La disparition de William Sternord

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Description

Dick REUTEL, le premier détective d’Angleterre, est chargé par le colonel des Services Secrets d’enquêter sur la disparition de William STERNORD, un agent missionné pour découvrir comment des informations capitales fuitaient d’un laboratoire en lien avec la Défense Nationale.


Dick et sa femme Betty louent une chambre dans l’auberge où a été vu pour la dernière fois le disparu et commencent à se renseigner.


Mais, lors d’un déplacement, la barre de direction de la voiture du couple se rompt dans un virage et c’est l’accident...


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EAN13 9782373477375
Langue Français

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Dick raccrocha.
I
Un agent a disparu
Il paraissait particulièrement joyeux avec, dans le regard, cette flamme claire qui paraissait annoncer de grandes choses.
Il vint s'asseoir aux côtés de sa femme. Il sifflotait.
Betty hésita, puis n'y tenant plus :
— Qui était-ce, chéri ?
— Le colonel Bredford, du Service Secret.
La jeune femme tressaillit. Elle jeta sur son mari un coup d'œil oblique et fit remarquer, sourcils haussés :
— Je n'aime pas cela, chéri.
Dick prit un air souverainement intrigué :
— Qu'est-ce que vous n'aimez pas, Betty ?
— Qu'un colonel du Service Secret vous téléphone et que vous en éprouviez cette joie.
— Ce n'est pas de la joie, chérie, c'est de l'excitation.
— Quelque chose se trame dans la coulisse ? questio nna Betty avec la même réprobation dans le fond de la voix.
— À ce qu'il paraît, oui... J'attends le colonel Br edford. Il sera ici d'un moment à l'autre. Si vous me serviez quelque chose à boire, en attendant, Betty ?
— Déjà ? fit la jeune femme, de plus en plus désapp robatrice.
— Servez-moi tout de même à boire, fit Dick, en se demandant avec irritation quel écho obscurément littéraire la phra se éveillait en lui.
Il en était à son deuxième Martini lorsque le maîtr e d'hôtel annonça le colonel Bredford.
— Dois-je vous laisser seul ? demanda Betty dans un e petite moue qu'il connaissait bien.
Il sourit :
— Non, adorable curieuse. Vous mettrez dans cet aus tère entretien la note compensatrice.
— Merci ! fit Betty dans une grimace.
Le colonel Bredford entra.
C'était un homme de stature puissante, voire athlét ique, au visage bronzé, aux tempes argentées. Dick, qui le connaissait bien , lui trouva quelque chose de tout à fait inaccoutumé dans la physionomie.
L'examen un peu plus approfondi permettait de concl ure à une fébrilité rentrée qui était visible à la crispation des maxil laires et au tic qui agitait les paupières, lesquelles battaient rapidement sur une iris d'un bleu très pâle et quasi déconcertant dans l'austérité de cette face e xtrêmement virile.
Après les banales formules de politesse, le colonel Bredford, confortablement assis dans un vaste club, face à un verre de gin bien tassé, se pencha vers Dick et, après avoir hésité durant quel ques secondes, commença :
— J'ai besoin de vous, Dick. J'imagine que, cela, v ous l'avez réalisé dès mon coup de fil ?
Il but son verre d'un trait comme pour y puiser un renfort de courage dans l'élocution :
— Réflexion faite, je vais vous présenter ceci dans l'ordre. Il y a exactement dix jours, un de nos meilleurs agents, le lieutenan t Sternord, a décidé de se rendre seul, dans un coin du Sussex, afin d'étudier d'un peu près une bande de touristes assez... bizarres (c'est le moins qu'on e n puisse dire) qui résidaient là depuis quelque temps. J'ajouterai que je n'ai aucun e idée du coin précis où s'est rendu le lieutenant Sternord, mais que l'affaire qu i l'intriguait avait un rapport quelconque avec les usines Brockeed, dans lesquelle s, ainsi que vous le savez certainement, on travaille sur certains produits ch imiques qui intéressent particulièrement notre Défense Nationale.
— Je vous arrêterai pour vous poser une question de détail, interrompit Dick. Dans quels termes le lieutenant Sternord vous a-t-i l annoncé son intention de partir dans le Sussex, et comment se fait-il que vo us n'ayez pas été mis plus parfaitement au courant de sa mission ?
Bredford eut un geste ennuyé :
— Il faut vous dire que le lieutenant Sternord est un garçon particulièrement bizarre. Depuis dix ans qu'il travaille au Service Secret, il a entouré chacune de ses missions d'un certain mystère qu'il considérait comme indispensable à la réussite de ses manœuvres. Moi-même, en tant que ch ef direct, et malgré certaines remontrances, ne suis jamais parvenu à le dresser. Je me suis résigné à le voir agir ainsi avec cette indépendance qui le caractérise et qui, peut-être, fait sa force. J'ajouterai que le lieutenant Sterno rd a consenti à l'Angleterre d'immenses sacrifices. C'est un homme absolument re doutable.
Bredford se tut, soupira, alluma une cigarette.
— Je continue : certains rapports du service de con tre-espionnage m'apprirent, il y a un mois de cela, environ, que c ertaines indiscrétions avaient filtré à l'étranger au sujet des derniers travaux d e l'équipe spéciale des usines Brockeed. J'en parlai en dehors du service avec le lieutenant Sternord, lequel me fit savoir — et je n'en fus pas peu étonné — que cela ne l'étonnait aucunement, et qu'il y avait un fameux moment déjà qu'il se penchait sur la question.
Bredford eut un mouvement d'épaules :
— Je vous répète que les méthodes de travail de Ste rnord étaient tout à fait particulières, je ne cherchai pas à lui poser des q uestions auxquelles, j'en étais certain, il aurait répondu à côté. Lorsque je lui d emandai s'il voulait se charger d'une enquête, il me répondit qu'il s'en occupait d éjà. Quelques jours après, il me fit savoir qu'il filaitn peu« du côté des Usines Brockeed afin de s'occuper d'u plus près d'une bande de touristes résidant dans un e auberge et qui l'intriguait au plus haut point ». Je vous cite à peu près textuellement ses propres paroles.
Le colonel Bredford se tut, accepta d'un signe de t ête le cigare que lui offrait Dick, le sectionna d'un coup de dents et, après l'a voir allumé, ajouta :
— Depuis dix jours, je suis sans aucune nouvelle de Sternord et, croyez-moi, je commence à être sérieusement inquiet.
Il ajouta, après une pause :
— Sternord était mon meilleur agent.
— Ceci est l'exposé de l'affaire, fit Dick. Puis-je vous demander maintenant ce que vous espérez de moi ?
Bredford hésita :
— Je pense, dit-il, que, pour une fois, Sternord a mésestimé l'adversaire. Admettons qu'il ait été reconnu. Admettons que« les mystérieux touristes »dont il est question aient su exactement à quoi s'en ten ir en ce qui le concernait et qu'ils aient reconnu en lui un agent du Service...