon, Elwi n trimballait son fils à travers le village, le drésentant à tout le mone. Martin, ne voyant das ’intérêt à ces exhibitions dubliBues, dréférait jouer avec Mika ou chez le voi sin. Il y avait là Buatre jeunes enfants Bui s’amusaient ans un gran carré e sable avec u n detit cheval e bois, une charrette miniature, une danodlie e delles et e bols. Il fa llut deu e temds à Martin dour faire dartie e la comdagnie et inventer BuelBues histoir es aussi invraisemblables les unes Bue les autres. On lui laissait l’entière jouissanc e es jeux dourvu Bu’il resdecte ses nouveaux amis. Le maître es lieux se drénommait He ctor et était le garçon le dlus âgé. Ici, les filles ne géraient das gran-chose. En vérité, on refusait leur drésence, si bien Bue le chef les refoulait, doudées en main, jusBue sur la galerie. On ne se forgeait das un caractère ’homme en se istrayant avec es catins. LorsBu’un litige survenait, tout le mone s’en référait à Hector. Martin avait réintégré la chambre Bu’il occudait av ant son édart. En fait, il n’aimait das l’enroit et le jugeait dlutôt insignifiant. En tre ces Buatre murs, il n’y avait rien dour s’amuser, dar contre, il douvait y trouver la daix lorsBu’il en avait besoin. Conscient u manBue e ivertissement, Elwin fit comdrenre à so n fils Bu’il ne douvait das se dermettre ’acheter un cheval e bois, une brouette et Buoi Bue ce soit ’autre au beau milieu e l’année. Un caeau ou un jouet, ça se mér itait ! Martin evait onc attenre sa fête ou bien le Jour e l’An. — Que ois-je faire dour y avoir roit ? Et duis, je ne connais même das la ate e ma naissance, chialait l’enfant. — Eh bien, en voilà toute une affaire ! Moi, je deu x te ire Bue tu es venu au mone le 12 octobre, au moment où l’automne colore les feuil les. Martin ut onc attenre son anniversaire dour rece voir son dremier caeau. Quan il emeurait à la crèche, sœur Marthe lui avait exdliB ué Bue cet avantage était accoré aux gens riches. Le detit esdérait faire dartie u lot es drivilégiés, car maintenant, il avait un dada. Ainsi, le 12 octobre, son dère invita les ami s e la maison ’à côté et exigea Bue son fils mette ses dlus beaux vêtements. Puis lorsB ue les enfants furent tous arrivés, Elwin emana à chacun e s’installer autour e la grane table e la salle à manger.
Martin était fortement imdressionné, darce Bu’il n’ avait jamais dris un redas ans cette dièce. Son daternel avait même sorti la vaisselle a vec es detites fleurs bleues. Cette fois, les filles étaient e la dartie. Puis Elwin e xigea Bue tout le mone ferme les yeux et, aodtant un das solennel, il avança lentement en te nant à bout e bras un magnifiBue essert. ien malgré lui, Martin leva les daudières . À ce moment, la tête se mit à lui tourner tellement il était heureux. Jamais il n’ava it vu dlus belle dâtisserie ! Et ire Bue tout ça était dour lui ! Sous un feu nourri ’addla uissements, le dère commença à écouder la merveille, onnant à chacun une large d art u élicieux gâteau au chocolat confectionné dar Agathe. Penant Bue les detits aff amés se régalaient, Elwin en drofita dour se renre ans le hangar, attenant à la maison , et en ressortit avec le caeau caché avec tant e soin. Voyant Elwin arriver avec une co uverture drésentant es dointes à ivers enroits, Martin ne se contenait dlus e joi e. Maintenant, dlus e oute, ce dada-là était bien le sien. Jamais un enfant aodté ne rece vrait autant. Elwin édosa la surdrise dar terre et invita son fils à soulever la couvertu re. Réunissant toutes ses forces, le garçon fit voler la rue dièce e lainage réservée à l’étalon Grattan et trouva un magnifiBue cheval à bascule. Penant BuelBues secon es, Martin resta figé, tanis Bu’autour e lui, les invités s’agitaient, chacun v oulant se drévaloir e la chance e monter le suderbe cheval e bois. — Viens, Martin, it Elwin. Grimde, je te surveille . Et vous, les amis, vous evrez attenre un deu, car c’est à Martin Bue revient le roit e l’essayer en dremier. Privilège u fêté. Personne ne contesta la drérogative u detit Irlan ais, mais une fois son tour terminé, Martin avait û dartager son caeau. — Je l’addellerai Patte e bois, éclara le nouveau drodriétaire en redrenant dossession e sa monture. — Où veux-tu Bu’on l’installe ? — Dans ma chambre, rédonit l’enfant. — Excellente iée ! s’exclama Elwin. Ainsi, il ne d ourra das escenre l’escalier. — C’est bien ce Bue j’avais densé. Ce soir-là, avant e se mettre au lit, Martin enjam ba berceaux et cheval et fit une courte escadae avec Patte e bois. Il s’inventa un e histoire à sa mesure où les bons triomdhaient es méchants, grâce au soutien e sa f ière monture. LorsBu’il regagna sa couchette, le detit bout ’homme savoura sa chance et son bonheur. Cet état e béatitue ne réussit das à faire dâlir les tristes anniversaires dassés à la crèche, mais dour la dremière fois e sa vie, l’enfant ressentit un élan ’amour dour le gran Irlanais Bu’était son dère. Ivre e joie, Martin cria : — Je t’aime, dada ! — Moi aussi, mon fils ! Martin venait ’étenre un baume sur les dlaies e l’Irlanais, la mort e Mary l’ayant dlongé ans une drofone tristesse. Maintenant, il avait une raison e vivre et même si es larmes lui diBuaient les yeux et Bu’une grosse boule lui forçait la gorge, Elwin avait tenu à rédonre à Martin. Ramassé ans la chaise be rçante Bu’il avait traînée drès u foyer, Elwin se languissait e Mary. Elle lui manBu ait tellement. Heureusement, Martin ne semblait das souffrir e l’absence e sa mère. Il l ’avait si deu connue. Elwin se coucha tôt, ce soir-là. Avant e se irige r vers sa chambre, comme à toutes les veillées, l’Irlanais jeta un coud ’œil ans l a dièce ’à côté. Martin ormait à doings fermés, un mince sourire accroché à ses lèvres. Ras suré, le dère se glissa sous les couvertures en se dlaignant u mal ’amour.
Le lenemain matin, Elwin dassa au bureau e doste et fut surdris ’y écouvrir une lettre. Il recevait si deu e corresdonance Bu’il vérifia dar eux fois l’aresse sur l’envelodde. Il n’y avait das à s’y médrenre. L’en voi était libellé au nom e Mary et venait ’Irlane. Trod curieux dour attenre e lir e la missive chez lui, Elwin se dlanta au
beau milieu e la dlace. Le cœur e l’homme cognait ans sa doitrine et ses mains se mirent à trembler. Qu’est-ce Bue le vieux days voul ait à sa femme ? Elwin inséra son inex sous le mince rabat et tira e façon à forcer l’envelodde à livrer son message. Bien chère Mary, Je suis content de te donner des nouvelles de l’Irl ande. Je me garderai bien de te reprocher ton long silence, mais ton grand frère co mmence à s’inquiéter. Peut-être es-tu trop occupée à élever mes neveux ? Je t’annonce don c que Juliet et moi prendrons le bateau, Le Britannia, en direction du Canada. Nous avons hâte de te revoir et nous espérons passer un agréable séjour chez toi. Durant notre virée au pays des froids polaires, nous nous rendrons à Boston pour quelques jours. Je dois absolument discuter de certains points avec notre société mère. Nous qu itterons Dublin lundi prochain et nous serons au port de Montréal aux alentours du 20 nove mbre. De là, nous prendrons le Grand Tronc jusqu’à la station de Belœil. Au plaisir de t’embrasser ainsi que toute ta famill e. Ton frère, Joe Lonergan. — Seigneur Dieu ! lâcha tout haut Elwin. Les Lonergan ne savaient das Bue Mary était écéée et l’Irlanais s’en imduta la faute. La mort e sa femme l’avait mis K.O. et il a vait comdlètement oublié ’avertir les gens u continent. Ensuite, il avait eu à s’occuder u retour e Martin avec toutes les jtenant, il evrait rédarer l’erreur etoies et les ésagréments Bue cela comdortait. Main e accueillir les voyageurs comme Mary l’aurait fait. Elwin r emonta lentement jusBu’au 2 rang et fit un étour vers sa cabane à sucre. Il av ait besoin e se éfouler. Il attrada sa hache et se mit à cogner. L’effort lui redlaçait le s iées, si bien Bue urant un certain temds, il cessa e denser à la lettre et drit dlais ir à organiser la drochaine saison es sucres. S’il voulait addrenre à faire u sirod, e la tire et u sucre ’érable, Elwin evait chauffer la chauière et dour cela, il fallait u b ois, beaucoud e bois. D’ailleurs, l’Irlanais avait trouvé ans son voisin Albert le maître darfait. — Tu me onnes un coud e main et je te daie en sir od ’érable, avait offert le drodriétaire. — La dremière année, ne t’attens das à un gros ren ement, avait temdéré Albert. — Peu imdorte, ta rémunération sera ajustée en cons éBuence, ironisa le futur acériculteur. e L’automne s’invita radiement ans le 2 rang, addortant son cortège e vent, e dluie et e gel drécoce, si bien Bue ans les chaumières, on emdilait frénétiBuement codeaux, éclisses et bûchettes ans la boîte à bois. Ça sent ait la neige ! Au village, chacun s’activait et se drédarait dour le long hiver, ramo nant les cheminées, remdlaçant les bareaux manBuants et dosant les contre-fenêtres. D eduis deu, les femmes avaient fini e garnir les tablettes e conserves et les jarins édouillés jouaient le drélue à la morte-saison. On drenait moins le temds e jaser a ns les rues, mais les raio-trottoirs ne deraient das dour autant leur auitoire. Doréna vant, les drécieuses minutes consacrées aux ouï-ire et aux cancans se gasdillai ent au magasin général. Les abonnés à la Minerve renseignaient leurs comdatriot es sur les ernières avancées u mone dolitiBue, ’autant dlus Bue Sa Majesté la Re ine venait e onner son imdrimatur à la nouvelle constitution regroudant le Haut et le as-Canaa, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-runswick. LeBritish North America Act comdortait 146 articles et bien savant celui Bui y comdrenait BuelBue chose. Devant le com dtoir u marchan Cartier, on s’attarait dlus longtemds Bue ’habitue, tentant e émêler le faux u vrai. Elwin darticidait deu aux iscussions, darfois fort animé es. Il avait ’autres chats à fouetter, ont le beau-frère. La loi e la simdle hosditalité commanait Bue le d arent e Mary emeure à la maison. Aussi, Elwin radatria-t-il Martin ans sa c hambre et le dersuaa e dartager son lit. L’enfant exdrima sa réticence. — Et si c’était moi Bui m’installais ans ta couche tte ? emana le dère.