La Science du Disque-monde

La Science du Disque-monde

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Livres
544 pages

Description

Derrière les murs de l’Université de l’Invisible, une expérience périlleuse aboutit accidentellement à la création d’un univers en réduction, un univers absurde fondé sur des règles logiques, un univers où la magie n’a pas cours, où la matière tend à s’agglomérer en sphères pour constituer des étoiles et des planètes, où la vie naissante suit le cours de l’évolution vers l’émergence de l’intelligence, bref un univers insensé : un Globe-monde !

Notre univers. Notre planète, la Terre.

Et les mages du Disque-monde, incrédules, en prennent connaissance dans un déroulé accéléré de son histoire.

Ponctués par le récit de Terry Pratchett, les chapitres de Ian Stewart et Jack Cohen proposent un parcours argumenté de nos connaissances scientifiques, de la naissance de l’univers à la nature de l’intelligence en passant par l’avènement de la vie et l’« affaire » des dinosaures. Avec humour, finesse et légèreté, impertinence souvent, mais sans esquiver les pierres d’achoppement, ils nous conduisent à travers les questions les plus délicates vers la recherche d’une philosophie de la science qui éclaire le siècle nouveau.

De la vulgarisation scientifique sérieuse et rigolote !


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Publié par
Date de parution 03 novembre 2014
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EAN13 9782367932750
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Terry Pratchett, Ian Stewart & Jack Cohen
La science du Disque-monde
TRADUIT DE L’ANGLAIS PAR PATRICK COUTON ET LIONEL DAVOUST
L’ATALANTE Nantes
Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. Arthur C. CLARKE. Toute technologie discernable de la magie est insuffisamment avancée. Gregory BENFORD. Si la réalité dépasse la fiction, c’est parce que la réalité n’est en rien tenue à la vraisemblance. Mark TWAIN. Il n’y a de tortues nulle part. Cogite STIBON.
L’HISTOIRE COMMENCE ICI…
IL Y AVAIT une fois le Disque-monde. Il n’y a pas encore rupture de stock. Il s’agit de ce monde plat, porté par une tortue géante à travers l’espace, qui a – pour l’instant – donné naissance à vingt-sept romans, quatre cartes, une encyclopédie, deux séries animées, des tee-shirts, des écharpes, des figurines, des badges, une bière, des broderies, des stylos, des affiches et, certainement, quand ce livre sera publié, du talc et une eau de toilette (et si ce n’est pas le cas, ce n’est qu’une question de temps). Bref, il a acquis une popularité immense. Et le Disque-monde marche à la magie. Le Globe-monde – notre planète natale et par extension l’univers où elle se trouve – marche selon des règles. En fait, il marche tout court. Mais nous avons observé son fonctionnement, et ces observations ainsi que les déductions qui en découlent forment les bases mêmes de la science. À première vue, tout oppose mages et scientifiques. Assurément, un groupe de gens bizarrement vêtus, vivant dans leur propre réalité, parlant un langage spécialisé et dont les déclarations entrent régulièrement en contradiction flagrante avec le bon sens n’a strictement rien à voir avec un groupe de gens bizarrement vêtus, vivant dans leur propre réalité, parlant un langage spécialisé et… euh… Tentons peut-être une autre approche. Existe-t-il un lien entre science et magie ? La magie du Disque-monde, avec ses mages excentriques, ses sorcières terre à terre, ses trolls obstinés, ses dragons cracheurs de feu, ses chiens parlants et sa MORT personnifié1jeter un éclairage utile sur la science dure, rationnelle, peut-elle argumentée de la Terre ? Nous le pensons. Nous expliquerons pourquoi dans un instant ; d’abord, présentons clairement ce queLa Science du Disque-monden’est pas. D’autres fictions ont généré des livres intitulés « La science de… », commeThe Science of the X-Files (« La science de X-Files ») etThe Physics of Star Trek(« La physique de Star Trek »). Ils étudient certains domaines scientifiques contemporains qui pourraient nous conduire un jour à des événements ou appareils fictifs. Les extraterrestres se sont-ils écrasés à Roswell ? Inventerons-nous jamais une propulsion superluminique à antimatière ? Quand aurons-nous ces piles ultralongue durée qui alimentent forcément les lampes torches de Mulder et Scully ? Nous aurions pu suivre cette voie. Par exemple, nous aurions pu faire remarquer que la théorie de Darwin explique l’évolution de formes de vie inférieures en formes supérieures et que, par conséquent, il est tout à fait raisonnable d’envisager qu’un humain évolue en orang-outan (resté par ailleurs bibliothécaire, puisqu’il n’existe aucune forme de vie supérieure au bibliothécaire). Nous aurions pu nous demander quelles séquences d’ADN doteraient efficacement les dragons d’entrailles doublées d’amiante. Nous aurions même pu tenter d’expliquer comment obtenir une tortue de quinze mille kilomètres de long. Nous avons choisi de ne pas le faire, et pour une bonne raison… Euh… deux raisons. La première étant que ce serait… hmm… idiot. Ce que justifie la seconde raison. Le Disque-monde n’obéit pas à des principes scientifiques. Pourquoi prétendre le contraire ? Les dragons ne crachent pas le feu parce qu’ils ont des poumons en amiante ; ils crachent le feu parce que, comme chacun sait, c’est dans la nature des dragons.
Ce qui fait marcher le Disque-monde est plus profond qu’une magie de circonstance et plus fort qu’une science insipide. Il s’agit desimpératifs de narration, la puissance de l’histoire. Ils jouent un rôle similaire au phlogistique, une substance, ou principe, qu’on croyait autrefois présente dans les corps inflammables et responsable de leur combustion. De même, on trouve lenarrativiuml’univers du Disque- dans monde. Il est présent dans le spin de chaque atome, dans la dérive de chaque nuage. C’est grâce à lui que les choses sont ce qu’elles sont, que leur existence se perpétue et qu’elles prennent part au récit continuel du monde. Sur le Globe-monde, les choses se produisent parce qu’elles le veulent2. Les souhaits des gens n’interviennent guère dans la marche des événements, et l’univers n’est pas là pour raconter une histoire. La magie peut transformer une grenouille en prince. La science aura beau décerner un doctorat à une grenouille, elle restera quand même une grenouille. C’est ainsi qu’on imagine habituellement la science du Globe-monde. Mais cette vision manque l’essentiel de ce qui la motive. Elle n’opère pas seulement sur un plan abstrait. Vous moudriez l’univers entier en particules élémentaires que vous n’y trouveriez pas une seule trace de science. C’est une structure que les gens ont créée et qu’ils entretiennent. Or les gens choisissent ce qui les intéresse, ce qu’ils estiment important, et, très souvent, ils pensent de façon narrative. Le narrativium est une substance bigrement puissante. Instinctivement, nous avons toujours plaqué des récits sur l’univers. La première fois que l’homme a contemplé les étoiles – d’immenses soleils enflammés situés à des distances inimaginables –, il y a vu des taureaux géants, des dragons et des héros locaux. Ce trait humain n’influence pas ce que dictent les règles – pas beaucoup, en tout cas – mais il détermine celles que nous sommes d’abord prêts à examiner. De plus, il faut que les règles de l’univers puissent produire tout ce que nous, humains, observons, ce qui injecte également dans la science un soupçon d’impératif de narration. L’homme pense par histoires3. Classiquement, en tout cas, la science elle-même a consisté en une découverte d’« histoires » : pensez à tous ces livres intitulés Histoire de l’humanité,La Descendance de l’hommesi nous allons par là, et, Une brève histoire du temps. Mais, indépendamment de ces récits, le Disque-monde joue un rôle plus important encore : il pose des questions introduites par « et si… ? » Grâce à lui, nous pouvons conduire des expériences de pensée sur la nature de la science dans un univers différent, ou si le cours de celle-ci avait suivi un autre itinéraire. Nous observons la science de l’extérieur. Pour un scientifique, une expérience de pensée est un débat que l’on conduit intellectuellement, après quoi tout est si clair que réaliser l’expérience devient inutile, ce qui fait économiser beaucoup de temps, d’argent, et permet d’éviter les résultats contrariants. Le Disque-monde adopte un point de vue plus concret : là-bas, une expérience de pensée est une expérience qu’on ne peut pas réaliser et qui ne marcherait pas de toute façon. Mais nous voulons parler de celles que les scientifiques conduisent en permanence, souvent sans s’en rendre compte, et il est inutile de les réaliser car, justement, elles ne marcheraient pas. Beaucoup de questions majeures ayant trait à la science et à la compréhension que nous en avons ne portent pas du tout sur la nature de l’univers. Elles portent sur la nature de l’univers s’il était différent. Quelqu’un demande : « Pourquoi les zèbres forment-ils des troupeaux ? » Pour répondre, vous pouvez analyser la sociologie, la psychologie, etc., du zèbre, ou alors vous poser la question différemment : « Que se passerait-il s’ils n’en formaient pas ? » Une réponse assez évidente serait : « Les lions les dévoreraient plus souvent. » Ce qui suggère aussitôt que les zèbres forment des troupeaux pour se protéger – et nous
voilà avec une première idée de leur comportement parce que nous avons brièvement réfléchi à l’éventualité contraire. Un autre exemple plus sérieux est l’interrogation « Le système solaire est-il stable ? », ce qui signifie : « Pourrait-il connaître un bouleversement dramatique à la suite d’un infime remous ? » En 1887, le roi Oscar II de Suède promit une récompense de deux mille cinq cents couronnes à qui donnerait la réponse. Il fallut environ un siècle aux mathématiciens du monde entier pour parvenir à une conclusion définitive : « Peut-être. » (C’était une excellente réponse, mais ils n’ont rien gagné. La récompense avait déjà été décernée à quelqu’un qui s’était trompé et dont l’article lauréat présentait une grosse erreur au milieu de la partie la plus intéressante. Mais quand il la rectifia, à ses dépens, il inventa la théorie du chaos et prépara l’avènement de ce « peut-être ». Parfois, la meilleure des réponses est une question plus intéressante encore.) L’idée, c’est que le problème de la stabilité ne concerne pas le comportement réel du système : il s’agit de déterminer s’il changerait à la suite d’une perturbation. Par définition, la question se pose en ces termes : « Et si… ? » Parce que en définitive de vastes pans de la science traitent de cet univers fictif peuplé d’expériences de pensée, notre compréhension scientifique doit nécessairement se préoccuper des mondes imaginaires aussi bien que de la réalité. Plus que l’intelligence pure, l’imagination est la vraie qualité de l’homme. Et quel meilleur point de départ que le Disque-monde ? C’est un univers cohérent, bien développé, qui obéit à ses propres règles, où vivent des gens d’une réalité convaincante malgré les différences substantielles qui séparent les lois de leur univers des nôtres. Beaucoup possèdent également un solide bagage de « bon sens », un des ennemis naturels de la science. L’Université de l’Invisible, ses bâtiments et sa faculté, est un des éléments récurrents de cette œuvre ; c’est le plus important collège magique du Disque-monde. Les mages4une bande remuante toujours tentée par les portes où figure la forment mention N’OUVRIR SOUS AUCUN PRÉTEXTE ou de s’emparer du premier machin qui se met à bouillonner. Nous nous sommes dit qu’ils se révéleraient utiles… Manifestement, comme le croient les mages de l’Université de l’Invisible, notre monde est une parodie du Disque. Si nous comparons (ou s’ils comparent) la magie du Disque-monde à la science du Globe-monde, nous découvrons toujours plus de similarités et de parallèles. Et, quand nous n’en voyons pas, ce sont les différences que nous trouvons extrêmement révélatrices. La science prend un tout autre caractère quand on cesse de poser des questions comme « À quoi ressemble l’ADN des tritons ? » pour se demander plutôt : « Comment les mages réagiraient-ils à cette conception des tritons ? » Sur le Disque-monde, il n’existe pas de science en tant que telle. Alors nous en avons introduit un peu. Par le biais de la magie, les mages du Disque sont amenés à créer leur propre marque de fabrique scientifique – une sorte d’« univers de poche » où la magie ne fonctionne plus, mais les règles si. Puis, à mesure qu’ils apprennent comment elles engendrent des phénomènes intéressants – cailloux, bactéries, civilisations –, nous les regardons… nous regarder. C’est une sorte d’expérience de pensée récursive, ou de poupée russe où l’on ouvre les plus petites matriochkas pour y trouver les plus grandes. Et nous nous sommes rendu compte que… Ah, mais c’est une autre histoire. T. P., I. S. & J. C., décembre 1998. P.-S. : Nous craignons d’avoir mentionné dans les pages suivantes le chat de Schrödinger, le paradoxe des jumeaux, et cette histoire où il est question d’allumer une lampe sur un vaisseau spatial voyageant à la vitesse de la lumière. C’est parce que, en tant que membres du Syndicat des auteurs scientifiques, nous sommes tenus de les y
faire figurer. Nous nous sommes cependant efforcés de faire court. Nous avons également fait très, très court sur le pantalon du temps. P.P.-S. : Parfois, les scientifiques changent d’avis. De nouveaux développements suscitent de nouvelles réflexions. Si cela vous ennuie, pensez aux dommages causés au monde par ceux chez qui de nouveaux développements ne suscitent nulle réflexion d’aucune sorte. Cette seconde édition a été modifiée de manière à prendre en compte trois ans de progrès scientifiques… et de bonds en arrière. (Vous y trouverez les deux.) Et nous avons ajouté deux chapitres totalement nouveaux : un sur la vie des dinosaures, parce que l’actuel sur leur mort nous paraissait un peu déprimant, et un sur les catastrophes cosmiques, parce que, de bien des manières, l’univers est effectivement un séjour déprimant. L’histoire se déroulant sur le Disque-monde s’est avérée plus robuste que les parties scientifiques. Il fallait s’y attendre. Le Disque-monde tient bien mieux debout que le Globe-monde5. T. P., I. S. & J. C., janvier 2002.
1Car la Mort est mâle, c’est un fait acquis.(N. d. T.)
2Façon de parler. Elles se produisent parce qu’elles obéissent aux règles de l’univers. Un caillou n’a pas d’avis mesurable sur la gravité.
3 Il nous a fallu trois ans pour assimiler cette phrase. À la suite de quoi nous avons rédigéLa Science du Disque-monde II : Le Globe.
4Comme les résidents des universités du Globe-monde, ils peuvent consacrer à leurs recherches un temps illimité, des fonds tout aussi illimités, et ils n’ont jamais à s’inquiéter de leur poste. Par ailleurs, ils se montrent tour à tour excentriques et d’une inventivité vicieuse, résistent aux idées neuves jusqu’à ce qu’elles soient vieilles, se montrent hautement créatifs de temps à autre et ils discutaillent en permanence – ce en quoi ils n’ont rien à voir avec leurs homologues du Globe-monde. Du tout.
5 Ce livre a connu deux éditions originales ; nous publions ici la plus récente. Cette remarque reste donc vraie à l’heure où, quatre ans plus tard, nous réalisons la traduction de cet ouvrage. Si l’actualité scientifique a parfois évolué (par exemple, en 2006, Pluton a été déclassée et n’est actuellement plus considérée comme une planète – jusqu’à ce que l’on change à nouveau d’avis...), nous sommes restés fidèles à l’esprit et aux « mensonges pour enfants » de ce livre, lors de sa rédaction en 2002. Le problème, avec la science et la traduction, c’est que la première va (parfois) plus vite que la seconde.(N. d. T.)
DN
LA FISSION dD THADM
Il est es questions qu’on ne evrait pas poser. Pourtant, il se trouve toujours quelqu’un pour le faire. « Comment ça marche ? » emana l’archichancelier Mustrum Riculle, le patron e l’Dniversité e l’Invisible. Dne question que Cogite Stibon étestait presque autant que « Combien ça va coûter ? » Et ces eux questions comptaient parmi les plus ifficiles auxquelles un chercheur evait faire face. En tant que chefde facto u éveloppement magique e l’université, il s’efforçait tout particulièrement ’éviter les questions e finances à tout prix. « Selon un processus assez complexe, hasara-t-il enfin. — Ah. — Moi, ce que je vourais savoir, it le major e promo, c’est quan on va récupérer le court e squash. — Vous jouez jamais, major e promo, répliqua Riculle en levant les yeux vers l’imposante structure noire qui occupait ésormais le centre e l’ancien court e l’université6. — Je pourrais en avoir envie un jour. Ce sera vachement compliqué avec ce biule au milieu, moi je is. Faura complètement réécrire les règles. » dehors, la neige s’amoncelait contre les hautes fenêtres. Cet hiver-ci se révélait le plus long e mémoire ’homme – tellement long, pour tout ire, que la mémoire se réuisait à mesure que mouraient les citoyens les plus âgés. Le froi pénétrait même les vieux murs épais e l’université e l’Invisible, à la grane inquiétue et au gran éplaisir es membres e la faculté. Les mages peuvent supporter toutes les privations et incommoités u mone ès lors que c’est autrui qui en pâtit. Ainsi onc, on avait enfin accepté le programme e Cogite Stibon. Il attenait ça epuis trois ans. Son argument voulant que la fission u thaum repousse les limites e la connaissance humaine était tombé ans les oreilles e sours ; pour les mages, repousser les limites e n’importe quoi équivalait à soulever un très gros caillou mouillé. Prétenre, comme il faisait, que la fission u thaum pourrait accroître e façon significative le bonheur e l’humanité se heurtait à la riposte que tout le mone avait éjà l’air suffisamment heureux. Il avait finalement avancé l’iée que la fission u thaum prouirait ’immenses quantités e magie brute facilement transformable en chaleur bon marché. Ça avait marché. La faculté restait peu enthousiaste sur la question e la connaissance pour la
connaissance, mais elle bouillait ’areur sur celle es chambres bien chauffées. À présent, les autres mages e haut rang faisaient lentement le tour u court souain à l’étroit et tâtaient u oigt le nouvel appareil. Leur archichancelier ôta sa pipe e sa bouche et la tapa istraitement sur un flanc noir mat pour la ébourrer e ses cenres. « Hum… s’il vous plaît, ne faites pas ça, monsieur, it Cogite. — Pourquoi ? — Il pourrait y avoir… C’est possible que… Il y a un risque e… » Cogite s’arrêta. « Ça va faire es saletés, conclut-il. — Ah. Très juste. C’est pas parce que tout ça risque ’exploser, alors ? — Euh… non, monsieur. Haha, fit lamentablement Cogite. Il en faurait bien avantage, monsieur… » Il fut interrompu par lechtac’une balle e squash qui ricochait sur le mur avant e rebonir sur le revêtement et e faire sauter la pipe e la bouche e l’archichancelier. « Ça, c’est vous, oyen, accusa Riculle. Franchement, aucun e vous a jamais fait attention à ce coin-là penant es années, et ’un coup vous voulez tous… Monsieur Stibon ? Monsieur Stibon ? » Il poussa u coue le petit monticule que formait la silhouette voûtée u mage chercheur en chef e l’université. Cogite Stibon se reressa légèrement et jeta un coup ’œil à travers ses oigts. « Je crois vraiment que ce serait une bonne iée s’ils arrêtaient e jouer au squash, monsieur, souffla-t-il. — Moi aussi. Y a rien e pire qu’un mage en sueur. Arrêtez ça, les gars. Et ramenez-vous. Monsieur Stibon va nous faire son exposé. » L’archichancelier lança à Cogite un regar pénétrant. « Ça sera très intéressant et très instructif, n’est-ce pas, monsieur Stibon ? Il va nous ire à quoi il a épensé cinquante-cinq mille huit cent soixante-ix-neuf piastres quarante-cinq. — Et pourquoi il a bousillé un court e squash en parfait état, ajouta le major e promo en tapotant le flanc e la structure avec sa raquette. — Et si ça n’est pas angereux, renchérit le oyen. Je suis contre le tripatouillage en physique. » Cogite Stibon grimaça. « Je vous assure, oyen, que les chances e se faire tuer par le… euh… moteur réactif sont encore plus granes que celles e se faire renverser en traversant la rue, it-il. — Vraiment ? Oh, ben… ’accor, alors. » Cogite se repassa ans la tête la phrase qu’il venait e formuler au pie levé et écia, vu les circonstances, e ne pas rectifier. discuter avec les grans mages, c’était comme construire un château e cartes ; quan on arrivait à faire tenir quelque chose ebout, on lâchait un soupir iscret et on passait à la suite. Cogite avait inventé un petit système qu’il avait appelé en son for intérieur « bobars à mages ». C’est pour leur bien, se isait-il. On ne raconte pas tout à ses patrons, ils ont beaucoup à faire, ils n’ont pas envie ’explications. Inutile e les accabler avantage. Ce qu’ils veulent, ce sont e petites histoires qu’ils s’imaginent pouvoir comprenre, après quoi ils vont voir ailleurs et cessent e s’inquiéter. Il avait emané à ses étuiants ’installer une exposition à l’autre bout u court e squash. À côté ’elle, evant es circonvolutions e tuyaux qui passaient à travers le mur u bâtiment e la magie es hautes énergies voisin, se trouvait un terminal e Sort, la machine pensante e l’université. Et, encore à côté, se ressait sur un socle un très gros levier rouge autour uquel on avait noué un ruban rose.