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LE FIU

De
112 pages
Presque toujours, les enfants courent. Ils multiplient les chemins et les rôles sans jamais se perdre. Habitée par de bienveillants gardiens, la maison leur paraît une forteresse inexpugnable. Bien plus tard, reste la nostalgie d'une maisonnée emplie de promesses; l'écriture est là pour réanimer cette forteresse évanouie. Quitte à revoir son histoire, pour saisir comment elle a pu égarer celui qu'elle devait protéger. Son " fiu ". Son fils.
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Le fiu

Collection Écritures dirigée par Maguy Albet

Dernières parutions

BRARDA Régis, Révolins, 2000. GARA Y, Alexandre, Voyage d'un égaré, 2000. LEBIEZ Marc, Le congrès de Bologne, 2001. FAGGIOLI R., Le silence éclatant des rêves, 2001. SEIGNEUR Pauline, La route du Fort, 2001. POULIER Raymond Jocelyn, Ludivine. Sortir du silence, 2001. JEANJEAN Anne-Marie, La veine basilique, 2001. CHAIGNE-BELLAMY Jacqueline, Amélie Searobber, 2001. IULIAN Rodica, Fin de chasse, 2001. LE PAPE Claude, Pendant ce temps... Ailleurs, 2001. MARTIN-DEFFRENNES Patricia, Jeu de dames, 2001. KARLSHAUSEN Gérard, Carrefour des Amériques, 2001. ROBIN Paul, La répétition, 2001. BUFF A T Françoise, Le violon d'Henri, 2001. ARON Jean-François, Le sang du miroir, 2001. GILLET Raymonde, Quelques femmes autour de moi, 2001. HOURIET Marie, Viva Movida, 2001.

HAUPT Chantal Georgine, Le pouvoir des eaux, 2001.

Philippe EURlN

Le fio

roman

L'Harmattan

(Ç)L'Harmattan,

200 1

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal (Qc) Canada H2Y IK9 L'Harmattan, Italia s.r.I. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-0623-1

A Monsieur Arcade Leblond Comme un témoignage de reconnaissance

A La Passion selon Saint Jean
de Bach

«Je méditais cette nuit; j'étais absorbé dans la contemplation de la nature; j'admirais l'immensité, le cours, les rapports ne sait pas admirer. J'admirais encore plus l'intelligence qui préside à ces vastes ressorts. Je me disais: il faut être aveugle pour n'être pas ébloui de ce spectacle; il faut être stupide pour n'en pas reconnaître l'auteur; il faut être fou pour ne pas l'adorer. Quel tribut d'adoration dois-je lui rendre? Ce tribut ne doit-il pas être le même dans toute l'étendue de l'espace, puisque c'est le même pouvoir suprême qui règne également dans cette étendue? Un être pensant qui habite dans une étoile de la voie lactée ne lui doit-il pas le même hommage que l'être pensant sur ce petit globe où nous sommes? La lumière est uniforme pour l'astre de Sirius et pour nous; la morale doit être uniforme. Si un animal sentant et pensant dans Sirius est né d'un père et d'une mère tendres qui aient été occupés de son bonheur, il leur doit autant d'amour et de soins que nous en devons ici à nos parents. Si quelqu'un dans la voie lactée voit un indigent estropié, s'il peut le soulager et s'il ne le fait pas, il est coupable envers tous les globes. Le cœur a partout les mêmes devoirs: sur les marches du trône de Dieu, s'il a un trône, et au fond de l'abîme, s'il est un abîme. J'étais plongé dans ces idées, quand un de ces génies qui remplissent les intermondes descendit vers moi. Je de ces globes infmis que le vulgaire

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reconnus cette même créature aérienne qui m'avait apparu autrefois pour m'apprendre combien les jugements transporta entassés; de Dieu diffèrent des nôtres, tout couvert et combien Il me d'ossements une bonne action est préférable dans un désert, et entre ces monceaux à la controverse.

de morts il y avait des

allées d'arbres toujours verts, et au bout de chaque allée un grand homme d'un aspect auguste, qui regardait avec compassion ces tristes restes. Hélas! mené? Mon archange, lui dis-je, me répondit-il. où m'avez-vous Et qui sont A la désolation,

ces beaux patriarches que je vois immobiles et attendris au bout de ces allées vertes, et qui semblent pleurer sur cette foule innombrable de morts? Tu le sauras, pauvre créature des intermondes; pleures. .. » mais humaine, me répliqua il faut le génie que tu auparavant,

Voltaire

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Le soleil du soir s'attarde

toujours

un peu sur

les champs de colza du Bahot. Peut-être y dépose-t-il quelques rayons, en prévision de l'hiver qui succède si vite à l'automne dans le Pays d'Artois. Même les machines rouges qui bientôt décapiteront les bouquets jaunes emporteront avec elles une lumière brassée. semble forment maritime Là-bas, comme Sur les hauteurs vouloir contrarier, de Verton, les divine. en milliers de feux étincelants. Le ciel est alors champs que rien de ne colza

ainsi une auréole d'or. Ils regardent avec une assurance la Manche autant de harengs se multiplie

l'horizon

si tendu, si lisse, qu'on le croirait miroir. C'est un dernier éclat. Un emballement de couleurs qui se précipitent hors du soleil pour enflammer la mer. C'est une sérénité brutale. Le rouge et le jaune s'unissent pour créer une brillance universelle. C'est un pacte d'Amour. Une confiance absolue. Un baiser si furtif que dans quelques instants, la nuit couvrlta. C'est un appel. Une réponse. Un rendez-

vous. Je suis ici, petite mère. J'ai eu trente-neuf ans hier. Ils ont tous été très gentils avec moi. Thomas a tenu mon lourd cadeau contre sa
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