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Le destin trahi

De
184 pages
Les choses sont loin d’être réglées pour Isabelle. S’il lui reste trois semaines avant
la prochaine pleine lune, elle sait pertinemment que le parfum d’Alexander redeviendra bientôt irrésistible. Ce temps, elle doit donc le mettre à profit pour s’entraîner et… apprendre à séduire. Car si Alexander tombe réellement amoureux d’elle, peut-être accepterait-il de vivre ici? Mais à jouer avec le feu, on risque fort de s’y brûler… ne sont-ils pas destinés, après tout? Si seulement le baiser qu’elle a offert à Simon ne compliquait pas autant la situation. À côtoyer son protecteur, voilà que des sentiments d’une toute autre nature naissent, mais dès que le parfum d’Alexander recommence à lui tourner la tête, ses convictions s’effritent… Est-il seulement possible de lutter contre son destin?
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Copyright ©2014 Suzanne Roy Copyright ©2014 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révision linguistique : Daniel Picard Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Carine Paradis Design de la couverture : Mathieu Caron Dandurand Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN livre : 978-2-89733-676-9 ISBN PDF : 978-2-89733-677-6 ISBN ePub : 978-2-89733-678-3 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Roy, Suzanne, 1975-Le destin trahi (Le cercle félin ; 2) Pour les jeunes de 16 ans et plus. ISBN 978-2-89733-676-9
I. Titre.
PS9635.O911D47 2014
PS8635.O911D47 2014 jC843’.6 C2014-940120-5
Conversion au format ePub par:
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1 Et maintenant ?
Je n’ai pas envie de me lever, mais comme je suis à peine sortie de ma chambre depuis hier matin, je présume que mon père ne va pas tarder à s’inquiéter du temps que je passe au lit. J’ai beau lui répéter que je suis fatiguée, il se doute bien que mon attitude cache autre chose. Le connaissant, il va s’imaginer le pire : que je suis malade ou que j’ai fugué. Je suis pourtant descendue pour grignoter, mais si je continue, il va vraiment croire que je suis en dépression ou un truc du genre. Les derniers jours ne m’ont pas épargnée, en ce qui a trait aux surprises : j’ai découvert tellement de choses sur moi et sur ma famille que je ne suis pas sûre de pouvoir les classer dans un ordre précis. Tout est en désordre dans ma tête. Des images de ma soirée d’anniversaire me reviennent en rafale, et mes nouveaux sens attirent constamment mon attention. Chaque fois que je constate l’ampleur de mes possibilités, je suis à la fois étonnée de tout ce que je peux faire et effrayée à l’idée de ce qui m’attend. Je passe mon temps à répéter, comme si je ne pouvais pas encore le croire : « Je suis un félin. » Simon a raison : c’est plus joli que « chat-garou », mais ça ne fait pas vraiment « super héros » non plus. C’est un peu banal comme nom, ça ne représente rien, surtout que, pour l’instant, je ne peux pas me transformer. Je suis juste forte, rapide, et mes sens sont incroyablement puissants. Dès que je passe devant le miroir, je m’arrête pour observer à quel point j’ai changé en si peu de temps. Pas seulement parce que je ne me défrise plus les che-veux — quoique ça fasse une énorme différence sur ma tête —, mais mon corps en impose dorénavant : j’ai encore eu une poussée de croissance, mais désormais, on dirait que mes muscles sont plus gros. Mes cuisses aussi. Je ne parle pas seulement de mes formes plus féminines, mais avec tout ça, je me doute que les vêtements seront un peu justes quand je vais revenir à l’école, lundi matin. Je ferme les yeux et je me concentre pour essayer de retrouver un peu de calme. Il y a trop d’informations qui circulent dans ma tête, et je ne pense pas avoir encore assimilé la moitié e d’entre elles : j’ai 18 ans, même si j’ai fêté mon 17 anniversaire avant-hier. En plus, ce n’était même pas la bonne date de naissance. Ni le bon nom. Mes papiers ont été falsifiés quand j’étais petite et, jusqu’à la semaine dernière, je pensais que je m’appelais Isabelle Côté, que j’avais 16 ans et que mon père était… mon père. Qu’est-ce que je raconte ? Je m’appelle toujours Isabelle Côté ! Je n’ai pas la moindre envie de retrouver mon ancien prénom !AlisabethLewis. C’est vrai que j’aurais aimé garder le nom de Lewis pour me souvenir de ma mère, mais est-ce que mon père ne serait pas heureux que je garde son nom à lui ? Hier matin, il n’a pas arrêté de me dire à quel point il m’aimait et combien il avait peur de me perdre. Dans ce monde, même si j’ai une famille quelque part, cet homme-là est tout ce qu’il me reste, et je n’ai pas l’intention de l’abandonner. C’est bizarre. Ça m’a énervée qu’Alex m’appelle Elisabeth, hier. C’est la première fois que je me rend compte à quel point je tiens à mon prénom. C’est vrai qu’Elisabeth, c’est plus noble, mais Isabelle, c’est le prénom que ma mère m’a donné quand elle a décidé de quitter l’Angleterre et qu’elle a fui le clan des Black Tigers pour immigrer au Québec. Un geste qu’elle a posé pour moi, en espérant que son clan ne me retrouverait pas et que je pourrais vivre une meilleure vie ici plutôt que celle qui m’était destinée. Ce prénom représentait l’espoir pour elle : celui qu’elle a mis en moi lorsqu’elle a risqué sa vie pour me donner la liberté.
Je suppose qu’elle serait triste si elle savait qu’Alexander m’a retrouvée, surtout après tout ce qu’elle a fait pour me mettre à l’abri. J’ai quand même réussi à passer la première pleine lune sans être transformée, c’est déjà ça. Est-ce que je vais y parvenir, le mois prochain ? Je ne sais pas. Simon n’est pas tellement optimiste à ce sujet. Je touche régulièrement ma marque de naissance, le croissant de lune qui est devenu rouge. Signe qu’elle est enfin arrivée à son éclosion. Preuve gravée dans ma chair que j’appartiens à la race des félins. Autrement dit, si on me mord lors d’une pleine lune, je vais me transformer en bête poilue avec des dents pointues : chat, tigre, panthère, ce genre de choses. Ça m’effraie. Je n’ai aucune envie de me transformer en bête sauvage, ni même en chat. À quoi ça me servirait, de toute façon ? J’admets que mes nouveaux sens sont agréables : j’arrive à savoir tout ce qui se passe sans trop de difficulté, à voir la nuit, et ce bain de rayons sous la lune a vraiment été la chose la plus formidable que j’aie jamais vécue ! Mais est-ce que j’ai envie de devenir une bête sauvage ? Bof. Le problème, c’est qu’Alex tient à procéder à ma transformation et qu’il est prêt à tout pour y arriver. Tout ça pour s’assurer que ma soumission lui est complète et que je lui appartiens, quoi. S’il y arrive, il pourra devenir le chef de son clan. L’Alpha des Black Tigers. C’est prestigieux, il paraît, mais c’est encore un peu vague pour moi. Mon opinion ne compte pas, de toute façon. Il veut juste m’emmener en Angleterre et me mettre enceinte, même si je n’en ai pas la moindre envie. Bon, c’est vrai que son parfum me rend folle, surtout à l’approche de la pleine lune, et qu’il est plutôt séduisant comme garçon : grand, blond, élancé…, rien à voir avec Simon, avec son allure de guerrier et son corps musclé qui fait délirer toutes les filles de l’école. Simon. Quelle idée de l’avoir embrassé, hier matin ! Il doit me prendre pour une vraie conne, maintenant ! Dire qu’il y a deux jours, je pensais à Alex tout le temps et je passais mon temps à me moquer de la taille des bras de Simon. Mais à quoi j’ai pensé ? Je voulais juste le remercier ou… je ne sais pas, exactement. C’est arrivé comme ça, c’est tout ! Pourquoi est-ce que je n’arrête pas d’y penser ? La tête sous l’oreiller, j’étouffe un grognement. En raison de l’ouïe qu’il a, je me doute qu’il entend tout ce qui se passe dans ma chambre. Je le sais parce que j’entends tout, moi aussi. Simon discute avec mon père, au salon. Ils parlent de ma soirée d’anniversaire, de ce qui aurait pu être évité, comment j’ai résisté à Alex et, contre toute attente, du fait que je ne me suis pas trop affolée en découvrant leur forme animale. Mon père passe son temps à répéter à quel point il est fier de moi et il remercie chaleureusement Simon de tout ce qu’il a fait depuis deux semaines. — Après ce que tu as fait pour Isabelle ! Sans toi, où serait-elle, cette petite, tu peux me le dire ? Elle te doit une fière chandelle, mon garçon ! Et moi donc… et moi donc… Pffft ! Je grogne à nouveau. S’il savait que Simon m’a embrassée, hier matin, j’ose espérer qu’il ne recevrait pas que des compliments de sa part ! Il le mettrait à la porte, tiens ! Ma réaction est peut-être un peu excessive, mais… est-ce qu’il n’aurait pas pu attendre un peu avant de l’encenser comme un héros ? Pour ma part, je n’en ai pas la moindre envie ! Mon père se déplace et, au bruit qu’il fait, je sais qu’il commence à préparer le petit déjeuner, signe que je vais devoir me lever sous peu, mais ce n’est pas ce qui m’alerte : Simon grimpe à l’étage. Il s’arrête devant ma porte, et je suis déjà assise sur mon lit, en train de replacer mes cheveux en prévision de son arrivée. Il ne frappe pas à ma porte. Je crois qu’il hésite ou alors il attend que je l’invite. Peut-être qu’il s’imagine que je dors encore ? Il est vrai qu’il n’est que 8 h, mais ça fait déjà plus d’une heure que je suis réveillée. Est-ce qu’il ne le sait pas avec son ouïe extrêmement développée ?
— Iz, je sais que tu ne dors pas. — Qu’est-ce que tu veux ? — Il va bien falloir qu’on en discute. — Je ne sais pas de quoi tu parles, lui dis-je en mentant. Il parle du baiser, évidemment, mais j’aime mieux faire semblant de ne rien comprendre. Je lui réponds sèchement pour qu’il comprenne que je n’ai pas envie de lui parler. Il n’a qu’à me laisser ici et me ficher la paix ! C’est samedi. Pourquoi est-ce qu’il n’est pas parti retrouver son fameux clan ? — Iz, arrête de bouder ! Écoute, c’est idiot de ta part, parce que tu vas m’avoir sur le dos pendant tout un mois, encore. Est-ce qu’on ne pourrait pas… ? — Mais je ne t’ai rien demandé, moi ! Et puis pourquoi t’es là, tu peux me le dire ? T’as qu’à désigner quelqu’un d’autre pour me protéger si ça t’énerve. T’es pas le seul, dans ton clan, il me semble… Il ouvre ma porte de chambre sans me demander mon autorisation et me lance un regard inquiet à partir de l’endroit où il se trouve. C’est bizarre, il n’entre même pas dans la pièce, mais sa question est plus qu’intrusive. — T’es fâchée à ce point-là ? — Je ne suis pas fâchée ! Je reste sur mes positions, agacée par la façon dont il interprète ce que je dis. J’hésite à lui dire que je n’ai aucune envie de le voir ou que je suis seulement fatiguée, mais je ne doute pas qu’il y a encore de la colère en moi. Juste la façon dont je lui jette mes phrases au visage en témoigne. J’essaie de conserver le peu de fierté qu’il me reste et je tente de garder mon calme. — Mais qu’est-ce que tu fais là ? Il reste encore tout un mois avant la prochaine pleine lune ! Tu devrais… aller rejoindre ton clan ou… je sais pas, moi ! Il croise les bras et s’adosse contre le cadre de la porte, un petit sourire aux coins des lèvres. — C’est drôle, vu le nombre de fois où t’as agi comme une idiote devant moi, je ne pensais pas que tu pouvais être aussi orgueilleuse… J’ai envie de lui jeter un oreiller par la tête, mais je relève fièrement le menton. Je n’arrête pas de me répéter que je ne dois pas agir comme une ado, que ce serait lui donner trop de pouvoir, à cet imbécile ! Ça ne risque pas de jouer en ma faveur. Et pourtant, je n’ai que des répliques cinglantes qui me passent par la gorge. — C’est tout ? lâchai-je pour essayer de clore la discussion. Si t’as fini, referme la porte en partant. — D’accord, tu ne veux pas qu’on en parle. J’ai compris. Il ne bouge pas, comme s’il attendait que je m’emporte ou que je cède, mais il peut rêver ! Je ne compte faire ni l’un ni l’autre ! Je me laisse retomber sur mon lit et je récupère mon lecteur MP3, espérant m’assourdir par la musique et lui montrer que je ne veux plus avoir affaire à lui, mais, dès que je le prends entre mes doigts, Simon entre dans la chambre et me l’arrache brusquement des mains. — Isabelle, t’as fini de faire l’enfant ? Je me redresse à nouveau sur mon lit et lui jette le regard le plus noir que j’ai en réserve. — Mais je suis une enfant ! C’est même toi qui me l’as dit, hier matin ! — Ah ! On y est ! C’est pour ça que tu es fâchée contre moi ? Il semble heureux que les mots se soient échappés de ma bouche, mais je détourne la tête pour éviter de le regarder de front. Il reprend, en cherchant ses mots : — Iz, je ne t’ai pas traitée d’enfant. J’ai juste dit que tu étais jeune. Et c’est vrai.
C’est quoi la différence entre « être une enfant » et « être jeune » ? Je ne la vois pas, moi ! Je grogne sans répondre. Qu’est-ce que j’en ai à faire qu’il ne veuille pas de moi, au fond ? C’est bête ! En plus, je croyais qu’il était avec Tess, il y a deux jours, et je n’en avais rien à faire ! Peut-être qu’il a raison et que je suis orgueilleuse, mais je ne comprends pas pourquoi il m’a embrassée avant de me repousser comme il l’a fait. Je pose des yeux agacés sur lui et je siffle un « Laisse tomber, tu veux ? » en espérant qu’il cesse d’en parler, mais il s’assoit sur le rebord de mon lit, pose les mains sur mes épaules et m’oblige à le regarder. — Iz, je suis désolé. C’est la seule raison que j’ai trouvée sur le moment. J’ai paniqué, c’est tout. — Ça m’est égal. Je ne veux plus en parler. — Mais laisse-moi finir ! Regarde-toi, bon sang ! Tu as peut-être le corps d’une femme de 18 ans, mais… dans ta tête, tu n’en as encore que 16. Qu’il précise sa pensée, ça ne me plaît pas davantage. Qu’est-ce que je dois comprendre ? Que même si j’ai 18 ans, il considère que j’en ai 16 ? Ça revient au même ! Autrement dit, il me voit comme une ado sans intérêt ! — Iz, je suis chargé de te protéger. Toi et moi, on ne peut pas avoir… ce genre de relation. Mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas flatté ou… que je n’en ai pas envie… Je relève des yeux curieux vers lui. Qu’est-ce qu’il essaie de me dire ? Qu’il en a envie ? Alors pourquoi m’a-t-il repoussée ? Devant la façon dont je le regarde, il gronde à nouveau : — Iz, c’est impossible ! — Mais… pourquoi ? — Pourquoi ? Parce que t’es avec Alex, voilà pourquoi ! Et puis, c’est comme ça ! J’ai bien assez de choses à gérer, en ce moment, sans avoir une fille sur le dos ! Bref, ça revient au même : il n’est pas intéressé. Il me dit probablement toutes ces choses pour que j’arrête de lui en vouloir ou pour que mon orgueil ne s’en porte pas trop mal. Agacée, je siffle : — C’est bon, j’ai compris ! Et puis, c’était qu’un baiser. Pas de quoi en faire tout un plat, non plus ! Il soupire en forçant un petit sourire sur ses lèvres. — Alors pourquoi tu boudes depuis hier ? — Je ne boude pas, j’essaie de me reposer, c’est pas pareil ! Avec tout ce que j’ai vécu…, j’ai bien le droit d’avoir envie d’être seule ! Il hoche la tête, comme s’il pouvait concevoir que mes paroles puissent être vraies. Évidemment, il en doute ! Quel prétentieux, celui-là ! Il ne va quand même pas s’imaginer que son baiser m’a chavirée ! Alex a pas mal plus d’expérience que lui en matière de baiser, et puis… ça n’a rien à voir ! — Iz, je ne veux pas qu’il y ait le moindre malaise entre nous. On a beaucoup de travail dans les jours qui viennent… Je lui fais signe qu’il n’y en aura pas, mais je sens quand même son regard s’attarder sur mon visage, comme s’il n’en était pas encore certain. Je crois qu’il aurait préféré que je le lui dise de vive voix, mais j’en ai assez qu’on revienne sur le sujet. Est-ce qu’il ne pourrait pas passer à autre chose ? — Je crains que tu ne doives changer de routine à partir de la semaine prochaine. J’ai mis mon emploi et mon clan de côté pour pouvoir assurer ta sécurité, mais maintenant, ça va être à toi de faire quelques concessions. — Quoi ? Mais je suis bientôt en examens !
— Je ne parle pas de changer quoi que ce soit à ton horaire habituel, enfin… pas pour l’école. Ton père ne me le permettrait pas, tu t’en doutes. Seulement, il va falloir que tu fasses des compromis. Certains soirs et les jours de fin de semaine sont des moments réservés à l’entraînement du Cercle. Tu devras m’accompagner là-bas. Rejoindre le clan pour m’entraîner avec eux, comme si je faisais partie du Cercle ? Malgré moi, j’affiche un léger sourire, mais Simon n’attend pas que je confirme ma réponse, et il continue : — J’ai l’intention de reprendre mes activités. Et mon travail aussi, bien que ce soit assez tranquille, en ce moment. Mais comme je suis chargé de ta protection, ton père m’a autorisé à t’emmener là où j’ai besoin d’aller. Je m’enfonce un peu dans mon lit. Mon père venait de lui donner carte blanche sur mon emploi du temps ? Sans même attendre que je proteste, ce que je suis sur le point de faire, il ajoute : — Nous partirons en début d’après-midi pour le clan. Et tu devras apporter des vêtements de rechange parce qu’on ne reviendra que demain soir. — Mais j’ai promis à Alex que… — Je sais, mais à partir de maintenant, tu devras vérifier avec moi avant de prendre un rendez-vous de la sorte. Pour aujourd’hui, j’ai fait une exception. Je lui ai téléphoné pour l’autoriser à venir ici vers 11 h, mais vous n’aurez droit qu’à une heure. Après quoi, on mange et on s’en va. — C’est quoi cette façon de faire ? T’es devenu mon gérant, maintenant ? Son visage se crispe, et je comprends que ma réplique l’a énervé, mais il n’est pas le seul : je retrouve également la colère qui m’habitait, un peu plus tôt. C’est bête. S’il me l’avait demandé gentiment, j’aurais dit oui. Pourquoi est-ce qu’il agit comme un dictateur, tout d’un coup ? C’est son côté « Alpha » qui ressort ou quoi ? Sans me répondre, il se redresse et marche en direction de la sortie, puis il se tourne vers moi avant de quitter ma chambre. — Autre nouvelle : il est de coutume que les nouveaux venus fassent le repas du dimanche soir. Si j’étais toi, j’apporterais mon livre de recettes. Je ne sais pas pourquoi, mais j’attends qu’il me dise que c’est une blague, même si je me doute que ce n’est pas vraiment son genre de plaisanter. Je ne réponds pas et je me laisse retomber sur mon lit, me tourne pour éviter qu’il ne me voie. J’ai envie de grogner, mais je me retiens. Je suis nulle en cuisine ! Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire ? Et pour 20 personnes, en plus ! — Et évite de nous faire le coup de la nourriture pour chats, tu veux ? Étienne l’a fait, il y a deux mois, et je ne pense pas que tu aimerais te retrouver dans l’eau du lac. Surtout qu’elle est encore froide à cette période de l’année… Il a un petit rire qui ne me plaît pas. Pourquoi est-ce que je n’arrive plus à rire avec lui ? Je n’aime pas le voir aussi détendu. Il semble si calme et naturel, comme si notre baiser n’avait jamais existé. Pourquoi est-ce que, moi, je n’arrive pas à songer à autre chose ? Je repousse mes couvertures et je me lève en chipotant. — Tu me laisses, maintenant ? J’ai le droit de pouvoir m’habiller toute seule, ou il faut que tu supervises ça aussi ? Il a un drôle de regard et secoue la tête avant de déguerpir sans demander son reste. On aurait dit qu’il était gêné de me voir en robe de nuit. Bon, c’est vrai qu’elle est un peu étroite, mais je n’ai plus vraiment de vêtements amples depuis que mon corps a poussé d’un coup ! Et