La Malédiction

La Malédiction

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190 pages
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Description

L'auteur livre avec La Malédiction une écriture de la souffrance et de la passion. Cette réédition du premier roman de Ngandu est l'occasion de redécouvrir son oeuvre multiple et variée, car elle dit avec violence les ruptures majeures qui bouleversent le continent africain et dont son pays, le Congo, est le condensé des iniquités inexpugnables.

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Ajouté le 01 mars 2013
Nombre de lectures 52
EAN13 9782296531697
Langue Français
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Pius Ngandu Nkashama
LA MALÉDICTION Roman
La Malédiction
Encres Noires Collection dirigée par Maguy Albet et Emmanuelle Moysan La littérature africaine est fortement vivante. Cette collection se veut le reflet de cette créativité des Africains et diasporas. Dernières parutions N°368, Diagne FALL,Mass et Saly. Chronique d’une relation difficile, 2013. N°367, Marcel NOUAGO NJEUKAM,La vierge de New-Bell, 2012. N°366, Justine MINTSA,Larmes de Cendre, 2012. N°365, Ralphanie MWANA KONGO,La boue de Saint-Pierre, 2013 N°364, Usmaan PARAYAA BALDE,Baasammba maa Ni$e nder koyxol,2012. N°363, Stéphanie DONGMO DJUKA,Aujourd’hui, je suis mort, 2012. N°362, Néto de AGOSTINI,Immortels souvenirs, 2012. N°361, Epi Lupi ALHINVI,Pays Crépuscule, 2012. N°360, Elie MAVOUNGOU,Les Safous, 2012.N°359, Cosmos EGLO,Du sang sur le miroir, 2012. N°358, AYAYI GBLONVADJI Ayi Hillah,Mirage, Quand les lueurs s’estompent, 2012. N°357, Léonard Wantchékon,Rêver à contre-courant,2012. N°356, Lottin Wekape,J’appartiens au monde, 2012. N°355, Kolyang Dina Taïwé,La rupture ou les déboires d’une conversion,2011. N°354, Blaise APLOGAN,Gbêkon, je journal du prince Ouanilo, 2011.
Pius Ngandu Nkashama
La Malédiction
DU MÊME AUTEUR Romans et récits Le pacte de sang, Paris, L’Harmattan, Coll. « Encres noires », 1984. La mort faite homme, Paris, L’Harmattan, 1986. Vie et mœurs d’un primitif en Essonne quatre-vingt-onze, Paris, L’Harmattan, Coll. « Encres noires », n° 44, 1987. Les étoiles écrasées, Paris, Publisud, n° 8, 1988. Des mangroves en terre haute, Paris, L’Harmattan, 1991. Un jour de grand soleil, Paris, L’Harmattan, 1991. Le doyen Marri, Paris, L’Harmattan, Coll. « Encres noires », 1994. Yakouta,Paris, L’Harmattan, Coll. « Encres noires », n° 139, 1994. Le fils du mercenaire, suivi deYolène au large des collines, Paris-Vanves, EDICEF, 1995 (réédition, 2010). Mayilena,Châtenay-Malabry, Éditions Acoria, 1999. Mariana,suivi deLa chanson de Mariana,Paris, L’Harmattan, 2006. En suivant le sentier sous les palmiers,Paris, L’Harmattan, 2009. Romans en cilubà Bidi ntwilu, bidi mpelelu,Lubumbashi, Éd. Impala-Saint-Paul, 1998. Tuntuntu, ntuntu,Baton Rouge, Difunda, 2002 (Paris, Giraf, 2003). Mulongeshi wanyi (novel),Paris, Éditions Giraf, 2003. Traduction A day of blistering sun over the mountains of Ethiopia,A novel by Pius Ngandu Nkashama, by Robert Levine and Jimi Yuma (2003). Mayilena und Bulakali,Eine Gestchichte aus Ostzaire, “NZZ Folio”, Nr 6, Juni 1997, pp. 39-44. Constellations abroad,New Orleans, University Press of the South, 2008 (U.S.A.). Derniers titres parus Guerres africaines et écritures historiques,L’Harmattan, Coll. «  Paris, Études africaines », 2011, 292 p. Dialogues et entretiens d’auteur,Paris, L’Harmattan, Coll. « Études africaines », 2012, 218 p. © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00067-1 EAN : 9782343000671
à ma sœur justine-perpétue mushiya tshihoyi mukulu njanja wa mimwemwe  wa ba kedi mwina ntumba  mwihikila mbedi wubadyàdyà mikubu  le souvenir m’est resté  violemment sur le cœur  justine wetu mwa mitongu mwa musuamba  mwa trésor luabantu kabungama wa ba mbiya  comment t’offrir dans ce matin de brumes  des larmes pétries de boue  les cris ensablés de Katekelayi  sous le banc lourd de sable rouge  tu avais l’âge de la terre  cet âge où la terre est terre  pleine de terre pleine de toi  tu avais l’âge du soleil  explosant dans un ciel de sable  recouvert de la boue de ton sang sur les routes désertes tu t’en es allé dans les grottes de la boue rouge tu t’en es enfui tu as dormi sous le linceul de la terre effondrée et la nuit n’a pas eu pour toi un regard de pitié la nuit pleine des cris ensablés de Katekelayi  des puits béants glauques  le soleil abandonné là-bas  sous les cailloux blancs  sous la terre de tes peurs  qui engloutit nos espérances  et nos yeux qui glissent  nos yeux humides poisseux
 terre rouge de notre sang  terre rouge de notre malédiction  ne le savais-tu donc pas que nous avions une terre infanticide terre labourée de tes ongles de tes mains tu creusais dans nos ventres desséchés te voilà renégat couvert de crachats la nuit de la terre qui n’oublie pas l’offense ces pierres ne sont pas à nous le sable est une réserve de mort un tas de folie un tas de honte il n’a pas de rythme sanguin ni dans les buissons ni dans les serres la source de la douleur jamais ne tarit il ne nous reste que la complainte  ne m’attends pas ce soir  les rossignols s’en sont allés  les écuelles de nos espoirs  se renversent sous la pluie  les lucioles éteignent les lueurs  au bord du bourbier  ne m’attends pas au coin du soir  je ne mourrai pas avec le soleil les tonnerres se sont tus mwetu mu cidiendela mu cilamba mu cilengi ciabudiki misangi mbujimayi manena a kushinta diminu
Longtemps, le thème de la malédiction avait été agité dans les mythologies africaines, comme pour fragiliser les peuples et les exploiter avec plus de rentabilité économique. À la lecture attentive, tous les mythes popularisés par les littératures coloniales apparaissent désormais comme de la supercherie, et même de l’escroquerie morale. Jamais Cham n’a été maudit par son père Noé. Bien au contraire, selon lesÉcritures saintesparmi les fils de Cham, Koush, mêmes, Miçraïm, Pouth et Canaan, les deux premiers connurent des royaumes florissants et une gloire inégalable.