201 pages
Français

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La Noxiance, tome 4

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Description


Les mondes sont en danger. Ils ont plus que jamais besoin des Gardiens.


La bataille finale ne pourra causer que plus de victimes... Les conséquences seront terribles pour les deux mondes et les pertes gigantesques.




Le premier cycle de
La Noxiance
s'achève mêlant magie, courage et amitié.


La Quatrième Guerre est là. Qui en sortira vainqueur ?

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EAN13 9782379600913
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Guillaume Guégan
©Guillaume Guégan&Livresque éditions, pour la présente édition – 2019 ©Thibault Benett, Designer graphiste pour la couverture ©Aymeric Fernandez, Correcteur ©Maritza Jaillet, pour la relecture ©Jonathan Laroppe,Suivi éditorial & Mise en page
ISBN : 978-2-37960-091-3
Tous droits réservés pour tous pays Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.
À Ilyass, ton histoire ne fait que commencer
PARTIE 1
Le Règne Noir
-1-L’arbre aux pleurs de Laëliam Grita
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, c’était déjà la quatrième fois. La première, le tonnerre l’avait tirée de l’inconscience. Une pluie glacée ruisselait sur son visage. Elle était très affaiblie, mais il lui fallait se lever. Pourtant, son corps refusait d’obéir. Elle sombra au grondement suivant… La seconde fois, elle n’en garda aucun souvenir, sinon la sensation apaisante d’être de retour chez elle et la perception d’un doux murmure lui soufflant : « N’aie crainte, ma chérie. Repose-toi, recouvre des forces. » À son troisième réveil, elle capta d’abord un parfum enivrant. « Serait-ce du miel ? », s’interrogea-t-elle. Elle peinait à se redresser, alors elle demeura allongée, le regard rivé sur le plafond constitué d’un amalgame de feuilles et de cire. L’odeur provient donc de la cire… Elle aurait tant aimé se trouver au château… Son esprit, déjà épuisé, la plongea dans un nouveau sommeil, dénué de rêves. La quatrième fois, elle se sentit reposée, moins encline à s’assoupir. Elle parvint même à s’asseoir pour manger ce qu’on lui proposait : des fruits juteux. Elle ne pouvait être certaine que le sucre et les vitamines la ragaillardiraient, mais comme son esprit s’en convainquait, elle se sentait déjà en meilleure forme. Un matin, elle s’adossait au mur, lorsqu’une exclamation de joie la fit sursauter. Ses deux Férubins préférés, Maëlan et Noëlan, bondirent sur son lit pour la couvrir de baisers. Fé Madrick, leur père, s’approcha en souriant, des lorgnons minuscules solidement fixés à son nez. — Bonjour, Morsana. Comment vous sentez-vous ? — Très bien, merci. Comment suis-je arrivée jusqu’ici ? — Nous t’avons trouvée près de la rivière, lui apprit Maëlan. — En me désobéissant, précisa Fé Madrick, les sourcils froncés. — Le ciel est devenu tout noir, poursuivit la fillette. Nous avons suivi les Aëlorim Grita jusqu’à Solaria où nous t’avons aperçue. Une démone se tenait au-dessus de ton corps. Un troupeau de Centaures et de Licornes a volé à ton secours. Eux aussi avaient dû être attirés par les Ténèbres. Les Aëlorim Grita, souvent nommées les Grandes Sentinelles, formaient la garde de Laëliam Grita. Morsana comprit qu’elle avait échappé à la mort… — Elles t’ont rétrécie avant de te transporter jusqu’ici, ajouta Noëlan. — J’ai gardé le lit longtemps ? Fé Madrick baissa les yeux, visiblement peiné, puis répondit : — Solaril s’est levé vingt-deux fois… Le sang de la Gardienne se glaça. Trois longues semaines… — Vous devez comprendre que les Ténèbres altèrent grandement notre magie, Morsana. Les remèdes que nous vous prodiguions s’avéraient peu efficaces. Parmi tous les lieux communs sur les Vampires qui circulaient, le fantasme de leur invulnérabilité persistait. Or, non seulement ils craignaient le feu et les lames préalablement enchantées, mais en plus, on pouvait tout à fait les blesser physiquement. Cela s’expliquait, d’après nombre de théoriciens, par la force et la détermination de leur esprit. Un Vampire est une créature au corps défaillant, mais dont l’âme et l’esprit fonctionnent à la perfection. Ce dernier se charge ainsi de récréer des sens (quoique artificiels) et l’âme de générer des émotions. La magie était autant une malédiction qu’un cadeau pour Morsana. Un maléfice l’avait privée de sa voix, mais ses pouvoirs télépathiques l’aidaient à communiquer avec les non-Vampires et ses dons allaient lui permettre de survivre dans tout ce chaos. — Abritez-vous d’autres blessés ? — Une sorcière et un Elfe, lui confia son hôte. — J’aimerais les rencontrer, demanda-t-elle, soudain impatiente. — Je dois en référer à la Vagabonde Méloria, mais elle acceptera probablement.
Pendant l’absence de leur père, Maëlan servit quelques fruits frais à son amie Vampire et Noëlan décida de lui brosser les cheveux en chantonnant : — Ils sont plus noirs que les plumes d’un corbeau. Ta peau est pâle comme un clair de lune. Tes yeux sont aussi bleus que les cristaux du Désert de Glace. Tes canines sont affûtées comme la lance d’une Grande Sentinelle… Fé Madrick revint une demi-heure plus tard. — Les deux autres patients sont réveillés, eux aussi, annonça-t-il. La reine va vous recevoir. Une soldate en armure conduisit Morsana au dernier étage de la Tour Bourdon, dans une unique pièce, ronde et très spacieuse. D’autres Fées, parées de somptueuses cuirasses colorées – chaque teinte indiquait leur rang au sein de l’armée –, discutaient stratégie avec une très vieille dame : la Vagabonde Méloria. Le port altier, le regard doux, mais franc, une voix légère inspirant le respect, la reine, drapée dans une tunique brune, neutre, qui ne dévoilait rien de son rang, s’aidait d’un long bâton pour se déplacer. Dès que la Gardienne entra, elle congédia ses Générales, puis s’approcha. — Je te rencontre enfin, Morsana de la Maison Dalzar. Celle-ci s’inclina respectueusement. — Pas de ça, ma chère ! Tu es une Gardienne… Notre salut. La Vampire s’en trouva gênée. — Mes capacités ont été largement surestimées. Méloria sourit avec compassion. — Peu importe le présent, je veux croire à un avenir radieux. Morsana fut rejointe par les deux autres survivants : un Elfe aux cheveux longs et dorés, à la mâchoire carrée et au regard dur, qui portait une simple chemise blanche et un pantalon ; et, à la grande joie de la Vampire, Nora Powerheart. Elle était habillée comme l’Elfe, mais présentait un bandage à la main droite et semblait avoir égaré ses lunettes de pilote fétiches. — Je suis heureuse de vous voir saine et sauve, lui affirma la Gardienne. — Moi aussi, mon amie. Elles échangèrent une brève étreinte, puis Morsana désigna la main blessée de la sorcière. — Que vous est-il arrivé ? — Une flèche. De notre propre camp. Je me suis bêtement interposée entre elle et sa cible. L’Elfe posa l’index et le majeur sur son front, en guise de salut. — Gardienne, Chevalier, je suis Kahil. — Enchantées ! — Comment vous êtes-vous retrouvé ici ? l’interrogea Nora. Il souleva sa chemise, dévoilant une plaie profonde au ventre. — J’étais en première ligne. Un démon a passé sa lame au travers de mon corps. J’ai agonisé sur le champ de bataille des heures durant, assistant, impuissant, à la chute de mon peuple. Comme j’avais perdu tout espoir, les Fées sont apparues, à la recherche d’éventuels survivants. J’ai perdu connaissance, puis j’ai rouvert les yeux ici, à Laëliam Grita. Il se tourna vers Méloria et courba l’échine. — Je vous dois la vie, Vagabonde. — Relève-toi, Elfe. Aujourd’hui, les barrières entre nos peuples sont abolies. — Madame, que se passe-t-il dehors ? demanda Morsana, désireuse d’en apprendre plus. — Des nouvelles nous parviennent tous les jours, mais elles ne sont pas rassurantes. Elle leur fit signe de la suivre jusqu’à un balcon qui dominait le royaume. En dépit de l’obscurité qui régnait, les Fées continuaient à s’affairer, volant de tour en tour à dos de coccinelles ou de libellules vrombissantes. — Je n’ai jamais contemplé un ciel aussi noir, fit Nora, défaite. Pas même par temps d’orage. — Les Ténèbres affaiblissent drastiquement notre magie, raconta Méloria. — Elles affectent la nôtre aussi, l’informa Morsana. — Cet effet pourrait perdurer et même s’aggraver dans un futur proche. Nous n’en savons rien. J’ai chargé les Aëlorim Grita de parcourir les terres du Nashram de long en large, à la recherche d’âmes à secourir… Pour l’heure, vous êtes les seuls rescapés de ce que nous nommons déjà « le Jour des Ténèbres ». De mémoire de Fée, jamais notre monde n’a connu tel chaos. Le Sceau Millénaire a