Le cœur en rut

Le cœur en rut

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Livres
128 pages

Description

Dans la tête d’Elise vont et viennent les fantômes de ceux qui ont construit puis détruit sa vie. Celui de sa mère autoritaire et volage, celui de ces hommes qui ne l’ont pas assez aimée et celui d’une religion qui lui a ôté l’envie de s’exprimer librement. Mais du fin fond de son linceul aquatique, Elise hurle encore à l’amour.


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Date de parution 19 juin 2013
Nombre de lectures 7
EAN13 9782754723855
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Elise Sauvage
2014
Les Éditions du Panthéon 12, rue Antoine Bourdelle – 75015 Paris Tél. 01 43 71 14 72 – Fax 01 43 71 14 46 www.editions-pantheon.fr
« Il y a plusieurs manières de suicider : le don de soi et l’oubli de soi »
I
Je regarde ce sexe serpenter sur le très haut de sa cuisse, les balles indolentes sensées nourrir son ardeur guerrière roupiller docilement dans leur nid de poils bruns. De ce bas côté-là de son corps, rien ne bouge ! Rien n’a bougé depuis des mois. Cinq, six peut-être ? Ma mémoire sexuelle ne veut pas aller au-delà. Je le scrute. D’encore plus près. Jambes écartées, bras en croix, nu comme un ver, il dort. D’un sommeil pâteux d’où émerge un rugissement de bête encagée. Sa bouche s’ouvre et se ferme au rythme de ses descentes en apnée et de leurs remontées bondissantes. À leur paroxysme, ses lèvres tremblent, la chambre entière tremble, ses paupières battent mollement sur un tableau noir où rien ne s’inscrit. Pour comprendre ce qui le rend inerte, je le renifle des pieds à la tête, laisse traîner ma langue sur les parties de son corps autrefois érogènes. Le poil doux de ses cuisses et de son entrecuisses, sa bite, son ventre, ses aisselles, son cou, la naissance de ses lobes d’oreilles, sa bouche. Rien ne bouge, à l’exception de ces effluves d’alcool qui jouent au yo-yo au rythme de sa respiration. À deux verres près, je quantifie sa consommation. Sept, huit, dix verres de vin…, sans compter la vodka ou le rhum qu’il ingurgite au goulot et dont il cache les flasques vides dans des lieux improbables : ses chaussettes de ski, ses cartons à chaussures, sa boîte à outils inerte elle-aussi mais qui rassure son âme d’ancien bricoleur –, le panier de linge à repasser dont le fond est insondable, le coffre de sa voiture parquée dans un garage glacial où il pénètre en pleine nuit, à poil, lui l’Antillais Blanc censé avoir horreur du froid. Comme tous les alcoolos, il a honte de boire. Non ! pas honte de boire – il est plutôt décomplexé de ce côté-là –, mais honte d’avouer qu’il boit, qu’il a cette dépendance choppée là-bas, en Guadeloupe, où il vivait. Avant.
Une dépendance dont il n’a jamais su se débarrasser. Jamais voulu se débarrasser, l’ignorant tout bonnement pour n’avoir pas à la combattre. Personne ne lui en parle et il ne vient à l’idée d’un seul membre de sa famille qu’absorbé à ce rythme l’alcool est un poison mortel pour sa santé physique, mentale et relationnelle. Quand Thomas se raconte, il évoque le soleil des Antilles, la plage, les cocktails vodka-orange-nanas, les soirées brûlantes entre Blancs battant leur plein d’alcool. À mon impertinente assertion selon laquelle l’alcool est une drogue dure, il répond outré, fier de lui, « je ne me suis jamais drogué ». Ben voyons ! Nul besoin de se risquer à aller acheter son lot de shit ou de cocaïne à un vendeur à la sauvette, l’alcool est partout. Pas une réception, pas une rencontre entre amis, pas une cérémonie officielle qui ne soit entamée par le très convivial « verre de l’amitié » lequel, suivi de bien d’autres, tourne le plus souvent au vinaigre. Pour justifier cette emprise qui le fait loucher, bégayer, zigzaguer, marcher comme un centenaire à quarante-huit ans, se cogner aux meubles, tomber, dormir assis ou affalé de tout son long à même le sol, Thomas jette l’opprobre sur tout ce qui ponctue sa vie de maniacodépressif chronique : ses antidépresseurs, ses benzodiazépines, ses somnifères, toutes ces « saloperies » censées emmurer ses douleurs anciennes, évacuer ses frustrations et ses complexes, mettre un voile sur ses deuils. Zombie maudissant le mal qui le ronge, il n’envisage pourtant jamais que c’est de l’alcool dont il doit faire le deuil et fissa. Au fond, il sait ! L’abandon de ses muscles, ses poches sous les yeux, le gonflement de son nez, sa léthargie, ses errances, ses sommeils comateux et ses réveils douloureux le lui rappellent journellement. Il balaie ça d’un revers. Trop dur d’admettre qu’il est sous influence, trop dur de réaliser que ce Maître lui dévore la tête et le corps pour le contraindre dans une vie parallèle d’où il n’émerge qu’en de rares instants de lucidité : en fin de matinée, avant le premier verre libérateur de ses tremblements compulsifs. Lorsqu’il est bourré, au bord extrême de l’asphyxie, il débite par bribes et mornes éructations son enfance abîmée par la trop longue absence de sa mère absorbée, ailleurs, par une vie plus sensuelle. La vacuité intellectuelle de son père. La rudesse de sa belle-mère, sorte de Folcoche
qui cadenassait le frigo afin que sa sœur et lui n’y fassent incursion. Les infidélités admises et les abandons de ses compagnes successives. La perte « virtuelle » de son fils pas revu depuis des lustres et qu’il n’a plus le courage de recontacter. Trop peur de lui infliger un visage et un discours nébuleux qui en disent long sur sa déchéance… Assis sur le bord du lit, regard dans le vague, léger strabisme de l’œil droit, clope au bec, il pleure, parle sans discontinuer, évacuant de son monologue toute responsabilité personnelle. Le méchant, ce n’est pas lui, ce sont les autres : ces parents massacreurs de sa jeunesse, ces femmes démolisseuses de ses rêves de séducteur, ce fils adepte du tout sauf lui. Couchée en position de réceptacle, la tête calée entre deux oreillers, papilles mentales en alerte, je le détaille. Scientifiquement. Comme un chirurgien devant évaluer au détail près l’étendue du boulot à entreprendre. Et je compte. Plaies et hématomes. Ceux du flanc droit, conséquence de sa chute dans l’escalier où il s’est brisé deux côtes. Ceux de la cuisse gauche en butant sur le tapis du couloir avant de s’affaler sur les barreaux de la rampe. Les tapis… une excuse récurrente ! Ce sont eux, existants ou pas, qu’il prétend être la cause de ses vols-planés. Cette brûlure au troisième degré sur la fesse droite en s’asseyant, cul nu, sur la porte du four de la cuisinière en marche. Me revient à l’esprit une scène pitoyable ! Au mitant d’une grand fiesta donnée par sa mère, Thomas s’effondre sur les dalles de la cour. Deux grands balèzes l’aident à monter se coucher. Ses jambes frêles ne portent plus son corps pourtant filiforme, dénutri. Ses yeux tournent en orbite dans le vide. Ses mots s’écrasent en borborygmes dans l’embourbement de sa bouche. D’éructations en éructations, son œsophage hurle à l’asphyxie. Sa mère a honte. Elle le secoue violemment, elle exige que ce fils, jadis si beau et si bien éduqué, aille séance tenante présenter ses excuses à ses invités qui rient sous cape. Avant d’être pathétiques et d’attirer sur soi la mansuétude, les alcoolos sont rigolos. Boire… à la limite elle ne serait pas contre, mais en donner les signes les moins flatteurs à une société bourgeoise où l’on doit faire illusion, non ! Lorsqu’à la louche j’ai évalué la quantité d’alcool ingurgitée et la vanité de mon entreprise de séduction, je lâche l’affaire, range rageusement ma langue dans sa cage pour aller ronger mon frein à l’extrémité du lit. Maugréer. Réfléchir. À nous, à moi surtout. Qu’est-ce que je fous là, depuis deux ans, avec cet homme qui, pour être beau et affectueux, n’en est pas moins un poids, un « boulet » osent nos amis qui évaluent grosso modo la lourdeur du bât posé sur mes frêles épaules : l’aider à marcher droit sur son chemin de Damas, le raisonner dans ses accès de panique et de tristesse, le soutenir dans ses thérapies anti alcooliques, le nourrir : quinze à dix-huit heures de sommeil par jour… que reste-t-il pour travailler ? Et moi, chroniquement balancée entre le plaisir de faire et le devoir de faire, je reste là. Bon Dieu, pourquoi ? Je n’ignore rien du parcours médical d’un alcoolo-dépendant : alcoologue, scanner du pancréas et du foie qui déborde des côtes et que les radiologues qualifient plaisamment de « foie colonial », laboratoires qui inscrivent en gras les taux époustouflants de ses transaminases, Gama GT et autres CDT, marqueurs infaillibles d’un alcoolisme impénitent. Après les analyses, la cure ! Douze jours dans un centre médical spécialisé en bord de mer. À l’instar des trisomiques, tous les malades souffrant de la même addiction s’y ressemblent même s’ils sont issus de milieux sociaux différents. Poches sous les yeux injectés de sang, veinules apparentes sur le nez et les joues, corps à l’abandon, trop gros ou trop maigres, cicatrices multiples, surtout sur l’arête du nez. Thomas n’a plus d’ambition, plus de rêve, plus de désir et, plus prosaïquement, plus de permis de conduire. Les gendarmes le lui ont confisqué lors d’un contrôle sur une route de campagne où il roulait pénardement, deux bouteilles de vin blanc dans le cornet. Emmené tambour battant en garde à vue, dans une taule immonde, traité comme une sous-merde, il en est sorti dès potron-minet, traumatisé, tremblant comme une feuille, écœuré de tout sauf de la dive bouteille absorbée dare-dare dans le premier bouiboui du coin. Tribunal, amende, cinq mois de suspension.
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Ils lui paraissaient insurmontables ces cinq mois… Il n’a pourtant jamais rien tenté pour le récupérer, trop sûr au fond de lui qu’aux résultats désastreux de ses analyses de sang les services de la préfecture de police ne le lui rendraient pas. Encore eut-il fallu qu’il cessât de boire le temps d’éliminer de son sang ces CDT qui donnent par A + B la preuve de la récurrence de sa consommation. Quinze jours à l’eau ou au Coca light auraient suffi. Il s’y est astreint un soir, buvant deux fois plus le lendemain pour compenser le manque. Récurrence. Voilà un mot que Thomas déteste. Qui lui rappelle cruellement que l’alcool est son plus fidèle compagnon. Que c’est lui qui règle le tempo de sa vie, lui qui décide à sa place s’il doit tenir debout ou s’affaler, être bavard ou mutique, joyeux ou triste. Le matin, au lever, histoire de lui rappeler qu’il est toujours là, bien au chaud dans ses circuits sanguins, le manque d’alcool diligente des tremblements. Ses mains battent la chamade, son corps entier n’est que chair de poule tendu vers le besoin pressant de boire, de « refaire les niveaux » ironisent les alcooliques impénitents et fiers de l’être. Aucune mesure dilatoire n’est permise. Thomas peut errer comme un zombie, tenter de prendre quelque chemin de traverse en absorbant café sur café, sa direction est imparable : le réfrigérateur où la bouteille de vin blanc entamée la veille attend son achèvement final. Un petit coup, deux si son parasite intérieur le tanne et, miracle, les tremblements s’arrêtent, l’âme s’apaise, le sourire revient, les conversations reprennent, les projets s’emballent « on fera ceci, on fera cela », les mots et les gestes d’amour ressurgissent « je loue tous les jours le ciel de t’avoir mise sur ma route », les projets professionnels refleurissent « je vais aller voir ma conseillère à Pôle Emploi », l’idée d’une cure anti alcoolique repoussée aux calendes grecques refait surface « je recontacte le toubib et je la fais ». Connement, je glousse, je rajeunis, je reprends espoir, je m’auto-flagelle. Tout est de ma faute ! J’ai manqué de confiance en sa rédemption, en sa capacité de rebondir, en l’avenir auquel, même si l’on est, comme moi, pessimiste de nature, il est vital de croire. Il a entrepris une thérapie au sein d’une association spécialisée dans les addictions à laquelle je l’ai sensibilisé, l’ayant été moi-même par mon meilleur ami, alcoolique non anonyme. Il a rencontré les psychologues et autres psychiatres. Il a subi une cure anti alcoolique : douze jours d’abstinence après une entrée fracassante à trois grammes le matin à jeun. Il a absorbé à raison de douze comprimés par jour Baclofène sur Baclofène, ce remède miracle censé désinhiber la zone du cerveau qui électrise l’envie de boire. Il a fini par ignorer la vodka, seul organe féminin capable de lui provoquer une érection. Mentale s’entend ! Pour le reste… Ça a marché. Un temps. Celui de changer de visage et de rythme, de voir s’effacer de son beau visage boursoufflures et autres poches sous les yeux… Adieu le teint verdâtre des malades chroniques du foie ! Adieu la chair de poule matutinale ! Adieu ledelirium tremenset le coma éthylique du soir ! Il nous est même arrivé de faire l’amour, de cuisiner ensemble, de rire, de voyager. La vie restait inquiète mais jolie. Contrairement à d’autres femmes d’alcoolos, même au paroxysme de ses cuites, je n’ai subi ni insultes ni coups, ni violence d’aucune sorte. Thomas est un doux à qui, au sortir de sa cure, j’étais parvenue à imposer un code de conduite : un verre de vin à midi et beaucoup d’eau de Badoit. Deux le soir, exceptionnellement trois lorsque nous dînions entre amis et que la sociabilité était de mise. Je n’ai rien vu venir. Ça a éclaté comme une déflagration, bousillant de plus belle tout son être et notre nouvelle-ex façon d’exister. Un soir, sur la terrasse d’un restaurant chinois où nous dînions, je l’ai regardé tentant d’allumer une cigarette. La flamme du briquet vaquait d’un côté l’autre de la Chesterfield bleue n’atteignant jamais le but d’en provoquer l’incandescence. Preuve qu’il louchait, qu’il ne maîtrisait plus son acuité visuelle. Pareil pour ses mains agrippées à son verre. Le porter à ses lèvres tenait du gag. À gauche, raté. À droite c’était presque, mais raté quand même.
Pour se lever de table, même combat. Ses jambes s’embrouillaient les pinceaux. Thomas s’était alors servi de ses bras, les appuyant assez fortement sur la table pour la faire basculer, projetant sur ses vêtements les vestiges d’un repas à peine effleuré, fracassant sur le sol verres et assiettes. L’archétype du soûlard. Pathétique et rigolo à la fois. Dans la rue, jambes grand écartées pour garder un semblant d’équilibre, regard fixé sur un point plus loin, il zigzaguait, percutait de temps à autre les murs des immeubles, s’y accolait un instant, mettait les pieds dans la rigole puante de la pisse d’autres alcoolos en goguette. Pathétique sans être rigolo ! Honteuse, en désamour total, je l’ai laissé aller sans aide jusqu’au bout de sa déconfiture. Pour voir. Pour qu’il voie. Il n’a rien vu. Contrairement à l’écrivain Philippe Labro qui s’est battu pour sortir de sa dépression, il est tombé « sept fois, ne s’est pas relevé huit », s’affalant face contre pierre sur le premier banc public. Clodo embourbé dans un sommeil de plomb. Je l’ai laissé là, dans le froid, décidant dans une indifférence nouvelle de ne pas rater le vernissage de l’exposition auquel nous étions invités. Marre d’être déconnectée de la société pour sauver qui ne voulait pas l’être. Marre de son hypotrophie de l’ego. Passés la colère, le ras-le-bol, l’indifférence, j’ai eu honte. Plus de lui mais de moi. Pas humain de l’avoir abandonné sur un banc, pas admissible pour moi qui avais reçu une éducation religieuse stricte et les préceptes à la con allant de pair. Dans notre famille de protestants intégristes, on ne badinait pas avec le sens du devoir. « Aimez-vous les uns les autres » rabâchaient à longueur de sermons dominicaux mon grand-père pasteur et les sœurs Diaconesses chez qui j’avais fait moult séjours ambitionnant d’être pasteur moi-même. La tolérance… c’était mon Talon d’Achille, les illusions itou, n’ayant foi qu’en la vigueur, l’action, la bonté. Ce qu’il m’aurait fallu à ce moment-là, et aussi dans ma vie antérieure avec mon prédateur de mari, c’était de l’énergie, du caractère, de la mémoire, du bon sens et, par-dessus tout, l’envie d’être heureuse. Le bonheur ne tient-il pasin fineau renoncement du plaisir à être malheureux ? J’avais de l’énergie, mais pas de caractère et surtout pas de mémoire. J’oubliais les douleurs infligées, ne rendais pas les coups, ne m’offusquais jamais que l’on m’en donnât, estimant peut-être qu’ils n’étaient que justice. Question d’estime de soi. Donner une leçon de plus à Thomas ? À quoi bon… Demain tout sera oublié… Il incriminera encore ses « putains de médicaments », il fera omerta sur sa dose d’alcool ou la récusera. Le laisser crever de froid sur le banc jusqu’à ce que les équipes de la Croix-Rouge l’embarquent à l’hosto ? Difficilement imaginable ! Sa mère l’aurait su, elle qui croyait dur comme fer qu’il était guéri et affirmait à qui voulait l’entendre que son fils, grâce à sa cure, ne buvait plus. Toute la ville l’aurait su et l’on m’aurait une nouvelle fois moquée : « elle n’a pas eu assez d’emmerdements avec son mari pour aller s’embarquer à nouveau dans une histoire foireuse ? » Tout Nîmes connaissait mon passé houleux avec mon mari volage et violent, nul n’ignorait ses idées fascisantes et son passé de gigolo accroché aux basques d’un homme riche, si riche… Accroché aux miennes aussi qui travaillais comme une brute pour nourrir les enfants, rembourser les crédits, payer les impôts et autres joyeusetés de la vie quotidienne. Il y participait quelquefois, mais par si petites touches… Je suis revenue sur mes pas. Pas une once de son corps n’avait bougé. Thomas dormait toujours dans une raideur effrayante et les passants regardaient ce grand corps malade avec mépris, réprobation. Je l’ai aidé à se dresser sur ses jambes godillantes pour le conduire cahin-caha jusqu’à ma voiture, priant tout le long du trajet jusqu’au parking que l’on ne me vît pas...