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La plante verte

De
295 pages


« La vie en cette année 2234 n’était pas forcément dure pour tous les hommes, seulement, comme depuis la nuit des temps, pour une immense majorité. »


Le gouvernement de l’Europe unifiée est sur les dents. Une flotte extraterrestre est en train de se pointer aux confins du système solaire. Nous sommes au bord du tout premier de tous les premiers contacts. Mais quelle en sera la nature ? Amicale ? Hostile ? Toutes les chancelleries sont aux abois, car il faut éviter qu’une ou l’autre nation locale ne se transforme involontairement en l’extraterrestre de toutes les autres.


Par ailleurs, la lutte contre les changements climatiques a rendu les grands gouvernements supranationaux dépendants de vastes conglomérats privés assurant la perpétuation artificiellement contrôlée d’un climat viable. Ces entreprises tentaculaires portent des noms percutants – EcoTech, NanoSoft – et elles pénètrent la société civile et ses pouvoirs traditionnels jusqu’au trognon. Que savent-elles exactement de cette visite d’extraterrestres ? Le paradoxe est que ces puissants conglomérats contrôlent la technologie permettant de percevoir le vaste univers extérieur. De là à contrôler cet univers même...


Des extraits et autres détails sont disponibles sur le site de l'éditeur...

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LE CYCLE DU RÉZO : LA PLANTE VERTE
GUILHEM
© ÉLP éditeur, 2016 www.elpediteur.com ecrirelirepenser@gmail.com
ISBN : 978-2-924550-15-1
Image de la couverture assemblée par Guilhem : iStockphoto® – ©a-r-t-i-s-t, communication globale. Plusieurs clip-arts sont issus du site All-Silhouette.
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ÉLP éditeur est une maison d’édition 100% numérique fondée au printemps 2010. Immatriculée au Québec (Canada), ÉLP a toutefois une vocation transatlantique: ses auteurs comme les membres de son comité éditorial proviennent de toute la Francophonie. Pour toute question ou commentaire concernant cet ouvrage, n’hésitez pas à écrire à : ecrirelirepenser@gmail.com
À Audrey et nos enfants Fleur, Oréade et Embrun
Remerciements
Je souhaite remercier tout particulièrement mon ami Mathieu Moreaud qui m’a aidé à finaliser ce roman.
Jean-Claude, Alain et Mireille Gayet, Yohan Pannet, Clément Oudot, Antoine Cailliez, Olivier Ziel, Fabrice Trévisan, Virginie Dauchez et Anne Étienne ont également aidé, plus ou moins modestement, à l’écriture de ce roman . Je les en remercie grandement.
D’autres m’ont renseigné pour des traductions qui n ’apparaissent pas toutes dans cette version : Aude, Luca, Luccia, François et Nes rine.
J’ai également dérobé plusieurs des expressions du personnage de Vassili Pek à un ami : Bastien Didier.
La deuxième édition de ce roman a également bénéfic ié des précieux conseils de Mabu Reading, une blogueuse passionnée.
Mille mercis également à tous ceux qui me soutienne nt ou m’encouragent depuis des années.
LA PLANTE VERTE
« Je me fais grave chier. »
Chapitre I
Voici ce que pensa Marhek Lorme, quelques secondes à peine après avoir commencé à observer une façade de verre teinté.
La patience n’était pas sa vertu cardinale.
Il n’y avait pas un bruit.
Il ne se passait rien.
De temps en temps, un insecte passait fugitivement dans son champ de vision.
Parfois, un oiseau se reflétait dans les vitres du bâtiment qui se dressait massivement devant lui et emplissait tout son champ de vision.
Il aurait été incapable de tourner la tête, même s’ il l’avait voulu. Il n’était qu’un spectateur silencieux et passif. Il s’en réjouit en distinguant les habituels halos lumineux en périphérie de son champ visuel, qui sig nifiaient qu’il était cerné d’holopubs à la con. Au moins, n’aurait-il pas à en subir la v ue.
Marhek remarqua enfin que nul reflet de lui n’était visible dans la vitre qui lui faisait face. Il chercha son image en vain. Il en conclut q u’il n’était pas vraiment là.
Alors, il se résigna à s’ennuyer de nouveau.
Une des baies de l’immeuble face à lui se décida à exploser en un millier de fragments dans un silence absolu. Puis la scène se mit à ralentir et, l’instant d’après, une sonnerie lancinante débuta.
Quelques secondes après, il se vit traverser la par oi vitrée intacte, juste à côté, dans une nouvelle pluie d’éclats.
Il prit le temps de s’observer. Ses bras protégeaie nt sa tête et des éclats de verre se prirent dans ses cheveux bruns aux tempes grisonnan tes. Au milieu du triangle constitué par ses bras, son visage grimaçait de dou leur et d’une certaine folie. Sa mâchoire musclée se contractait de toutes ses force s pour éviter que du verre ne rentre dans sa bouche, à moins que ce ne fût pour é viter de hurler. Puis, ses bras quittèrent son visage à mesure que la gravité de sa situation le rattrapait.
« On est au troisième ou quatrième étage, estima-t-il. Il se peut que ça fasse mal. »
Marhek commença à ressentir la sensation de chute d ans son oreille interne. C’était bizarre, car il était en dehors de lui-même. Il s’i nterrogea. La scène qu’il vivait n’était pas une distanciation traumatique. Il en avait déjà vécu dans sa vie et ça ne s’était jamais passé ainsi. Bien que peu coutumier des chut es de plusieurs étages, Marhek avait un passif professionnel dans les forces de sé curité européennes qui l’avait conduit dans des situations d’angoisse morbide de c e genre.
Toujours sans comprendre, il se sentit chuter au ra lenti, inexorablement.
Il vit ses bras essayer de retrouver un équilibre e n battant follement l’air. Quant à ses jambes, elles faisaient n’importe quoi. Elles condu isirent le reste de son corps dans une pose ridiculement improbable. Son manque de cla sse le scandalisa.
Pire,ilsetrouvaungroscul.
Pire,ilsetrouva un gros cul.
Le temps accéléra, reprenant une vitesse normale.
L’air qui s’engouffrait dans son imperméable l’agit ait maintenant follement. D’habitude, il était impeccable, d’un beige moche i mmaculé. Là, il était taché, sale, imbibé d’une substance gluante. Il était même parti ellement calciné en un endroit.
Il manquait aussi à Marhek une chaussure et l’autre était couverte de la même substance qui se trouvait sur son manteau.
« Merde. Mes baskets neuves. »
Résigné, il cessa de pester intérieurement en voyan t que son jean noir n’était pas en meilleur état.
Marhek fut au moins soulagé en observant qu’il ne c riait pas en tombant. Par le passé, chaque fois que la mort s’était approchée un peu trop près de lui, Marhek avait poussé un cri très aigu, qui lui avait entraîné des moqueries et, en deux occasions, lui avait sauvé la vie. Sa voix avait beau avoir un tim bre grave, elle était d’une tessiture déconcertante.
Du haut de ses quarante-trois ans, Marhek Lorme n’a ssumait toujours pas son hurlement d’effroi, qui contrastait énormément avec sa masculinité naturelle. Au quotidien, Marhek ne poussait pourtant jamais la vi rilité dans ses retranchements. Il n’était pas même macho au point de faire œuvre de g alanterie. Toutefois, il devait bien reconnaître qu’il avait un cri de gonzesse.
Le temps et sa chute s’accélérèrent.
La sonnerie agaçante s’amplifia.
Au fur et à mesure que Marhek tombait, il constata que son point de vue d’observateur externe de l’événement se fondait en lui-même. Ce ne fut que lorsqu’il eut pleinement réintégré son corps et qu’il put voi r par ses yeux le sol de la rue se rapprocher à une vitesse incroyablement rapide que sa bouche s’ouvrit.
Il lança le cri le plus perçant de son existence.
Chapitre II
Marhek Lorme se réveilla en poussant un cri trop ai gu, face contre une moquette et un cimetière d’acariens génocidés par son haleine d ’alcoolique.
Il avait chu de son lit.
Son réveil marquait onze heure onze. Bien qu’il fût déjà éteint, Marhek lui asséna un petit taquet de principe. C’était lui, le son agaça nt de son rêve.
Ce songe avait pris fin et il ne le regretta pas. I l se prit juste à espérer qu’il ne s’agissait pas d’un de ces cauchemars qui le hanter ait pendant des nuits et des nuits. S’il se réveillait ainsi tout le temps, il risquait d’avoir du mal à garder de sa superbe avec les deux étudiantes avec lesquelles il partage ait le palier.
Il s’étira et sentit une douleur à l’épaule. Des so uvenirs plus proches, plus réels, resurgirent. À l’aube, les flics l’avaient sorti du mitard et expédié sur le trottoir lorsqu’il avait semblé suffisamment vaillant pour repartir ch ez lui. Ça, il s’en souvenait. En rentrant, Marhek avait hésité entre au moins un cho ix unique : dormir. Ça, il s’en souvenait également. Quant à savoir toute l’étendue de la réflexion qui pouvait pousser un homme à mettre son réveil-matin sur onze heure o nze, ça, il ne s’en souvenait plus du tout, heureusement.
Lorsqu’il eut redressé sa tête, quelques réminiscen ces de la nuit précédente lui causèrent des élancements douloureux aux alentours de l’occiput.
La veille s’était platement finie à l’horizontale.
Dans sa mémoire se dessinait le tableau d’unepietàreprésentant un maniériste corps allongé, le teint blafard, dont la tête baign ait dans une auréole dorée. Il s’agissait en réalité de la photo monochromatique d’un quadrag énaire consommé, baignant dans une flaque de gerbe. Un saint des temps post-modern es, peut-être, mais au moins la lumière de son auréole ne lui filerait jamais de mi graines ophtalmiques. Encore qu’il fit le constat amer, en se redressant, qu’aucun mal de tête ne serait l’absent de cette journée.
Malgré son état pâteux, Marhek fit un effort pour m ettre en ordre quelques affaires dans son appartement. Il ne put s’empêcher de pense r que « mettre en ordre quelques affaires » n’était d’ailleurs pas une expression he ureuse pour au moins trois bonnes raisons. Tout d’abord, il était question de dynamit age et non de rangement. Ensuite, cela ne concernait pas quelques affaires, mais en r éalité toutes les affaires. Enfin, les expressions n’ont aucune raison d’être particulière ment heureuses, notamment celles, parmi elles, qui sortaient de sa bouche, écorchées.
À cette dernière réflexion, il jugea urgent de se laver les dents.
Marhek n’avait pas fait de rangement ni la veille n i l’avant-veille… ni aucune veille précédente, tout compte fait. Mais ce n’était pas f aute de courage. Il en fallait pour vivre ainsi et affronter chaque jour les regards lo urds de reproches de ses deux chats.
Pour être rigoureux donc, il n’avait jamais eu la l âcheté de ranger son appartement.
Ledésordres’étaitinsidieusementaccumulédansto uslesrecoinsaucoursdes