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La femme française aux colonies suivi de Contes et légendes de l'Annam

De
222 pages
Conçu comme une sorte de défense et illustration de la mission civilisatrice au féminin, cet ouvrage de C. Chivas-Baron (1876-1956) étudie la présence et l'influence de la femme dans l'empire depuis l'Ancien Régime jusqu'au XXe siècle. Il examine l'évolution du rôle de la femme aux colonies et constitue une source documentaire précieuse pour quiconque travaille sur la question du genre et la colonisation. Contes et légendes de l'Annam est un recueil de récits et de fables que l'auteur a ramenés de l'Indochine.
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LA FEMME FRANÇAISE AUX COLONIES
COLLECTION AUTREMENT MEMES conçue et dirigée par Roger Little Professeur émérite de Trinity College Dublin, Chevalier dans l’ordre national du mérite, Prix de l’Académie française, Grand Prix de la Francophonie en Irlande etc.
Cette collection présente en réédition des textes introuvables en dehors des bibliothèques spécialisées, tombés dans le domaine public et qui traitent, dans des écrits en tous genres normalement rédigés par un écrivain blanc, des Noirs ou, plus généralement, de l’Autre. Exceptionnellement, avec le gracieux accord des ayants droit, elle accueille des textes protégés par copyright, voire inédits. Des textes étrangers traduits en français ne sont évidemment pas exclus. Il s’agit donc de mettre à la disposition du public un volet plutôt négligé du discours postcolonial (au sens large de ce terme : celui qui recouvre la période depuis l’installation des établisse-ments d’outre-mer). Le choix des textes se fait d’abord selon les qualités intrinsèques et historiques de l’ouvrage, mais tient compte aussi de l’importance à lui accorder dans la perspective contem-poraine. Chaque volume est présenté par un spécialiste qui, tout en privilégiant une optique humaniste, met en valeur l’intérêt historique, sociologique, psychologique et littéraire du texte.
« Tout se passe dedans, es autres, c’est notre dedans extérieur, es autres, c’est a proongation de notre intérieur.» Sony Labou Tansi
Titres parus et en préparation : voir en fin de volume
Clotilde Chivas-Baron
LA FEMME FRANÇAISE AUX COLONIES
sûivi de
CONTES ET LÉGENDES DE L’ANNAM
Présentation de
Marie-Paule Ha
L’HARMATTAN
INTRODUCTION
par Marie-Paûle Ha
Écrits récents de Marie-Paûle Ha
“The Chinese and the White Man’s Burden in Indochina”,China Abroad: Traves, Subjects, Spaces. éd. Elaine Yee Lin Ho and Julia Kuehn, Hong Kong : Hong Kong UP (2009), pp. 191-207
“Double Trouble : Doing Gender in Hong Kong”,Signs : Journa of Women in Cuture and Society, 34: 2 (2009), pp. 423-449
ème “L’Emigration des femmes aux colonies au début du 20 siècle”, Histoire de ’immigration et question cooniae en France, éd. Nancy L. Green et Marie Poinsot, Paris : La Documentation française, 2008, pp. 221-226
Christiane Fournier,Homme jaune et femme L’Harmattan, 2008, présentation de M.-P. Ha
“On Sartre’s Critique of Assimilation”, Studies, 6 : 1&2 (2006), pp. 49-60
banche,
Journa
of
Paris :
Romance
La Femme française aux coonies: Promoting Colonial Female Emigration at the Turn of the Century”,French Coonia History, 6 (2005), pp. 205-224
“French Women and the Empire”,France and Indochina : Cutu-ra Representations, éd. Jennifer Yee & Kathryn Robson. Lanham, MD : Lexington Books (2005), pp. 107-120
“Portrait of a Young Woman as aCooniae”,Empire and Cuture, éd. Martin Evans. London : Palgrave Macmillan, 2004, pp. 161-180
Figuring the East : Segaen, Maraux, Duras, and Barthes, York : State University of New York Press, 2000
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INTRODUCTION
Danŝ ŝon diŝcourŝ prononcé à l’occaŝion de l’inauguration de la Société françaiŝe d’émigration deŝ femmeŝ (SFEF), fondée ŝouŝ le patronage de l’Union coloniale françaiŝe en 1897, Joŝeph Chailley-Bert, ŝecrétaire général de l’Union, explique à ŝon auditoire que pour favoriŝer la miŝe envaleur deŝ territoireŝ d’outre-mer nouvellement acquiŝ, il ne ŝuffirait paŝ d’yexpédier deŝ colonŝ et deŝ capitaux, car la coloniŝation par l’homme iŝolé, qui ne penŝe que retourner à la mère patrie, ne pourrait être durable. Pour le fixer ŝur place, il faudrait encore envoyce qui conŝtitue laer à la colonie « 1 famille, ce qui en eŝt la baŝe : deŝ femmeŝ » . La miŝŝion principale de la Société eŝt de ŝuŝciter deŝ carrièreŝ colonialeŝ féminineŝ.À la ŝuite de la création de la SFEF, une littérature propagandiŝte fait ŝon apparition danŝ la métropole ayant pour objectifŝ d’initier leŝ Françaiŝeŝ auxchoŝeŝ de l’empire, domaine naguère réŝervé à la ŝeule gent maŝculine, et de cultiver chezelleŝ le goût de lavie coloniale. Danŝ ceŝ écritŝ la femme en tant que maîtreŝŝe de maiŝon et philanthrope ŝe vaufrancité » oit confiée la double charge de recréer la « x colonieŝ et de « relever » l’élément indigène. C’eŝt danŝ ce courant d’idéeŝ que ŝ’inŝcrit l’ouvrage de Clotilde Chivaŝ-
1 Joŝeph Chailley-Bert,lÉmigration des femmes aux colonies. Allocution de M. le comte d’Haussonville et discours de M. J. Chailley-Bert à la conférence donnée le 12 janvier 1897 par l’Union coloniale française. Pariŝ : Armand Colin, 1897, p. 19. L’Union coloniale françaiŝe eŝt le lobbycolonial le pluŝ in2uent créé en 1893 par deŝ principaleŝ Maiŝonŝ françaiŝeŝ ayant deŝ intérêtŝ économiqueŝ et commerciaux auxcolonieŝ. Pour une analyŝe de l’hiŝtoire de l’Union coloniale,voir Raoul Girardet,L’Idée coloniale en France de 1871 à 1962, Pariŝ : La Table ronde, 1972 ; et Charleŝ-Robert Ageron,France coloniale ou parti colonial ?, Pariŝ : Preŝŝeŝ univerŝitaireŝ de France, 1978.
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Baron, une des propagandistes les plus actives de ce qu’on pourrait appeler « la mission civilisatrice au féminin ».
Clotilde Chivas-Baron, écrivaine et coloniale (1876-1956) Née à Paris en 1876 d’origine dauphinoise, fille de Laurent et de Marie-Thérèse Marion,Clotilde a grandi à Chatte danŝ l’Iŝère oùelle avécu juŝqu’à l’âge de 27 anŝ. Son aventure coloniale débuta aprèŝ ŝon mariage en ŝecondeŝ noceŝ à un colon, Michel Baron, qui l’emmena en Indochineverŝ la fin deŝ annéeŝ 1900. Danŝ une interviewaccordée à la revue Extrême-Asieen 1927, Chivaŝ-Baron confia qu’à part deux courtŝ ŝéjourŝ à Hanoi et à Saigon et un autre de dixmoiŝ prèŝ de la capitale impériale Hué, ŝavie coloniale, qui ŝ’étendait ŝur quatre annéeŝ, ŝe déroulait principalement danŝ la brouŝŝe. Danŝ le même entretien, elle avoua auŝŝi que 1 c’était en Indochine que ŝavocation d’écrivaine av.u jour En effet, toute l’œuvre littéraire de Chivaŝ-Baron ŝe dé-gage danŝ une trèŝ large meŝure de ŝon expérience coloniale. Son premier ouvrage, un recueil de conteŝ et de légendeŝ d’Annam, lui apporta le PrixMontyon de l’Académie Fran-çaiŝe en 1917. Cinq anŝ pluŝ tard, elle donna ŝon deuxième livre,Trois femmes annamites, qui a été de nouveau choiŝi par l’Académie Françaiŝe pour le Prixde Jouy. Leŝ annéeŝ ŝuivanteŝvoyaient la parution deLa Simple Histoire des Gaudraix, roman de mœurŝ colonialeŝ, etFolie exotique : En brousse sedang, récit d’aventureŝ. En 1927 ŝon roman indo-
1 Marcel Jordan, « Une interviewde Mme Chivaŝ-Baron lauréate du prix de Littérature Coloniale »,Revue indochinoiseExtrême-Asie : , I, 9 (1927), 351. Pour d’autreŝ ŝourceŝ ŝur lavie de Chivaŝ-Baron dont nouŝ nouŝ ŝervonŝ ici,voir ŝon court texte autobiographique « Clotilde Chivaŝ-Baron »,La Nouvelle Revue indochinoise, 1938, pp. 5-6 ; Jean Sorrel, « Romancière et Chattoiŝe célèbre : Clotilde Chivaŝ-Baron », Le Mémorial de l’Isère, 1528-1529 (aoû; ett 1976) Hommes et Destins, tome IX, Pariŝ : Académie deŝ Scienceŝ d’outre-mer, 1989, pp. 87-88.
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chinoisConfidences de métisse, qui met en scène le destin tragique d’uneEuraŝienne, a été couronné par le Grand Prix 1 de la Littérature Coloniale . En pluŝ de ŝa création littéraire, Chivaŝ-Baron collaborait auŝŝi avec deŝ périodiqueŝ telleŝ quePages indochinoises,La Nouvelle Revue indochinoise, Extrême-Asie : Revue indochinoise,auxquelleŝ elle contri-buait deŝ compteŝ renduŝ de livreŝ et deŝ articleŝ ŝur leŝ écrivainŝ indochinoiŝ. Maiŝ c’était ŝurtout en tant que promotrice de l’émigra-tion deŝ femmeŝ que Chivaŝ-Baron ŝe faiŝait connaître en métropole. Collaboratrice de pluŝieurŝ organeŝ de preŝŝe pour promouvoir la coloniŝation au féminin, elle faiŝait de nombreuŝeŝ conférenceŝ à l’École nationale de la France d’Outre-mer et organiŝait deŝ ŝéanceŝ régulièreŝ ŝur le rôle ŝocial de la femme coloniale à la radio. Elle participa également à pluŝieurŝ organiŝmeŝ coloniaux: le Conŝeil d’Adminiŝtration de la Fédération nationale de radiodiffuŝion coloniale, le Comité deŝ Écrivainŝ coloniaux, et le Comité directeur deŝ Françaiŝ d’Aŝie. La pluŝ retentiŝŝante de ŝeŝ participationŝ auxmanifeŝtationŝ colonialiŝteŝ fut ŝanŝ doute ŝa collaboration à la troiŝième ŝeŝŝion deŝ Étatŝ générauxdu féminiŝme à l’Expoŝition coloniale internationale de 1931, qui eut pour thème l’action deŝ femmeŝ françaiŝeŝ aux colonieŝ. Chivaŝ-Baron fut par ailleurŝ conviée à faire partie du comité d’organiŝation qui comptait parmi ŝeŝ membreŝ deŝ perŝonnalitéŝ féminiŝteŝ de premier plan telleŝ que Mme Avril de Sainte-Croix, préŝidente du Conŝeil National deŝ femmeŝ, Marguerite Durand, fondatrice du journal féminiŝte La Fronde, et Cécile Brunŝchwicg, préŝidente de l’Union françaiŝe pour le ŝuffrage deŝ femmeŝ. Lorŝ du congrèŝ deŝ Étatŝ générauxdu féminiŝme, elle prononça un long diŝcourŝ ŝur la ŝituation morale et légale de la femme indigène danŝ
1 Pour une analyŝe du perŝonnage de la métiŝŝe danŝ l’œuvre de Chivaŝ-Baron,voir Henri Copin,L’Indochine dans la littérature française des années vingt à 1954. Exotisme et altérité, Pariŝ : L’Harmattan, 1996. ix
les colonies françaises enAŝie et en Océanie, dont deŝ ex-1 traitŝ furent reproduitŝ danŝ le journalLa Française. C’eŝt auŝŝi durant cette même période qu’elle fonda l’Entraide coloniale féminine dont le but était de porter ŝecourŝ aux femmeŝ françaiŝeŝ appeléeŝ àvivre auxcolonieŝ auŝŝi bien qu’à celleŝ originaireŝ deŝ territoireŝ d’outre-mer réŝidant en 2 France, quelle que ŝoit leur origine ethnique . L’intervention de cette aŝŝociation conŝiŝtait à procurer deŝ emploiŝ pour celleŝ qui en ont beŝoin et à ŝ’occuper deŝ maladeŝ et deŝ 3 enfantŝ . Sa renommée de coloniale fut telle qu’à l’âge de 57 anŝ elle fut ŝollicitée à effectuer une miŝŝion en Côte d’Ivoire 4 à partir de laquelle elle rédigea un reportage ŝur le payŝ . Si leŝ œuvreŝ de Chivaŝ-Baron ont connu une réception critique favorable au moment de leur parution comme l’at-teŝtent leŝ différentŝ prixqui leur ont été décernéŝ, la plupart
1 Le rapport figure en entier danŝ Conŝeil National deŝ Femmeŝ Fran-çaiŝeŝ,États généraux du féminisme : 30-31 mai 1931. Salle des #I>Oj1s,;e!0des informations : Exposition coloniale internationale, Paris. Pariŝ : Le Conŝeil, 1931, pp. 73-83. Pour un compte rendu du congrèŝ,voir Yvonne Knibiehler et-Igine Goutalier,Femmes et colonisation : rapport terminal auKe>eu!1re des relations9N!0rieures et de la#IIT0ration, 1987, Aix-en-Provence :NGn@Bs~n*Ide Provence, Inŝtitut d’hiŝtoire deŝ payŝ d’outre mer, pp. 15- 44. 2 Chivaŝ-Baron cite comme dev:iŝe de l’Entraide coloniale féminine « Paŝ de préjugéŝ de couleur ou de race, paŝ de controverŝeŝ politiqueŝ ou religieuŝeŝ, de la compréhenŝion, de la bonté ». Voir « Clotilde Chivaŝ-Baron »,La Nouvelle revue indochinoise(1938), pp.5-6. 3 Voir Yv»,La Vie coloniale eŝ Lano, « Le Lyon républicain(17 avril 1932). 4 Côte d’Ivoire, Pariŝ : Laroŝe, 1939. Il eŝt intéreŝŝant de comparer le livre de Chivaŝ-Baron et le rapport rédigé par Deniŝe Savineau lorŝ de la miŝŝion que lui a confiée le gouverneur-général d’A.O.F. en 1937 pour mener une étude ŝur la condition deŝ femmeŝ et la famille africaineŝ. Voir Deniŝe Savineau,La Famille en A.O.F. : condition de la femme : rapport inédit, préŝenté par Claire H. Griffithŝ, Autrement Mêmeŝ, Pariŝ : L’Harmattan, 2007.
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