La Galerie du Canyon

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Description

Comment les chefs d’oeuvre disparus dans les décombres de l’Allemagne nazie se retrouvent en Amérique



Une galerie d’art dans une ville de l’Ouest américain, spécialisée dans les œuvres d’artistes locaux. Ses propriétaires sont brutalement assassinés. Ann, une jeune historienne reprend la galerie et découvre, dissimulée dans un entrepôt, une collection de toiles de peintres européens, dérobées par les nazis durant la seconde guerre mondiale.



La galerie et son domicile sont cambriolés, un témoin clé disparaît. La tension monte autour de ces œuvres, certains semblant prêts à tout pour s’en emparer. Aidée d’un détective privé, elle mène sa propre enquête pour retrouver l’origine de ces toiles et leurs légitimes propriétaires. Leurs investigations les conduisent de Los Angeles à Miami, à la rencontre de personnages très différents : un caïd de la mafia retiré des affaires et un avocat spécialiste des transactions difficiles, des survivants de l’Holocauste qui ont fui l’Europe, et des descendants des réserves indiennes qui ont combattu pendant la guerre...



Une intrigue au dénouement inattendu, prétexte à un voyage dans le temps, à travers les paysages somptueux de l’Ouest américain.

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EAN13 9782368323663
Langue Français

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La GALERIEduCANYON
Annie Szuba
LaGALERIEdu CANYON
Roman
Flagstaff, Arizona.
En ouvrant les yeux, elle entend le bruit de la douche.
Un sourire se dessine sur ses lèvres parfaites en pensant à son amant. Elle apprécie son ardeur physique qui comble un manque que son mari ne satisfait pas toujours. Il est agréable, beau, ardent, discret. Il l’aime, du moins le lui dit-il, et elle aussi l’aime.
Le jet de la douche s’arrête et il revient dans la chambre, une servie(e autour des hanches. Sally le regarde s’avancer vers elle. Elle doit reconnaître qu’elle en est folle. Ce n’est pas son premier amant, mais c’est la première fois qu’elle est profondément amoureuse. Pas seulement de son physique, mais de lui. A la différence des autres hommes qu’elle a connus, il s’intéresse vraiment à elle ; il l’écoute parler de l’intérêt qu’elle porte à l’écologie et à ses projets pour la galerie d’art qu’elle possède avec son mari. Son amant défenseur de la nature, milite contre l’extension de la station de ski voisine. Elle l’a rencontré lors d’une réunion contre le projet de promoteurs immobiliers californiens. Elle faisait partie des organisateurs de la réunion opposés au projet et avait demandé à l’organisa/on Wild Nature de venir exposer les risques induits par le projet d’extension de l’actuelle station sur l’écosystème, sans parler des risques de pollution de la nappe phréatique.
Wild Nature avait envoyé un jeune homme, spécialiste de la protec/on des espèces animales, les loups en particulier qui risquaient d’être victimes de ce projet. C’est lui qui est venu. Dès qu’elle l’a vu, elle n’a eu qu’une envie, le me(re dans son lit. Et elle y est parvenue. Quand elle veut quelque chose, rien, ni personne ne lui résiste ! Il n’était pas de taille, face à la superbe et brillante Sally Turner.
Leur liaison dure depuis six mois maintenant, et elle ne se lasse pas encore du jeune homme, ce qui d’ailleurs étonne un peu sa sœur, sa confidente. Cependant depuis quelque temps, elle est inquiète car il
fait plein de projets, et parle même de s’installer avec elle, au vu et au su de tous. Et cela, elle n’en veut pas !
Elle l’aime vraiment, et pas seulement au plan physique, mais de là à quier son mari. Elle vient chez lui, chaque fois que son époux est en déplacement ; c e qui lu i arrive souvent. Ell e n’est d’ailleurs pas certaine que ses voyages aient un but seulement professionnel, mais ça ne la dérange pas. Ils ont chacun leur vie, s’entendent très bien, se comprennent et se pardonnent leurs infidélités réciproques, et leur couple est connu et apprécié, reçu partout dans la ville. La situa(on lu i convient parfaitement ; pourquoi e n changer ? Elle n’envisage pas du tout de quitter son mari même pour un homme aussi séduisant que son amant ! Sans parler d e la ques(on financière qui ne tarderait pas à surgir. Elle est riche, pas lui ; ce qui n’est pas un problème pour elle, mais en serait un pour lui ; elle devine que jamais il n’acceptera son argent. Elle le sent fier et orgueilleux ;
-Réveillée, ma chérie ? Qu’est-ce que tu voudrais que l’on fasse ? -Rien, rester ensemble, toute la journée ; et je t’amène au restaurant, ce soir à Sedona. Mort s’absente pendant deux jours ; je resterai cette nuit aussi avec toi, qu’en dis-tu ? -J’en dis que ça me convient très bien ; et il s’empresse de le lui prouver.
Plus tard après l’amour, il lui murmure,
-Chérie, je voudrais que ces moments ne finissent jamais et que tu restes avec moi pour toujours, -Tu sais bien que c’est impossible, je suis mariée, n’oublie pas, mon chéri ; -Justement, pourquoi tu ne le quittes pas ; tu me dis toi- même que tu ne l’aimes plus ; alors viens vivre avec moi ; je ne suis pas encore très riche, mais on y arrivera !
-Ce n’est pas si simple ; j’aime encore Mort ; nous avons une vie en commun ; -Ce n’est pas ce que tu m’avais dit, ajoute-t-il, rageusement. Comment peux-tu retourner auprès de lui après m’avoir quitté ? Je t’aime, Sally, je veux vivre avec toi. Je veux que tu soies tout à moi. -Je suis là maintenant ; on est bien ensemble, profitons-en, lui murmura-t-elle à l’oreille, et encore une fois, elle lui fait oublier sa mauvaise humeur.
Plus tard, dans la journée, ils vont se promener dans les galeries d’art de Sedona et dîner dans un restaurant de cuisine française qu’elle aime particulièrement. Elle se plait à Sedona ; les boutiques new age, le shopping de luxe, les galeries d’avant-garde, sans oublier les paysages et leurs couleurs éclatantes, représentent pour elle le summum de la vie près de la nature comme elle la rêve. On y rencontre aussi nombre d’artistes et de spécialistes importants pour la défense de ses idées écologiques. Elle a découvert assez tardivement la défense de l’environnement et comme tous les nouveaux conver/s, elle témoigne d’un ardent prosélytisme, dont se moque ouvertement son mari :
-Tu sais, Sally, ce n’est pas avec leurs idées d’un retour à l’âge de pierre que nous pourrons affronter le monde du XXI° siècle et ses nouveaux prédateurs ! -En outre, je trouve incroyable qu’ils mettent sur le même plan l’homme et le reste des vivants ! Pour moi, un homme quel qu’il soit, même le pire criminel sera toujours supérieur à un animal ! Désolé, ma chérie ! -D’ailleurs, heureusement que je suis là avec mon béton, pour pouvoir t’offrir tes goûts de luxe et même tes passe-temps frivoles !
Ce soir-là, après un repas délicieux, en amoureux, Sally accompagne son amant à son chalet. Petit, bien aménagé, confortable et isolé,
c’est leur refuge. Mais Sally sent comme une retenue chez le jeune homme, comme si la discussion de ce matin lui faisait encore ombrage.
-Tu m’en veux encore pour notre discussion de ce matin ? Viens plutôt l’oublier auprès de moi ! -Je t’aime, Sally et je ne peux plus continuer comme ça ! Je ne veux plus te partager avec lui ! -Mais tu es vraiment jaloux ! Tu sais bien que je t’aime et qu’il n’y a que toi dans mon cœur. Ne sois plus jaloux ; je te promets, je quitterai Mort, mais donne-moi un peu de temps ! -Pas trop longtemps, mon amour, sinon, j’irai lui parler !
Elle se serre contre lui, caresse sa nuque, embrasse sa bouche et lui fait oublier le monde extérieur !
Prologue
Il est venu de Los Angeles sans se presser.
Serge Bykov a tout son temps. C’est un ancien soldat de la défunte armée soviéque, qui a su se reconverr sans difficultés dans le monde capitaliste. Quand il se ba$ait en Afghanistan pour l’Armée Rouge, il avait encore quelques illusions sur les différences entre le monde communiste et le monde libre ; mais depuis que le Mur de Berlin est tombé et que l’Union Soviéque a disparu dans les limbes de l’Histoire, il lui semble que les hommes sont partout pareils, égoïstes et intéressés. Finalement il a survécu à l’effondrement de son univers et est devenu un homme d’affaires capitaliste !
Et dans le monde des affaires quelquefois, il y a des différents entre partenaires. S’il était américain, il laisserait les avocats entrer dans le jeu. Mais il est russe et préfère régler ses affaires directement, sans faire intervenir ces hommes de loi, toujours prêts à la transaction !
Il est associé avec les Turner dans une affaire de vente de tableaux. De véritables chefs d’œuvre mais à l’origine douteuse. Enfin, douteuse n’est pas le terme ; il sait très bien d’où proviennent les toiles. Malhonnêtement acquises serait plus juste, volées à des vicmes de la barbarie nazie. Mais le temps a passé ! Le temps de l’oubli ! Le temps enfin de profiter de ces biens tombés en déshérence, ces tableaux dont les légitimes propriétaires ont disparu dans les camps de la mort.
Compte tenu de ce qu’il a vécu depuis la chute de son pays, il n’a pas trop de scrupules. Il faut bien vivre. Et le desn a voulu qu’il rencontre ces marchands d’art américains et qu’ils soient en affaires ensemble.
Mais depuis quelques semaines, il a l’impression qu’ils cherchent à l’éviter. Aussi, il a décidé de venir les rencontrer, Sally et Mort Turner. Il veut leur parler directement et pas seulement par téléphone. Quand il a connu les Turner, ils se sont engagés à trouver un acheteur pour ses toiles. Au prix fort. Au début de leur collabora#on tout effec#vement se déroule parfaitement. Plusieurs toiles sont vendues, même avec une no#ce de présenta#on incomplète sur la période des soixante-dix dernières années. Apparemment, nombre de collec#onneurs se montrent assez peu scrupuleux sur l’origine des toiles. Mais après tout ce n’est pas son affaire, et si ça lui rapporte de l’argent, il ne va pas s’en plaindre.
Mais ces temps derniers, il sent que quelque chose ne tourne pas rond. Il a essayé plusieurs fois de leur demander où en étaient les dernières transac#ons, mais Mort et Sally lui fournissent des réponses évasives, plausibles, mais fuyantes. Son ins#nct lui dit qu’il y a embrouille, et il a appris à se fier à ses tripes depuis les combats contre les Moudjahidin, dans les montagnes d’Afghanistan. Alors il a décidé de venir à leur ranch. Pas à la galerie, où il peut y avoir des visiteurs, chez eux, sans rendez-vous, il les surprendra et aura une franche explication.
En tous cas, c’est-ce qu’il prévoit. Mais quand il arrive, il a la surprise de voir qu’il y a déjà des visiteurs, du moins il y a une voiture garée qu’il ne connaît pas. Mort a un 4X4 Mercedes et Sally une BMW. Là, c’est un 4X4 Nissan. Alors il dissimule sa voiture de loca#on, et s’approche de la grande baie vitrée qui donne sur les montagnes. Il a l’inten#on d’a6endre le départ des visiteurs, dans l’ombre de la terrasse.
Il veut #rer ce6e histoire au clair, en tête à tête. Il va leur faire la surprise d’une visite impromptue. Ils devront lui dire pourquoi depuis quelques temps, les toiles ne se vendent plus au prix fort. Quelle en est la véritable raison ?
Soudain, il entend disnctement un coup de feu, un cri, puis après un grand silence, une deuxième, puis une troisième détonaon. Ensuite, des pas précipités, et un démarrage sur les chapeaux de roue. Il n’a que le temps d’entrevoir le visage du tireur. Il ne le connaît pas.
Sa décision est prise ; il ne va pas s’a!arder, ni prévenir les flics. Car ils voudront savoir pourquoi il était là, dans l’ombre et ses explicaons pourraient être confuses. Il préfère laisser à d’autres le soin de découvrir les victimes.