//img.uscri.be/pth/cd7287d290d594a820cbbd63ed235d4efc5ddb12
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

La courtisane rouge

De
240 pages
Un grand reporter français, qui a longtemps vécu en Chine, vient enquêter sur une importante affaire de contrebande à l'importation de produits de luxe, survenue dans un petit port tranquille de la côte sud de la Chine. Parmi les interviews que lui a ménagées un ami journaliste à Hong Kong, une belle Chinoise, cultivée et ouverte, ayant quelques liens avec les leaders locaux. Arrivé sur les lieux, le reporter ira de surprise en surprise...
Voir plus Voir moins
vieŶt eŶƋuġteƌ suƌ uŶe iŵpoƌtaŶte aaiƌe de ĐoŶtƌeďaŶde à l’iŵpoƌtaîoŶ de pƌoduits de ludže, suƌveŶue daŶs uŶ peît poƌt tƌaŶƋuille de la Đôte sud de la ChiŶe.
à HoŶg KoŶg, uŶe ďelle ChiŶoise, ĐulîvĠe et ouveƌte, aLJaŶt ƋuelƋues lieŶs aveĐ les leadeƌs loĐaudž. AƌƌivĠ suƌ les lieudž, le ƌepoƌteƌ iƌa de suƌpƌise eŶ suƌpƌise...
ChiŶe du Sud. Ses foŶĐIoŶs lui oŶt peƌŵis d’oďseƌveƌ de pƌğs les ŵœuƌs des ŵilieudž soĐio-ĠĐoŶoŵiƋues et poliIƋues, daŶs le Đadƌe d’uŶe ville de taille ŵoLJeŶŶe.
EŶ Đouveƌtuƌe : Figuƌe de pƌoue d’uŶ ďateau-dƌagoŶ. UŶe fois l’aŶ, des ĐoŵpĠîîoŶs ĐoŵŵĠŵoƌeŶt le suiĐide d’uŶ ŵiŶistƌe iŶtğgƌe pƌotestaŶt siğĐle avaŶt J.-C.) ĐoŶtƌe la ĐoƌƌupîoŶ du gouveƌŶeŵeŶt.
ISBN : ϵϳϴ-Ϯ-ϯϰϯ-ϭϭϯϯϭ-ϵ ϮϮ
Robert Pialot JeanPierre Pisetta
La courtisane rouge Roman
La courtisane rouge
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Lutaud (Laurent),L’araignée au plafond, 2017. Mahé (Henri),Quelques nouvelles du port, 2017. Chatillon (Pierre),La danse de l’aube, 2017. Gontard (Marc),Fractales, 2017. Pisetta (Jean-Pierre),Hostilités, 2016. Toubiana (Line) et Point (Marie-Christine),De porte en porte. Histoires parisiennes, 2016. Pain (Laurence),Selon Gabrielle, 2016. Seigneur (Pauline),Augusta mouille-cailloux, 2016. Berkani (Derri),Les couveuses, 2016. Gaspin (René),Froideterre. Le roman d’un poilu, 2016. Galluzzo (Rosine),Toutes les larmes de mon corps, 2016. Rouet (Alain),Les incivilités du trapèze volant, 2016. Tanguy Taddonio (Anne),Le mariage, 2016. Le Boiteux (François),Le rêve grec, 2016. Sabourin (Jean-François),Le long chemin de l’exode. L’histoire d’un homme libre, 2016. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Robert Pialot La courtisane rouge
Roman
Les personnages de ce roman sont totalement imaginaires et ne sauraient être assimilés à des personnes existant ou ayant existé... © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11331-9 EAN : 9782343113319
I HO CHI MINH VILLE…
Paris – Ho Chi Minh Ville : treize heures de vol… Depuis toujours, je suis infoutu de fermer l’œil dans un avion ! Et des heures de vol, j’en ai suffisamment au compteur, pour ne plus me laisser prendre au dépourvu. J’ai donc emporté, pour tuer le temps, un bon polar bien de là-bas, pondu par un certain Robert Hans Van Gulik, dont le titre énigmatique (comme il se doit) : Le Fantôme du Temple, s’accompagne en couverture d’une superbe nana à poil batifolant, ô sacrilège ! dans un lieu sacré où trônent des bouddha adipeux au regard concupiscent. Maître Van Gulik, un digne diplomate néerlandais en poste en Chine du temps de Chang Kai Tchek, s’est fait un nom dans la littérature de son siècle par ses doctes études sur l’érotisme chinois à travers les âges (très documentées, abondamment illustrées, je vous en recommande la lecture…). Pour se délasser, et délasser ses lecteurs, ce savant ne dédaignait pas de pondre, en marge de ses recherches sur le sexe chinois et son évolution de siècle en siècle, toute une portée de polars, toujours cent pour cent chinois, garantis « Tang dynastie »… et bien sûr un chouïa licencieux. L’intrigue de ce fantôme qui batifole dans le temple se situe donc e sous cette brillante dynastie des Tang, au 7 siècle… L’Âge d’Or de la civilisation chinoise, déclarent les sinologues patentés. Des poètes merveilleux qui nous font toujours rêver, les Li Bai et autres Du Fu… Mais pour l’heure il s’agit simplement d’un jeune juge nommé Dee, fraîchement muté dans une petite ville du Nord-Ouest de la Chine, bien entouré – de ses trois épouses et de ses trois lieutenants – et qui s’emploie à dénouer des énigmes plus tordues les unes que les autres. L’estimable sinologue a exécuté lui-même les petites illustrations rigolotes qui jalonnent son histoire : des relevés topographiques minutieux, genre magazine d’ados, des crobards censés nous aider à bien piger l’enchaînement des opérations. Plus une dizaine d’estampes, de style sino-naïf, sur lesquelles il a apposé son sceau perso « RHVG ». En respectant la facture un peu raide de la peinture de cette époque de la dynastie des Tang, cela va de soi… On s’y croirait !
7
Fan inconditionnel de Van Gulik, j’ai remarqué dans mes lectures précédentes que cet éminent spécialiste en érotisme pimente ses énigmes policières d’épisodes croustillants, pas tout à fait politiquement corrects : épouses bourgeoises cocufiant leur mari (excepté celles du juge quand même…), abbesses dévergondées, belles putains détournant de leur devoir les pandores locaux… Bref, cette lecture tombe bien pour me remettre dans l’ambiance de l’Empire de l’éternel Milieu. Et la tendance, pas violemment démocratique, du bon magistrat à abuser du fouet pour extorquer plus rapidement leurs aveux aux suspects trop coriaces, pas de quoi non plus nous surprendre. Rien de nouveau sous le soleil levant. Un rappel historique salutaire avant de débarquer dans la Chine d’aujourd’hui, but de mon voyage après une courte escale vietnamienne… Bon ! Dix heures ont passé, ma foi, pas trop mal… pour une fois ; voilà que j’en suis aux inévitables conclusions philosophiques de l’estimable historien. Il m’a quand même aidé à raccourcir un peu le temps qui s’écoule si lentement dans les longs courriers. Autour de moi, les passagers asiatiques, dans une belle unanimité, n’ont cessé de pioncer avec conviction tout au long du trajet, dès les dernières cacahuètes grignotées. Un peu jaloux, je lâche enfin mon juge Dee, croyant ressentir quelques picotements de bon augure… Trop tard ! C’est l’hôtesse qui la ramène, poussant le chariot des petits déjeuners.Omelet or noodles ?Résigné, je fais semblant d’avaler quelques nouilles aux crevettes, puis tente de repiquer du nez aussi sec. Pas pour longtemps hélas… Le timbre nasillard de l’annonce de notre arrivée imminente met fin à ma tardive tentative : …Nous avons commencé notre descente vers l’aéroport international Tan Son Nhat de Ho Chi Minh City… Regagnez vos sièges… Attachez vos ceintures… Blablabla…Pour votre sécurité… Blablabla… La température au sol est de 28° Celsius… L’heure locale est 8h 30… 28 degrés en début de matinée de ce mois de février ? Voilà qui vient à propos pour me redonner un peu de tonus… Sans perdre de temps, je remisai le Juge Dee au fond de mon sac. Connaissant bien les lieux et leurs usages, je me préparai à piquer un petit sprint dans les couloirs de l’aérogare, mon unique sac cabine
8
fourre-tout à la main – afin de prendre de vitesse le gros de la troupe et aborder les guichets de l’immigration en pole position. J’ai horreur de traîner dans ces queues interminables… Quelques instants plus tard, n’ayant pas, contrairement à mes compagnons de voyage, de bagage de soute à attendre, je fus donc le premier à satisfaire aux formalités, pour me présenter ensuite au guichet de la banque, et y échanger quelques-uns de mes dollars contre un plein sac de dongsl’effigie de l’oncle Ho. Sortie entre à deux barrières métalliques, contenant à grand-peine la foule des parents et amis venus accueillir les émigrés de retour au pays. Masse bariolée, exubérante, secouée de grands éclats de rire troublés de quelques larmes… Des bras qui s’agitent comme des sémaphores à l’apparition de la silhouette attendue… Émotion, émotions… Rien de tout cela pour moi : incognito complet ! Je repérai dans un coin du parking la colonne des voitures taxis, perdue au milieu d’une armée de deux roues, et m’engouffrai dans le premier de la file. Le chauffeur, d’un rapide coup d’œil, me considéra illico comme un potentiel apporteur de com, et, dans un Anglais pittoresque, me tendit d’emblée un « flyer » d’hôtel de luxe, dont il se mit à vanter les mérites dans un galimatias volubile. Mais, ignorant ses promesses d’hôtel très confortable et pas cher, je lui indiquai d’un ton péremptoire mon point de chute prédéterminé, rue Bui Vien. Il embraya en maugréant, dépité de voir s’envoler ses espoirs de bénef de rabatteur de touristes. À Saïgon, je descends toujours dans le même quartier, rendez-vous desbackpackers du monde entier, qui se sont donné le mot pour y trouver le gîte et le couvert, à des prix abordables. Toute cette faune s’agglutine dans les cafés et les gargotes pour échanger avec des mines de pirates leurs petits conseils de routards, leurs mille anecdotes un peu naïves. Aux terrasses des bistros, on parle fort et on rit beaucoup, on s’interpelle de table en table, et dans un sabir cosmopolite on se refile des petits secrets : les derniers tuyaux de bonne bouffe pas chère, deguest housemorpions, de nouveaux sans itinéraires d’autobus, de postes-frontières merdiques à éviter, ici ou là… On croise des filles de toutes provenances, attifées en un laisser-aller sexy, venues ici pour se défaire des contraintes sociales de leur pays d’origine. Même les timides comme moi se sentent encouragés à tenter leur chance.
9