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L'oiseau de pluie

De
110 pages
Comment Bu tissas, un puissant roi, épousa-t-il Loundja, la fille de l'Ouaghzen l'ogre ? Comment une pauvre veuve sauva-t-elle ses enfants de la voracité de la terrible Settut ? Comment un roi perça-t-il le secret de la vie de Tseriel l'ogresse ? Découvrez un monde peuplé d'ogres, d'ogresses, de princes, de paysans, d'oiseaux de pluie, de serpents...; un monde où se mêlent magie, poésie, effroi, amour...
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Projetcouv contes Kabyles_Mise en page 1 18/05/15 12:44 Page1
L’oiseau de pluie
Contes kabyles
Comment Bu tissas, un puissant roi, épousa-t-il
Loundja, la fille de Ouaghzen l’ogre ?
Comment une pauvre veuve sauva-t-elle ses
enfants de la voracité de la terrible Settut ? Taïeb Ferradji
Comment un roi perça-t-il le secret de la vie de
Tseriel l’ogresse ?
Découvrez un monde peuplé d’ogres,
d’ogresses, de princes, de paysans, d’oiseaux de
pluie, de serpents... ; un monde où se mêlent magie, L’oiseau de pluiepoésie, effroi, amour...
Le conte est la sève de toute culture
d’expression orale. Il naît et s’enracine dans le vécu
du groupe culturel. Il s’organise autour des mythes Contes kabyles
fondateurs. Le conte réunit, divertit, éduque,
garantit la transmission et reste souvent au cœur
de toute vie.
Taïeb Ferradji, médecin psychiatre, docteur en sciences
humaines, est l’un des initiateurs de la démarche
transculturelle et utilise le conte comme vecteur de parole et
passeur de la tradition perdue et retrouvé. Il est l’auteur d’un
récit autobiographique : Ces exils que je soigne, la
migration d’un enfant de Kabylie, Éditions de L’atelier,
2009. Il a publié avec G. Lesoeurs, psychanalyste, un essai
sur la posture transculturelle : Le frère venu d’ailleurs,
culture et contre-transfert, Éditions L’Harmattan, 2013.
ISBN : 978-2-343-06175-7
11 €
Maquette : Isabel Lavina
Taïeb Ferradji
Contes kabyles
L’oiseau de pluie





















L’oiseau de pluie

Contes kabyles





La Légende Des Mondes
Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland,
Joëlle et Marcelle Chassin


Dernières parutions



Annie FERRET, Les pattes du chacal et autres contes d'une
Afrique rêvée, 2015.
Thibaut C. D. MAKOU FACHINA, Le chasseur et les
fillesoiseaux, Contes fon du Bénin, 2014.
Boubacar DIALLO, Démon Taureau, Contes de
GuinéeConakry, 2014.
Pierre GBOLO, To et le caméléon, Contes gbaya de
Centrafrique, 2014.
Ali Ekber BASARAN, Sagesses et Malices de Téméle,
Histoires lâz d’Anatolie, (bilingue turc-français), 2014.
Mamadi KABA, Farafina Todi, Contes de la République de
Guinée, 2014.
Annie FERRET, La sorcière dans la lune et autres contes d'une
Afrique rêvée, 2014.
Mohamed MANKOUR, Aïni la mésange, Contes kabyles, 2014.
Gilles KERLORC’H, Trésors, diables et sortilèges des
provinces de France, 2014.
Shodiyor DONIYOROV, Le bûcheron et le lion, Contes
ouzbeks, Trilingue français-ouzbek-russe, 2014.
SAABU-France, Pourquoi le crapaud chante la nuit ? Contes
songhaï du Burkina Faso, 2012.
Maïa VARSIMASHVILI-RAPHAEL, Le chat et le tigre.
Contes de Géorgie, 2011.
Jean-Claude RENOUX et Chu Thi Huyên Linh, Le roi et la poule
rouge (bilingue français-vietnamien), 2011.
Georges MAVOUBA-SOKATE, N’Dandu le vieux pêcheur et
l’enfant du fleuve. Contes du royaume de Kongo, 2011.
Oumar Abderrahmane DIALLO, Barowal le cheval sacré, 2011.
France VERRIER, Le château entre ciel et terre. Contes populaires
serbes, 2011.
Anastasia ORTENZIO, Ourson et les Narecnizi, 2011.
Taïeb Ferradji





L’oiseau de pluie

Contes kabyles















































© L'Harmattan, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-06175-7
EAN : 9782343061757


A ma mère et à toutes les femmes berbères,
gardiennes de la tradition orale
et garantes de la transmission de la mémoire, des contes
et légendes depuis toujours.
A mes sœurs en particulier Saadia,
dont les récits et les contes ont bercé mon enfance.
Introduction
Le conte est la sève de toute culture d’expression orale.
Il naît et s’enracine dans le vécu du groupe culturel. Il
s’organise autour des mythes fondateurs. Le conte réunit,
divertit, éduque, garantit la transmission, et reste souvent
au cœur de toute vie.

Dans les cultures d’expression orale, peut-être plus
qu’ailleurs, les mots ont une place hypertrophiée et à part.
Ils ont un rapport magique avec ce qu’ils évoquent plus
qu’ils ne désignent. Macahu tellemcahu sont de ceux-là,
dans la culture kabyle.
L’équivalent de langue française de Macahu tellemcahu
est l’expression « il était une fois… », mais avec
infiniment plus de contenu symbolique et de résonances,
dans un univers resté clos et quasi autarcique durant des
siècles.
Le sens implicite de ces mots nous introduit d’emblée
au cœur d’une culture qui a fait des mots le vecteur
essentiel sinon unique de sa transmission.
Macahu tellemcahu introduisent des contes racontés par
les anciens aux plus jeunes. Les narrateurs sont presque
exclusivement des femmes. Les contes varient d’une
époque à l’autre et se chargent constamment de valeurs
nouvelles. Ils condensent le vécu du groupe et de la
narratrice dans une trame qui laisse une place importante
à l’imaginaire et au rêve.
Ces contes s’enracinent dans l’histoire collective et les
résonances qu’ils créent se retrouvent en écho dans la
société et la culture kabyle d’aujourd’hui, marquée par
d’importants bouleversements.
Raconter pour transmettre, raconter pour resserrer les
liens, raconter pour survivre, est un acte qu’il faut avoir
vécu pour pleinement résonner à son énoncé.
9
Les contes kabyles que j’ai repris ici sont le fruit d’une
mémoire travaillée par l’exil et l’acculturation. Plusieurs
fois entendus il y a une quarantaine d’années, ils ne
prétendent pas être fidèles aux propos des narratrices
mais se veulent un vibrant hommage à leur rôle de
gardiennes de la mémoire et de la tradition.

Si je devais dire ce que le conte représente pour moi, je
dirais que c’est, peut-être, ce qui évoque le plus une
enfance et un pays qui a cessé d’être, et c’est vrai : je les ai
quittés depuis longtemps, mais le souvenir de l’un et de
l’autre est indissociable de ces longues soirées d’hiver où
ma sœur, avec sa merveilleuse voix, me contait les mille
et une aventures de tous les héros qui peuplent les contes
kabyles que je restitue, ici, de mémoire. D’ailleurs, je ne
crois pas que la langue des contes tient à des vocables ou
des flexions. Elle adhère à des images, à des éprouvés et
des émotions, seuls à même de nous replonger dans le
pays imaginaire, de l’enfance ou de la vie d’avant l’exil.