160 pages
Français

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La Noxiance, tome 1

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Description

Un individu appelé l'Émissaire décime un à un les Doyens des sorciers. Ces derniers veillaient jusqu'alors sur le Pouvoir Ancestral, jadis divisé en sept fragments. Le gouvernement magique est en alerte maximale car les seuls mages capables de stopper l'ennemi sont trois adolescents de dix-sept ans : Tyler, Sam et Jarod ainsi qu'une jeune Vampire, Morsana, restée au château de ses parents depuis sa plus tendre enfance. Qui les a désignés ?


Pourquoi a-t-on choisi des Gardiens si peu expérimentés alors qu'il existe de biens meilleurs sorciers ? D'autant plus qu’ils doivent gérer les tourments du début de leur vie d'adulte. Cependant, une autre question demeure sans réponse : qui est le démon qui se cache dans l'ombre de l'Émissaire, en attendant son heure ?

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EAN13 9791096960460
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Guillaume Guégan
©Guillaume Guégan&Livresque éditions, pour la présente édition – 2018 ©Thibault Benett, Designer graphiste pour la couverture ©Aymeric Fernandes, Correctrice ©Jonathan Laroppe,Suivi éditorial & Mise en page ISBN : 979-10-96960-45-3
Tous droits réservés pour tous pays
Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.
À Tyler, Jarod, Morsana et Sam, pour tout ce qu’ils vont endurer...
Lettre à Numéro II
Chaotique, Lune de Cendre
Tant de siècles écoulés depuis ma naissance ! Que d is-je ? ... Tant de millénaires ! La fortune (ou peut-être quelqu’un) m’a permis de sortir de la prison dans laquelle j’étais retenu. Mes frères, mes sœurs, n’ont pas eu cette chance. Du numéro II au numéro XVI, vous connaissez mon histoire. J’ai été plus que patient. Aujourd’hui, il est temps. Mon plan, né dans mon esprit il y a bien longtemps, va désormais s’accomplir. Numéro II, je te mets en garde, j’ai conscience de ton caractère impétueux. Je connais ton envie de vengeance et ta soif de pouvoir. Tu auras tout ce que tu désires. Toutefois, je t’en conjure, n’échoue pas dans ta mission, car alors, je te le promets, ma colère sera sans limites ! Tiens-toi prêt ! Tu es le premier maillon de mon entreprise. La Noxiance va enfin donner un sens à son existence. Et très bientôt, ma famille sera libre, et très bientôt, les mondes seront détruits.
NuméroI
PS : Te souviens-tu de la prophétie de la sibylle ? Cette femme avait tout deviné. Elle a su résumer mon plan. Sa prédiction fut retranscrite dans le Livre des Sorciers. Il est peu probable que quelqu’un fasse le lien. Méfions-nous tout de même !
Tant de mystères parsèment notre monde! Et l’on espère encore les découvrir et les résoudre. Certains se dévoilent au grand jour, tandis que d’autres restent à jamais secrets. Comment parvenir à une paix universelle ? Il s’agit d’une grande énigme qui sera peut-être dénouée dans le futur. Et si la différence entre les individus n’était pas un prétexte pour faire la guerre, mais plutôt pour faire la paix...
-Prologue-
20 août 2007, Vatican, Italie.
Courbé par l’âge, le vieillard pontife courait à travers la nef glaciale, uniquement éclairée par les cierges des fidèles venus en masse pendant la journée. Sa coiffe papale, tombée quelques minutes plus tôt, laissaità nu son crâne lisse. Sa tunique blanche voletait derrière lui comme les deux ailes d’un ange. Ses pas résonnaient en échos dans l’immense édifice. La lumière de la lune traversait les vitraux qui se reflétaient sur le visage du Saint-Père. Auréolé de couleurs, le Pape tendit l’oreille et constata que son assaillant le suivait toujours. Qui lui voulait du mal ? Depuis toujours, le vieil homme menait une double vie. Dans l’une, il incarnait l’Église, transmettait la Parole de Dieu ou donnait la foi aux fidèles. Dans la seconde, il jetait des sorts, prodiguait des conseils aux sorciers et était considéré comme un sage par la communauté magique. Son cœur gauche vieillissait et il ne pouvait plus courir aussi longtemps qu’avant. Sa poitrine le brûlait. Il s’arrêta devant l’autel, sous le regard compatissant du Christ, crucifié pour ses convictions, et qui semblait dire : « Bats-toi ! ». Le pontife inspira profondément pour se calmer et pour stabiliser sa respiration. Sa main gauche, piquetée de taches violacées, effleura la surface froide de l’autel. Il devait affronter son ennemi. Autrefois, lui et les six autres Doyens des sorciers l’auraient vaincu sans peine, mais l’usure du temps n’épargne personne, pas même les êtres magiques. Des cernes soulignaient ses yeux, rivés sur l’entrée de l’édifice. Ses lèvres, sèches, tremblaient légèrement. La lumière des chandelles, dressées sur l’autel, accentuait les traits de son visage, abîmé par les ans. Une bible, ouverte à l’Apocalypse de Jean, reposaità côté d’un calice doré. Le Pape attrapa le livre et s’assit sur une marche du chœur. Il pria Dieu. Puis il pria les Chimères. Les portes de l’église s’ouvrirent en grinçant. Une rafale de vent s’engouffra dans la nef, faisant vaciller les flammes des bougies. Une ombre s’avançait tranquillement. Elle savait que sa victime ne pouvait pas s’échapper. Le combat était désormais inévitable. Le Saint-Père se dressa sur ses jambes flageolantes et profita de ce face-à-face pour observer l’ennemi. Son visage était dissimulé sous la capuche d’un long manteau noir. Le vieil homme eut la désagréable impression que son assaillant jetait des regards tout autour de lui, comme s’il admirait la beauté du lieu, à la manière d’un touriste. Levitio! murmura l’individu. La bible que le pontife tenait contre lui s’envola vers l’intrus. Il la feuilleta un moment puis ricana : — Je suis l’Émissaire. Mais vous devez le savoir. D’après sa voix, il s’agissait d’un homme. — Oui, je sais qui tu représentes. Tu vas me tuer, n’est-ce pas ? L’ennemi parcourait toujours l’ouvrage sans accorder le moindre regard à son interlocuteur. — Bien entendu. — Me permettras-tu au moins de voir ton visage ? Cette fois, l’Émissaire leva la tête et referma sèchement le livre. — Je ne suis pas stupide. Je sais que les esprits conservent leurs souvenirs, même après la mort. Je connais le moyen de retenir un esprit prisonnier de son corps, mais je ne prendrai pas le risque de vous révéler mon identité. Vous insultez mon intelligence en pensant le contraire. Incapable de rester immobile très longtemps, le vieil homme prit appui sur l’autel. — Suis-je le premier ? L’Émissaire posa la bible sur un banc et s’approcha lentement. — Non. M’Boyo fut le premier. Le combat a duré des heures. Le village dans lequel il vivait a été complètement détruit. Je n’étais pas assez puissant. C’est différent, à présent. Le Pape n’arrivait pas à croire à la mort d’un de ses pairs. Il serra les poings si fort que ses ongles
s’enfoncèrent dans ses paumes. — Quel genre de monstre es-tu ? — Je dois tuer les sept Doyens. Je le ferai. Le Pape ferma les paupières tandis qu’une aura d’un blanc très pur entourait son corps. Il tendit la main et récita : Sphera Pyros! Une boule de feu naquit dans sa paume. Il la lança en direction de l’ennemi. Spheragua! L’Émissaire riposta en jetant une sphère d’eau. Les deux sortilèges se heurtèrent à mi-chemin. Ils se nourrirent l’un de l’autre et grossirent avant d’exploser. Le Doyen fut projeté par-dessus l’autel alors que l’ennemi percutait les portes de l’église. Ce dernier se releva rapidement et cria : Levitio! L’autel s’envola droit dans les airs et retomba sur le Pape, qui avait prévu une telle attaque. Il lança un sortilège de Destruction au même moment. Le marbre fut réduit en sable qui se déversa dans la nef. — Je m’amuse beaucoup, plaisanta l’Émissaire. Et vous ? Le vieillard ne répondit pas à la provocation, mais vociféra : Fulgora! Des éclairs s’échappèrent des mains du Doyen et soulevèrent l’Émissaire par le cou. Il hurlait de douleur. Ses yeux se posèrent sur les vitraux qui embellissaient l’édifice puis il serra les poings. Un craquement se fit entendre. Le Pape, qui poursuivait son attaque, jeta un regard inquiet tout autour de lui. Une dizaine de vitres colorées explosèrent. Des débris de verre acérés fondirent sur le vieux sorcier qui ne put réagirà temps. Les tessons traversèrent son corps, les éclairs s’évanouirent immédiatement et l’Émissaire tombaà genoux. Il s’accorda quelques secondes pour reprendre ses esprits puis se remit debout. Le vent s’insinuait désormais par les fenêtres béantes. L’homme avança le long de la nef. Le corps du Doyen ne bougeait plus, mais il se méfiait quand même. Du sang ruisselait dans sa direction. Des morceaux de vitraux s’étaient profondément enfoncés dans le corps du Pape – et surtout dans son cœur droit – causant sa mort. Soudain, le cadavre irradia une vive lumière. C’est ce que l’ennemi avait attendu. Une sphère argentée s’échappa du corps du Doyen avant de pénétrer dans le sien. L’Émissaire porta la main à son épaule droite, prise d’une douleur cuisante. Il pouvait enfin savourer sa victoire.
-1-Des gens différents
25 août, Manoir Mc Gik, Brooklyn, New York.
Sous un ciel sans lune, le vieux monsieur franchit le petit portail du jardin. Un magnifique manoir se dressait au sommet d’une falaise. En contrebas, les vagues venaient se briser contre les rochers dans un vacarme entêtant. Des particules d’iode flottaient dans l’air. Les habitants de la demeure semblaient éveillés, car des lampes brillaient encore à travers les hautes fenêtres. Le vieil homme suivit le chemin pavé, en boitant jusqu’au perron, la main moite en appui sur une canne au pommeau en forme de tête de lion. Ses doigts osseux saisirent le heurtoir glacé. Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrit. Une femme replète, à l’air sympathique, aux cheveux roux, clairsemés d’argent et attachés en un chignon serré, se tenait dans l’encadrement. Elle offrit son plus beau sourire au visiteur tardif et l’invita à entrer. — Bonsoir, Shana. Comment vous portez-vous ? Le vieil homme ôta sa cape bleue et l’accrocha au portemanteau dressé dans l’entrée. — Hormis mes reins qui me font souffrir, tout va bien. Et vous, Doyen ? — Hormis mon corps tout entier qui me fait souffrir, tout va bien. Il sourit. D’épais cernes soulignaient ses yeux gris qui glissèrent vers l’escalier en face de lui. — Je crois que Nééri m’attend. — Montez, je vous en prie. Je vous apporte du thé dans un instant. — Vous me gâtez, ma chère. Le Doyen entama sa pénible ascension vers l’étage supérieur en s’aidant de la rambarde. Il soufflait comme s’il venait de courir le marathon de New York. En haut, il prit le couloir de gauche et rejoignit le bureau de Nééri Mc Gik : une pièce pentagonale dans laquelle ronflait passionnément un feu de cheminée. Plusieurs étagères de livres habillaient les murs de pierre. Derrière un majestueux bureau en chêne se tenait un grand homme, au dos bien droit malgré son âge. Il avait des yeux bleus très clairs, un visage abîmé par la vie, des cheveux blancs impeccablement coiffés et il portait un costume d’un violet presque noir. Comme il rédigeait une lettre, il annonça, sans accorder un regard à son visiteur : — Prenez un fauteuil, Charles, je suis à vous dans une seconde. Le Doyen fit apparaître un siège recouvert de coussins rouge et orange et s’y installa. Nééri plia sa lettre, la glissa dans une enveloppe jaunâtre puis se leva et scruta un coin de la pièce. Une sorte de «woosh» se fit entendre, accompagné d’une bourrasque. Un vortex aux reflets bleus, de la taille d’une porte, tournait maintenant sur lui-même. Lorsque Nééri eut lancé la lettre à l’intérieur, le passage se referma et il regagna sa place derrière le bureau. — À qui écriviez-vous ? se renseigna le Doyen. — J’ai demandé à Perlin de nous rejoindre au plus vite. Charles secoua la tête. — Ce vieux grincheux ne prendra même pas la peine de vous répondre. Il est bien trop misanthrope ! — Je sais, mais j’aurais essayé. Shana entra avec un plateau portant trois tasses de thé bien chaud. Elle le déposa sur le bureau et s’enfonça dans un rocking-chair, encore invisible une seconde plus tôt. Quand Charles tendit la main, une tasse s’envola vers lui. Il souffla sur le liquide bouillant et en but quelques gorgées avant de demander : — Puis-je vous poser une question, Nééri ? Ce dernier sirotait son propre thé. Il hocha la tête.