La nuit est mon combat

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Attendant ses amis pour fêter dignement Halloween, Lucas, un adolescent non voyant, garde avec attention sa petite sœur, Clémentine, qui dort à poings fermés dans son berceau. Soudain, le téléphone sonne et le monde de Lucas bascule. Sa petite amie, Karine, le prévient d’un danger imminent : « Lucas, écoute ! Tu dois te barricader ! Dépêche-toi ! Ferme toutes les portes, j’en sais rien, mets des meubles devant ! Verrouille tout, Lucas, je t’en supplie ! Ils entrent partout ! Par... » Puis la communication est coupée brusquement.
Lucas est désorienté : s’agit-il d’une mauvaise blague ; c’est Halloween, après tout ; ou bien le danger est-il réel ? Doit-il se barricader avec sa petite sœur pour se protéger d’agresseurs dont il ne sait absolument rien ?

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EAN13 9782372270656
Langue Français

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LANUITESTMONCOMBAT
Nouvelle de Jean Bury Couverture de Mystic Art Design
L A NUIT EST MON COMBAT
Lucas était dans la chambre de Clémentine quand le téléphone sonna. Il prenait toujours très au sérieux le baby-sitting de sa petite sœur. À chaque fois, jusqu’au retour de ses parents, il entrait dans la pièce toutes les demi-heures, se penchait au-dessus du berceau et écoutait le souffle régulier du bébé. Il était devenu expert dans l’art de saisir à la moindre nuance de respiration la profondeur de son sommeil et le calme de son repos. À cet instant précis, le nourrisson sassoupissaitseule%mentetladolescentcraignituninstantquelasonnerieleréveille. Il bondit hors de la chambre, courut neuf pas jusqu ’à l’escalier, leva la main à l’exacte hauteur pour la poser sur la rampe, dévala douze marches, se représenta mentalement le salon (ses volumes, ses distances, ses meubles), se faufila sans ralentir derrière le canapé (deux pas et demi et on pivote sur la jambe droite), pila devant le guéridon qui faisait jonction avec le hall d’entrée et n’eut même pas besoin de tâtonner pour trouver le combiné. Un voyant ne serait pas arrivé plus vite que lui, et Lucas avait toutes les raisons d’en être fier. Seul ement c’était un garçon innocent, incapable de vanité,dautantpluscharmeurquilnavaitconsciencedau%cundesescharmes. — Allô ? — Lucas ! Lucas, c’est toi ? Lucas ! Dans ces hurlements paniqués, le garçon reconnut à peine la voix de sa petite amie. — Karine ? Qu’est-ce que… — Lucas, écoute ! Tu dois te barricader ! Dépêche-toi ! — Je dois quoi ? — Te barricader ! Ferme toutes les portes, j’en sais rien, mets des meubles devant ! Verrouille tout, Lucas, je t’en supplie ! Ils entrent partout ! Par... La communication coupa brusquement. Quelques secondes, un bruit de friture remplaça la voix affolée de sa camarade de classe, puis tout cessa. Le blanc total, comme si l’appareil était mort. Un moment, le jeune garçon resta interloqué. Il éta it si stupéfait qu’il ne savait même pas comment réagir. Que venait-il de se passer ? À quoi rimait cet appel ? Et pour commencer, qu’est-ce que Karine avait dit, exactement ? Que des gens entraient partout, qu’il fallait se barricader ? C’était une blague ! Pourquoi, parce que c’était Halloween, c’est ça ? On prend un ton paniqué, on hurle « Mon Dieu, les loups-garous attaquent, ferme les volets ! » et on raccroche en ricanant avec les copains ? Mais non. Bien sûr que non ! Ce n’était pas le genre de Karine. Elle avait un sens de l’humour étrange, c’est vrai, que Lucas était l’un des rares à goûter – comme cette idée de le déguiser en 9S de Nier : Automata pour la fête de ce soir, par exemple : mettre un bandeau noir sur les yeux d’un garçon aveugle, tout en lui donnant, l’air de rien, le rôle du combattant fidèle et courageux, c’était tout à fait elle. En revanche, elle était incapable d’une blague téléphonique vulgaire à base de terreur feinte et de vampires imaginaires. Il se passait vraiment quelque chose. Mais quoi ? Karine lui avait dit de se barricader. Il y avait du danger, alors ? Quel danger ? Et elle, Karine, est-ce qu’elle avait-elle besoin d’aide ? Où était-elle, d’abord ? Au fur et à mesure que ces pensées chaotiques se percutaient dans sa tête, Lucas était de plus en plus perturbé. En d’autres circonstances, il aurait fallu plus que quelques secondes de conversation confuse pour l’angoisser, mais il connaissait sa petite amie. Son coup de fil était sérieux. Le jeune garçon commençait à avoir vraiment peur. Il avait besoin d’en savoir plus. Seulement, le téléphone était mort et ses parents détestaient les portables, les multinationales qui conçoivent des portables, les usines qui fabriquent des portables, les boutiques qui vendent des portables. Pas questi on de courir chez les voisins en laissant bébé Clémentine toute seule. Il n’avait aucun moyen de communication avec l’extérieur. Lucas effleura sa montre braille. Il était pile vingt et une heures, le journal commençait. Le gamin alla vite s’accroupir au pied de la chaîne et alluma la radio. Il sentait son cœur battre sourdement sous l’élégante veste de velours de sa tenue decosplay.
évoque la nécessité de relancer la production agro- industrielle en abaissant les restrictions d’utilisation des engrais naniques dans les exploitations de plus de C’était France Concerts, le jeune garçon reconnaiss ait le timbre de la journaliste. Dans cinq minutes, après la météo, ce seraitL’heure du jazz. protestations contre ce qu’ils considèrent comme un e régression sanitaire et écologique majeure ont été moquées par la majorité comme une r ésurgence archaïque du principe de précaution, rendu De nouveau, l’adolescent consulta sa montre. Le bulletin commençait à peine, et les nouvelles les plus graves viennent toujours d’abord, non ? Alors qu’est-ce que c’était que cette histoire de gens qui attaquent les maisons ? Le journal n’en disait rien ! Même si c’était un phénomène local, une émeute dans un patelin bien éloigné des rédactions nationales...