La messagère

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194 pages
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Une prophétie concernant une mi-sorcière mi-démon, Cassandre, a vu le jour. Selon cette prophétie, l’élue repousserait Satan et sauverait l’humanité. Pour aider les sorciers à la retrouver et à combattre le mal, les anges ont élu des femmes dotées de visions, des messagères. Celles-ci doivent guider leur combattant dans ce terrible affrontement. C’est le cas d’Élizabeth Roy, la nouvelle messagère de Nicolas et de ses alliés. Sans défense, réussira-t-elle à retrouver Cassandre avant que la mort ne la frappe comme celles qui l’ont précédée? À moins que le danger qui la guette ne soit plus rapide…

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Date de parution 05 août 2016
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EAN13 9782897674519
Langue Français

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NancyPaquin Copyright©2016Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révisionlinguistique : Isabelle Veillette rrection d’épreuves : Nancy Coulombe, Féminin pluriel Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud papier 978-2-89767-449-6 PDF numérique 978-2-89767-450-2 ISBNePub 978-2-89767-451-9 Première impression : 2016 Dépô légal : 2016 nationales du Québec Bibliothèque et ArchivesCanada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada phone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
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Je dédie ce roman à William, mon amour, et à Audrey, Antoine et Milly, mes trois enfants.
Prologue
L e bois dormait paisiblement sans aucun mouvement apparent, et pourtant, il abritait plusieurs animaux encore en éveil. Le hibou hululait doucement, accompagnant les criquets dans leur chant. Les loups, par-delà les montagnes, se réunissaient afin de partir à la chasse. Leurs hurlements terrifiants avertissaient leurs proies d’un danger imminent. Le petit lac, bordé par de hauts conifères, miroitait, reflétant l’obscurité du ciel ainsi que l’étincellement des étoiles. La lune presque ronde dans cette sombre nuit répandait un halo de lumière dorée. Les rayons sur les légers remous de l’eau ressemblaient à de longs filaments de poudre de fée. L’endroit semblait si serein… Toutefois, il y pesait une menace si malfaisante que les arbres eux-mêmes tremblaient de toutes leurs feuilles. Une petite cabane très modeste, en bois rond, pourvue d’une unique petite fenêtre et d’une porte, se dressait non loin des eaux endormies. Elle était dissimulée par les arbres qui l’entouraient, semblant la protéger. La seule façon de s’y rendre était de traverser la végétation. Cette habitation de fortune était totalement isolée de la civilisation. La seule route à proximité se trouvait à environ un kilomètre. De l’extérieur, la lumière des chandelles allumées provoquait d’effrayantes ombres sur les rideaux aux imprimés de fleurs jaunis par le temps et partiellement déchirés. Une odeur d’humidité et de renfermé y était imprégnée. À l’intérieur régnait une vive agitation. Sur un lit de camp, une femme d’environ 25 ans, toute en sueur, était allongée avec les jambes écartées. Myriam avait de longs cheveux ébène dont quelques mèches trempées encadraient son beau visage rond. Ses grands yeux violets exprimaient toute l’inquiétude qu’elle ressentait à cet instant. Karl, son amoureux, lui tenait la main, qu’elle serrait de toutes ses forces. L’homme prit un gant de toilette dans une bassine d’eau posée sur le sol et épongea le front de sa tendre moitié. Myriam poussa un cri causé par une nouvelle contraction, plus douloureuse que les précédentes. L’enfant allait bientôt naître au milieu de dangers inévitables. — Tu vas y arriver, ma chérie, l’encouragea son conjoint. Soudain, la transformation fut provoquée par la rage subite qui s’empara de l’homme à cet instant. Karl, qui avait quelques instants auparavant une allure humaine, avait changé. Sa peau blanche était devenue rouge sang alors que ses veines transparaissaient, tels de longs ruisseaux noirs. Ses yeux bruns devinrent plus sombres que les ténèbres. Sur son visage, une expression de colère avait chassé la douceur et la tendresse. En se tournant vers la fenêtre, le démon poussa un grognement bestial comme il sentait approcher l’ennemi. Sa femme ne semblait pas éprouver la moindre peur devant l’étrange apparence de l’homme de sa vie. Le démon se leva brusquement et se dirigea vers la fenêtre. Il tenta de retrouver son calme pour ne pas affoler davantage sa femme sur le point d’accoucher. — Vois-tu quelque chose ? s’enquit Myriam, qui avait momentanément retrouvé son souffle. — Non, rassure-toi. Nous n’avons rien à craindre ici. — Je sais qu’ils vont venir. Je les… La femme eut une autre contraction. Ces serrements infernaux, dont la terrible sensation se propageait telle une ceinture à sa taille, se produisaient à intervalles de plus en plus rapprochés. La mort commençait à lui paraître bien douce comparativement à ce calvaire ; elle pria pour que la douleur cesse.
— Je les sens aussi, termina-t-elle. Ils ne sont pas loin… et ils projettent de nous prendre notre bébé. Karl revint près de Myriam, dont le regard se voila de larmes. Levant les yeux vers le démon de son cœur, elle découvrit la même inquiétude sur son visage. — Je ne laisserai personne toucher à notre famille, peu importe la prophétie, jura-t-il. Seuls toi et notre bébé m’importez. Le démon posa tendrement sa main sur le ventre rebondi de Myriam et lui sourit affectueusement. Toutefois, son instinct lui disait qu’ils approchaient, et plus vite que le couple l’aurait souhaité. Karl avait la certitude que la fuite serait impossible. Quoi dire à une femme sur le point de mettre un enfant au monde ? Sûrement pas que son bébé serait en péril dès sa naissance. Myriam poussa un cri encore plus puissant que les précédents, et sa respiration s’accéléra. Le temps de pousser venait d’arriver. — Le bébé arrive, annonça-t-elle entre ses dents. — Je suis avec toi. Elle poussa un nouveau cri qui se perdit dans les bois, où l’ennemi attendait patiemment que l’heure soit venue. Se rendant de nouveau à la fenêtre, le démon aperçut du mouvement autour de la cabane. À travers les arbres, des ombres se faufilaient malicieusement jusqu’à eux. Le démon décida de ne rien dire à Myriam, bien qu’il se doutait qu’elle le savait déjà. Karl s’installa entre ses cuisses pour accueillir leur bébé. La tête ronde couverte d’un joli duvet sombre était maintenant visible. L’homme, avec ses sentiments confus, ressentait une exaltation aussi intense que la colère qui ne le quittait pas. « Je suis papa », pensa-t-il en retenant des larmes de joie. Dans son esprit, une petite voix lui chuchotait que son bonheur serait de courte durée. — Continue, ma chérie, l’encouragea-t-il, pousse ! Sous l’effort, un grognement s’échappa de la bouche de Myriam, suivi par plusieurs autres. La tête sortit, et les hurlements du bébé emplirent la pièce. La nouvelle mère mit toutes ses forces dans les secondes qui suivirent. Le nouveau-né glissa de son ventre ; celle qui l’avait porté pendant neuf mois reçut cet instant avec un grand soulagement. La sorcière pleura à grosses larmes en riant dans sa béatitude. Peu après, elle expulsa le placenta de son corps et se détendit par la suite. Pendant ce temps, Karl avait enveloppé l’enfant dans une couverture blanche après avoir coupé le cordon et nettoyé son corps. Puis, il vint s’asseoir aux côtés de sa femme et le lui tendit pour qu’elle puisse le voir. Myriam le prit délicatement, comme s’il allait se briser. — C’est une petite fille, murmura le démon en ressentant de la fierté. Karl embrassa la mère de son enfant sur le front tandis qu’elle levait les yeux vers lui avec tout son amour. — Ce qu’elle peut être minuscule ! s’extasia Myriam en berçant sa fille pour calmer ses pleurs. Tu n’as plus à t’en faire, maman et papa vont bien s’occuper de toi. Myriam donna le sein à sa fille, qui téta un peu maladroitement, mais goulûment. Un sourire fendit le visage des parents. — Il faut que nous lui trouvions un nom, lança Karl en prenant une petite main dans la sienne. La sorcière sourit avec tout le bonheur du monde sur ses lèvres. Peu à peu, elle recouvrait ses forces, mais ce serait insuffisant pour les préserver du malheur. Si Myriam avait su que ce serait le seul moment où sa famille serait réunie…
— Je veux l’appeler Cassandre, déclara-t-elle doucement, en l’honneur de mon ancêtre. — C’est un joli nom. Le bébé termina son boire et s’endormit auprès de ses parents, qui le baignaient dans un amour éternel. Ce fut à cet instant que l’ennemi passa à l’action… Les yeux de la femme se voilèrent comme les nuages cachant le ciel bleu en un temps orageux. Ses cheveux noirs s’assombrirent sous la colère qui l’envahissait. Karl poussa un grognement qui se répercuta comme un cri de guerre alentour. La sorcière, avec le bébé dans les bras, le rejoignit près de la fenêtre. Cassandre, qui s’était réveillée, pleurait bruyamment. — Ils n’auront pas notre enfant, s’emporta le père en regardant les démons s’approcher. Le lac, qui était pourtant tranquille en cette nuit, semblait maintenant en proie à une vive agitation. De puissants remous possédèrent l’eau jusqu’à ce qu’apparurent des têtes plus abominables les unes que les autres. Leurs ennemis avaient des yeux sombres et la peau rouge foncé, comme Karl. Leurs armures et leurs armes dégoulinaient tandis que les créatures sortaient de l’eau. Tous les cauchemars de petits enfants se seraient nourris de ce rassemblement d’êtres au service du Mal. D’autres se faufilèrent également à travers les arbres. Alors que la menace approchait, arme en main et prête à mener le combat, les nouveaux parents réfléchissaient à toute vitesse au moyen de se sortir de cette situation. — Il faut que tu amènes le bébé, lança Karl. Ils ne doivent pas mettre la main sur elle. — Il n’est pas question que je te laisse seul contre eux. L’homme la prit par la taille et l’emmena vers la porte qui menait au bois. — Nous savions très bien ce que nous risquions dès le début de notre relation et nous avons pourtant continué à nous voir. Maintenant, il s’agit de la vie de notre fille qui est en jeu. Nous n’avons pas le droit de la mettre en danger. Les larmes perlèrent aux coins des yeux de Myriam. Une rage immense la fit trembler ; elle comprenait son impuissance. — Je t’aime tellement, chuchota-t-elle. — Je t’aimerai toujours, quoi qu’il arrive. Myriam jeta un coup d’œil à l’extérieur et aperçut le groupe de guerriers sanguinaires se rapprocher de plus en plus. Ils marchaient sur la plage et se trouvaient maintenant à moins de 15 m de la cabane. Karl embrassa sa fille sur le front et lui caressa les cheveux. Puis, il lui déclara son amour dans un adieu. Levant la tête vers les cieux qui s’étaient assombris subitement, la sorcière appela tous les dieux en sa faveur. Myriam les supplia de l’aider à sauver sa petite Cassandre. Elle sentit son pouvoir l’envahir jusqu’au fond de son âme et le laissa s’épanouir. D’un mouvement de la main, tandis que l’autre tenait son bébé, elle libéra une partie de sa puissance. La force énergétique, telle une vague grandiose, déferla sur leurs ennemis. Ils n’eurent pas le temps de l’éviter. Les démons les plus près volèrent dans le ciel en grognant sous l’impact et atterrirent dans le lac. Le mur qu’elle avait créé se referma autour de la cabane afin de protéger la petite famille. — Tu ne tiendras pas longtemps. Allez, va-t’en ! lui ordonna son amoureux. — Je tiendrai le temps qu’il faudra, répliqua-t-elle en se rendant peu à peu à l’évidence. Des larmes coulaient sur les joues de la sorcière. L’homme lui prit doucement le visage et l’embrassa fougueusement pour la dernière fois. Les forces de Myriam diminuèrent peu à peu sous les coups et la magie du Mal. L’inévitable allait se produire. — Cours, la supplia-t-il à la fin du baiser, sauve notre enfant, elle seule importe désormais.
— C’est si injuste, souffla la femme, qui sentait la sueur dégouliner sur son front à cause de ses efforts. Myriam eut un dernier regard pour le démon qu’elle aimait et sortit de la cabane par la petite porte. Son champ de force diminuait de seconde en seconde. Une brèche se forma dans son bouclier pour la laisser passer. La sorcière se dirigea rapidement vers la forêt et se retourna une dernière fois avant de s’y enfoncer. Karl se tenait sur la plage, face à l’ennemi, fier et prêt au combat malgré l’assurance d’une mort certaine. À cet instant, Myriam sut quoi faire. Prenant toutes ses forces restantes, la jeune femme se mit à courir au moment où le mur s’effondrait. Sa robe bleue tachée de sang volait derrière elle. Ses pieds nus se blessaient sur les brindilles recouvrant le sol, mais ses jambes coururent comme jamais auparavant. Elle ne se soucia pas des branches qui la giflaient. Il ne lui fallut que quelques minutes avant de ressentir, non loin, ce qu’elle cherchait ardemment. Regardant aux alentours, la sorcière ne distingua que des arbres. Néanmoins, ils étaient là, tapis dans l’obscurité. — Je vous en prie, supplia-t-elle. Montrez-vous ! Aucun son, aucun signe et aucune réponse ne vinrent. — Allez-vous laisser cette enfant mourir ? cria Myriam tandis que des sons du combat entamé derrière elle lui parvenaient. Encore le silence… — Je vous en prie, répéta-t-elle en s’agenouillant, désespérée, sauvez ma fille ! Elle est notre seul espoir de pouvoir vivre sans peur un jour, et cela vaut autant pour vous que pour nous. Un léger bruit de pas se fit entendre à travers les branches. Peu après, une étrange créature apparut devant elle. Son pelage était crème, et elle avait une forme humaine. Ses longs cheveux blancs cascadaient dans son dos, et ses grands yeux bleus reflétaient un amour maternel ainsi que de la compassion. Ses pattes velues étaient munies de sabots, et ses doigts, de longues griffes acérées. Myriam se leva péniblement et tendit sa fille à la créature des bois. Cette dernière la prit délicatement. Mon peuple ne se mêle d’aucune guerre, mais ne permettrait pas que cette enfant meure ainsi. La voix douce se répercutait dans la tête de la mère en détresse. La créature communiquait par télépathie. Son destin est grand, continua-t-elle en contemplant l’enfant, qui s’était calmée à son contact, et le tien pourrait l’être autant. La jeune femme s’approcha et déposa un dernier baiser sur le front de sa fille. Son cœur se brisa à l’idée de ne pas la voir grandir. Toutefois, il n’était pas question que Karl soit le seul à se sacrifier au combat. — Elle se nomme Cassandre, mentionna-t-elle tristement, le regard dénué de vie. À ce moment, Myriam mourut intérieurement. Perdant ce qui lui était le plus cher, il ne lui restait qu’à combattre une dernière fois. La sorcière sourit à la créature avant de se détourner brusquement et de repartir vers le lac afin d’aider l’homme de sa vie. Courant à toute allure, la sorcière était envahie par la certitude de se jeter dans les bras de la mort. La créature eut un dernier regard vers la femme qui venait d’abandonner sa fille pour qu’elle ait la vie sauve. Les parents de cette petite venaient de sacrifier leur vie pour une cause juste qui déterminerait l’avenir de tous. La créature se promit de s’assurer que l’enfant serait en sécurité jusqu’à ce que le moment soit venu pour elle d’accomplir son destin. Dans une dernière