La bande des As de Carreau

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189 pages
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Description

Jean TIXIER, un garçon de quinze ans, surprend deux gredins patibulaires en planque devant un immeuble et soupçonne qu’un cambriolage va être commis.


Le jeune homme s’empresse d’aller chercher un agent de police et l’aide à arrêter l’un des malfaiteurs.


Le guetteur parvient à s’échapper et, très vite, avec des gars de sa bande, décide d’enlever le gamin pour lui faire payer cher son action d’éclat...


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EAN13 9782373475944
Langue Français

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AVANT-PROPOS
e Difficile de s'intéresser à la littérature populaire du début du XX siècle sans évoquer le nom d'Arnould GALOPIN.
Il est tout aussi complexe de se pencher sur la lit térature fasciculaire de la même époque sans devoir se focaliser sur le même éc rivain.
Arnould GALOPINné à Marbeuf (Normandie) au milieu des est années 1860 (la date précise de sa naissance est su jette à caution). Il meurt à Paris à la fin de l'année 1934.
Arnould GALOPIN, bien qu'oublié de nos jours, est un auteur qui co nnut tous les succès à son époque.
Succès critique pour son roman« Sur le front de mer »pour lequel il reçut le grand prix de l'Académie française.
Succès public, pour ses romans d'anticipation (« Le Docteur Omega »,« Le bacille »…) et ses nombreuses séries fasciculaires (« Le tour du monde de deux gosses »,« Un aviateur de 15 ans »,« Un poilu de 12 ans »,« Le petit chasseur de panthères »,« Aventures d'un petit Buffalo »,« Le petit détective ») qui comptaient plusieurs dizaines voire centaines d'épi sodes et qui se vendaient dans plus de 28 pays à raison de plusieurs millions d'exemplaires par an. Mais n'oublions pas également ses romans sériels tels le s aventures du gentleman cambrioleur Edgar Pipe (« Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires »,« La résurrection d'Edgar Pipe »,« La dernière incarnation d'Edgar Pipe ») ou bien ceux autour du détective Allan Dickson (« La ténébreuse affaire de Green-Park »,« L'homme au complet gris »,« La sandale rouge »,« Les suites d'un mariage d'amour ») ou encore« Ténébras, le bandit fantôme ».
Par sa production de romans d'anticipation,Arnould GALOPIN sera considéré, en son temps, comme le digne successeur de Jules Verne.
Ses séries fasciculaires autour de jeunes adolescen ts, quant à elles, le placeront à la hauteur d'un Jean de La Hire.
Tandis que son personnage d'Allan Dickson participe ra à l'un des premiers pastiches de Sherlock Holmes en France.
S iArnould GALOPIN est l'auteur de plus d'une cinquantaine de romans, la majeure partie de sa production a été éditée en fas cicules, bien souvent de 16 pages, double-colonne, imprimée sur du papier jo urnal, avec une illustration couleur en couverture et des illustrations noir et blanc à l'intérieur (bien souvent signées Louis Maitrejean).
Ces séries, destinées à la jeunesse de l'époque, so nt nombreuses et luxuriantes, et mettent en scène de jeunes adolesce nts qui vont vivre des
aventures extraordinaires à travers le monde.
Le premier numéro est presque à chaque fois offert afin de toucher un plus large public :
Un tour du monde en aéroplane(160 fascicules)
Le tour du monde en sous-marin(99 fascicules)
Aventures d'un petit explorateur(105 fascicules)
Aventures d'un petit Buffalo(199 fascicules)
Le chasseur de fauves(103 fascicules)
Le petit chasseur de la pampa(107 fascicules)
Le petit chasseur de panthères(203 fascicules)
Une tragique nuit de noces(200 fascicules)
Les aventures d'un écolier parisien(151 fascicules)
Nouvelles aventures de Fifi(99 fascicules)
Colette et Francinet(103 fascicules)
Le tour du monde d'un boy scout(77 fascicules)
Aventures d'un apprenti parisien(100 fascicules)
Le petit mousse(131 fascicules)
Un aviateur de 15 ans(99 fascicules)
r PaturelLes aventures de M (107 fascicules)
… et bien d'autres encore.
Et, bien sûr :
Le petit détective(83 fascicules)
Des milliers de fascicules, des dizaines de millier s de pages, qui font d'Arnould GALOPINdes plus prolifiques auteurs de la littérature  un populaire française toutes générations confondues.
Un grand écrivain, des personnages récurrents, des fascicules, une incursion dans le genre « policier »... Il était do nc temps pour OXYMORON Éditionsvec lade lui rendre hommage, ce qui est désormais fait a réédition numérique de la série :
« Le Petit Détective ».
« Le petit détective » est probablement l'ultime série écrite par Arnould GALOPIN. Elle est originellement composée de 83 fascicules
magnifiquement illustrés par Louis Maitrejean et co nte les aventures du jeune Jean Tixieru métier de détective, quinze ans, qui fait le difficile apprentissage d sous la coupe de son mentor le célèbreGaston Cervier et qui va se retrouver confronté aux pires bandes de brigands que compte l a capitale et ses alentours.
Si la série est, à l'époque, produite et distribuée comme un roman complet découpé en 83 livraisons, elle se compose, en fait, de plusieurs enquêtes facilement identifiables pouvant se lire indépendam ment les unes des autres.
C'est ce que propose de faire, pour vous,OXYMORON Éditions afin de permettre aux lecteurs d'aujourd'hui d'apprécier da ns les meilleures conditions les aventures deJean TixieretGaston Cervier.
En effet, pour respecter l'esprit de la série origi nale,OXYMORON Éditions vous propose gratuitement l'équivalent numérique du tout premier fascicule de la série afin de permettre au plus grand nombre d'entr e vous de découvrir et d'apprécier le style et les personnages d'Arnould GALOPIN.
Mais, au lieu de diffuser, ensuite, des reproductio ns de chaque fascicule, obligeant le lecteur à les acheter les uns après le s autres, les aventures seront éditées en fonction des histoires et non plus en li vraisons.
Ainsi, les autres enquêtes seront proposées, en fon ction de la taille de celles-ci, soit de façon indépendante, soit regroup ées en recueils, afin que jamais le lecteur ne soit pris au piège et se sente obligé d'acheter les autres titres pour connaître la fin de l'histoire qu'il a commencé à dévorer.
Ainsi, vous pourrez profiter pleinement et sans ret enue des trépidantes aventures deJean Tixier,« Le Petit Détective », d'Arnould GALOPIN.
Bonne lecture.
LE PETIT DÉTECTIVE
* 1 *
LA BANDE DES « AS DE CARREAU »
Roman policier
par
Arnould GALOPIN
Si vous avez lu l'épisode n° 0 : « Un repaire de ba ndits », vous pouvez directement continuer votre lecture en cliquantICI.
Si vous préférer reprendre l'histoire depuis le déb ut, tournez la page.
Bonne lecture !
I
Une bonne capture
— Oui, m'sieu l'agent, il est entré ici, je l'ai bien vu et un autre type qui faisait le guet a escaladé ce mur, dès qu'il vous a aperçu. Tenez, la porte est entrebâillée, sûr qu'il est encore là... Je l'épiai s, depuis quelques instants, et j'ai deviné tout de suite qu'il méditait un sale coup.
À la lueur d'un réverbère qui éclairait faiblement la rue, l'agent regarda celui qui lui parlait : un jeune garçon d'une quinzaine d 'années, à l'air crâne, décidé, un de ces petits hommes qui, de prime abord, inspirent confiance.
— Tu es sûr qu'il est là ? demanda-t-il...
— Oui... m'sieu, et si vous voulez que je vous acco mpagne, à nous deux nous allons bien le découvrir.
— Tu n'as pas peur ?
Le jeune garçon haussa les épaules. Peur... lui ?... Pour qui le prenait-on ?
L'agent avait poussé la porte. Il écouta quelques i nstants, puis tirant de sa poche une petite lampe électrique :
— Viens, dit-il.
Tous deux s'engagèrent dans le vestibule au fond du quel on voyait un escalier dont la rampe métallique brillait sous la lueur de la lampe. En bas, à droite et à gauche, il y avait deux portes, masquée s par des tentures de velours. Cette maison d'aspect cossu appartenait à un riche étranger parti récemment en voyage avec sa famille et ses domestiques. Elle se trouvait isolée des autres habitations de la rue. Derrière s'étendait un petit parc entouré de grands murs.
L'agent s'était arrêté, dès l'entrée, et écoutait.
— On n'entend rien, dit-il, à voix basse.
Ces mots étaient à peine prononcés qu'il y eut un l éger craquement à l'étage supérieur.
— Vous voyez, je vous le disais bien, fit le jeune garçon, il est là... Il ne peut nous échapper.
L'agent, qui ne voulait point montrer moins de cour age que l'enfant, s'engagea dans l'escalier, sa lampe d'une main, son revolver de l'autre, pendant que le gosse allait fermer la porte de la rue.
— Comme ça, dit-il, on ne pourra pas venir nous surprendre du dehors.
Et il rejoignit l'agent qui allait atteindre le pal ier du premier étage. Là, tous deux s'arrêtèrent, retenant leur souffle pour mieux écouter... On n'entendait rien.
— C'est sûrement ici qu'il est, dit le jeune garçon à voix basse, en désignant une porte située sur la droite... C'est de là qu'es t venu le bruit tout à l'heure.
L'agent tourna le bouton.
La porte était fermée à clef.
— Hein ? Vous voyez, je ne me trompais pas.
L'homme hésita un instant, donna sa lampe au gamin et d'un violent coup d'épaule fit sauter la porte de ses gonds. Il se pr écipita dans la pièce qu'éclairait son jeune compagnon.
Elle était vide.
— Il aura sauté par la fenêtre...
— Mais non, m'sieu, vous voyez bien qu'elle est fermée.
— Alors, ce n'est pas ici qu'il s'est réfugié.
— Pourtant je jurerais que c'est de cette chambre q u'est parti le craquement que nous avons entendu.
Dans le fond de la pièce, il y avait une sorte d'al côve éclairée par une lucarne, mais celle-ci était trop étroite pour livr er passage à un homme. Le malfaiteur était sûrement là, dissimulé derrière un meuble ou derrière les doubles rideaux. Par une sorte de phénomène que l'o n ne peut expliquer, l'homme et l'enfant sentaient autour d'eux la prése nce d'un être invisible qui les épiait dans l'ombre. Ils demeuraient sans bouger, s 'attendant à chaque instant à voir surgir le bandit. L'idée ne leur venait pas de le chercher dans une autre pièce. L'agent avait toujours son revolver à la mai n et le jeune garçon tenait la petite lampe dont il projetait le rayon autour de l ui.
Tout à coup, il poussa l'agent du coude et lui dési gnant les doubles rideaux de la fenêtre, de grands rideaux de velours sombre :
— Regardez, murmura-t-il.
— Quoi ?
— Là...
Et il éclairait le parquet. Sous les rideaux, on ap ercevait deux pieds qui passaient.
— Approchez, cria l'agent, approchez ou je tire.
L'homme ne bougea pas.
Le jeune garçon s'avança vivement et d'un geste bru sque tira le rideau.
Le malfaiteur apparut. Se voyant découvert, il bond it vers la porte, mais le gosse s'était jeté sur lui et se cramponnait à ses jambes. L'agent accourut, empoigna le bandit. Celui-ci était vigoureux et eût peut-être réussi à s'enfuir si le jeune garçon n'avait eu la présence d'esprit de l'a veugler en lui entourant le visage avec son foulard, ce qui permit à l'agent de maîtriser le gredin et de lui mettre les menottes.
— Enfin, nous le tenons ! dit le sergent de ville. Pourvu qu'il n'ait pas un complice.
— Non, non, répondit le gamin, il est entré seul ic i, ça, je vous en réponds, j'avais remarqué ses manières louches et je le guet tais ; l'autre, celui qui faisait le guet, est peut-être dans le jardin.
— Tu ferais un bon policier, petit.
— Je le sais, on me l'a déjà dit...
— Maintenant, nous allons conduire ce drôle au post e. Grâce à toi, il ne pourra plus cambrioler de sitôt, car il va moisir à l'ombre, pendant quelque temps. Ce gaillard-là doit déjà avoir plus d'un méf ait sur la conscience, et il y a des chances pour que les juges le salent dur.
L'homme ne disait rien. Il roulait des yeux furibon ds, mais c'était surtout au jeune garçon qu'il en avait, car il se disait que, sans lui, il eût pu opérer tranquillement dans cette maison inhabitée et faire sans doute ample provision d'argenterie et d'objets d'art.
— Nous n'avons plus rien à faire ici, dit l'agent. Allons !
Ils descendirent. Dans la rue, les gens s'étaient r assemblés lorsqu'ils avaient vu l'agent pénétrer dans la maison. En aper cevant le malfaiteur, menottes aux mains, ils l'accueillirent par des hué es et des injures et faillirent le lyncher, car quelques jours auparavant, un bandit, le même peut-être, avait pénétré dans la boutique d'une mercière qu'il avait à demi assommée.
Pendant que l'agent cherchait un taxi pour emmener son prisonnier, un individu se pencha rapidement vers le jeune garçon et lui dit à mi-voix :
— Toi, tu sauras bientôt ce qu'il en coûte de rense igner la police.
Le gamin se retourna, mais celui qui venait de pron oncer ces paroles s'était déjà perdu parmi la foule.
II
Ungarçon déluré
Quand on arriva au commissariat, l'inspecteur qui s e trouvait là regarda le prisonnier.
— Mais je te connais, toi, dit-il. Je t'ai arrêté, il y a un mois, et tu as réussi à t'évader de prison. Ah ! je te garantis que, cette fois, tu ne nous échapperas plus.
Et se tournant vers l'agent :
— Où avez-vous cueilli cet oiseau-là ?
— Dans la villa qui se trouve au numéro 216 de la r ue d'Assas. Il avait forcé la porte de la rue. Nous l'avons pincé dans la pièc e où il se cachait. Il avait sûrement un complice, mais il s'est enfui.
L'inspecteur regarda le gosse.
— Ce petit était donc avec vous ? demanda-t-il.
— Oui, monsieur l'Inspecteur, c'est lui qui m'a ren seigné. Il avait vu le gredin pénétrer dans la maison et il est aussitôt venu m'a vertir. Oh ! c'est un fier petit gars, allez, et qui n'a pas froid aux yeux. Il m'a bien secondé, je vous en réponds, et n'a pas hésité à sauter sur le bandit.
— Ah ! fit l'inspecteur en souriant. Mais, alors, c 'est un vrai détective que ce garçon-là... C'est très bien, mon ami. Si tout le m onde faisait comme toi, les malfaiteurs ne seraient peut-être pas si nombreux. Comment t'appelles-tu ?
— Jean Tixier, monsieur.
— Et tu habites ?
— 29 rue Vavin...
— C'est bien. Tu seras cité prochainement comme tém oin, quand ce bandit comparaîtra devant le juge d'instruction. Tous mes compliments, tu as fait preuve de courage et de décision. Mais comment as-t u été amené à découvrir cet individu ?
— C'est bien simple, monsieur, je passais dans la r ue, quand j'ai aperçu deux types qui causaient devant la porte d'un bar. Au moment où je suis arrivé près d'eux, j'ai entendu l'un qui disait : « Fais l e guet devant la maison, et à la moindre alerte, un coup de sifflet, hein ? » Je n'a i pas entendu ce que l'autre a répondu, j'ai continué mon chemin, mais quand j'ai été à une vingtaine de pas, je me suis dissimulé sous une porte et j'ai observé les deux hommes. Je me