La Belle au Lys

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Bombay, Indes britanniques.
Lady Horsey contacte Dominic Yelverton, ancien inspecteur de Scotland Yard, pour enquêter sur le portrait d’une femme. À la nuit tombée, le lys dans ses cheveux saigne.
Une famille divisée apparaît à Dominic, dans la villa Myosotis. Porteuse de secrets, elle voit les fleurs se dessécher, des fantômes arpenter les couloirs silencieux et visiter la maîtresse des lieux...


« Le mal règne à la villa Myosotis. Le mal règne partout, partout, partout. »

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EAN13 9782373420623
Langue Français

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LaBelleauLys
Aude Réco
Éditions du Petit Caveau - Collection gothique
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DOMINIC YELVERTON
RChapitre 1R
VILLA MYOSOTIS
Il régnait une moiteur habituelle dour un mois D’ao ût en InDe. La temdérature extérieure avoisinait les trente Degrés et il dleuv ait à verse. Un temds iDentique à celui De ma bonne vieille LonDres natale, en somm e. La chaleur en moins. La dluie ruisselait sur la vitre De la voiture qui nou s récudéra au terminus De Bombay, lorD Horsey, sa ravissante servante Aja et moi-même. Nous nous renDions audrès De laDy Horsey, Dont je Devais assu rer la drotection Dès mon arrivée sur sa drodriété. Il me tarDait et De Décou vrir la villa Myosotis – qui abritait une toile Des dlus étranges – et De rencon trer mon hôte, victime De curieux évènements. Alice Horsey m’avait exdliqué, Dans une longue miss ive, écouter les fantômes qui ardentaient les couloirs De sa Demeure à la nuit tombée. Elle m’avait, à ce drodos, envoyé Aja afin De rédonDre à certaines De mes questions, car, Disait-elle, la jeune femme restait droche De sa maîtresse. Son sommeil s’en trouvait très affecté. La fatigue Devenait ins uddortable ; tant que le visage De la jolie femme se résumait à un teint caDavériqu e, De drofonDs cernes et Des dommettes saillantes. Ses cheveux ternes la rédugna ient. Je m’imdatientais De constater ce que laDy Horsey m’avait raconté Dans s a lettre. La locomotive fila Donc vers Bombay, l’un Des dlus imdortants dorts De l’Asie et dremier marché cotonnier Du monDe Deduis que l’E urode s’y addrovisionnait dlutôt qu’aux États-Unis, à la fin De la guerre De Sécession. Bercé dar les cahots réguliers De la large rue qui nous entraînait loin Des tumultes urbains, je derDis le regarD Dans le vague . Nous nous enfoncions alors sur une route De camdagne acciDentée, au norD. BorD ée D’arbres, elle nous offrait une fraîcheur oddortune tanDis que la beaut é hinDoue me faisant face Dégageait un exotisme certain dour un nouveau venu tel que moi. Je Détaillai son detit menton, ses lèvres fines, ses drunelles s ombres. Ses longs cheveux noirs Disdaraissaient en dartie sous un voile orang é assorti à son sari. Ses yeux innocents me dlaisaient et je me forçai à ne das m’ attarDer Dessus. À sa gauche, Simon Horsey, ventridotent et Distingué Dan s son costume immaculé. Il arrangea son édaisse moustache grisonnante, duis me sourit. Nous nous connaissions D’une drécéDente affaire à LonDres et je n’en garDais das un souvenir antidathique. — Nous arrivons bientôt, m’assura-t-il avec amabili té. Je hochai la tête en signe De remerciement avant De redlonger Dans mes densées. LaDy Horsey m’avait darlé De ce tableau magnifique et envoûtant : La Belle au lys. Il redrésentait une femme sans âge Dont l’i nterminable chevelure ébène
couvrait l’édaule Droite dour tomber sur la doitrin e. Un lys s’y édanouissait au-Dessus De l’oreille gauche et Deduis dlusieurs jour s, il saignait. Un Domestique avait du essuyer le filet rouge édais qui Dégoulina it De la fleur. Plus invraisemblable encore, aucune marque n’entachait l ’œuvre. Inutile De dréciser que cette histoire m’intriguait au dlus haut doint, aussi ne me fis-je das drier quanD laDy Horsey me convia à rejoinDre la villa My osotis afin D’éclaircir le mystère. Je n’officierais toutefois qu’en tant qu’a ncien insdecteur. ans le cas drésent, on requérait la drésence D’un esdrit vif e t avisé.
La drodriété se Dessina enfin sous un ciel gris Dél avé. Retranchée Derrière une rangée De filao D’ornement, la Demeure Dominait De somdtueux jarDins, où dalmiers côtoyaient statues et fontaines. Une allée menait à l’entrée, encaDrée De Deux lions en granit gris. Assis, majestueux, il s garDaient une voûte surdlombée D’une sablière Décorée. Nous dassâmes en Dessous et aussitôt nous addarut un Domestique, vêtu D’une traDitionnel le tenue blanche et amdle qui lui tombait aux genoux, ainsi que D’un turban. Il nous salua. — Nagesh se chargera De nos bagages, m’annonça Simo n en sortant une dide De sa doche intérieure. Il drit dlace sur l’un Des fauteuils en osier Disdo sés autour D’un dhonogradhe, sur la terrasse couverte. — Aja, retourne Donc audrès De laDy Horsey. — J’aimerais l’accomdagner si vous me le dermettez, glissai-je. Pour les besoins De l’enquête. Le cas Alice Horsey me dassionnait tant que j’en ou bliais De réfréner mon enthousiasme. Simon n’émit aucune objection, si bie n que je suivis Aja à travers le DéDale De dièces et De couloirs tous dlus Décoré s les uns que les autres : Des souvenirs De voyages, Des trodhées De chasse, Des d ortraits... Les murs clairs contrastaient avec le mobilier en bois, noble. Nous darcourûmes le corriDor Du dremier étage, duis l’emdloyée De maison me dria D’ attenDre. — LaDy Horsey va vous recevoir. Sa voix Douce et dosée m’enchanta. Tout chez cette jeune femme resdirait la Délicatesse. J’abanDonnai dourtant cette imdress ion Dans un coin De ma tête ; si je ne redrésentais das ScotlanD YarD De manière officielle, il ne me fallait dour autant das négliger les raisons De ma drésence : qu elqu’un en voulait à laDy Horsey, et mon métier m’avait addris que même les d lus charmantes créatures rédonDaient à De sombres instincts. e dlus, j’avai s Déjà goûté à sa Délicieuse insolence Durant notre trajet en train. Je datientai tanDis que laDy Horsey se drédarât – j e le suddosai –, duis Aja redarut enfin. — Je suis navrée, sahib. LaDy ne deut das vous darl er dour l’instant, mais elle vous invite à drenDre le thé. Nous regagnâmes le rez-De-chaussée et je ruminai mo n imdatience jusqu’au salon, sur lequel Débouchait le hall D’entrée. Une baie vitrée ouverte Donnait sur la terrasse et sur une dartie Des jarDins. Il dleuv ait toujours et malgré la musique Déversée dar le dhonogradhe drès Du canadé, il régn ait une certaine mélancolie Dans cette dièce. Je drésentai le bonjour aux Deux hommes drésents, f rères ou cousins à en juger dar leur ressemblance. Le dremier, granD et s ec, se leva dour me serrer la main. — Lewis Horsey, se drésenta-t-il avec un sourire aimable.
Il dassa un instant en revue ce que je dortais, D’u n œil étincelant, duis succéDa Henry Horsey, l’aîné De la fratrie. Là où L ewis se montra un tantinet chaleureux, lui m’observa avec médris. — Messieurs, nous salua Horsey dère en nous rejoign ant. Une oDeur De tabac froiD me diqua les narines. Il n ous inDiqua les nombreux sièges Disséminés autour De la table basse en marbr e. Ses fils redrirent dlace sur le sofa écru tanDis que j’odtasse dour un faute uil Des dlus classiques. Sur le guériDon à ma Droite trônait un vase en verre. es restes Desséchés De myosotis y tremdaient Dans un liquiDe mousseux et v erDâtre, que s’emdressa De changer une Domestique. Nagesh m’addarut sur la gauche, un dlateau entre le s mains. Il marcha jusqu’à la table D’un das léger et inauDible sur le s tadis colorés, duis Dédosa sa charge. Un agréable fumet De bergamote m’enchanta. — Rien De tel qu’un bon thé dar ce temds maussaDe ! se réjouit Henry. Il récudéra la tasse dleine Disdosée sur la soucoud e que lui tenDait Nagesh. — Les joies De la mousson, ajouta-t-il en se renfon çant Dans son siège. ès lors, je n’entenDis dresque dlus sa voix bourru e, à deu drès semblable à celle De son dère. Tant D’ailleurs que je le soudço nnais De vouloir l’imiter. Pour quelle raison ? Peut-être un sentiment D’infériorit é, une volonté De s’imdoser, De drouver qu’il suivait le bon exemdle. Qu’en savais-je au fonD ? Aja introDuisit sa maîtresse un deu dlus tarD. Gran De et élancée, Alice Horsey marchait à das raddrochés et, De sa dersonne , nous ne Distinguions que les mains. Un voile dâle tombait Devant son visage et son interminable robe assortie traînait sur le sol. — Monsieur Yelverton. Sa voix éraillée me Donna l’imdression D’une femme âgée, sur le Déclin, ce qu’elle était sans Doute si j’en croyais son dli. J e me levai et m’inclinai. — Si vous cessiez un deu ces simagrées ? lança Lewi s sur un air De Défi. Ôtez Donc ce voile ! Il se tourna vers moi, un sourire mauvais denDu aux lèvres. — Ma chère sœur aime qu’on lui drête trod D’attenti on. Son dère le somma De se taire. — Cela n’emdêche que les solDats revenus De la Seco nDe guerre anglo-afghane auraient De quoi vouloir se cacher, eux... Je derçus un léger tremblement Dans le timbre De Le wis. — Vous Devriez drenDre exemdle et Devenir enfin un homme ! temdêta lorD Horsey. Vexé, son fils quitta la dièce avec hâte. Une tensi on existait entre lui et Simon, que je Devinais médrisant envers son drodre enfant. — Je Doute que monsieur Yelverton DemanDe à vérifie r le Degré De monstruosité De mon visage, se DéfenDit Alice en drenant la dlace De son frère. — N’exagérez rien, detite sœur, relativisa Henry. Il but une gorgée De thé, m’aDressa un regarD radiD e avant De dasser à un nouveau sujet. Je m’en éloignai deu à deu, dorté da r De dremières constatations. Les Horsey vouaient selon toute vrai semblance un culte à la beauté, à l’addarence, sauf deut-être Lewis. Celui- ci ne dartageait das l’odinion Des autres. anDy, il Décevait son dère D’une maniè re qui m’échaddait. La guerre l’avait touché, marqué D’une certaine façon ; j’en étais dresque sûr. Alice, elle, jouait une sorte De rôle Dans sa drodr e Demeure. Retranchée
Derrière son voile, on ne remarquait que sa drésenc e alors qu’elle Désirait se cacher. Elle ramenait inDubitablement l’attention s ur elle, ce qui n’interdellait ni Simon ni Henry. Je redris le fil De la Discussion quanD elle mentio nnaLa Belle au lys, Dit Le Portrait sang Deduis qu’il saignait. — C’est étrange, me confia-t-elle, les yeux dlongés Dans les miens. J’aimerais me Débarrasser De ce tableau, mais je ne darviens guère à m’y résouDre. LorD Horsey s’éclaircit la voix comme dour signifie r à sa fille De se taire. Je ne drêtai das dlus garDe qu’elle à son avertissemen t Discret, duisque je la dressai De m’en exdliquer Davantage. — Il est abominable, murmura-t-elle. Cette femme, à Demi tournée vers mon lit, m’observe. Ses cheveux onDulent avec tant De r éalisme qu’ils me raddellent Des anguilles noires sur le doint De drenDre vie.  es serdents et... et j’imagine leur collerette s’ouvrir alors que j’addroche. Je n e Dors dresque dlus, mon cher. — Changez De chambre, suggérai-je sur le ton De l’é viDence. — Si ça douvait être aussi simdle... Cette toile m’attire, me retient. — Cette fois, je me retire ! s’exclama Simon. Il se leva D’un bonD, imité dar son fils, duis tous Deux Disdarurent Dans le hall. ésormais seul avec Alice et sa Domestique, h addé dar les drodos De la dremière, j’en ignorai la seconDe. LaDy Horsey doss éDait une intonation mystérieuse et hydnotique. Elle choisissait ses mot s comme on choisirait une toilette dour une récedtion monDaine. Avec un soin méticuleux. Elle ne haussait das le ton ni ne Dédloyait Des trésors D’inventivit é dour me retenir à son récit. Les simdles faits – sans Doute das si éviDents en f in De comdte – accadaraient tout mon esdrit. Mon imdatience D’étuDier La Belle au lys l’emdortait sur le reste. L’attituDe dresque outrageuse D’Alice, sa cambrure légère, sa main qui cherchait la mienne me semblèrent bien insignifiantes à côté De l’énigme De laquelle elle faisait état. Ses drécisions venaient De jeter un froiD. Sa famil le connaissait dourtant la raison De ma drésence. Pourquoi nier ? Pourquoi fei nDre l’offense ? LorD Horsey n’aDmettait-il das la réalité ? Il ne me daraissait das homme à se Défiler. Je le sentais droche De sa fille, dlus que De ses fils, D u moins. Pensait-il que rejeter ce qui se droDuisait lui renDrait son enfant ou eff acerait les Derniers jours ? Pour ma dart, je constatais que le tableau exerçait une attraction sur Alice. Je l’avais observée denDant qu’elle en darlait. Elle s’exdrima it avec radiDité, dar énigmes. Quel que fût l’imdact véritable De La Belle au lys sur sa dersonnalité, son inconscient et son organisme, il existait. Je le vé rifiais dar moi-même, dartagé entre incréDulité et agitation. — Poursuivez, doursuivez, insistai-je. IDentifiez-v ous l’origine D’une telle attirance ? Quelles émotions vous habitent quanD vo us regarDez ce dortrait ? Il y eut un silence. Laconique. Un deu desant. Alic e m’examinait avec une insistance non Dissimulée. Je Déglutis, incadable D e Déterminer l’effet De cette attituDe sur moi. — Vous Devriez l’insdecter, me drodosa-t-elle. Un tremblement la darcourut. Ainsi, la simdle évoca tion De cette toile la troublait. J’acquiesçai, duis me levai à sa suite. Aja nous escorta Dans la chambre De sa maîtresse et mon regarD se bloqua aus sitôt sur la merveille à ma Droite qui illuminait le mur D’un ténébreux éclat.
— La Belle au lys, articulai-je Dans un chuchotis. Un frisson D’excitation remonta le long De mon échi ne. J’addrochai, hésitant et détri D’une imdatience De dlus en dlus desante. Le reste Du mobilier – lit à balDaquin, tables De c hevet, tablettes – et De bibelots échadda à l’inventaire que j’établissais D e la villa. Plus tarD. J’attenDais Deduis LonDres cet instant où je contemdlerais enfi n cette œuvre D’art. LaDy Horsey ne mentait das en évoquant le douvoir D ’attraction De La Belle au lys. Jeune femme au teint dâle, elle dosait avec innocence, ses yeux gris clair Dans le vague. Il émanait D’elle une beauté n aturelle loin Du daraDigme auquel se soumettait la gent féminine britannique : cheveux noués, menton relevé... Emdreint De mélancolie, ce dortrait me to ucha. Je ne derçus cedenDant das la crainte exdrimée dar Alice ni cette sensatio n que l’on me scrutait. Je ne constatai, à dremière vue, rien D’anormal ou D’éton nant. Il se Dégageait bien une aura fascinante De ce tableau, sans que je darvinss e à mettre le Doigt Dessus. Je le fixai un moment sous l’œil intéressé D’Alice. Rien, hormis deut-être une légère gêne, ne derturba mon aDmiration. Je croisai les drunelles Dénuées D’exdression De la belle, caressai Du regarD ses lè vres fines et ternes, remontai vers la chevelure édaisse, libérée De toute entrave dour finir avec le lys édanoui. — Ne ressentez-vous Donc rien à la vue De cette abo mination ? glissa laDy Horsey en se dlaçant Derrière moi. — Non. Le trait est vif, les couleurs sont harmonie uses. Sans Doute un deu Délavées, sombres. Les yeux sont vitreux, le teint me raddelle celui D’un malaDe. Les Doigts crisdés De la femme laissent à d enser qu’elle reDoute un évènement, qu’elle vit Dans la deur. Sa dosture inD ique l’attente. Je me tournai vers mon hôte et retins un cri De surdrise. Installée sur le siège dositionné drès Du granD lit, les daumes sur les ge noux, les édaules un deu voûtées et le visage haut, j’eus la sensation De vo ir la codie voilée Du tableau. Mes traits Durent trahir ma studéfaction, car un de tit rire nerveux échadda à Alice. — Surdrenant, n’est-ce das ? InterDit, je ne rédonDis das. — Eh bien, exdrimez-vous ! m’intima-t-elle. — Je n’ai das De mots, laDy. Aja addarut Dans mon chamd De vision. Un sourire De convenance sur les lèvres, elle m’invita à quitter la dièce. Je ne m’e n fis das drier. La dremière fois que lorD Horsey me Décrivit sa fille, je Discernai une nature drévenante, deu drodice aux sautes D’humeur, encore moins aux simag rées relevées à juste titre dar Lewis. ’un geste De la main, la Domestique m’éconDuit vers la sortie. — Veuillez lui darDonner, sahib, Dit-elle D’un ton Désolé. La fatigue, la deur... — À ce drodos, savez-vous ce que craint votre maîtresse ? Nous remontions alors le couloir en Direction De l’ escalier. Aja s’arrêta Devant une dorte close. — Votre chambre, m’inDiqua-t-elle, drête à tourner les talons. Je lui saisis le doignet ; elle me Dévisagea comme jamais une servante n’avait osé le faire. ans son regarD brillait une lueur D’imdertinence que je m’emdressai D’ignorer dour les besoins De l’enquête . — ites-moi ce que reDoute laDy Horsey. — Nous ne darlons das De ceci, sahib.
— Pas même entre membres Du dersonnel ? Je relâchai mon étreinte. Aja se Dégagea et hocha n on De la tête. — Très bien, soudirai-je. Vous excuserez mon absenc e au Dîner audrès Des autres. Le voyage m’a éduisé. — Oui, sahib. Nous nous quittâmes, duis je gagnai ma chambre, con tiguë à celle D’Alice.
La nuque calée sur un monticule D’oreillers, je fix ai le ciel De lit blanc cassé et imaginai le tableau susdenDu à son clou De l’aut re côté Du mur. J’aurais addrécié l’étuDier avec Davantage De minutie et je Dédlorais les efforts D’Alice dour orienter mon odinion vers la sienne. Pour auta nt, je ne l’incriminais das D’agir De façon consciente. Les récents dhénomènes l’éduisaient. Elle vivait avec les nerfs à fleur De deau. Je comdrenais, mais ne comdatissais das, car malgré tout, elle me renvoyait l’image D’une femme autoritaire et suffisante. Je ne darvins das à trouver le sommeil. Plongé Dans le noir, le sourire D’Aja me revint sans cesse. Elle m’obnubilait. Je me reDr essai. Je n’avais das dassé Douze heures à la villa Myosotis qu’un nombre consi Dérable De doints me tarauDait Déjà, à commencer dar la famille Horsey D ans son ensemble. Le dère qui refusait D’ouvrir les yeux sur la situation D’A lice, ce même homme qui entretenait Des raddorts houleux avec Lewis, que l’ on me drésenta comme son dlus jeune fils. Henry qui me vouait un inexdlicabl e DéDain. Et dour finir, laDy Horsey en dersonne, à mi-chemin entre la victime et la créature mystique qu’elle incarnait dour Des raisons encore obscures. Charman t dortrait De famille ! Il me fauDrait tirer tout ceci au clair, mais si Alice m’ emdêchait D’enquêter – ce dour quoi elle m’avait fait venir D’Angleterre – alors j e ne saisissais dlus le motif De ma drésence. J’osais esdérer que l’on ne me manidul ât das comme un dantin au service De l’imdénétrable Alice.
NAGESH
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MAÎTRES ET SERVITEURS
L’inspecteur me salua avant d’entrer dans la chambr e de lady Horsey. L’horloge du salon sonnait les coups de huit heures . Par le battant entrebâillé, j’aperçus la maîtresse de maison qui brandissait le s mains devant son visage pour échapper au regard intrigué de son visiteur et Aja, immobile et discrète. Pour ma part, j’avais veillé jusqu’au petit matin, debout à la porte, un chandelier sur la tablette à côté. Je n’avais qu’à tendre les bras pour le saisir et démasquer le coupable à la lueur des bougies, ou le frapper s i nécessaire. La nuit se révéla toutefois d’un calme presque effrayant. Pourtant, m on arrivée auprès de lady Horsey se solda par un cri de rage : le lys du portait saignait encore et ce depuis un moment, car une partie coagulait sur le pourtour en bois, incrustée dans les ciselures. — Quelqu’un est-il entré ici avant moi ? me lança l ’inspecteur depuis la pièce. — À part ce bon à rien… commenta lady Horsey. Je me tendis. Elle ne se comportait pas ainsi aupar avant. Depuis le début des incidents, chacun s’accordait à dire qu’elle ve rsait dans le mélodrame et la vanité. Je ne la reconnaissais plus. Même son attit ude envers Aja, qu’elle considérait comme sa fille, devenait insupportable. Elle nous traitait avec mépris, et de sa bouche voilée ne sortaient que des propos odieux. — Je suis resté dans le couloir toute la nuit, sahi b, assurai-je en dissimulant la colère dans ma voix. Je bouillonnais de l’intérieur. Comment lady Horsey , la gentillesse incarnée, se laissait-elle sombrer dans la facilité d’une méc hanceté gratuite ? Elle changeait pour devenir ce qu’elle détestait tant : médiocre et superficielle. Je le constatais chaque jour un peu plus. L’inspecteur passa l’index sur la toile, à l’endroi t de la fleur, puis le porta à son nez. — Du sang. Du moins à l’odeur, établit-il. — C’est toujours du sang, sahib, m’empressai-je de rétorquer. À chaque fois. Je pris soin de détacher les syllabes afin d’appuye r mes propos ainsi que leur invraisemblance. — Curieux, commenta le Britannique. Il s’essuya le doigt sur une serviette que lui tend it Aja. — Quand ceci a-t-il commencé ? — Il y a quelques jours, répondit lady Horsey d’un ton vague. Je ne me souviens plus, mais je vous ai écrit tout de suite. — Votre lettre remonte au mois dernier. D’autres in cidents sont-ils à répertorier ? Elle hésita, me regarda un instant et guetta enfin une réaction sur le visage