La Malédiction d'Amarok

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Après divers événements au sein de son clan, le Clan des Bisons, Éool, le jeune chaman, prend conscience que sa mission de guide et protecteur des hommes debout ne sera efficace que s’il connaît le monde.


Mais avant de pouvoir réaliser ce rêve, plusieurs obstacles vont se dresser devant lui et son ami Adani. La jalousie, l’envie et les rivalités certaines se ligueront pour l’empêcher d’accéder à la connaissance qui lui manque.


Accueilli par le Clan des Mammouths, il va y faire des rencontres précieuses ou inquiétantes. Intronisé chaman dans ce clan, il va se voir confier la protection d’une petite troupe de chasseurs dont l’ambition est d’aller au nord, au bord des derniers glaciers, chasser le mammouth, traque hautement dangereuse.


Mais les hommes debout ne sont-ils pas encore plus redoutables que les mammouths ?


Confronté à l’inconnu, terres et hommes, Éool va devoir se surpasser pour la survie du groupe de chasseurs.


Bien près d’être détruit par Amarok, un dieu néfaste des Terres Gelées, il devra mettre en œuvre à la fois sa force psychique et physique pour vaincre ce Dieu mauvais dans la solitude absolue des glaces, et, l’exaltation brisée par l’horreur immédiate, il vivra l’expérience la plus forte.


Nous sommes les enfants de ces Hommes formidables, qui nous ont donné le Monde, à force de courage et d’intelligence.


Ce monde, savons-nous si nous en avons fait ce dont ils rêvaient ?

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EAN13 9782374535746
Langue Français

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Présentation
Après divers événements au sein de son clan, le Clan des Bisons, Éool, le jeune chaman, prend conscience que sa mission de guide et protecteur des hommes debout ne sera efficace que s’il connaît le monde. Mais avant de pouvoir réaliser ce rêve, plusieurs obstacles vont se dresser devant lui et son ami Adani. La jalousie, l’envie et les rivalités certaines se ligueront pour l’empêcher d’accéder à la connaissance qui lui manque. Accueilli par le Clan des Mammouths, il va y faire des rencontres précieuses ou inquiétantes. Intronisé chaman dans ce clan, il va se voir confier la protection d’une petite troupe de chasseurs dont l’ambition est d’aller au nord, au bord des derniers glaciers, chasser le mammouth, traque hautement dangereuse. Mais les hommes debout ne sont-ils pas encore plus redoutables que les mammouths ? Confronté à l’inconnu, terres et hommes, Éool va devoir se surpasser pour la survie du groupe de chasseurs. Bien près d’être détruit par Amarok, un dieu néfaste des Terres Gelées, il devra mettre en œuvre à la fois sa force psychique et physique pour vaincre ce Dieu mauvais dans la solitude absolue des glaces, et, l’exaltation brisée par l’horreur immédiate, il vivra l’expérience la plus forte. Nous sommes les enfants de ces Hommes formidables, qui nous ont donné le Monde, à force de courage et d’intelligence. Ce monde, savons-nous si nous en avons fait ce dont ils rêvaient ?
Passionnée par l'histoire et les religions anciennes,Christine Machureau s’est aussi adonnée aux voyages lointains. Toujours curieuse de documents non utilisés, sa formation scientifique lui donne l’avantage d’une grande rigueur dans ses recherches. C’est ainsi qu’alliant ses deux passions, elle nous rend, dans un contexte archéologique et aventureux, des romans extrêmement attachants.
LA MALÉDICTION D'AMAROK
ÉOOL tome 2
Christine MACHUREAU
On doit entreprendre le voyage sans fardeau, détendu, sans aucun effort, sans jamais s’arrêter à aucun autel, à aucun monument à la mémoire d’aucun héros laïc ou religieux – on doit être seul avec la beauté et l’amour. Krishnamurti.La révolution du silence. Éditions Stock, novembre 1994
Note de l’auteure
Parmi toutes les phases qui ont jalonné l’évolution des hommes, il en est deux qui se ressemblent fort et n’ont d’équivalents à aucune autre époque par leurs avancées technologiques, sociologiques. Ce sont, d’après moi, le vingtième siècle et la naissance du Néolithique (IXe millénaire av. J.-C.). Pouvez-vous imaginer la révolution à la fois culturelle, quotidienne et sociétale d’une humanité passant du chasseur-cueilleur à l’agriculteur-éleveur, inventant la sédentarité ? Événement décisif pour l’humanité à l’égale de la révolution industrielle. Ce dut être un bouleversement à la manière de l’avant-informatique et l’après-informatique. J’ai, pour les différents clans dont je raconte l’histoire, une tendresse particulière, âmes secouées par les intempéries existentielles, s’adaptant en permanence, afin que les Dieux et les Hommes n’en perdent pas leur latin !
Chapitre 1
Malgré quelques larmes au départ de la grotte du Clan des Mammouths qui disaient l’incertitude de se revoir, le groupe de chasseurs et les quatre femmes qui les accompagnaient marchaient d’un pas alerte. Pressés de s’éloigner avant que de regretter les choix, puis bientôt dans le désir de l’aventure et la gloire de revenir en ayant vu des choses et des hommes ignorés par le clan. L’organisation de l’expédition avait donné lieu à de multiples consultations entre le vieil Iroud, chef incontesté, droit dans ses bottes, mais ayant tant de douleurs à son lever qu’il lui fallait un temps certain pour se redresser. Une fois debout, de crainte d’apparaître diminué physiquement, il se raidissait dans l’attitude du chef du clan le plus important de la région et de toute la vallée. Il ne lâchait jamais son bâton de commandement qui devait l’aider dans son maintien. Son alter ego, qui prendrait sa place au jour dit, Adhoc aux yeux clairs, tentait de le faire fléchir sur la résolution suivante : — Puisque je suis déjà allé à la chasse aux mammouths, mon expérience servira le clan. Il est donc bon que je les dirige. — Quand comprendras-tu, Adhoc aux yeux clairs, que je peux partir d’un jour à l’autre pour les chasses éternelles ! Dois-je mourir de suite pour te faire plier ? Iroud s’agitait et l’on entendait ses cris dans toute la caverne. Il ajouta : — Ce n’est pas à un groupe de chasseurs que tu te dois de veiller, c’est à tout le Clan ! Que deviendront-ils sans toi ? Et… sans moi… Adhoc hocha la tête. Il comprenait, mais la gloire et le prestige… On n’en avait jamais assez… et Iroud pouvait bien durer un peu… — Tu sais comme moi, Adhoc, que le départ est une chose, mais quand rentreront-ils ? Tant d’inconnus, de dangers divers, d’intempéries nouvelles peuvent les retarder. Moi, je n’ai été que deux fois à la chasse aux mammouths… dans ma longue vie… Créon, chaman respecté, les yeux brillants sous la couche arbustive de ses cheveux plus rares que les plantes, les os, les coquillages, les plumes qui surmontaient son crâne, intervint sagement. — La gloire d’un Chef n’est pas de partir en abandonnant ses enfants. Adhoc sut qu’il avait perdu la partie, alors il ferait acte de chef ! C’est lui qui organiserait la chasse. Il en confierait la direction à Urab, l’aîné des frères de sa compagne. L’homme debout était grand, fort, habile au javelot, posé. Il n’avait qu’un seul défaut. Il pouvait rentrer dans des colères orageuses qui lui duraient trois jours. Il avait participé à la dernière chasse et son totem était le sanglier. Sa compagne n’avait pas encore donné naissance à un enfant. La suite de la composition du groupe tombait sous l’évidence. Kadi, jeune, mais aventureux et plein de connaissances pratiques, Issen, léger, musclé, bon pisteur, Birkem, Fils de l’Ours, qui connaissait certaines tribus des lieux éloignés de la grande steppe, étaient de très bonnes recrues. Éool, chaman jeune et sérieux, solide et sachant manier les hommes, son garde, le robuste Adani et quelques autres choisis pour leur résistance à la fatigue et leur courage. Quatre femmes les aideraient, elles devaient ne pas avoir d’enfants (ou alors un qu’elles confieraient à leur famille), être rude à la tâche, bonnes marcheuses, sachant
conserver la viande et les peaux. Le choix était mince et les chefs s’accordèrent sur quatre noms. Syren, Luna, Kris et la Louve seraient donc embarquées dans cette aventure. Tous et toutes étaient volontaires. Il n’y eut aucune défection. La première journée de voyage fut vécue dans une sorte d’exaltation. Le terrain, connu de tous, ne présentait aucune difficulté malgré une forêt oppressante. On ne marchait pas, on ne courait pas, on survolait la Terre. Au soir, après les décisions d’Urab sur le dressage du campement, Éool obligeait les chasseurs et les compagnes à faire un cercle et à rendre hommage à Tengri, le Grand Tout de la caverne des Mammouths. Chacun, dans le silence de son être, devait aussi remercier son totem animal. Chaque totem était désigné par le chaman du Clan. À l’âge de cinq ans, il devenait définitif. Il aiderait l’homme debout à traverser l’existence pleine d’embûches. Embûches d’autant plus grandes que l’homme semblait si fragile au milieu de cette nature. Il n’avait pas été fait comme les animaux… Il dépendait de la mère bien plus longtemps que ses petits frères animaux. Il ne pouvait pas se nourrir lui-même avant ses trois ans, alors que trois mois suffisaient pour la plupart des habitants de la forêt. Il n’avait pas d’armes naturelles, comme des dents pointues, ou des griffes allongées et rien pour se protéger du froid. Sa peau vulnérable devait être couverte. L’apprentissage pour une vie courte lui demandait dix ans… Un totem l’aidait dans ses épreuves. Le totem, c’était aussi la manifestation du caractère de l’individu. Chacun souhaitait un totem fort, solide et profond dans sa réflexion, mais la puissance et la réflexion étaient souvent antinomiques… Éool, recouvert de la chemise de daim du chaman, prononçait ensuite quelques mots et tous s’activaient aux charges qui leur incombaient pour le campement. Pendant qu’Adani surveillait les abords du bivouac, le feu central commençait à fumer. Assis en tailleur devant le feu, Éool fit quelques offrandes aux premières flammes. Quelques plumes ramassées en chemin, une poignée d’aiguilles de pin, des fleurs blanches cueillies sous le couvert des arbres voletaient un instant au-dessus des flammes naissantes, créant une volute blanche qui s’élevait régulièrement. Tout allait bien. Les femmes s’agitaient autour de lui, sortant pots de terre et peaux racornies par le feu à suspendre au-dessus des flammes. Dans les pots de terre infusait la tisane d’achemillée et les racines débitées en petits morceaux ou râpées accompagnaient des languettes de viande séchée. Il n’était pas encore besoin de chasser en chemin. La Louve s’approcha en courbant le dos et tendit à Éool une bolée de tisane. Flottait à la surface un cadeau de l’étrangère… une poignée de fleurs de gentiane. Éool ne put s’empêcher de sourire, mais il ne jeta pas un regard à la femme. Deux chasseurs revinrent d’une escapade avec deux écureuils et un lièvre aussi gros qu’un sanglier ! Cela améliorerait le dîner. Ils mastiquaient en silence, les maxillaires en action. Adani les observait un à un. Urab représentait l’autorité absolue sur le groupe… Urab tenait là la seconde chance de sa vie. Il avait déjà connu une chasse au mammouth, mais aujourd’hui, il en était le chef. Revenir en vainqueur et les hottes de lianes pleines à craquer de nourriture, d’os, d’ivoire, de viande fumée, de lard ranci, de graisse jaunâtre, c’était le respect assuré pour le restant de ses jours, pour lui et sa descendance. Peut-être, qui sait ? Bras droit de Adhoc lorsque Iroud irait rejoindre les grandes prairies du Ciel ? Il faudra
qu’il se calme… la colère est mauvaise conseillère. Il était prompt à la décision, ce qui dans les actions de chasse et particulièrement celles qui pouvaient présenter un danger, était un atout essentiel. Sa force et son javelot comptaient pour beaucoup dans sa désignation. Ce pouvait être un bon chef. Et puis Birkem, solide, on pouvait s’appuyer sur lui, sur son expérience du terrain. On ajoutait Issen et Kadi, qu’il appréciait. Et puis les autres, au nombre de douze, qu’il ne connaissait pas encore très bien. La situation aventureuse dans laquelle ils se trouvaient tous aurait tôt fait de briser les distances, de révéler les forces et les faiblesses. Ah ! Il y avait aussi Mani ! Râblé, vif, rieur, souvent une plaisanterie à la bouche, dont les femelles faisaient les frais, il se levait le premier. Il devait peu dormir. Toujours en éveil, c’était un compagnon très stimulant. Adani observait Éool. Il alignait devant lui les présents de Créon, chaman des Mammouths. Il interrompit la liste mentale de ses compagnons chasseurs et se rapprocha de son ami. Il le voyait très concentré et resta à distance. De droite à gauche, il avait classé ses cadeaux par ordre de taille, du plus petit au plus grand ou encombrant. Une poignée de champignons, puis deux baguettes de frêne, une rouge et une noire. Une omoplate de mouton et un bâton chamanique de petite taille. Une flûte de roseau. Un tambour chamanique de taille réduite. Éool écarta sur sa droite les champignons. Adani savait qu’il ne voulait plus jamais en boire les décoctions. Il traça une ligne en travers de la baguette rouge, pour ce jour écoulé et queTengri le GrandTouten soit remercié, aucun trait sur la baguette noire qui collecterait les blessés ou les morts. L’omoplate de mouton était accompagnée de six petits cailloux roulés, lissés, usés par le Grand Fleuve, chacun d’une couleur différente, blanche, ocre, verte, bleutée, noire et rougeâtre aux fins de divination. Adani savait que ce qui avait sa préférence était les deux cadeaux restants. La flûte et le tambour. Si Caleb, chaman desBisons, l’avait initié aux boissons hypnotiques, Créon, chaman desMammouthsutilisait avec force les fumigations à base de résine, mais ce qui avait la faveur d’Éool c’était les sons, les résonances, les turbulences sonores qui de suite lui faisaient atteindre les mondes parallèles dans une innocuité physique et psychique qui lui convenait. Créon lui avait donné les bases, mais il avait vite compris que les vibrations qui entraient en résonance avec toutes les fibres de son corps dans son entier pouvaient avoir des propriétés utiles à tous. Ainsi il avait développé sa vélocité aux frappes sur le tambour et chantait curieusement avec son ventre… S’il chantait, le monde entier s’arrêtait et écoutait. Du moins était-ce l’impression qu’Adani avait. Au soir, au changement de veille, Éool ferait chanter son ventre. Chacun écouterait et la paix s’installerait sur le campement.
Chapitre2
Les jours succédaient aux jours, terriblement monotones, de marches forcées en forêt dense. Nul sentier, nul dégagement. Il fallait parfois passer en force. Au campement, l’épuisement était patent. Aucun blessé, seules des griffures laissées par des ronces ou des bosquets d’épineux giflaient par dizaine les hommes robustes. Les femmes suivaient au centre du dispositif de marche, on ne leur laissait pas plus de temps qu’aux mâles. La désignation du bivouac revenait aux éclaireurs, toujours au nombre de deux. Urab, chef d’expédition, donnait le signal de la halte. Et chacun de s’effondrer sur ses paquets. Adani était souvent à l’arrière. Ce fut d’une façon délibérée lorsqu’il eut le soupçon d’avoir entendu, alors que tous étaient à l’arrêt pour boire à un ruisseau, une branche craquer derrière le groupe. Cela réitéra. Il fut sur le point de prévenir Urab discrètement. Puis il n’entendit plus rien, mais garda l’habitude de surveiller l’arrière-garde. Les hommes avaient redressé l’échine. Au bout de trente journées de marche, la forêt oppressante se clairsemait de bosquets rabougris, d’épineux, de chênes rachitiques. Ils contemplaient un ciel pur émaillé d’oies sauvages au collier de feu. Debout, la poitrine en avant, ils ralentissaient le pas, saisis par une bouffée d’impressions diverses et par un sentiment inusité de liberté, comme si la dilatation de l’espace les rendait plus grands, plus forts. Deux éclaireurs venaient de revenir vers la horde, signalant un emplacement pour le campement à peu de distance de là. Contrairement au pas régulier de la course quotidienne, la marche plus laxiste effilochait la troupe. Adani se retourna avec encore une sensation de présence dans son dos. Quelque chose le regardait, il en était sûr, mais ne voyant rien… que dire à Urab ? Avec un totem comme le Sanglier, ce n’était pas le genre à accepter un soupçon non étayé… Il traîna en queue de file alors que chacun déposait ses paquets un peu au hasard. Comme les autres, il leva le nez, suivant du regard des volatiles en transhumance. Mani pressait le pas dans sa direction. — Adani ! Viens ! On dirait que le chaman se sent mal ! Éool, mal ? Que n’était-il déjà à ses côtés ! Les chasseurs s’étaient rendu compte qu’Éool, debout, adossé au tronc torturé d’un charme, avait le corps raidi à l’extrême et les yeux fixes, vers un point au-delà de ce monde. Adani s’approcha et d’un geste doux écarta les hommes. À côté du chaman on trouvait la Louve qui lança à Adani un regard fou. — Adani ! Éool est-il pris par les mauvais génies ? L’angoisse fissurait sa beauté naturelle. — Éool ? Pris par les mauvais génies ? Ceux-ci auraient trop peur de mourir ! Adani lança ceci d’une voix légère pour détendre le groupe. Quel présage épouvantable pour les chasseurs de perdre leur chaman ! Cela ne se pouvait. À vrai dire, il se posait bien des questions. Le corps était si raide que le déplacer risquait de le briser. La peau restait souple, chaude, de bonne couleur et le visage, quoiqu’un peu pâle, exhalait une paix intérieure inaltérable. Quant au regard… les paupières à demi baissées les cachaient maintenant aux curieux. — Écartez-vous et parlez à voix basse. Chaman Éool va revenir. En prononçant le dernier mot, « revenir », en un éclair, il comprit. Éool et Caleb